Michel Vuille

  • Pour bien comprendre les contenus associés au duo marginalité´ et société, il faut tenir compte du temps, c'est-à-dire de l'époque au cours de laquelle de nouveaux langages voient le jour?: dès la fin du XIXe siècle et au XXe siècle, on découvre l'émergence d'une nouvelle floraison langagière.
    Un relevé´ de quelques termes de presse de 1968 a` 1972 semble témoigner d'une sorte d'hébétude sociale de commentateurs un peu «?dépassés?» par les événements?: pègre, chômeurs, clochards, Katangais, irréductibles, voyous, éléments incontrôlés, enragés, déclassés, irréguliers, jeunes gens d'allure un peu bohème, hippies, etc. Nombre de ces appellations sont d'ailleurs créées par les «?marginaux?» eux-mêmes, ou reprises par eux?: Hells Angels, blousons noirs, Halbstarken, Teddy Boys, hooligans, Provos, Beats, Hippies, Yippies, Punks.
    La marginalisation sociale ne peut se concevoir comme dévalorisante que si elle est subie?; or, dans certains cas, elle est aussi choisie. La marginalisation spatiale a évolué´ de la même manière et se lit à différentes échelles?; au-delà des ghettos traditionnels, se multiplient les «?ghettos dorés?», ou plus exactement des espaces d'entre-soi ou` l'on s'isole dans une démarche volontaire de libre récréation, mais sous bonne protection.

  • Les jeunes générations sont les plus touchées par les mutations rapides liées au nouvel esprit du capitalisme. Cette analyse découvre une "zone grise" peu explorée touchant une frange de la population qui vit l'absence de repères et d'assurance traditionnellement liée à l'emploi à durée indéterminée. Une précarisation qui touche des jeunes possédant un capital scolaire plus élevé.

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