Karel Capek

  • Les « Salamandres » de Capek sont secrètement parvenues, parallèlement à l'homme, à un degré d'évolution presque comparable. Ce sont de braves créatures peuplant discrètement, à l'abri des requins, certains hauts-fonds de nos côtes maritimes. L'homme (en la personne truculente du Capitaine Van Toch) les découvre d'abord au large de l'Indonésie, sur une petite île sauvage. Ce sont des êtres paisibles, corvéables à merci et même comestibles. Asservies, exploitées, les salamandres finiront cependant par se révolter, initiées en cela par la pensée marxiste et sensibilisées aux droits accordés aux ouvriers. Emportées par leur élan, ces dernières découvriront alors l'impérialisme, le nationalisme, grignotant peu à peu l'habitat terrestre, nos côtes s'effondrant dans leurs océans. Succéderont-elles alors à l'homme, seules maîtresses d'un globe aquatique, imitant celui-ci jusque dans sa manie d'autodestruction ?
    « Alors que la situation mondiale se présentait on ne peut plus mal sur le plan économique et pire encore sur le plan politique, j'eus l'occasion d'écrire la phrase suivante : «Ne pensez pas que l'évolution qui a abouti à notre vie soit la seule possibilité d'évolution sur cette planète.» C'est cette phrase qui est coupable, c'est l'origine de la guerre des salamandres. » (Karel Capek)

  • Le Châtiment de Prométhée et autres fariboles se compose de 29 récits, écrits entre 1920 et 1938, qui réinterprètent, avec beaucoup de malice et d'intelligence, les grandes thématiques bibliques et historiques. « Je me sens plus de sympathie pour les gens que pour leurs vérités », déclare Pilate à Joseph d'Arimathie - reprenant par là le credo philosophique de Capek lui-même. Le plus récent de ces récits, « La mort d'Archimède », écrit en 1938, relate le refus du grand savant de se conformer à un monde régi par la soif de pouvoir.
    « Rome sera une grande cité. Rome doit être la cité la plus puissante sur toute la surface de la terre.
    - Et pourquoi donc ?
    - Pour pouvoir tenir. Plus nous sommes forts, plus nous avons d'ennemis. Et c'est pourquoi nous devons être les plus forts.
    - Pour ce qui est de la force... murmura Archimède, je suis un peu physicien, Lucius, et je vais te dire quelque chose. La force se fixe.
    - Qu'est-ce que ça signifie ?
    - C'est une sorte de loi, Lucius. Une force qui agit doit se fixer.
    Plus vous serez forts, plus vous mobiliserez de vos forces ; et un jour viendra le moment où... »

  • En 1936, tandis que la Seconde Guerre mondiale menace, l'écrivain tchèque Karel Capek (1890-1938) entreprend un voyage dans le Nord de l'Europe. Forêts à perte de vue, fjords échancrés, vaches noir et blanc, fermes rouges, myriade d'îles ponctuent sa traversée du Danemark, de la Suède et de la Norvège. Au fil du récit, derrière une naïveté feinte et un lyrisme tempéré, où affleurent une tendre ironie et un humour mordant, se profile le portrait troublant, éblouissant de nature et de lumière, d'un continent en sursis. Car, en route vers le cap Nord, Capek pressent la fin d'une époque et dessine une Europe qui, bientôt, sombrera dans le chaos.

  • Le texte paraît en 1920 quand Capek a 30 ans. Le succès international de cette « comédie utopique » fait de lui l'écrivain tchèque le plus connu. R.U.R est traduit dans une vingtaine de langues, jouée de Tokyo à New-York, de Bruxelles à Tel Aviv.
    Rossum, un scientifi que génial, invente un robot. Ses successeurs le perfectionnent et la société Rossants Unirersal Robots commence à les produire en masse.
    Les robots sont des machines capables de penser qui s'imposent comme une force de travail extraordinairement peu coûteuse, productive et sans prétentions, mais manquent de vie spirituelle et de sentiments. Des millions de robots remplacent progressivement les hommes, et la compagnie R.U.R. gagne des milliards. Les hommes devenus anachroniques et inutiles sont condamnés à l'inactivité et à l'oisiveté. L'humanité tombe vite en décadence. perd sa capacité à se développer, ne procrée plus. Les robots font les guerres et fi nissent par se révolter contre leurs maîtres, les hommes. Leur but est de tuer tous les hommes parce que les robots s'estiment beaucoup plus parfaits et ne veulent plus être commandés par eux.

  • Lettres d'Italie

    Karel Capek

    En avril 1923, Karel Capek démissionne du poste de dramaturge qu'il occupait depuis octobre 1921 au Théâtre municipal de Vinohrady et part aussitôt en vacances en Italie pour se refaire une santé. Son séjour dure près de huit semaines. On est au tout début de l'ère fasciste et c'est son premier voyage en Italie. Durant son périple, Capek adresse à son journal quinze lettres, qui sont publiées en feuilleton, au fur et à mesure. Sur la base de celles-ci, il produira ce recueil de Lettres italiennes, savoureux, drôle et pénétrant.
    Le périple de Capek est avant tout urbain, Venise, Padoue et Ferrare, Ravenne et Saint-Marin, Florence, Sienne et Orvieto, Rome, Palerme, Taormina, Gênes et Milan, Vérone, Bolzano, sans compter les étapes intermédiaires évoquées en passant (Rimini, Bologne, Pérouse, Arezzo, Pise, Mantoue) et les nécropoles souterraines (Pompéi, Ostie) mais il est très loin d'offrir une liste de beautés ou de curiosités. En voyageant librement et en s'intéressant plus aux enfants qui jouent dans une cour qu'aux monuments historiques d'intérêt capital, Capek fait le choix d'un voyage personnel et joyeux où il cède volontiers à la description d'ambiances et d'anecdotes, non sans se départir de sa facécie. Ainsi de Rome il dira : « Si je fais cet exposé pseudo-historique, c'est pour ne pas avoir honte de dire que Rome dans l'ensemble ne me plaît pas. Ni le Forum romanum, ni l'horrible ruine de briques du Palatin, ni rien d'autre n'ont suscité en moi de sentiments sacrés ».

  • Tout juste fiancé à l'actrice Olga Scheinpflugova, Karel Capek fait la rencontre de Vera Hruzova, une jeune étudiante belle et brillante, fille d'un éminent professeur de l'université de Brno et elle-même mariée. Fasciné par la jeune femme, Capek entretiendra avec elle une longue correspondance. Dans ses lettres à la fois touchantes et pleines d'humour, il se confie et fait état de sa démarche littéraire, de son mal-être et de son désarroi face à la montée du fascisme.
    Un témoignage bouleversant.

  • Dachenka : « vertébré de l'ordre des carnivores coquins et canins, sous-ordre des endiablés, genre des fureteurs, famille des farceurs, variété des facétieux à oreilles noires ». Avec humour et tendresse, Karel Capek nous conte comment l'arrivée de cette petite boule de poils va changer le fil de son quotidien et de celui de son foyer. L'écrivain tchèque décide alors d'observer et d'étudier le développement de cette furie canine. Il la raconte, la décrit, la dessine et se mettra même au défi de parvenir à la photographier, allant jusqu'à lui inventer des contes afin qu'elle reste tranquille. Facéties, espiègleries et badineries s'enchaînent dans ce récit - prisé par plusieurs générations de lecteurs tchèques -, qui séduira aussi bien les petits que les grands.

    Traduit du tchèque par Anna et Jacques Arnaudiès.

  • Des empreintes qui s'arrêtent soudainement dans la neige, un homme qui a pour seul tort de paraître suspect, un voleur de cactus qui disparaît à l'autre bout du monde, un poète qui se transforme en détective, Dieu qui apparaît comme témoin de la justice humaine, une cellule de prison dont les occupants se repentissent, un cadavre retrouvé dans une valise déposée à la consigne d'une gare... Dans ces quarante-huit nouvelles, dont plus de la moitié était inédite en français jusqu'à présent, Karel Capek mêle comme à son habitude l'ordinaire et l'extraordinaire, l'humour à la satire.
    Crimes, disparitions, énigmes, mystères, enquêtes, ces récits, qui relèvent du genre policier avant l'heure, dissèquent la vérité et jouent avec notre capacité à juger. Ces textes en forme de paraboles, qui continuent de nous hanter longtemps après leur lecture, prouvent encore une fois l'importance de Capek dans l'histoire littéraire.

    Traduit du tchèque par Barbora Faure et Maryse Poulette.

  • La Fabrique d'absolu est un roman de science-fction redige en 1922, alors que le genre n'etait pas ofciellement reconnu, mais c'est surtout une dystopie a la maniere de Capek, contenant force elements reels, une tres haute dose d'ironie et des intuitions fulgurantes.
    En pleine crise du charbon qui se fait de plus en plus rare, un grand industriel, Bondy, va tomber par hasard sur l'invention d'un de ses amis d'enfance. Celui-ci a mis au point un systeme parfait de production d'energie a partir de minimes quantites de charbon et sans creation de dechets. Le charbon est entierement degrade dans ses « carburateurs » qu'il nomme nucleaires et qui exploitent entierement l'atome. Seulement ces carburateurs dans le processus d'utilisation totale de la matiere, degagent une essence divine. Toute personne placee a proximite est ainsi touchee par la grace et devient profondement croyante, donne tous ses biens aux pauvres, fait des miracles... Ce ne sont pas les seuls effets nefastes du carburateur qui, place dans les usines, se met a travailler tout seul et a produire sans arre.t et sans limite. Le conft mondial et le chaos sont inevitables et Capek les imagine arriver entre 1944 et 1953 !
    Dans cette fable feroce contre le Progres aveugle, contre les machinations geopolitiques qui ont mene a la Grande guerre, Capek analyse avec beaucoup de subtilite l'humain face a ses defauts sociaux. Comme dans La Guerre des salamandres (La Baconniere, 2012), il se revele, a travers ce texte, un representant original du roman utopique en me.me temps qu'un maitre novateur de la prose tcheque moderne.
    á Sous ses dehors de plaisante pochade, le present livre ne manquera pas d'impressionner le lecteur contemporain par de troublantes intuitions relatives aux ravages a venir tant de la bombe atomique que des ideologies totalitaires qui pretendaient faire le bonheur des gens malgre eux. â Eric Naulleau, Le Matricule des anges, 1999.

  • Ce classique de la littérature tchèque a été publié pour la première fois en 1932. Depuis, il n'a pas cessé d'être réédité en République tchèque, la dernière édition datant de 2008. En France, il est pourtant depuis longtemps épuisé. Nous proposons aujourd'hui une édition de cinq de ces neuf contes : le conte des oiseaux, le conte des génies de l'eau, le conte du vagabond, un conte postal, le grand conte médical. Des cancans à un souci de noyau coincé dans la gorge d'un seigneur, en passant par la disparition du royaume aquatique ou encore des lutins jouant aux cupidons, tout l'humour et le charme de Capek est là. Familier de ce style, Xavier Galmiche a déjà traduit Dachenka de Karel Capek et Histoire de chien et de chat de Josef Capek, deux ouvrages des éditions MeMo.

  • Ce livre de l'auteur de La Fabrique d'Absolu et de La Guerre des Salamandres, déjà édités dans la même collection, relate le premier voyage du grand écrivain tchèque en Angleterre en 1924.
    Karel Capek découvre Londres et les Londoniens avec un étonnement quasi constant, rencontre et dessine H. G. Wells, G.-K. Chesterton, G. B. Shaw notamment. Il explore aussi la country, passe par des petites villes, visite des cathédrales, Cambridge et Oxford. L'Écosse, le pays de Galles et l'Irlande sont décrits avec la même ironie si caractéristique de l'esprit pragois et cet humour attachant et délicat qui est propre à Capek.
    Ce récit de voyage désopilant signe la rencontre entre l'un des écrivains les plus éminents des lettres tchèques et la mystérieuse Angleterre, pays des paradoxes. On s'accorde avec Arthur Miller : « C'est une joie de le lire ».

  • Sur une petite île à l'ouest de Sumatra, le capitaine Van Toch découvre une colonie de salamandres, hautes d'environ un mètre, êtres paisibles et un peu étranges. Leur capacité de travail et d'apprentissage, leur intelligence et leur mimétisme en font une main-d'oeuvre qualifiée très bon marché. Le riche homme d'affaires Bondy s'engage dans l'exploitation industrielle de ce peuple au sein d'une économie mondialisée... Les salamandres se développent. Asservies, exploitées, elles finissent par se révolter jusqu'à vouloir étendre leur espace vital au détriment des continents, et changer radicalement la géographie de la Terre. L'épopée folle et absurde des salamandres et des hommes les mènera à leur chute commune.

  • Ces 29 "récits apocryphes" ont été écrits par Capek entre 1920 et 1938. Chacun des récits, à quelques exceptions près, est centré autour d'un personnage historique ou semi-légendaire bien connu de tous. Réfutant le plus souvent les notions transmises par l'histoire, Capek nous montre ce personnage sous des côtés intimes, parfois inattendus, nous expose les mobiles de ses actes, en fait une étude psychologique tournant à la satire.
    L'humour domine dans la plupart des récits, mais certains sont empreints également d'une grande tendresse et d'un grand amour de l'homme. La vision personnelle de l'auteur leur donne une forte résonance d'actualité. Ces récits sont groupés, dans l'édition finale, selon l'ordre chronologique de l'apparition des personnages dans l'histoire.

  • La maladie blanche

    Karel Capek

    La Maladie blanche fut montée au Théâtre National de Prague en 1937.
    La population est atteinte d'une sorte de lèpre qui se manifeste par des taches blanches sur la peau de personnes âgées de plus de 45 ans. Les malades n'en ont plus que pour quelques semaines à vivre, dans des douleurs horribles. Le docteur Galén trouve le remède mais refuse de soigner les riches avant que la paix mondiale ne soit instaurée. Le Maréchal qui impose au pays sa dictature et sa politique guerrière est victime, à son tour, du mal. Lorsqu'il cède enfin aux conditions du docteur pour ne pas mourir et lance à la foule " Non à la guerre ! Non à la guerre ! ", celle-ci se déchaîne, le traite de traître et piétine le précieux médicament du docteur Galén.

  • Karel capek fut l'un des rares écrivains tchèques à conquérir de son vivant une célébrité mondiale, qu'il dut principalement à son oeuvre de dramaturge, et même surtout à une seule pièce, la célèbre r.
    U. r. (1920), dans laquelle il forgea un néologisme qui allait connaître une fortune prodigieuse : le robot.
    Mais, loin de n'être qu'un dramaturge qui eut son moment de succès, capek est l'un de ces auteurs protéiformes qui abordent avec un égal bonheur tous les exercices de la plume et peut être considéré comme le maître à penser de la tchécoslovaquie de l'entre-deux-guerres.
    Le météore se compose de trois récits concentriques cherchant à reconstituer l'histoire d'un homme dépourvu d'identité se trouvant sur un lit d'hôpital et dont on ignore tout au départ.

    Mais ce qui est original ici est qu'aucun des trois récits n'a de fondement dans le réel. celui de la soeur de charité est un rêve, le deuxième est basé sur un don de voyance et celui du romancier est un exercice d'imagination. le tout est appuyé sur la connaissance scientifique représentée par les observations et déductions professionnelles du chirurgien et de l'interniste.
    Tout en se conformant aux données précises fournies par ces observations, les trois récits se complètent en se recoupant sur un certain nombre de points.
    Mais les contradictions apparaissent au fil de la lecture, car chacun des trois conteurs, prenant la parole à son tour, nous convainc qu'il détient la solution définitive de l'énigme.
    Ce roman a plu à un vaste public ; comme pour hordubal ou la guerre des salamandres, les lecteurs, passionnés par le monde à la fois réel et fantastique de karel capek, lui ont donné raison. répétons-le, ce n'est pas un hasard : l'ambition de capek, chef de file de la culture d'une tchécoslovaquie renaissante, était de combler autant que faire se pouvait le fossé entre la littérature et le peuple.
    Qui nierait qu'il ait réussi ici à concilier la qualité littéraire et la lisibilité, tout en faisant passer, sans prétention aucune et sans vains déploiements d'intellectualisme, quelques-unes des grandes idées philosophiques et morales qui lui tenaient à coeur ?.

  • Le texte paraît en 1920 quand Capek a 30 ans. Le succès international de cette " comédie utopique " fait de lui l'écrivain tchèque le plus connu. R.U.R. est traduit dans une vingtaine de langues, joué de Tokyo à New-York, de Bruxelles à Tel Aviv. Roman visionnaire où apparaît pour la première fois le mot " robot ".

    Rossum, un scientifique génial, invente un robot. Ses successeurs le perfectionnent et la société Rossum's Universal Robots commence à les produire en masse. Les Robots sont des machines capables de penser qui s'imposent comme force de travail extraordinairement peu coûteuse, productive et sans prétentions, mais manquent de vie spirituelle et de sentiments. Des millions de Robots remplacent progressivement les hommes - et la compagnie RUR gagne des milliards. Les hommes devenus anachroniques et inutiles sont condamnés à l'inactivité et à l'oisiveté. L'humanité tombe vite en décadence, perd sa capacité à se développer, ne procrée plus. Les Robots font les guerres et finissent par se révolter contre leurs maîtres - les hommes. Leur but est de tuer tous les hommes parce que les Robots s'estiment beaucoup plus parfaits et ne veulent plus être commandés par eux.

  • Ce livre de karel capek, paru à prague en 1929, est une véritable petite merveille, et non un " pensum " d'horticulture comme son titre pourrait le faire croire.
    En effet, il suffit de regarder les dessins de josef capek -le frère de karel- qui l'illustrent, pour saisir tout l'humour, la tendresse et l'originalité de l'ouvrage.
    Fleurs et plantes sont bien présentées avec la rigueur de spécialiste, mais un spécialiste qui est aussi poète : et qui mieux que le poète peut nous faire sentir les fleurs, humer la terre et respirer la beauté d'un jardin ?
    Mois par mois, tel un almanach, karel capek nous propose de saisir notre jardin à pleines mains, pour en faire notre paradis ! nous sommes heureux de vous proposer de très délicieux moments.

  • Povetron

    Karel Capek

    Tento príbeh zacíná tím, ze do nemocnice privezou muze v bezvedomí, který se zranil pri leteckém nestestí. Nad jeho luzkem se postupne vystrídají jasnovidec, jeptiska a básník a kazdý z nich se snazí prijít na duvod, který muze vedl k tomu, letet v tak spatném pocasí.Vznikají tak tri príbehy, vsechny stejne pravdepodobné, ale pravda zustává skryta.

  • Oorlog met de salamanders

    Karel Capek

    Een drankzuchtige scheepskapitein ontdekt voor de kust van een Aziatisch eiland een reusachtige, intelligente salamandersoort, die hij als goedkope arbeidskrachten aan het werk zet. De dieren verspreiden zich over de wereld en worden steeds slimmer. Ze leren praten, weten aan wapens te komen - en ontwikkelen zich tot Salamanders. Ze gaan de strijd met de mens aan. Capek's roman over de ondergang van de mensheid verscheen in 1936 en was een onmiddellijk succes: binnen een jaar verschenen er vertalingen in Duitsland, Frankrijk en Engeland; George Orwell vond er zijn inspiratie in voor Animal Farm. Oorlog met de Salamanders is een hilarische, briljante afrekening met het opkomende nationaal-socialisme, het communisme en het racisme, maar vooral met het kapitalisme. Tot in de speelse typografie en illustraties maakt Capek gebruik van talloze mogelijkheden om de ernst van zijn boodschap te maskeren met spot, lachlust en vertelplezier.



    Karel Capek (1890-1938) is een van de belangrijkste Tsjechische schrijvers van de twintigste eeuw. Wereldbibliotheek gaf eerder enthousiast ontvangen werk van hem uit in hoog geprezen vertalingen van Irma Pieper, waaronder Een doodgewoon leven (2008) en De oorlog van de salamanders (2011).

  • Hordubal

    Karel Capek

    Romancier, journaliste, dramaturge, essayiste, Karel Capek incarne parfaitement l'idéal de l'écrivain populaire, dans le meilleur sens du terme.

    En vingt-cinq ans de carrière littéraire, jusqu'à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, il produira dans une Tchécoslovaquie nouvellement indépendante une oeuvre considérable qui fait de lui, aujourd'hui encore, le plus grand écrivain de son pays.
    Imagination multiforme, l'extraordinaire diversité du talent de Capek surgit peu à peu au fil des publications ou rééditions. Pour beaucoup, il est avant tout un auteur de science-fiction.
    La guerre des Salamandres ou sur scène R. U. R. en firent une sorte de H. G. Wells, version slave. Mais comment alors expliquer l'apparition d'un roman comme Le Météore, qui semble sortir des officines du nouveau roman le plus expérimental ?
    Et voici Hordubal, une tragédie paysanne et familiale qui pourrait se situer, avec ses personnages frustes et instinctifs, dans le Sud agricole américain de Caldwell ou Faulkner.
    Hordubal ne revient-il pas des Etats-Unis d'ailleurs ? Il rentre chez lui, à Kriva et chez lui, il fait peur et on ne le connaît pas. Personne n'attendait son retour et la vie s'était organisée sans lui. Hordubal, c'est l'homme en trop, dont on finira par se débarrasser.
    Roman paysan, roman de moeurs et finalement roman d'un crime. Exemple parfait, rigoureux de la tragédie en milieu fermé. On en oublie le lieu et le temps, concentrés sur ces personnages qui semblent eux-mêmes happés par leur destin.
    Le mari, la femme, l'amant, l'enfant. Rien de plus simple, de plus direct, de plus fort. La primitivité des moeurs semble épurer les sentiments à l'extrême.
    Karel Capek a trouvé le langage propre à la tragédie rurale. Aucune intervention personnelle ne brise la continuité de cette analyse clinique. Nous remontons ici à la source des passions les plus élémentaires de l'homme. On est à Kriva, comme à Argos : dans cette aridité où naissent les chants les plus douloureux.

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