Henri Cueco

  • L'un peint la beauté, les doigts trempés dans les gouaches ; l'autre la cultive, les mains plongées dans la terre. L'un est le patron, l'autre l'employé. Après le travail, ils parlent. Entre les salades qui montent et les « belles fesses » des citrouilles, le peintre et le jardinier se rencontrent, se trouvent. Un dialogue inattendu, moqueur et franc, empreint de simplicité et de tendresse, de gravité parfois, de profondeur toujours.

  • Henri Cueco collectionne tout. De préférence l'incollectionnable : les noyaux de fruits, les cailloux, les bouts de crayons, les sandows et même les silences... Puis il dessine ses collections au fil de leurs transformations. Et comme ça ne suffit pas, il décrit ici sa passion compulsive, avec ses problèmes d'intendance et ses choix nécessaires, hilarants pour les autres... tragiques pour lui !

  • Une illustration des gros mots et des mots tendres, des expressions qui empruntent aux objets quotidiens ou aux animaux leurs qualités comme leurs défauts.

  • Cueco, l'éloge à Cézanne

    Henri Cueco

    Après la série sur Ingres, Cueco « s'attaque » à Cézanne !
    Il observe, analyse, pénètre, déforme, met en pièces, s'approprie ses chefs-d'oeuvre, ciselant de multiples variations, impertinentes ou drôles mais toujours savantes. Ceci pour la partie images. Mais Henri Cueco est aussi écrivain et son travail d'écriture est toujours inspiré par la manière dont il réfléchit sur l'image en la déconstruisant/reconstruisant.

  • J'explique à Pierre Bergounioux dont j'admire le souffle et l'écriture que je pourrais écrire inlassablement sur une période qui va de l'enfance à l'adolescence, et qu'il y a là pour moi un mystère, comme une invite à découvrir une menace, un ennemi tapi.
    Pierre Bergounioux me dit - qu'on connaît l'ennemi -, qu'il faut le traquer et sortir de l'écriture régénéré, débarrassé de son angoisse. Dès lors qu'on a compris qu'il existait un temps, un passage, un instant où le monde s'était retourné, inversé, c'est qu'on savait - même sans vouloir ou pouvoir le dire - où était la cassure.

  • L'été des serpents

    Henri Cueco

    "J'ai quinze ans à la fin de la guerre.
    L'aventure de la mort héroïque est terminée. Il va falloir apprendre à mourir de maladie et de vieillesse. C'est jeune pour mourir vieux. J'ai raté ma guerre. J'étais trop jeune pour être un héros". Chronique des années de guerre entre enfance et adolescence, le narrateur, vieux et malade, se souvient de ses années en galoches à narguer le fridolin en tentant, en vain bien sûr, de percer le secret de ces fillettes devenues femmes en quelques mois, de trouver le chemin de leurs lèvres cramoisies.
    La guerre au quotidien dans une petite ville de Corrèze : les boches et les résistants, les braves et les veules, les communistes et les collabos, les réfugiés espagnols bien sûr et quelques familles juives. Un quotidien entre soumission et courage qui n'empêche pas les rires et les amours. On retrouve dans L'Été des serpents, la petite musique d'Henri Cueco qui alterne entre rire et émotions dans l'instant.

  • Passage des astragales

    Henri Cueco

    • Bayard
    • 17 Janvier 2013

    En essayant de faire le récit de son seul et unique crime (à ce jour), Cuéco Henri s'est trouvé confronté au roman policier.
    Une vieille femme acariâtre tout de rose vêtue, persécute notre héros, peut-être l'assassin. Elle disparaît.
    Sur cette trame très Agatha Christie, Cuéco décide de contrarier le cours de l'histoire pour ne pas épouser les contraintes mécaniques du genre. Il utilise les ralentis qui sont souvent les meilleurs moments, les temps de repos des romans sanguinaires.
    Donc, l'auteur détourne les conventions du genre. Il retarde le début de l'action proprement dite. Le cadavre n'arrive pas tout de suite. L'auteur propose toute une série d'hypothèses qui l'ont conduit à cette extrémité : les antécédents familiaux ;
    L'éternelle surdétermination biologique, anthropologique, sociologique ; les circonstances fâcheuse ou fatales. Evidemment, l'histoire continue devant le commissaire qui s'intéresse plus à l'oeuvre de Henri Cuéco/artiste qu'au crime de Cuéco/assassin virtuel.
    Tout ceci ne nous dit pas où est passé le cadavre de la vieille femme atrabilaire...

  • Le chien boomerang

    Henri Cueco

    Henri Cueco aime les bêtes autant que les gens. C'est ce qu'il prétend dans ses textes. Mais est-ce bien sûr ? En tout cas, il les croque avec tendresse, il les aime comme il a aimé le jardinier de son Dialogue avec un jardinier. Pas avec pathos, pas avec mélo, pas avec de grands sentiments mais avec égard, distance et surtout, avec l'humour des mots. Des joyeux portraits tristes d'animaux, pas familiers, plus prompts à montrer les crocs et à vous refiler des puces qu'à vous réclamer caresses et tendresse.

  • Ce journal d'atelier, déjà publié en 1993 par l'Ecole des Beaux-Arts est un livre inclassable.
    C'est l'autoportrait d'un artiste malicieux et sensuel. Sans fausse pudeur ni provocation, Cueco examine son corps, ses odeurs et ses humeurs pour célèbrer l'animalité du corps amoureux.
    Henri Cueco a publié une dizaine de livres.

  • Double vue

    ,

    • Qupe
    • 22 Octobre 2020

    Ce livre a pour point de départ une soirée de l'été 2001, mésaventure sans gravité tournant à l'épopée, emblématique d'une impitoyable banalité périphérique.
    Il s'ouvre par les deux bouts et commence de chaque côté par un récit de cette soirée. Deux récits pour une même soirée, écrits chacun de son côté, par Henri et Pablo Cueco, respectivement père et fils, peintre et musicien, auteurs tous les deux...
    Partant de ce double récit et méditant à son propos, Pablo Cueco a choisi dans le journal et les cahiers de son père décédé quelques années plus tôt, des textes se rapportant aux thèmes qui surgissent du récit initial.
    Il a parallèlement fait un cheminement similaire dans ses propres écrits et orchestré l'ensemble.
    /> Initié presque sur le vif, dans un esprit de recherche mutuelle de complicité artistique, ce dialogue à distance sur le monde et son évolution s'est poursuivi dans le labyrinthe des mémoires et des écrits.

  • Le livre offre une lecture philosophique d'un choix de peintures, dessins et textes dans l'oeuvre d'Henri Cueco, analysant ses articulations qui donnent sens à ce montage apparemment chaotique des thématiques et des techniques, par le philosophe Alain Chareyre-Méjan, professeur d'esthétique à l'Université d'Aix-en-Provence.
    Ce livre propose un parcours transversal dans l'oeuvre de l'artiste, pour tenter de mieux faire comprendre ce qui la rend cohérente malgré la grande diversité de ses thèmes et lui confère puissance et vitalité.
    Ce parcours, ni chronologique, ni thématique, permet de mettre en regard des oeuvres de périodes très différentes, et de distinguer ainsi ce qui dans l'oeuvre reste une constante : le regard analytique que l'artiste porte tout aussi bien sur les choses du monde (pommes de terre, pierres ordinaires, brins d'herbe, etc.) que sur les grands thèmes de la peinture classique (vanités, portraits, paysages).
    Cet exercice du regard caractérise la position artistique si particulière et originale de Cueco qui s'apparente dans sa méthode et sa pensée à ce qu'est la déconstruction en philosophie, laissant le spectateur devant la question même de l'art contemporain. Question qui n'est autre que le retour sur l'image, célébrée dans son ambiguë pouvoir de médiation, récusée dans son statut classique de représentation, et donc interrogée dans sa relation avec le monde qu'elle était jusqu'alors censée représenter. A cette question, l'artiste propose la mise en ordre du chaos, la subversion d'une mise en pièces, la puissance pénétrante du moindre détail, la poésie de l'inachevé, le vertige du doute, l'humour de l'association, l'inquiétude de l'intelligence, autant de talents qu'il s'exerce à relancer inlassablement.

  • Ces animaux-valises, du « serpent-dans-le-mille » au « cerf-lesfesses », explorent (on l'aura compris) les alliances entre un animal et une locution. Il s'agit, en quelque sorte,
    d'expressionnisme animalier. Le peintre Henri Cueco s'est plu à imaginer et magnifier quelques-unes de ces chimères. Ces Animaux d'amour, initialement publiés dans la Bibliothèque oulipienne, appartiennent à une série initiée par Jacques Roubaud et Olivier Salon avec leurs Sardinosaures, et achevée (temporairement) avec Les Opossums célèbres, d'Hervé Le Tellier.

  • Les deux auteurs, Pierre Gaudibert, alors conservateur de musée et critique d'art, fondateur de l'ARC et théoricien de l'action culturelle, Henri Cueco, artiste-peintre, homme de radio, d'écriture et enseignant, ont, par texte et réponse alternés, dialogué en dix chapitres consacrés à l'arène artistique hexagonale entre les années 1960 et 1980.
    Regard critique, objectif et partisan, froid et passionné, sur le marché de l'art, le bilan des cinq années de gouvernement socialiste, les néo-avant-gardes, la France artistique aujourd'hui. Ils ont exploré le mystérieux club qui attribue le label « art international » et montré quels problèmes pose l'ignorance ou le refus des arts contemporains extra-occidentaux, que signifient mécénat et sponsorisation. Que deviennent l'art et les artistes enfin confiés aux Musées, livrés aux Marchands et aux Médias (les trois M) ?
    Complicité évidente de deux acteurs engagés dans leur passion pour l'art, sans volonté de soumettre leurs discours aux aléas du combat politique, ni même aux contraintes d'une rigidité théoricienne. Ils démontent les mécanismes, ils analysent les idéologies à l'oeuvre. Ils parlent aussi de leurs sentiments dans cette société libérale, où ils barbotent tant bien que mal à la recherche de nouvelles utopies stimulantes !

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