Gérard Garouste

  • Publié à l'occasion d'une exposition qui se tient à la galerie Daniel Templon de janvier à mars 2006, cet ouvrage présente les derniers travaux artistique du peintre.

  • Peintre obsédé par les origines de notre culture et l'héritage des Anciens, Gérard Garouste délaisse pour la première fois les grands textes de l'histoire occidentale pour opérer un retour sans complaisance sur sa propre histoire.
    À travers cette nouvelle exposition La Bourgogne, la famille et l'eau tiède, Gérard Garouste explore les trois pôles de sa vie : le paradis perdu de son enfance en Bourgogne, l'enfer de la famille et sa recherche, peut-être impossible, de " l'eau tiède ", à savoir une forme de modération ou de sagesse. Il nous livre sans pudeur, de manière frontale, certains épisodes marquants de sa vie : secrets de famille, traumatismes d'enfance, souvenirs de crises de démence et d'internement.
    Au-delà de la dimension autobiographique, Gérard Garouste s'interroge sur la notion de " sujet " dans la peinture, et cherche à soulever le mystère des origines et de la transmission. Comme il l'explique, " Dans les détails d'une vie, s'inscrivent les dysfonctionnements d'une société toute entière. En un sens, ce malade dont je peins les aventures est le pur produit de son époque. La question de la transmission de la connaissance représente pour moi le point crucial. Enfant j'ai été élevé dans le mensonge familial et l'hypocrisie de la religion. Cette grande duperie que fut mon éducation est aujourd'hui un moteur. Je lui dois mon obsession pour le démontage des images comme des mots, et mon intérêt pour l'idée d'origine. Même si l'origine est une utopie. Reste la recherche de la vérité. " Les propos de Gérard Garouste, recueillis par Hortense Lyon, sont placés en regard de chaque oeuvre reproduite dans ce livre/catalogue comme un jeu de miroir avec les toiles de l'artiste nous permettant d'entrer dans son histoire la plus intime.
    Élégant, dense et largement illustré, le livre/catalogue met en évidence la richesse des oeuvres de Gérard Garouste. Le livre/catalogue est publié à l'occasion de l'exposition de Gérard Garouste La Bourgogne, la famille et l'eau tiède à la galerie Daniel Templon, du 12 janvier au 26 février 2008.

  • Gérard Garouste peint, grave, sculpte, monte des installations, travaille le vitrail...
    Ce créateur, aux talents multiples, croise ici ses recherches spirituelles et picturales. Il déchiffre pour nous avec Hortense Lyon, l'une de ses oeuvres : Ellipse. Il s'interroge sur Dieu et sur le mystère de toute création, jouant sur les contraires et les énigmes, interrogeant les images et les mythes bibliques. Telle l'abeille, la parole virevolte. Est-ce un hasard ? En hébreu, déborah, l'abeille, s'écrit avec les mêmes lettres DBR que dabar qui signifie parole.
    Par la magie des mots, l'apiculteur soigne donc à la fois l'abeille et la parole. Il veille sur la légèreté de leurs vols, la douceur de leurs miels et n'ignore rien du vif de leurs piqûres.

  • Après s'être plongé dans le Faust de Goethe en 2011, Gérard Garouste choisit cette fois de ne pas se limiter à un seul sujet : tableaux, gouaches et sculptures sont structurés comme un rêve ; leur logique dérive de flux imprévisibles créant un effet de flottement. L'artiste suggère ainsi que la connaissance s'enrichit d'une double lecture, l'une passant par l'entendement et l'autre par l'oeil, exigeant de se laisser guider par l'imagination.

    Dans ces « images subliminales » faites de réminiscences et d'associations d'idées, on retrouve pêle-mêle Tintin et Milou de la bande dessinée d'Hergé, le Talmud, les fables de La Fontaine, les contes de la tradition ashkénaze, Don Quichotte, Faust et des références à l'histoire de l'art, Grünewald, Millet, les paysages romantiques ...

    L'artiste prête aux protagonistes de ses oeuvres les traits de ses proches, mais aussi les siens : dans ses nombreux autoportraits, il devient tour à tour le malade, le héros biblique, ou un mystérieux animal. Ces visions entrent en résonnance avec le témoignage autobiographique du peintre transmis en 2009 dans L'Intranquille : Autoportrait d'un fils, d'un peintre, d'un fou.

    Dans un dialogue avec la journaliste et auteur Hortense Lyon, l'artiste commente ses oeuvres et explicite son cheminement particulier de peintre.

  • L'art et la vie de Gérard Garouste sont peuplés de fantômes et de hantises. L'artiste livre ici, sans aucun fard, tous les tourments intimes qui ont façonné son parcours : la violence et l'antisémitisme de son père, la dyslexie, l'échec, la folie, la dépression, l'incompréhension.

    Nous entraînant au coeur des rouages de la création, cet entretien révèle un personnage à la franchise déconcertante, teintée d'humour et de tendresse. Garouste y décrit toutes les étapes de son art et les chocs heureux qui l'ont conduit à des choix décisifs. Autodidacte initié tout d'abord par l'art brut pratiqué par son oncle, réfractaire à l'enseignement des Beaux-Arts, il a emprunté une voie singulière, souvent à contre-courant. L'artiste désigne ses maîtres : Duchamp, en qui il découvre une radicalité indépassable, le Tintoret, le Greco, Zurbarán, Manet, De Chirico...

    Témoignant de ses découvertes et de ses engagements, il évoque aussi sa passion pour l'étude talmudique, sa conversion au judaïsme, ainsi que la création de La Source, association artistique dédiée aux enfants défavorisés.

  • Je suis le fils d'un salopard qui m'aimait. Mon père était un marchand de meubles qui récupéra les biens des juifs déportés. Mot par mot, il m'a fallu démonter cette grande duperie que fut mon éducation. A vingt-huit ans, j'ai connu une première crise de délire, puis d'autres. Je fais des séjours réguliers en hôpital psychiatrique. Pas sûr que tout cela ait un rapport, mais l'enfance et la folie sont à mes trousses. Longtemps je n'ai été qu'une somme de questions. Aujourd'hui, j'ai soixante-trois ans, je ne suis pas un sage, je ne suis pas guéri, je suis peintre. Et je crois pouvoir transmettre ce que j'ai compris. G . G.

    Un livre qui a la puissance d'un roman, traversé par l'antisémitisme, les secrets de famille, l'art, la folie et l'amour. Un autoportrait bouleversant.

    La voix est juste, la langue magnifique, le livre renversant. Olivia de Lamberterie, Elle.

  • Don Quichotte de La Manche est un triomphe de l'imagination et de l'originalité, une quête du bien et de la lumière, un livre où sagesse et folie se côtoient à travers les aventures chevaleresques de personnages hauts en couleurs, Don Quichotte et son écuyer Sancho Pança.

    Le roman est dans toutes les mémoires : Don Quichotte, gentilhomme sans fortune, a la passion des romans de chevalerie. Abruti de ces lectures, le malheureux ne parvient plus à faire la distinction entre la réalité et son imaginaire. Ainsi, croyant faire le bien et servir la justice, il sème le désordre partout où il passe, mais défend des idéaux de paix, de justice et d'amour.
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    Gérard Garouste illustre, interprète, révèle le symbolisme de l'oeuvre, met en évidence l'humour et la grandeur des personnages.

    Après deux années de création rigoureuse et exigeante sur un texte dont le peintre désirait ardemment pénétrer les mystères, l'oeuvre jaillit, véritable festival de couleurs, de force et de magie. Ces gouaches sont l'exégèse du texte de Cervantès.
    Gérard Garouste fait partie de ces hommes d'exception. Sa peinture n'explique rien et révèle tout. Elle donne à voir le monde sensible et l'au-delà en une seule vision. On qualifie son style de post-moderne. On loue sa science inouïe de coloriste qui renoue avec la tradition du métier, de la pâte et du sujet. On est ébloui par l'intensité de sa peinture. Ses sources d'inspiration s'appuient sur les grands textes fondateurs - la Bible -, les légendes, les mythes, les contes philosophiques.

    Avec Don Quichotte, Gérard Garouste invite à vivre son époque et prouve que la peinture contemporaine peut être intemporelle et accessible à tous grâce au subtil mélange de tradition et de modernité qui se dégage de son oeuvre. Cet ouvrage est digne de la plus exigeante bibliophilie, il fait partie, au même titre, que La Divine Comédie de Dante illustrée par Botticelli, de ces oeuvres éternelles.

  • La Haggada met en scène quatre types d'enfants auxquels il s'agit de transmettre la mémoire de la sortie d'Égypte : l'érudit, le rebelle, le simple et celui qui ne sait pas questionner. Cette allégorie des quatre enfants témoigne de l'immense gageure que constitue la transmission d'une mémoire millénaire.
    Expression de l'espérance face à l'oppression, la Haggada de Pâque constitue un legs pour la conscience juive comme pour tout peuple épris de liberté. Paradoxe : d'entre tous les textes liturgiques, la lecture de la Haggada au soir de la Pâque est probablement la plus partagée par le peuple juif, et pourtant le lecteur rencontre des enseignements énigmatiques et ne dispose pas toujours des codes pour déchiffrer le sens des rites.
    La Haggada aux quatre visages vise à relever ce défi : doter les convives du soir de Pâque d'un livre traditionnel complet, didactique et instructif, rigoureux dans sa traduction et ses explications et qui soit aussi un beau livre, grâce aux planches originales de Gérard Garouste spécialement réalisées pour cet ouvrage.

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