Damien Murith

  • Quelle voix donner à la douleur? Quelle voix donner à cet invisible qui met le corps au supplice, qui transforme les nuits et les jours en un brasier immense, consumant toute force, toute envie? Du cri jusqu'au murmure, dans l'urgence d'une respiration nouvelle, l'auteur lui donne ici une voix dont l'écho fait battre le coeur: celle de l'espoir.

  • Les milles veuves

    Damien Murith

    Assises devant les maisons, les femmes raccommodent les mailles déchirées des filets. Leurs doigts sont gercés ; par habitude ils ne saignent plus.

    Elles parlent des hommes, de la mer, elles parlent des mains affolées qui s'agitent au bout des quais, des lèvres qu'il faut pincer car au fond de la bouche cogne la nausée des grandes peurs, des tumultes du coeur quand l'attente a le souffle de la cire et de l'encens, elles parlent, elles chantent, et leurs voix comme des brouillards s'élèvent immenses et lasses.

  • Le livre des maudits

    Damien Murith

    La Lune assassinée saigne sur un village recroquevillé ; Les Mille veuves mélangent le sel de leurs larmes à l'écume des vagues ; Le Cri du diable gronde au milieu des passions amoureuses.

    De la noirceur de la terre aux profondeurs des tempêtes humaines, la poésie âpre et vertigineuse de Damien Murith porte impeccablement cette fiévreuse tragédie déclinée en trois romans réunis ici en un seul volume.

  • « Le village, comme une teigne, avec ses maisons basses que mangent les vents, avec ses granges vides où l'on se pend, avec ses bêtes maigres, avec l'odeur du moisi qui rampe le long des ruelles, avec son auberge où l'on boit sa rage, sa haine, avec son clocher qui griffe la croûte grasse du ciel, et son cimetière, rectangle jaune et gris où reposent les os, avec ses chemins de poussière, ses sentiers de misère où poussent la ronce et l'ortie, et plus loin, l'usine, de briques, de fer, de sueur, avec la peur de l'autre, l'étranger à qui l'on entrouvre la porte, une lame cachée dans le dos, et le diable qui rôde, la nuit, sur les toits, et les chapelets qui s'égrènent, au coin des poêles, on prie la Sainte Vierge car dehors, les ombres guettent, avec ses gens, usés, râpés, cassés, la figure creuse, la douleur muette, traînant derrière eux un siècle d'âmes vaines, et encore plus loin, tout autour, la plaine, à l'infini, comme les restes d'une promesse. » Une histoire simple, violente et inactuelle, qui déploie ses sortilèges aussi sûrement qu'un poison se répand, en une succession de miniatures acérées, dans un climat hanté par la nuit et la sensualité. Nous sommes ici en présence d'une première oeuvre remarquable.

  • Une femme tue un homme qui tente de la violer. Elle s'enfuit à la ville où elle devient serveuse.
    Là elle tombe amoureuse d'un peintre. Ce dernier verra en elle une source d'inspiration à son oeuvre.
    Quand le succès arrive, d'autres femmes aussi.
    Envahie par la jalousie, cette muse le tuera.

    Le cri du diable, vient clore la trilogie commencée par La lune assassinée et par Les mille veuves. L'écriture de Damien Murith est de la prose. Chaque mot y est à sa place, il n'y a rien à ajouter ni à enlever. De par le mot choisit, Damien Murith a l'art de rendre beau et inoubliable la plus banale des histoires.

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