Alain Abelhauser

  • Un doute infini

    Alain Abelhauser

    • Seuil
    • 3 Septembre 2020

    Qu'est-ce qu'un obsessionnel ? Quelqu'un comme vous et moi, peut-être ? Oui, mais qui doute. Non parce qu'il ne serait pas sûr de lui. Mais parce que ce doute lui est nécessaire pour désirer. Pour vivre. Ou, plutôt, pour ne pas mourir tout à fait.
    Alors il « procrastine », s'interdit de réaliser la plupart de ses désirs, ou s'en fait au contraire un devoir - ce qui revient presque au même. Alors il vit le sexe comme un embarras, l'amour comme son évitement, la répétition comme un refuge, la mort comme un recours, et la pensée (parce qu'il ne peut s'empêcher de croire en sa toute-puissance magique) comme une menace. Dont il lui faut donc se protéger. En se faisant débile, par exemple. En se sentant coupable de tout, quand bien même n'accepte-t-il d'être responsable de rien. En ruminant, en priant, en étant en dette pour la vie - et seul pour toujours.
    Et en n'achevant jamais rien. Pas même son propos. Parce que c'est toute la vérité qu'il veut dire, et tout d'un coup, et que c'est ainsi qu'il rencontre le mieux l'impossible qui soutient son existence.
    Nous donnant ainsi une magistrale leçon sur le fonctionnement psychique ordinaire, et sur le monde en général.
    Ce qui, certes, nous écarte beaucoup des propos habituels des traités de psychopathologie, des opuscules de pleine conscience et des guides de recettes de vie.
    Mais nous fraye une voie d'accès royale à la psychologie - la vraie !

  • Pourquoi certaines femmes portent-elles atteinte à leur corps au point de mettre leur vie en danger - provoquant des anémies, des pertes massives de sang, s'automutilant ? Pourquoi faut-il qu'elles fassent reconnaître ces atteintes comme une maladie - et par conséquent qu'elles dupent et manipulent les médecins ? Pourquoi faut-il qu'elles aillent physiquement mal pour pouvoir aller bien (ou en tout cas pas trop mal) sur un autre plan ? Pourquoi cette passion à duper l'autre ?
    Ce livre, à la façon d'un récit, campe le portrait de ces femmes. À travers le récit de cas, il raconte comment, dès le XVIIe siècle, des médecins ont pressenti dans d'extrêmes faiblesses physiques, des souffrances mentales. Comment des médecins, puis des psychiatres, ont tenté de comprendre ces femmes, d'élaborer des catégories interprétatives : anorexie, pathomimie, syndrome de Münchausen, de Lasthénie de Ferjol. Comment aussi la littérature a influencé ces théories médicales, psychiatriques, psychopathologiques, psychanalytiques. Et comment cette étonnante articulation de l'atteinte du corps, de la duperie de l'autre et de la féminité ne trouve aucune résolution ou expression définitive, si ce n'est une hypothèse psychanalytique : la perversion ne serait pas propre au masculin, elle pourrait aussi être féminine - la position de ces femmes en serait le signe.

  • Le sexe et le signifiant : drôle de couple, vraiment ! mais pourtant d'actualité, à cette heure où la logique du vivant vient épouser celle du signifiant, reprenant la mesure de l'inconscient et faisant de la jouissance sa partenaire obligée.
    Comment en rendre compte, plus précisément ? par un triple pari, répond alain abelhauser. celui d'une visée, d'abord, très simple : montrer que ce n'est qu'en en passant par le signifiant que le sexe fait du désir humain ce qu'il est. accompagnée d'une prétention, ensuite : s'inscrire, ce faisant, dans le droit-fil de la découverte freudienne de l'inconscient, pour en renouveler la fraîcheur au gré de notre modernité.
    Et guidée par une méthode, enfin : contrebalancer la rigueur du concept par l'inventivité du trait d'esprit, et mettre, sans relâche, la théorie à l'épreuve de la clinique. s'appuyant, pour ce, aussi bien sur une série de cas tirés de sa propre pratique que sur des vignettes fournies par la vie quotidienne, la littérature, le cinéma, les mythes ou la science, alain abelhauser propose ici ces suites qui sont autant de fables sur le déterminisme qu'exercent sexe et signifiant sur le sujet humain, sur celui que lacan appela le " parlêtre ".

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