Histoire & Sciences sociales

  • la cause des autres : une histoire du dévouement politique Nouv.

  • le nouveau monde : tableau de la France néolibérale Nouv.

    Fruit d'un travail collectif auquel ont participé près de 90 auteurs - chercheurs en sciences sociales, journalistes, écrivains - Le Nouveau monde brosse un ample tableau de la France néolibérale. De la sécession des élites aux formes instituées du mépris social, de l'ordre dominant aux multiples oppositions qu'il suscite, du quotidien des travailleurs aux mythologies qui structurent l'esprit du temps, ce livre-somme analyse et raconte la France d'aujourd'hui. Attentif aux traces et aux indices qui signaleraient l'éclosion de phénomènes inédits, Le Nouveau monde s'attache à éclairer l'état présent du pays à la lumière des dynamiques économiques, sociales et politiques qui, ces quarante dernières années, voire davantage encore, l'ont produit. Mêlant reportages, articles théoriques, témoignages et textes littéraires, ce livre hybride mène donc un travail d'élucidation sans équivalent. Près de trente ans après la publication de La Misère du monde, et alors que le pays chemine sur une crête, Le Nouveau monde se présente à la fois comme un livre d'intervention dans la campagne électorale qui commence et comme un livre de fond, qui tâche de cerner et de rendre intelligible le moment de bascule dans lequel nous nous trouvons.

  • demain la Chine : guerre ou paix ? Nouv.

    Développement économique vertigineux, montée en puissance impressionnante, modernisation militaire sans précédent, passions nationalistes souvent incandescentes, confrontation de plus en plus intense avec les États-Unis, tous ces ingrédients connus semblent conduire immanquablement la Chine à la guerre.Les causes immédiates d'un conflit armé ne manquent pas:les prétentions de Pékin en mer de Chine du Sud, le conflit territorial sinojaponais autour des Senkaku (Diaoyu) et surtout la volonté farouche de Xi Jinping de réunifier Taiwan à la République populaire constituent les principaux barils de poudre qui peuvent à tout moment exploser. De fait, les prédictions d'un affrontement militaire dans le détroit de Formose d'où la Chine sortirait vainqueur se multiplient.Pour l'heure, ce que l'on observe avant tout est une utilisation de plus en plus fréquente par le gouvernement chinois de ce qu'on appelle les «zones grises» entre la paix et la guerre. Cette stratégie s'est étendue, en 2020, à la longue frontière sino-indienne. Ce nouveau modus operandi permet aussi à l'Armée populaire de libération (APL) et aux autres agences de sécurité chinoises d'améliorer leur capacité de projection de forces et leur préparation au combat. Mais les enjeux d'une guerre ouverte, et pas uniquement avec les États-Unis, restent énormes, incitant l'APL à d'abord envisager des «opérations extérieures» plus limitées et moins dangereuses.Pour ces raisons, bien que nul ne puisse contrôler les passions humaines, et sans pour autant exclure l'irruption de crises militaires, la Chine et les États-Unis s'orientent plus vers une guerre froide d'un nouveau type que vers une guerre chaude qui pourrait rapidement se nucléariser.

  • les conquérants de la steppe : d'Attila au Khanat de Crimée, Ve-XVIIIe siècle Nouv.

    Après l'âge des grands empires sédentaires de l'Antiquité, l'époque qu'on appelle médiévale en Occident fut celle des empires nomades des conquérants de la steppe. Ainsi, durant plus d'un millénaire, les guerriers de Haute Asie ont-ils rythmé la vie d'une grande majorité des populations d'Eurasie et du Moyen-Orient. Ce livre retrace l'histoire de ces peuples conquérants, y compris celle des empires les plus connus, comme ceux des Huns, des Mongols ou des Timourides, mais aussi les empires des Kökturks, des Khazars ou des Qarakhanides, dont l'histoire nous est moins familière. Fondé sur les plus récentes découvertes historiques, archéologiques et scientifiques réalisées durant les dernières décennies, il propose un nouvel éclairage sur la question. Deux interrogations en particulier servent de fil d'Ariane : comment ces modestes peuples venus de nulle part ont-ils pu imposer leur joug sur d'aussi vastes territoires et sur autant d'individus ? Pourquoi, aussi, et comment ces empires omnipotents ont-ils disparu les uns après les autres, souvent sans laisser de traces, ou si peu ?

  • La définition d'une barrière chronologique séparant la Révolution de la période impériale permet d'isoler deux perspectives : l'une constituée d'un moment collectif (la Révolution) ; l'autre centrée autour d'un seul individu (Bonaparte). Elle n'est cependant pas satisfaisante, si l'on considère que Napoléon s'est emparé des actifs de la Révolution pour mieux les consolider à travers l'oeuvre de son régime. Or, parmi les actifs en question, figure l'internationalisation de la Révolution en Europe et la diffusion de ses idées. Le « système de famille » des Bonapartes est la clé de voûte de cette Europe reconfigurée par un processus révolutionnaire inachevé. Elle nous emmène sur les théâtres européens les plus variés : Vienne, Berlin, Naples, Madrid, la Russie, jusqu'à la périphérie de l'Empire (Corfou), à travers les exemples des membres de la famille impériale comme de ceux qui les ont suivis ou combattus. Alors il est en effet possible de mieux saisir à la fois la nécessité d'effacer la coupure chronologique de 1789, mais aussi de décentrer la figure du Napoléon omniscient et omnipotent au profit d'une réflexion à travers les méandres d'une Europe partagée entre plusieurs temps et la difficile question des identités nationales.

  • La vraie vie des Français n'est pas dans les théories générales ou les moyennes statistiques. Les principaux mouvements sociaux des dernières années, des manifestations sur les retraites aux Gilets jaunes ou au phénomène #MeToo, n'ont guère été éclairés par l'étude des structures globales de la société. Les nouvelles géographies des fractures politiques et l'instauration d'un climat de défiance ont certes été bien documentées. Mais la nature des attentes, des colères et des peurs dont elles dérivent n'a pas encore été déchiffrée.
    Cet essai propose des outils pour ouvrir et décrypter cette boîte noire. Il se fonde pour cela sur une analyse des épreuves auxquelles les Français se trouvent le plus communément confrontés au quotidien. C'est en partant notamment des expériences vécues du mépris, de l'injustice, des discriminations et de l'incertitude que l'on peut comprendre autrement la société. Les émotions qui les accompagnent expliquent en effet au premier chef les comportements des femmes et des hommes d'aujourd'hui : ceux-ci ne se déterminent dorénavant plus en fonction de leurs seuls intérêts « objectifs ». Une autre manière de réagir aux événements et de produire du commun se fait donc ainsi jour.
    Cette approche permet d'appréhender de façon originale la désaffection contemporaine pour la politique existante et indique la direction d'un véritable projet d'émancipation. Les Épreuves de la vie ouvre de cette façon une nouvelle étape du travail de l'auteur consacré à la redéfinition de la question sociale et aux conditions de l'approfondissement de la vie démocratique.
    Parce qu'un essai vaut autant par le constat dressé que par les renouvellements esquissés, le texte de Pierre Rosanvallon est discuté et prolongé par quatre « rebonds et explorations » d'Aurélie Adler, Nicolas Duvoux, Emmanuel Fureix et Gloria Origgi, dans une démarche d'intelligence collective.

    Ouvrage coédité avec La République des idées.

  • la trahison des élites allemandes : des lumières au nazisme Nouv.

    Comment une des élites les plus cultivées d'Europe a-t-elle abdiqué face au nazisme ? C'est la réponse à laquelle un des plus grands spécialistes de l'Allemagne répond dans ce livre. Christian Baechler trace l'itinéraire méconnu d'une bourgeoisie culturelle, du début du XVIIIe à la Seconde Guerre mondiale. Le parlement de Francfort de 1848-1849 marque l'apogée de son influence qui décline dans l'Allemagne bismarckienne, tandis que le nationalisme devient son idéologie dominante. Accentuée par la défaite de 1918 et par la crise des années Trente, elle favorise un relativisme qui se manifeste, dans le contexte de la flambée de l'antisémitisme, par un nationalisme raciste. Ce sont des conditions favorables à une adhésion au national-socialisme pour certains ou au retrait dans l'abstention ou l'indifférence pour la plupart. Toutes les conditions étaient réunies pour qu'elle se compromette dans l'entreprise hitlérienne. Voici la fresque totale, fascinante et apocalyptique de l'effondrement d'une des élites les plus prometteuses de l'ère moderne.

  • notre vie chez les riches : mémoires d'un couple de sociologues Nouv.

    Le célèbre couple de sociologues de la bourgeoisie livre son autobiographie, des mémoires qui retracent près de six décennies d'une vie studieuse, amoureuse et engagée. L'un issu d'une famille ouvrière des Ardennes, l'autre fille d'un notable de Lozère, ils se rencontrent en 1965 à la bibliothèque de la faculté de Lille. Ils ne se quitteront plus. Études de sociologie, mariage précipité, séjour en coopération dans le Sahara marocain, rencontre avec Pierre Bourdieu, entrée au CNRS et puis, à la fin des années 1980, décision de prendre les nantis comme objet d'investigation, avec un premier livre écrit à quatre mains, Dans les beaux quartiers.
    On les suit dans leur découverte de cet autre monde social, du Jockey Club aux chasses à courre, en passant par l'Automobile Club de France et ses réceptions au champagne. On accède ainsi aux coulisses d'une recherche qui suppose souvent de déployer des trésors d'ingéniosité pour accéder aux enceintes feutrées de l'entre-soi où se côtoient les grandes familles.
    Ce récit agrémenté de nombreuses anecdotes peut se lire tout autant comme une introduction à leurs travaux que comme la traversée d'une époque par un duo singulier, témoin bicéphale des mutations de la société française et de ses élites sur un demi-siècle.

  • Marguerite de Navarre Nouv.

    Soeur de roi (François Ier), femme de roi (Henri II de Navarre) et grand-mère de roi (Henri IV), Marguerite d'Angoulême a trop souvent été reléguée au second plan, et sa vie étudiée à travers celle des hommes qui l'ont entourée. C'est oublier bien vite qu'elle a aussi, et surtout, été une grande mécène d'artisans du livre, tels François Rabelais, et elle-même une autrice prolifique sous le nom de Marguerite de Navarre. Fervente catholique mais aussi humaniste éclairée, elle a également cherché toute sa vie à « renouveler l'Église » en protégeant les réformateurs protestants, dont Jean Calvin.
    Née Marguerite de Valois-Angoulême en 1492, puis devenue reine consort de Navarre par son second mariage en 1527, Marguerite contribua fortement à faire de la cour de son frère François Ier un lieu où intellectuels et artistes de premier plan se pressaient. Son influence politique déclinant progressivement après l'affaire des placards en 1534, elle décida de s'éloigner de la cour et de se consacrer à l'écriture. Auteur de poésie, de théâtre et de contes, elle laisse une oeuvre abondante, dont son recueil de nouvelles inachevé : L'Heptaméron. Si ces écrits peuvent nous sembler datés aujourd'hui, ils n'en demeurent pas moins révolutionnaires pour l'époque, éminemment modernes, et même teintés de féminisme - ils ont inspiré de nombreuses femmes de tête comme la célèbre Anne Boleyn.
    Dans cette biographie passionnante et étayée par de nombreuses sources inédites, Patricia Lojkine réhabilite une figure oubliée et pourtant, à l'image d'une Madame de Lafayette, incontournable de l'histoire intellectuelle et politique de la Renaissance.

  • Voici le livre qui a révélé au public la contre-culture, à tel point que Theodore Roszak a souvent été réputé l'inventeur du terme... C'est une défense de la contre-culture qui, malgré ses aspects bizarres et hétéroclites, son usage des drogues, son ingénuité, la superficialité de ses expériences spirituelles, sa probable récupération, ne peut être considérée comme un caprice de la jeunesse.

    Pour Roszak, il s'agit au contraire d'un rejet instinctif et salutaire des tendances morbides de la société de consommation d'après-guerre et de la société technologique d'abondance : un refus politique de la technocratie.

  • Comment les huguenots ont-ils survécu, vécu et même prospéré dans le Paris du dix-huitième siècle, alors que la majorité de la population catholique était notoirement hostile au protestantisme? Pourquoi, à la fin de l'Ancien Régime, l'opinion publique était-elle très majoritairement favorable à l'octroi de droits plus grands aux protestants? Cet ouvrage étudie l'essor de la tolérance religieuse à Paris et retrace l'histoire des huguenots parisiens après la révocation de l'édit de Nantes en 1685 - une des décisions de Louis XIV sans doute les plus lourdes de conséquences pour la France. David Garrioch trouve les racines de cette transformation des attitudes à l'endroit de la minorité huguenote à la fois dans la manière dont elle sut résister à la persécution et dans le pragmatisme avec lequel le gouvernement décida d'y réagir, surtout après la mort de Louis XIV, mais aussi dans l'environnement tout à fait particulier qu'était alors la capitale française par rapport au reste du royaume. Ce livre permet surtout de comprendre l'évolution extraordinaire de la culture catholique qui se produisit au cours du siècle, dans le cadre de la transformation culturelle et intellectuelle que nous appelons les Lumières et qui bouleversa la France et l'Europe.

  • Face aux actes de barbarie qui frappent la France, où en est la République ? État, Église, nation, laïcité, que signifient aujourd'hui ces mots au sein d'un paysage confessionnel troublé, mais aussi d'un environnement international hostile ? Comment distinguer entre le culte et la culture ? Et pourquoi est-il urgent de réaffirmer la séparation du politique et du religieux ?
    Ces questions animent le dialogue entre Régis Debray, Didier Leschi et Jean-François Colosimo qui précède, dans ce livre, les commentaires personnels de chacun d'eux. Balayant l'histoire et l'actualité, leurs désaccords mêmes contribuent à éclairer un accord essentiel : nous ne saurions céder à la peur car l'exception française est plus que jamais indispensable à l'ordre du monde.
    Un appel à l'intelligence et à la lucidité.

  • À l'affut de l'information de première main, se méfiant des apparences, familier des vices et des vertus des hommes, habité par le besoin de comprendre avant de raconter, l'historien porte nécessairement un regard original, souvent riche de points de vue inattendus sur notre vie de tous les jours, la nôtre mais aussi la sienne. Les 45 chroniques qu'Emmanuel de Waresquiel, l'un des plus grands historiens d'aujourd'hui, nous offre ici pour notre bonheur forment une stimulante promenade dans l'histoire comme dans l'actualité (qui n'est après tout que l'histoire en train de se faire). Les rapprochements parfois lumineux, ou au contraire la mise en évidence de phénomènes uniques dans l'histoire nous donnent sans cesse à réfléchir, à imaginer.
    Écrites d'une plume alerte et joyeuse et nourries d'une connaissance très sûre, elles enchanteront les très nombreux lecteurs de l'auteur et bien au-delà, tous ceux qui aspirent, en ces temps moroses, à s'échapper en imagination et à comprendre.

  • Depuis les années 1990, des associations, comme Allegro Fortissimo et plus récemment Gras politique, ainsi que des militantes et autrices comme Gabrielle Deydier, ont imposé un nouveau terme pour parler des discriminations liées au poids: la grossophobie. La tendance « body positive », résultat de ces mobilisations contre les normes esthétiques et pondérales dominantes, a renouvelé les problématiques propres aux mouvements féministes et queer, mettant à nouveau la question du corps au coeur des revendication des militantes dans le monde entier.Pourtant, les réseaux sociaux demeurent saturés d'« humour » grossophobe et la tyrannie de la minceur continue de sévir, générant mal-être, troubles du comportement alimentaire ou encore pratiques d'autocensure. Plus grave encore, les études chiffrées sur la grossophobie montrent qu'au-delà d'un certain poids les discriminations se systématisent. Elles ont lieu à l'embauche, au travail, mais aussi sur les applications de rencontre, dans les salles de sport, chez le médecin et même dans l'intimité, avec la famille.Avec cet ouvrage, Solenne Carof, signe une des premières études sociologiques sur la grossophobie en France. Que vivent les personnes très corpulentes dans une société comme la nôtre? Que révèle le stigmate de gros ou de grosse des normes qui pèsent différemment sur les hommes et sur les femmes? Quelles conséquences cette stigmatisation a-t-elle sur les personnes concernées? Au fil de son enquête, l'autrice dévoile les rapports de pouvoir qui se nichent dans la question du poids et structurent les hiérarchies propres à notre société.Une étude décisive pour mettre en évidence l'importance d'une discrimination encore peu condamnée, tant socialement que juridiquement.

  • Mémoire interrompue adopte la forme du journal et couvre la période qui va du lendemain de la mort de Jean Moulin en juin 1943 jusqu'en janvier 1946 et la démission de Daniel Cordier de la DGER, dans le contexte de l'affaire Passy. Durant ces deux années et demie, le parcours de Daniel Cordier conduit le lecteur du Paris occupé, jusqu'en Espagne, puis à Londres, avant le retour dans Paris libéré. Les activités de Bip W alias Caracalla - sont de nature très différentes (entre la clandestinité du combat, les activités de bureau à Londres et à Paris, puis la diplomatie secrète en Espagne), et l'ensemble éclaire des aspects importants de l'histoire des années 1943-1946 : les conflits qui agitent la direction de la Résistance au lendemain de la mort de Moulin ; les positions des intellectuels dans le Paris occupé de 1943-1944, que Daniel Cordier est régulièrement amené à rencontrer (Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Pierre Kaan ) ; la rédaction, avec Stéphane Hessel, du livre blanc du BCRA ; le procès Maurras, vu par un ancien membre de l'Action française ; la démission de De Gaulle, et les discussions avec Malraux et Passy sur le sujet. Sur le plan personnel, la découverte de la peinture au Prado, réactivant d'ailleurs le souvenir de Jean Moulin, comme les retrouvailles avec l'environnement familial et amical d'avant-guerre, transformé par l'expérience de l'Occupation, sont très émouvants.

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