Sciences Humaines

  • Moeurs et coutumes des Indiens du Brésil (1584) Nouv.

    Le jésuite portugais Fernão Cardim, missionnaire dans les terres brésiliennes à la fin du xvie siècle, est un personnage clé pour la connaissance des Indiens du Brésil. Son parcours tient parfois du roman d'aventures.

    Cardim est envoyé au Brésil en 1582 pour rendre compte de l'avancée de l'évangélisation. Il se familiarise aussitôt vec l'environnement et observe finement la faune et la flore brésilienne, tout autant que les coutumes des populations indigènes. Il compile ses impressions dans deux textes qui reflètent toute la curiosité que ce territoire suscite chez celui qui le découvre. Nous publions ici l'un d'eux, De l'origine des Indiens du Brésil et de leurs coutumes, adoration et cérémonies, qui propose une description très détaillée des indiens, notamment tupinamba.

    Ces écrits ont eu un destin des plus rocambolesque ! Une fois au Brésil Cardim ne le quittera qu'une fois, le temps d'une mission à Rome. Alors qu'il s'apprête à revenir au Brésil, il est fait prisonnier par un corsaire anglais et sera retenu pendant 2 ans en Angleterre entre 1601 et 1603. Il porte dans ses bagages les deux textes. Le corsaire les vend immédiatement. Après maintes publications et traductions sous des noms erronés, ce n'est qu'en 1881 qu'un chercheur brésilien republie le traité en portugais et l'attribue à Cardim sans hésitation ! Voici donc une destinée hors du commun pour un texte qui offre de précieux renseignements sur les moeurs et coutumes indigènes et tout particulièrement les rites anthropophages.

    Cette première édition française apporte une nouvelle pierre à l'édifice des connaissances des sociétés brésiliennes. C'est une source riche et précise qui permet aussi de mieux comprendre des enjeux tout à fait contemporains, comme l'importance notamment de protéger les peuples et les communautés indiennes brésiliennes d'un gouvernement mortifère.

  • Aurais-je pu vivre une autre vie que la mienne?? Aurais-je pu m'appeler autrement, vivre dans un autre pays?? Après tout, je suis ce que je suis et si j'avais été quelqu'un d'autre, je n'aurais justement pas été moi. Ces questions considérées comme la source de faux problèmes n'ont pas bonne presse en métaphysique. Avoir plusieurs vies possibles, c'est exister dans plusieurs mondes possibles. Mais un individu à cheval sur plusieurs mondes possibles n'existe dans aucun entièrement?: il est donc, à strictement parler un individu impossible. Mais peut-on, et doit-on renoncer à suivre cet individu impossible?? Ce livre fait le pari qu'il a bien quelque chose à nous apprendre sur ce que veut dire être soi.
    Anthony Feneuil laisse résonner cette question des vies possibles. Retravaillant la conception chez Locke de la conscience comme pouvoir de (se) fictionnaliser, il montre les limites des conceptions métaphysiques de la personne. La sortie du champ philosophique, par le cinéma et la théologie, relance la réflexion et suscite une question d'éthique fondamentale?: jusqu'où s'étend le concept de personne?? Quels êtres peuvent y prétendre et devenir ainsi l'objet de notre considération éthique?? Le cinéma de Rohmer et la théologie eucharistique présentent tous deux des manières de mettre en scène l'individu impossible, dont la philosophie peut se nourrir pour essayer de le penser.
    Une échappée hors du questionnement philosophique traditionnel. Et si l'individu impossible avait quelque chose à dire de nous...

  • La chair et le sens : une religion du taureau Nouv.

    Dans la continuite´ des repre´sentations du Pale´olithique et des cultes ne´olithiques, au travers des mythes magnifiant la force et la fertilite´, la culture indo-europe´enne et la civilisation me´diterrane´enne ce´le`brent depuis dix mille´naires l'homme qui affronte le taureau.
    Faisant dialoguer anthropologie et dimension sacre´e, l'auteur de´voile des pans me´connus de l'histoire, tend des passerelles audacieuses et inattendues par-dela` les a^ges et au-dessus des continents, tout au long d'un voyage vertigineux aux origines de l'e´pope´e humaine, quand les ance^tres de l'homme combattaient de´ja` ceux du Bos taurus, jusqu'a` la corrida moderne.
    Fresque foisonnante autant que que^te initiatique, voici un ouvrage passionnant, imposant et surprenant, engage´ et pole´mique, sur un sujet, notre rapport a` l'animal, qui interroge l'ensemble des civilisations humaines.

  • Oubliez tout ce que l'on vous a appris sur l'hérédité. La biologie vit une révolution équivalente à celle qu'a connue la physique au début du XXe siècle avec la relativité. Etienne Danchin nous rend accessible cette nouvelle définition de l'hérédité et nous montre l'impact qu'elle peut avoir sur nos vies et sur nos descendants. Débarrassée du carcan déterministe de la transmission purement génétique, cette nouvelle vision de l'hérédité, qui inclut la transmission culturelle de génération en génération, redonne un rôle à notre volonté et à nos choix.
    Comme l'écrit l'auteur : "Il y a une vraie poésie à savoir qu'au-delà de la transmission rigide et inaltérable de la séquence de l'ADN, nous transmettons aussi énormément des subtilités issues de notre propre expérience". Dans ce livre, il est donc question des ressemblances parent-enfant, des effets des pesticides visibles sur quatre générations, de Darwin et de Lamarck, de l'histoire des cigognes et des bébés revisitée par la science, et même d'un Peep show pour les mouches ! Ce livre comporte un message écologique fort.
    Cette hérédité qui apparaît en forte interaction avec notre environnement, souligne notre responsabilité écologique vis-à-vis des générations futures. Si la Terre a jusqu'ici effacé l'ardoise de chaque génération, le pourra-t-elle encore dans les décennies à venir ?

  • Réveiller les esprits de la terre Nouv.

    Ce livre part d'une multiplicité d'expériences et de savoirs?: du chamanisme aux rites totémiques, des luttes pour des droits à la terre aux pratiques visant à devenir-territoire pour résister à l'accélération des politiques destructrices des milieux de vie. Pour les Warlpiri et leurs voisins du désert central australien, les esprits de la terre, de l'eau, de l'air sont en colère quand les humains ne respectent pas certaines lois d'équilibre qui pour ces gardiens et gardiennes de sites sacrés sont à la fois sociales, environnementales et cosmologiques. Cette sagesse ancestrale se réactualise ou se retrouve dans nombreuses situations un peu partout sur la planète. Depuis l'Australie ou la France, de la Montagne limousine à la Zad de Notre-Dame-des-Landes, en passant par la Guyane et la Polynésie françaises, Barbara Glowczewski fait le récit de ces multiples stratégies pour «?résister au désastre?» en montrant la créativité des luttes qui prennent forme aujourd'hui contre un rapport prédateur à la terre devenu hégémonique. Le constat commun à ces expériences invite à favoriser de nouvelles alliances pour réveiller les esprits de la terre et mieux défendre tout ce qui y vit.

  • Mullâ Sadrâ vécut à la charnière des XVIe et XVIIe siècles de notre ère. De celui qui fut surnommé « le tout premier des métaphysiciens », l'ayatollah Khomeiny n'eut de cesse de se réclamer lors de la révolution de 1979 en Iran.
    Mullâ Sadrâ, en effet, pose la question de la guidance de la communauté des croyants : revient-elle au plus pieux qui suit l'enseignement du Coran à la lettre ou au philosophe qui, à la suite des Grecs et de Platon en particulier, vise au perfectionnement de l'âme humaine jusqu'à atteindre le bonheur par la connaissance de la vérité ? L'ascension de l'âme savante vers l'lntellect débouche sur la vraie révélation coranique. Mais la religion philosophique se déploie cachée, ésotérique, face à l'exotérisme d'une orthodoxie bornée par la lettre de la Révélation. C'est le drame de l'islam contemporain.
    Quel qu'il soit, le guide ne peut ignorer les enseignements relatifs à la connaissance de Dieu, au message prophétique, aux êtres suprasensibles, à la connaissance de l'âme humaine. Sinon, sans le relai herméneutique que la philosophie offre aux enseignements des imâms, les théologiens et les juristes se substituent, par leur rationalité propre, à celui qu'ils entendent représenter. Le pouvoir spirituel se dégrade inéluctablement en une autorité limitée, juridique, policière. C'est le drame de l'Iran depuis 1979.

  • Le lien social se nourrit de quelque chose qui n'est pas social. Tel est le propos de cet essai d'infra-politique dans lequel la philosophe Catherine Perret, explorant la naissance de la pédopsychiatrie et l'histoire des politiques de l'enfance en France au XXe siècle, rencontre Fernand Deligny (1913-1996).
    De plus en plus étudié en Europe et aux États-Unis, Deligny est aujourd'hui encore un célèbre inconnu. Wikipédia le présente comme « un opposant farouche à la prise en charge asilaire des enfants difficiles ou délinquants et des enfants autistes ». C'est oublier qu'il fut également conteur, écrivain, cinéaste, cartographe, et que les inventions plastiques et poétiques de ce bricoleur de génie contribuent pour une large part à ses expérimentations cliniques.
    Dans ce livre, Catherine Perret inscrit Deligny dans l'histoire des révolutions psychiatriques qui, suite à l'« extermination douce des fous » dans les hôpitaux psychiatriques français durant la Seconde Guerre mondiale, surent faire de la folie une perspective sur l'humain et du soin psychique une pratique sociale.
    Les expérimentations éducatives et cliniques de Deligny, ses inventions plastiques éclairent ce qui, chez les humains, vise à la création d'un milieu : un milieu loin du langage et qui ne se laisse capter qu'en images.
    Catherine Perret montre que la prise en compte sans exclusive de l'humain ne dépend pas seulement de la capacité qu'auraient les sociétés à inclure de plus en plus d'individus dans le respect de leurs différences. Elle dépend aussi de leur capacité à prendre acte de la différence entre la part civilisable de l'homme et son noyau non civilisable, mais pourtant humain. C'est par là que son essai rejoint l'agenda politique de l'anthropologie contemporaine.

  • On appelle généralement « sécularisation » le phénomène qui aurait vu les sociétés occidentales sortir du règne de l'hétéronomie et entrer dans l'ère de l'histoire et de l'autonomie. Dès lors les humains, guidés par la Raison, auraient construit un monde libéré des croyances et des superstitions.
    C'est une tout autre histoire que raconte ce livre, une histoire dans laquelle la proclamation d'un monde sans Dieu est le fruit d'une « impérialité » hantant l'Europe et ses colonies depuis l'échec de la réunification de l'Empire chrétien par Charles Quint - un monde impérial qui s'annonce, dès la fin du XVIIIe siècle, comme le seul ayant dépassé les religions et ainsi capable de les réconcilier. Mais cette affirmation n'est possible qu'au prix de la racialisation de l'islam et de sa réduction à un universalisme concurrent, insécularisable et irrémédiablement « fanatique », ouvrant ainsi la voie à l'expansion européenne vers l'Afrique et l'Asie.
    Outre la dimension raciale de la sécularisation, ce livre en met au jour une seconde, écologique celle-là. En l'absence d'un Royaume de l'au-delà, la Terre devient le seul monde « sacré », et l'exploitation de ses sols et sous-sols la source unique de la légitimité de l'Empire. Aiguisée par les rivalités interimpériales (entre la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne), la ruée sur les biens terrestres s'est peu à peu muée en destruction de l'écosystème global. Ainsi pouvons-nous faire remonter la crise climatique à ce surgissement impérial-séculier et qualifier l'ère qu'il a ouverte de « Sécularocène ». C'est la critique du Ciel qui a bouleversé la Terre.

  • Antimatrix

    Alessi Dellaumbria

    Ce livre suit le même fil conducteur qu'un roman noir - une des dernières formes de récit qui arrivent à nous parler vraiment du monde. La narration se construit ici comme une enquête qui, à force de rassembler des éléments épars et désordonnés voit se profiler une certaine cohérence, transparaissant à travers le brouillage spectaculaire.

    Dans ce monde où nous ne voyons plus que des choses et non des liens, et où inversement rien ne doit échapper aux dispositifs de capture du capital et de l'État, les angles morts n'auront jamais été aussi vivants. Le narrateur d'Antimatrix se tient dans l'un de ces angles morts.

  • « Mathématique, mon amour » : contradiction dans les termes ? Les auteurs nous prouvent le contraire, avec le talent de rester toujours clairs sans renoncer à la profondeur, et avec un sens aigu de la surprise et de l'humour.

    Butinez un à un les articles, de l'abeille géomètre aux mystères du zéro, vous y trouverez les aventures d'explorateurs de la cohérence, des nombres aux propriétés magiques, des raisonnements jubilatoires et de sublimes constructions géométriques. Combien y a-t-il vraiment de feuilles dans un mille-feuille ? De combinaisons dans un Rubik's Cube ? Comment fut résolue la quadrature du cercle et jusqu'à combien peut-on compter sur ses doigts ?
    Les mathématiques sont un langage et l'un des plus beaux. Laissez-vous emporter par la poésie de sa syntaxe.

  • Non, la psychanalyse d'enfant n'est pas une technique médico-psychologique pour traiter les symptômes des enfants, qui leur appliquerait juste les procédés mis au point pour les adultes par Freud. C'est chez nous, comme il y en a dans toutes les sociétés, un rituel thérapeutique pour parer aux échecs de la socialisation primaire des enfants. Pour le démontrer, Pierre-Henri Castel ne part pas des « grandes théories » d'Anna Freud, Melanie Klein ou Winnicott. Il examine ce que font les psychanalystes avec leurs petits patients : ils dessinent, racontent des contes et des fables et, surtout, ils jouent avec eux. Les notions-clés de la psychanalyse d'enfant, soutient-il, ne font jamais qu'expliciter l'implicite de ce savoir-faire. Ce renversement d'approche radical mobilise autant l'histoire que l'ethnologie et la théorie de l'art. Mais sa visée est morale et politique : comment des enfants naissent-ils à l'autonomie et à la subjectivité, et que faire quand le malheur et l'angoisse les en empêchent ? La psychanalyse d'enfant est alors reconstruite à la lumière de ces enjeux majeurs.

  • Une autobiographie étrange, de laquelle je est absent.
    Un petit garçon se présente, un petit il qui fait une rencontre décisive : lorsque l'hostie consacrée est présentée aux fidèles, tous tête inclinée devant ce qu'on ne peut regarder en face, il lève les yeux. Il voit... rien.
    Ce rien sera le ferment de sa vie et de son oeuvre. Il soutiendra la construction d'une généalogie intime, à partir des désirs, des émotions, des accidents et des hasards.
    Une hétéro-biographie plutôt, intense, d'où toutes scories ont disparu.

    Vidit, il a vu.
    Scripsit, il a écrit.
    Vixit, il est mort.

  • Dictionnaire Jésus

    Renaud Silly

    Ce Dictionnaire est une oeuvre originale, qui puise dans le dernier état de la recherche internationale, souvent méconnu en France, sur l'énigme posée par Jésus de Nazareth. Il a été conçu dans un esprit scientifique, par une équipe restreinte, sous la direction de frère Renaud Silly, liée à l'École biblique et archéologique française de Jérusalem et qui rassemble une vingtaine d'auteurs français, belges, israéliens et américains. Cet ouvrage monumental répond parfaitement à l'objectif que ses maîtres d'oeuvre se sont fixé : porter sur Jésus non un regard neuf, mais renouvelé, en partant du pays qui fut le sien, en le resituant sur sa terre originelle et au milieu de son peuple. Au plus près de ses sources, autrement dit. Tout en Jésus est juif, rappellent-ils. La judaïté du Christ court ainsi depuis ses origines jusqu'à la réception de son Évangile et à la fondation du christianisme. Elle offre un cadre de lecture novateur à de tous les événements soigneusement répertoriés de sa vie. Le Dictionnaire fait une place très large, outre à la personne du Christ, à son enseignement et aux rites qui se réclament de lui. Ces différentes rubriques insistent sur les méthodes par lesquelles la science appréhende « l'objet » Jésus, sur son enseignement, sur la séquence Passion-Résurrection et enfin sur les divers contextes, géographique, historique et littéraire, de son action. Il est nourri d'abondantes références aux textes anciens, bases essentielles pour atteindre à une connaissance complète sur Jésus.

  • « On ne descend pas deux fois dans le même fleuve », disait Héraclite le ténébreux. Car tout s'écoule en un flux permanent : l'eau, les vivants, le temps... C'est le début du cheminement philosophique auquel nous convie Anne Fagot-Largeault. Le devenir paraît impensable dès l'origine de la philosophie. Ce qui devient ne cesse de changer : comment connaître ce qui n'est ni stable ni régulier ? Comment constituer une science du vivant si tout est en mouvement, les individus comme les espèces ? » Sous la plume d'Anne Fagot-Largeault, des thèmes classiques - l'être et le devenir, le temps, le vivant, l'évolution, l'individu - sont revisités avec une maîtrise qui les rend simples. Elle organise un dialogue passionnant avec et entre les auteurs, anciens et modernes, scientifiques et philosophes, condense en quelques citations lumineusement expliquées des argumentations complexes.
    L'analyse englobe les sciences, jusqu'à l'astrophysique contemporaine : l'Univers aussi est en devenir. En fin de parcours, bien sûr, c'est de l'homme qu'il est question. Par la science et par l'action, il change la marche des processus naturels, et la question

  • Le 6 avril 1909, l'exporateur blanc Robert Peary a conduit une expédition qui, pour la première fois, a atteint le pôle Nord en traîneau à chiens. Dès son retour, il suscite la polémique avec Frederick Cook, un autre explorateur qui, lui aussi affirmait avoir atteint le pôle nord, le 21 avril 1908. La controverse sera tranchée par le congrès des États-Unis, qui fait officiellement de Peary le premier vainqueur du pôle Nord.

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