Littérature étrangère
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Dans le Pacifique Sud, une section de treize soldats américains est envoyée en mission pour conquérir Anopopei, une petite île derrière les lignes japonaises.
Norman Mailer publie à vingt-cinq ans ce roman magistral sur la Seconde Guerre mondiale à laquelle, enrôlé volontaire, il a participé au premier plan. Paru en 1948, succès immédiat, Les nus et les morts inaugure une manière résolument novatrice d'écrire la guerre.
La nouvelle traduction de ce livre culte permet de faire résonner la langue de Norman Mailer dans sa vitalité et sa modernité. Longtemps après sa première publication, le texte de l'enfant terrible des lettres américaines, récompensé deux fois par le prix Pulitzer, demeure on ne peut plus subversif et puissant. -
L'homme qui regardait la montagne
Massimo Calvi
Coup de coeur- Bayard
- Littérature Intérieure
- 9 Octobre 2024
- 9782227501850
Un homme à la fin de ses jours choisit de vivre le temps qui lui reste auprès d'une montagne. Que cherche l'homme ? Et que représente cette montagne ? En douze jours (plus un), le récit prend la forme d'un voyage intérieur subtil et émouvant, un retour aux sources nourries des éléments constitutifs de la montagne : l'eau, l'air, feu, la pierre, le bois, l'herbe. La montagne est alors l'occasion de parler de la mère, du père, de la foi, de l'amour, des enfants, du désir, du rapport à la nature... Un texte puissant et poétique au plus près de ce qui fait la substance d'une vie.
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La trilogie de Copenhague Tome 3 : Dépendance
Tove Ditlevsen
- Éditions Globe
- 17 Octobre 2024
- 9782383612650
Tove, qui rêvait d'une vie de famille et d'écrire, a désormais tout cela. Mais à quel prix ? D'abord mariée à un homme trop vieux et autoritaire, elle se résigne doucement à faire le deuil de sa jeunesse et de la passion. Bientôt, elle retrouve l'amour et donne naissance à un petite fille, et c'est désormais la maternité qui bouleverse l'équilibre du nouveau couple, poussant Tove dans les bras de son troisième mari. Celui qui lui fera découvrir la « félicité délicieuse » des médicaments et la poussera à l'addiction pour la garder près d'elle. Elle luttera tout le reste de sa vie pour se maintenir à flot malgré la dépendance, avec l'écriture comme seule bouée.
Dépendance est le dernier tome de La Trilogie de Copenhague, une autobiographie en trois actes publiée entre 1967 et 1971 et qui fait aujourd'hui l'objet d'une consécration posthume internationale. Avec une lucidité bouleversante, Tove Ditlevsen dissèque ici la tragédie d'une existence féminine prise au piège du bon vouloir des hommes et de l'addiction. -
Peut-on redonner vie à une salle de cinéma et retrouver la magie d'un lieu où nos rêves s'incarnaient sur grand écran ?
La narratrice de Voir plus loin voyage en Hongrie. Quand elle s'arrête dans une petite localité isolée près de la frontière roumaine, elle ne peut échapper à la mélancolie qui émane du lieu. En se promenant dans la petite ville désertée par une partie de la population, elle est intriguée par un bâtiment imposant mais décrépit : le « Mozi ». Cet ancien « temple de l'image mouvante » fut jadis au centre de la vie collective. C'est vers cette salle de cinéma, le lieu d'une sociabilité différente, que convergeaient les rêves des habitants, et c'est dans la lumière tremblotante du projecteur que s'exprimait le besoin d'évasion de ceux pour qui nul voyage n'était possible, du temps du Rideau de fer.
Quand la narratrice se met en tête de le réhabiliter, son projet est d'abord accueilli avec incrédulité, mais petit à petit, une aventure collective prend forme avec le soutien de la communauté. À contre-courant de l'ère de la privatisation, ils sont convaincus qu'il est possible de retrouver le rôle central d'un lieu fermé depuis des années et chargé de souvenirs. Le récit d'Esther Kinsky avance à pas feutrés pour nous conter ce rêve fou qui consiste à ressusciter une salle de cinéma du bout du monde, mais il nous rappelle surtout l'importance du cinéma comme une forme d'expression essentielle qui façonne notre regard sur le monde.
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Benito Pérez Galdós, le regard tranquille
Mario Vargas Llosa
- Le Cherche Midi
- 24 Octobre 2024
- 9782749179636
Un hommage personnel, aussi définitif que détaillé, du Prix Nobel de littérature à un géant de la littérature espagnole.
Élevé au statut de " gloire de l'Espagne ", Benito Pérez Galdós mérite d'être enfin connu du public français. Psychologue de premier ordre, peintre inégalé des classes sociales, créateur d'une saga où chaque roman semble tenir des autres - comme s'il était l'écrivain d'une autre Comédie Humaine -, Galdós a laissé derrière lui une oeuvre pléthorique, forte, à tout dire et à dire vrai essentielle en ce qu'elle parvient à saisir la force palpitante qu'on appelle la vie.
Dans cet essai désormais célèbre en Espagne et inédit en français, Mario Vargas Llosa plonge au coeur de la création galdosienne. Le lauréat du prix Nobel, qui a tout lu du célèbre écrivain espagnol lors des confinements des années 2020-2021, nous offre cet essai d'une imparable justesse. Qui mieux que Vargas Llosa pouvait capturer les subtilités de celui qui fut considéré comme le " miroir " de la société espagnole, son redoutable observateur, son grand physionomiste, psychologue et critique ?
La relecture de l'auteur péruvien se superpose à la prose magistrale de Pérez Galdós, créant un dialogue brillant, enlevé, précis - à mille lieues de la causerie littéraire, accessoire et ennuyeuse. -
Country Girls
Edna O'Brien, Leo Dile
- Sabine Wespieser Éditeur
- Litterature Etrangere
- 17 Octobre 2024
- 9782848055435
Kate et Baba, les « filles de la campagne » de cette prodigieuse saga romanesque, grandissent dans un village de l'Ouest de l'Irlande. Quand la modeste et romantique Kate obtient une bourse pour aller étudier au couvent, l'intrépide Baba décide de la suivre. L'atmosphère y est irrespirable pour ces très jeunes filles éprises de liberté. Baba trouve alors le moyen de les faire toutes deux renvoyer. Les voilà parties pour Dublin, qu'elles rêvent de conquérir. La cruauté des hommes, prompts à abuser de leur naïveté ou à s'attribuer le statut avantageux de pygmalion, leur vaut désillusions et souffrances. Mais du moins vivent-elles selon leurs désirs.
Le succès littéraire a été à la hauteur du scandale lors de la parution, en 1960, de The Country Girls, le premier livre de la célèbre trilogie d'Edna O'Brien. L'audace et la lucidité de la romancière de trente ans, concernant l'éveil à la sexualité de ses deux héroïnes, les mécanismes de l'oppression subie par les femmes et aussi leur refus d'être assignées à leur rôle de mère, font aujourd'hui résonner sa trilogie comme un vivifiant manifeste féministe.
Country Girls réunit les trois premiers romans d'Edna O'Brien, née en 1930 dans le comté de Clare et tôt installée à Londres. Dans l'Irlande catholique et rétrograde de l'époque, leur publication a eu l'effet d'une déflagration : mis à l'index, brûlés en place publique, ils ont également valu à leur autrice les pires commentaires misogynes. Malgré cela, depuis 1960, la grande romancière irlandaise n'a jamais quitté sa table de travail, construisant une oeuvre éblouissante et traduite dans le monde entier.
Toute la puissance de son écriture - son lyrisme, sa tendresse pour ses personnages, son humour salutaire et son sens de l'intrigue - est présente dans cette trilogie inaugurale. -
Lorsqu'un pianiste polonais de soixante-douze ans, interprète renommé de Chopin, s'éprend à Barcelone d'une femme de vingt ans sa cadette, celle-ci est d'abord peu impressionnée. Il lui écrit, l'invite à voyager, lui rend visite à Majorque. Elle se laisse courtiser. En dépit de la barrière de la langue, leur surprenante relation s'épanouit, mais, semble-t-il, aux conditions dictées par Beatriz. Puis vient le temps des dissonances. Est-ce Beatriz qui contrarie leur passion en contrôlant ses émotions ? Ou Witold qui, au moyen de sa correspondance, s'acharne à donner vie à son rêve ?
Avec une délicatesse teintée d'humour, J. M. Coetzee interroge nos présupposés sur l'amour et la complexité des relations humaines. Une oeuvre envoûtante, qui réinvente la passion de Dante pour sa Béatrice et rappelle qu'une rencontre - si tardive ou improbable soit-elle - peut être bouleversante. -
Les vies multiples de William D.
Bernard Malamud
- Rivages
- Littérature Étrangère
- 9 Octobre 2024
- 9782743664916
William Dubin, 56 ans, biographe de profession, s'attaque à la vie de D.H. Lawrence. Au même moment, surgit dans sa vie la jeune Fanny, avec qui il entame une relation. A l'heure où son corps subit les assauts de l'âge, celui qui puisait dans l'existence des autres le moyen d'amplifier la sienne a soif d'expériences réelles. D.H. Lawrence n'y est sûrement pas pour rien...
Dans ce roman aigre-doux, en parfait équilibre entre comédie et drame intime, Bernard Malamud explore les rouages du désir avec une densité psychologique qui fera l'admiration des plus grands - Philip Roth, Jonathan Safran Foer, Nicole Krauss et d'autres...
«Certainement le meilleur roman de Malamud depuis 'Le Commis'. Peut-être même le meilleur de toute son oeuvre», The New York Times -
Le champ
Josef Winkler
Coup de coeur- Éditions Verdier
- Litterature Allemande
- 12 Septembre 2024
- 9782378562137
Pendant des décennies, dans les Alpes de Carinthie, en Autriche, la famille de Josef Winkler a cultivé un champ dans lequel avait été enseveli l'un des pires criminels nazis, Odilo Globocnik, principal responsable du massacre des Juifs autrichiens. Il fut enterré là sans sépulture après son suicide, en 1945.
Les Winkler, comme tout le village, se seront donc nourris au fil des ans de pains confectionnés avec les céréales récoltées là, sans que le père, qui savait tout, en dise un mot.
Dans une langue pleine de fulgurances, quasi incantatoire, l'auteur répond ici au besoin impérieux de s'adresser une dernière fois à son père disparu et de nommer ce qui a été passé sous silence, pour que cesse enfin de triompher la culture de la mort dans laquelle il a été élevé. -
Alors qu'il approche de la trentaine, Cyrus Shams est perdu. Il ignore son identité profonde, partagé entre l'Iran, où il est né, et les États-Unis, où il est arrivé avec son père quand il était encore un nourrisson. Il a passé sa vie à lutter : contre le souvenir de sa mère, morte en 1988 dans un avion abattu par l'armée américaine alors qu'il survolait le golfe Persique ; contre les épais mystères et les non-dits de son histoire familiale ; contre sa dépendance à l'alcool et aux drogues. À présent, il est sobre, et bien décidé à écrire un recueil de poèmes sur un sujet qui lui est cher : les martyrs. Quand il apprend qu'une artiste mourante se livre à une performance au Brooklyn Museum, il sait qu'il doit se rapprocher d'elle pour mener à bien son projet. Mais ce qu'il pensait être une quête littéraire le mènera, bien malgré lui, à mettre au jour des secrets de famille dont il était loin de mesurer l'ampleur. Construit comme une fascinante mosaïque, Martyr ! embrasse différents lieux et époques, de l'Iran des années 80 aux États-Unis d'aujourd'hui. Ce roman original aux thématiques contemporaines est aussi un hymne lumineux à tout ce qui peut nous permettre de trouver un sens à notre vie : la foi, l'art, l'amitié, et les relations humaines.
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À soixante-quatorze ans, Frank Bascombe se porte comme un charme. En dépit d'une vie marquée par les deuils, les échecs et les séparations, cet optimiste invétéré ne désespère pas de trouver le bonheur. Lorsqu'il apprend que son fils est atteint d'une maladie incurable, il lui propose une virée à la rencontre des monuments d'une Amérique vouée au kitsch : le Palais du Maïs, un hôtel-casino indien, les effigies des « dead presidents » sculptées dans le mont Rushmore... Un dernier voyage au cours duquel père et fils parviendront - peut-être? - enfin à se rapprocher.
Bavard, touchant, égoïste et doué d'un sens inné de la comédie, Frank Bascombe accompagne Richard Ford de livre en livre depuis plus de trente ans. Dans Le Paradis des fous, cet ancien journaliste sportif reconverti dans l'immobilier continue à observer l'Amérique avec férocité. Pour notre plus grand plaisir. -
La lumière vacillante
Nino Haratischwili
Coup de coeur- Gallimard
- Du Monde Entier
- 5 Septembre 2024
- 9782072996016
Elles sont quatre : il y a Nene la romantique, Ira la cérébrale, Dina l'idéaliste et Keto l'observatrice. Voisines depuis l'enfance, elles grandissent ensemble à Tbilissi, en Géorgie, au moment où l'Union soviétique s'effrondre et où se pose la question de l'avenir de leur pays. Chacune à leur manière, les quatre amies vont faire l'expérience de l'amour, de l'espoir, de la déception, de la trahison, et être confrontées aux conséquences, dans leur vie privée, de ces événements politiques et historiques qui feront bifurquer à jamais leurs existences. Très attendu après le succès de La huitième vie, ce nouveau roman au souffle épique confirme que Nino Haratischwili est l'une des autrices les plus talentueuses de sa génération. La lumière vacillante nous entraîne aux côtés de personnages féminins inoubliables, mus par la passion et habités par des idéaux qui se heurtent à la cruauté de l'Histoire.
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Les premiers mots de Vie animale résonnent encore dans l'esprit de ses lecteurs : « On en voulait encore. » Il a fallu douze ans à Justin Torres pour publier un deuxième livre. Roman traversé de fulgurances poétiques, objet littéraire singulier, Blackouts entremêle fiction et réalité. Un homme de 27 ans d'origine portoricaine nous raconte une histoire. Celle de son ami Juan et d'un livre retrouvé. Celle d'un passé réduit au silence. Celle d'un temps pas si lointain où l'homosexualité était considérée comme une maladie.
Juan et le narrateur se sont connus à l'hôpital psychiatrique. Juan est plus âgé, charismatique et fascinant. Il vit dans un lieu appelé le Palais, complexe résidentiel situé en plein désert qui abrite une grande communauté queer. Atteint par la maladie, Juan confie à son jeune complice une mission : poursuivre ses recherches sur Jan Gay (personnage bien réelle du début du XXe siècle), anthropologue lesbienne oblitérée de la mémoire collective qui a vu son travail pionnier être bafoué, détourné. De ce dialogue entre deux générations, Justin Torres tire un roman inclassable. Par le geste fictionnel, il tente de dire, de comprendre et de réparer la réalité douloureuse de l'Histoire. -
«Je suis la véritable trace, le plus solide des indices attestant de tout ce que nous avons vécu en dix ans en Algérie. Je cache l'histoire d'une guerre entière, inscrite sur ma peau depuis que je suis enfant.» Aube est une jeune Algérienne qui doit se souvenir de la guerre d'indépendance, qu'elle n'a pas vécue, et oublier la guerre civile des années 1990, qu'elle a elle-même traversée. Sa tragédie est marquée sur son corps : une cicatrice au cou et des cordes vocales détruites. Muette, elle rêve de retrouver sa voix. Son histoire, elle ne peut la raconter qu'à la fille qu'elle porte dans son ventre. Mais a-t-elle le droit de garder cette enfant ? Peut-on donner la vie quand on vous l'a presque arrachée ? Dans un pays qui a voté des lois pour punir quiconque évoque la guerre civile, Aube décide de se rendre dans son village natal, où tout a débuté, et où les morts lui répondront peut-être.
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À l'aube des années 1990 à Chicago, en pleine bohème artistique, un homme et une femme vivent l'un en face de l'autre et s'épient en cachette. Rien ne semble les relier - elle est étudiante en psychologie, lui photographe rebelle. Mais lorsqu'ils se rencontrent enfin, le charme opère et l'histoire d'amour démarre aussitôt entre Elizabeth et Jack. Ils ont la vie devant eux et, même si leurs rêves et leurs milieux divergent, ils sont convaincus que leur amour résistera à l'épreuve du temps. Mais qu'en est-il vingt ans plus tard ? Une fois que le couple s'est embourgeoisé, qu'il se débat avec un fils tyrannique, que le désir s'éteint à petit feu et que les rêves s'oublient ? L'achat d'un appartement sur plan devient alors le révélateur de tous les désaccords entre Elizabeth et Jack. Au fond, étaient-ils faits l'un pour l'autre ? Bâti avec de malicieux va-et-vient dans le temps, Bien-être est la fresque épatante d'un amour dont le décor, Chicago, perd son âme à mesure que les sentiments s'abîment. Nathan Hill y décortique le couple et l'état de la middle class avec un panache, une ingéniosité et un humour irrésistibles. Du grand roman américain au souffle palpitant.