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le billet de la librairie

  • Des "montages littéraires"

    Certains livres défient les lois des classifications littéraires établies. Ni récit, ni roman, peut être un peu tout cela à la fois, donnant ainsi le sentiment au lecteur d’un livre qui s’écrit sous ses yeux, au gré des associations et rapprochements suggérés par l’auteur. Emblématique de ces textes, « Le livre des Passages »(Cerf) de Walter Benjamin, rédigé entre 1927 et 1929, se voulait une exploration rêveuse et inachevée des figures du XIXe siècle à travers des thèmes aussi divers et variés que l’oisiveté, l’ennui, les expositions universelles ou Baudelaire, figure incontournable de cette modernité naissante.
    C’est dans ce sillage prestigieux que s’inscrit « La faction cannibale » (Tusitala) de Servando Rocha, où s’entremêlent à la fois l’art, l’Histoire, la littérature, la philosophie mais aussi le Rock, perçu en son temps comme quelques chose de démoniaque. Un fil conducteur parcourt ce livre enthousiasmant et richement illustré, celui qui relie l’art, la Terreur et le sublime. En suivant ce cheminement foisonnant, le lecteur voyage de William Blake ou Edmund Burke à la Terreur en passant par les Sex Pistols ou Andy Warhol. Rien n’est démontré de façon didactique ou démonstrative, c’est au lecteur, par son imagination et son intelligence critique, de faire les liens, d’opérer des connexions dans la richesse des savoirs et des disciplines convoqués avec brio par Servando Rocha.
    Démarche stimulante que l’on retrouve aussi dans le dernier livre de Bruno Remaury ( découvert l’année dernière avec « Le monde horizontal »), « Rien pour demain » (Corti), qui s’attache aux rapports que nous avons entretenu avec le temps. Entremêlant à la fois des fictions ou des histoires puisées aussi bien dans la mythologie, les sciences ou la littérature, tout entre ici en résonance et se fait écho par la grâce d’une prose élégante et ouvragée. Au fil de cette promenade vagabonde, c’est notre modernité qui émerge, le culte de la vitesse, de l’instant et la possibilité, peut-être, de s’en affranchir en réinscrivant notre présent, considéré parfois à tort comme vide de sens, dans une temporalité qui prendrait en compte la longue durée et les ruptures historiques.
    Si s’affranchir signifie rendre libre, c’est bien de liberté que nous parle Muriel Pic dans « Affranchissements »( Seuil) qui vient d’obtenir une mention spéciale du jury du prix Wepler. Enquête poétique sur les traces de son grand-oncle bossu, Jim, né en 1923 et mort en 2017, son livre prend la forme d’une déambulation à travers les timbres, les fleurs, les photographies ainsi que d’autres archives témoignant d’une époque et d’une vie. Il y a dans ce très beau livre un souci constant de ne pas s’enfermer dans des codes littéraires, de franchir les frontières et d’imaginer une forme, qui ne soit pas pur formalisme, pour tenter de restituer ce que fut une « Vie minuscule ».
    La littérature est ici déployée, comme dans les livres précédents, dans toute sa richesse inépuisable d’interprétations, de créativité et comme un art à réinventer sans cesse, au risque parfois de nous désorienter pour mieux nous éveiller.

    11 janvier 2021 Partager

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    Certains livres défient les lois des classifications littéraires établies. Ni récit, ni roman, peut être un peu tout cela à la fois, donnant ainsi le sentiment au lecteur d’un livre qui s’écrit sous ses yeux, au gré des associations et rapprochements suggérés par l’auteur. Emblématique de ces textes, « Le livre des Passages »(Cerf) de Walter Benjamin, rédigé entre 1927 et 1929, se voulait une exploration rêveuse et inachevée des figures du XIXe siècle à travers des thèmes aussi divers et variés que l’oisiveté, l’ennui, les expositions universelles ou Baudelaire, figure incontournable de cette modernité naissante.

    11 janvier 2021

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