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ROA BASTOS, Augusto
[PARAGUAY] (Asunción,
1917 — ). L'une des figures majeures de la littérature
latino-américaine contemporaine. Il passe une
partie de son enfance dans le monde rural indien d'Iturbe
dont il fait, sous le nom mythique d'Itapé, le
cadre de nombre de ses fictions. Il interrompt ses études
pour participer à la guerre du Chaco contre la
Bolivie (1932-35), épisode qui influencera profondément
tant ses activités journalistiques et politiques
que sa production littéraire. Durant la Seconde
Guerre mondiale, il devient correspondant de guerre
pour le journal El Pais et en assume un temps
le secrétariat de rédaction, puis donne
des cours de littérature anglaise. Contraint
de s'exiler après la guerre civile de 1947, il
se fixe à Buenos Aires où il publie son
premier recueil de nouvelles El trueno entre las
hojas (1953), suivi de El baldío (1966),
Los pies sobre el agua (1967), Madera quemada
(1968), Moriencia (1969), Cuerpo presente
y otros cuentos (1971) et El pollito de fuego
(1974). Son premier roman, Fils d'homme (1960),
constitue une grande fresque du Paraguay, depuis le
milieu du XIXe siècle jusqu'à la guerre
du Chaco. Le dictateur José Gaspar Rodríguez
Francia, qui dirigea le Paraguay de 1814 jusqu'à
sa mort en 1840, lui inspire le roman Moi, le Suprême
(1974). Installé en France en 1976, il s'y marie
avec Iris Gimenez et enseigne la littérature
hispano-américaine à l'Université
de Toulouse jusqu'en 1983. Lors d'un voyage dans son
pays, en 1982, il est expulsé et privé
de sa citoyenneté. Devenu citoyen espagnol en
1983 et français en 1985, il reçoit le
prestigieux prix Cervantes en 1989, et, la même
année, il est réhabilité citoyen
paraguayen. Au cours de cette période, il publie
des nouvelles (Lucha hasta el alba, 1979 ;
Antología personal, 1980 ; Contar
un cuento y otros relatos, 1984), la version théâtrale
de Moi, le Suprême (1985), ainsi que des
contes pour enfants. Dans les années 90, il revient
au roman avec Veille de l'amiral (1992), où
il s'attaque au mythe de Christophe Colomb, Le Procureur
(1993), qui complète la trilogie, commençée
avec ses deux premiers romans, sur le « monothéisme
du pouvoir », Ŕ contre-vie (1994), récit
de la difficile remonté vers les origines entreprise
par un prisonnier qui à survécu à
l'écrasement d'une tentative collective de fuite
et Madama Shui (1995).
Augusto Roa Bastos a également publié
une pièce de théâtre (Mientras
llega el día, 1946), des recueils de poèmes
(El naranjal ardiente, 1960 / édition
complète sous le titre Nocturno paraguayo
(1947-1949), 1983 ; El génesis
de Apapokuva, 1970 ; Silenciario, 1983),
des essais et collaboré au scénario d'une
dizaine de films (Shunko, 1960 ; Alias
Gardelito, 1961 ; Don Segundo Sombra,
1970, etc.).
ANTHOLOGIES / REVUES :
Poèmes dans Europe n° 494, 1970 ;
Poésie paraguayenne du XXe siècle,
Patiño, 1990 — Nouvelles : « Le
marécage », tirées du recueil El
trueno entre las hojas (1953), traduit de l'espagnol
par René L.-F. Durand, dans Les Vingt meilleures
nouvelles de l'Amérique latine, Seghers,
1958 — « Les visages sombres », traduit de
l'espagnol par Julian Garavito, dans Europe n°
494, 1970 — « La scierie », traduit de l’espagnol
par Sylvie Sesé-Léger et Bernard Sesé,
dans la Nouvelle Revue Française n° 250,
octobre 1973 et dans L’Amérique latine et
la Nouvelle Revue Française 1920-2000, Gallimard,
2001 — « Chepé Bolivar », traduit de
l'espagnol par Claude Fell, dans Anthologie de la
nouvelle hispano-américaine, Belfond, 1981
— « Dans le tunnel » (La excavación),
traduit de l’espagnol par Julián Garavito, dans Nouvelles
hispano-américaines 2, Presses-Pocket, 1986
— « La nuit des feux flottants », extrait
du recueil Récits de la nuit et de l'aube,
traduit de l'espagnol par Iris Gimenez, dans Histoires
étranges et fantastiques d'Amérique latine,
Métailié, 1989/1997.
— Le Feu et la lèpre (Hijo de hombre,
1960 ; deuxième version, corrigée
et augmentée en 1983), roman, traduit de l'espagnol
par Jean-Francis Reille. [Paris], Éditions Gallimard,
« La Croix du Sud », 1968, 320 p., épuisé
— nouvelle édition : Fils d'homme,
traduit de l'espagnol par Iris Gimenez. [Paris], Éditions
Pierre Belfond, « Littératures étrangères »,
1982, 204 p., épuisé — nouvelle édition :
Fils d'homme, traduit de l'espagnol par François
Maspero. [Paris], Éditions Le Seuil, 1995, 370
p., 22.71 €.
— Moriencia (Moriencia, 1969),
nouvelles, traduit de l'espagnol par Michel Bibard.
[Paris], Éditions Flammarion, « Barroco »,
1980, 256 p., 11.68 €.
— Moi, le Suprême (Yo
el supremo, 1974), roman, traduit de l'espagnol
par Antoine Berman. [Paris], Éditions Pierre
Belfond, « Littératures étrangères »,
1977, 504 p., épuisé — rééditions :
[Paris], L.G.F., « Le Livre de poche » n°
5031, 1979, 596 p., épuisé / « Le
Livre de poche. Biblio » n° 3048, 1985, 596 p.,
7.30 € ; [Paris],
Éditions Le Seuil, 1993, 512 p., 25.15 €.
— Récits de la nuit et de l'aube,
choix de nouvelles, traduit de l'espagnol par Iris Gimenez.
[Paris], Éditions Le Calligraphe, 1984, 128 p.,
épuisé.
— Moi, le suprême (Yo el supremo.
Pieza escénica en 4 actos, prólogo y epílogo,
1985), pièce en quatre actes, prologue et épilogue,
édition et présentation de Milagros Ezquerro,
traduit de l'espagnol par Iris Gimenez. [Toulouse],
Presses Universitaires du Mirail, « Hespérides »,
1991, bilingue, 228 p., 14.40 €.
— Veille de l'amiral (Vigilia del almirante),
roman, traduit de l'espagnol par François Maspero.
[Paris], Éditions Le Seuil, 1994, 296 p., 21.65 €.
— Le Procureur (El fiscal, 1993), roman,
traduit de l'espagnol par François Maspero. [Paris],
Éditions Le Seuil, 1997, 368 p., 23.32 €.
— À contrevie (Contravida, 1994),
roman, traduit de l'espagnol par François Maspero.
[Paris], Éditions Le Seuil, 1996, 256 p., 19.81 €.
BIBLIOGRAPHIE :
— « Réflexion autocritique à propos
de Moi, le suprême, du point de vue socio-linguistique
et idéologique. Condition du narrateur »,
par Augusto Roa Bastos, suivi d'une discussion avec
l'auteur et de « Niveaux sémantiques de
la notion de personnage dans les romans de Roa Bastos »,
par Rubén Bareiro Saguier, dans Littérature
latino-américaine d'aujourd'hui. Colloque
de Cerisy. [Paris], U.G.E, « 10-18 » n° 1376,
1980, épuisé.
— Claudia Fernandes, Augusto Roa Bastos. Écriture
et oralité, préface de Milagros Ezquerro.
[Paris], Éditions L'Harmattan, « Recherches
et documents Amérique latine », 2001, 270
p., 21.34 €.
— L'Atelier du roman n° 33, mars 2003 :
« Dossier Augusto Roa Bastos », contributions
de C. D. Durante, Milagros Ezquerro, Wladimir Krysinski,
Christilla Vasserot, Denis Wetterwald. [Paris], Éditions
Flammarion, 204 p., 12 €.
FILMOGRAPHIE : Sabaleros (1958), film de
Armando Bo, scénario d’Armando Bo et Augusto
Roa Basto d’après sa nouvelle, avec Isabel Sarli,
Armando Bo — La sed (1961), film de Lucas Demare,
scénario d'après un chapitre du roman
Fils d’Homme (1960), avec Francisco Rabal, Olga
Zubarry, Carlos Estrada, Jacinto Herrera — Castigo
al traidor (1966), film de Manuel Antin, d’après
la nouvelle « Encuento con el traidor ».
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