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BIOY CASARES, Adolfo
[ARGENTINE]
(Buenos Aires, 1914 — 1999). « Un des principaux
événements de ces années-là
— et de ma vie entière — fut le début
de mon amitié avec Adolfo Bioy Casares. Nous
nous rencontrâmes en 1930 ou 31, alors qu'il avait
environ dix-sept ans et que je venais de dépasser
la trentaine. Il est de règle qu'en pareil cas
l'aîné soit le maître et le plus
jeune son disciple. Il en fut peut-être ainsi
au début, mais quelques années plus tard,
Bioy était vraiment et sans qu'il y paraisse
le maître. Ensemble, nous nous lançâmes
dans de nombreuses et diverses aventures littéraires.
Nous composâmes des anthologies de poésie,
de contes fantastiques et de romans policiers ;
nous écrivîmes des articles et des préfaces ;
nous traduisîmes. Nous fondâmes une revue
qui eut trois numéros. Nous écrivîmes
des scénarios de films qui furent tous refusés.
S'opposant à mon goût pour le pathétique,
le sentencieux et le baroque, Bioy me fit comprendre
que la sérénité et la réserve
convenaient mieux à l'écriture... En un
mot, il me conduisit pas à pas vers le classicisme. »
(Jorge Luis Borges, Essai d'autobiographie, 1970).
Cette complicité de travail entre les deux hommes
se traduisit également dans plusieurs romans
policiers écrits sous divers pseudonymes :
Honorio Bustos Domecq, B. Suarez-Lynch, ainsi que dans
la création d'une collection de romans de mystère,
« El Séptimo Circulo »,
où de 1944 à 1955, ils publieront cent-dix titres.
Dans ses propres textes Bioy Casares est essentiellement
tourné vers le fantastique mais « un
fantastique qui s'attache à retrouver de façon
logique, les thèmes de l'étrange et de
l'absurde pour en tirer un effet maximal, mais toujours
calculé, de déréalisation. »
Son récit le plus célèbre reste
L’Invention de Morel (1940). « L'histoire
se déroule dans une île abandonnée.
Une maladie mystérieuse a tué les habitants.
Un fugitif s'y retranche et découvre qu'un groupe
de personnes, vêtues à la mode des années
30, y survit également. Il tombe amoureux d'une
femme, Faustina. Elle semble, comme les autres, ne pas
le voir. Il comprend peu à peu qu'ils sont des
projections en trois dimensions. L'un d'eux, Morel,
a inventé un système cinématographique,
lié aux marées, qui lui permet de revivre
éternellement leur dernière semaine avant
la mort. Le fugitif décide de se soumettre à
leurs faits et gestes pour trouver sa place dans ce
“film”, ce rêve. Les rayons de la machine sont
mortels : il en mourra. Le livre est une fleur
difficile, une sorte d'orchidée intellectuelle,
et un classique de la langue espagnole. Sa réputation,
mais aussi ceux qui en ont parlé, on étouffé
les livres suivants : ils ont tué Bioy en
gloire. Dans sa préface, Borges vante une chose
“rare en langue espagnole : une œuvre d'imagination
raisonnée”. Il conclut : “J’ai discuté
avec son auteur les détails de sa trame, je l'ai
relue ; il ne me semble pas que ce soit une inexactitude
ou une hyperbole de la qualifier de parfaite.” »
(Philippe Lançon, Libération, 2001).
— L’Invention de Morel (La invención
de Morel, 1940), roman, traduit de l'espagnol par
Armand Pierhal, préface de Jorge Luis Borges.
[Paris], Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1952, 160 p., plusieurs réimpressions, dont
celle dans la collection « Classiques Pavillons »
— réédition : [Paris], U.G.E., « 10-18.
Domaine étranger » n° 953, 1976,
1992, 128 p., 4 €.
Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges (sous le pseudonyme
de H. Bustos Domecq)
— Six problèmes pour Don Isidro Parodi
(Seis problemas para don Isidro Parodi, 1942),
roman, traduit de l'espagnol par Françoise-Marie
Rosset, G. Montenegro. [Paris], Éditions Denoël,
« Les Lettres Nouvelles », 1967,
192 p., épuisé — rééditions :
Éditions Denoël, « Arc-en-ciel »,
1980, 192 p., épuisé ; [Paris],
U.G.E., « 10-18. Grands détectives »
n° 2574, 1995, 192 p., 6 €.
— Plan d’évasion (Plan de evasión,
1945), roman, traduit de l'espagnol par Françoise-Marie
Rosset. [Paris], Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1972, 200 p., épuisé — réédition :
[Paris], U.G.E., « 10-18. Domaine étranger »
n° 2490, 1994, 204 p., 6.40 €.
Adolfo Bioy Casares et Silvina Ocampo
— Ceux qui aiment, haïssent
(Los que aman, odian, 1946), roman, traduit de
l'espagnol par André Gabastou. [Paris], Éditions
Christian Bourgois, 1998, 182 p., 13.72 €.
— La Trame céleste (La trama
celeste, 1948), nouvelles, traduit de l'espagnol
par Eduardo Jiménez. [Paris], Éditions
Robert Laffont, « Pavillons »,
1998, 266 p., 19.67 € — réédition :
[Paris], L. G. F. « Le Livre de poche Biblio »
n° 3352, 2001, 218 p., 6.10 €.
— Le Songe des héros (El sueño
de los héroes, 1954), roman, traduit de l'espagnol
par Georgette Camille. [Paris], Éditions Robert
Laffont, « Pavillons », 1964,
192 p., épuisé — réédition :
[Paris], U.G.E., « 10-18. Domaine étranger »
n° 2206, 1991, 224 p., 6.40 €.
Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges
— Chroniques de Bustos Domecq (Crónicas
de Bustos Domecq, 1967), nouvelles, traduit de l'espagnol
par Françoise-Marie Rosset. [Paris], Éditions
Denoël, « Les Lettres Nouvelles »,
1970, 176 p., épuisé — rééditions :
Éditions Denoël, 1980, 1999, 160 p., 13.57 € ;
[Paris], L. G. F. « Le Livre de poche Biblio »
n° 3338, 2000, 160 p., 5 €.
— Journal de la guerre au cochon (Diario
de la guerra del cerdo, 1969), roman, traduit de
l'espagnol par Françoise-Marie Rosset. [Paris],
Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1970, 264 p., épuisé — rééditions :
[Paris], L. G. F. « Le Livre de poche »
n° 5586, 1981, 218 p., épuisé
/ « Le Livre de poche Biblio »
n° 3074, 1986, 218 p., 5.50 €.
— Nouvelles fantastiques (Historias
fantásticas, 1972), anthologie de nouvelles
extraites des recueils La trama celeste (1948),
Historia prodigiosa (1956), Guirnalda con
amores (1959), El lado de la sombra (1962)
et El gran serafín (1967), traduit de
l'espagnol par Françoise-Marie Rosset. [Paris],
Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1973, 344 p., épuisé.
— Nouvelles d’amour (Historias de amor,
1972), anthologie de nouvelles extraites des recueils
Guirnalda con amores (1959), El lado de la
sombra (1962) et El gran serafín (1967),
traduit de l'espagnol par Françoise-Marie Rosset.
[Paris], Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1971, 278 p., épuisé.
— Dormir au soleil (Dormír al sol,
1973), roman, traduit de l'espagnol par Françoise-Marie
Rosset. [Paris], Éditions Robert Laffont, « Pavillons »,
1974, 280 p., épuisé — réédition :
[Paris], Éditions Gallimard, « Folio »
n° 2382, 1992, 288 p.,
7.60 €.
Adolfo Bioy Casares, Jorge Luis Borges et Hugo Santiago
— Les Autres (1974), scénario de
film, écrit directement en français. [Paris],
Éditions Christian Bourgois, 1974, 188 p.,
illus., épuisé.
Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis
Borges
— Nouveaux contes de Bustos Domecq (Nuevos
cuentos de Bustos Domecq, 1977), nouvelles, traduit
de l'espagnol par Eduardo Jimenez. [Paris], Éditions
Robert Laffont, « Pavillons »,
1984, 202 p., épuisé — rééditions :
[Paris], « J’ai Lu » n° 1908,
1985, épuisé ; [Paris], Éditions
Le Seuil, « Points Roman » n° 526,
1992, 202 p., épuisé.
— Le Héros des femmes (El héroe
de las mujeres, 1978), nouvelles, traduit de l'espagnol
par Françoise-Marie Rosset. [Paris], Éditions
Robert Laffont, « Pavillons »,
1982, 238 p., épuisé — réédition :
[Paris], Éditions Le Seuil, « Points
Roman » n° 497, 1992, 238 p., épuisé.
— Un photographe à La Plata (La aventura
de un fotógrapho en La Plata, 1985), roman,
traduit de l'espagnol par André Gabastou et María
Inés Pavesi. [Paris], Éditions Christian
Bourgois, 1991, 1998, 224 p., 16.77 € — réédition :
[Paris], U.G.E., « 10-18. Domaine étranger »
n° 2774, 1996, 224 p., 6.40 €.
— Nouvelles demesurées (Historias
desaforadas, 1986), nouvelles, traduit de l'espagnol
par Eduardo Jimenez. [Paris], Éditions Robert
Laffont, « Pavillons », 1989,
198 p., épuisé — rééditions :
[Paris], Éditions Le Seuil, « Points
Roman » n° 559, 1992, 198 p., épuisé ;
[Paris], L. G. F. « Le Livre de poche »
n° 3323, 2000, 160 p., 5.35 €.
— Une poupée russe (Una muñeca
rusa, 1991), nouvelles, traduit de l'espagnol par
Eduardo Jiménez. [Paris], Éditions Robert
Laffont, « Pavillons », 1991,
144 p., 13.72 €.
— Un champion fragile (Un campeón
desparejo, 1993), roman, traduit de l'espagnol par
Eduardo Jiménez. [Paris], Éditions Robert
Laffont, « Pavillons », 1995,
128 p., 18.14 €.
— Un autre monde (De un mundo a otro,
1998), roman, traduit de l'espagnol par Michel Lafon,
première édition dans Romans, [Paris],
Éditions Robert Laffont, « Bouquins »,
2001.
Édition collective
— Romans, édition de Michel Lafon,
traductions de Georgette Camille, André Gabastou
et María Inés Pavesi, Eduardo Jiménez,
Michel Lafon, Armand Pierhal et Françoise-Marie
Rosset. [Paris], Éditions Robert Laffont, « Bouquins »,
2001, 772 p., 25.76 €.
[Contient : L’Invention de Morel
(La invención de Morel, 1940) ; Plan
d’évasion (Plan de evasión,
1945) ; Le Songe des héros (El
sueño de los héroes, 1953) ;
Journal de la guerre au cochon (Diario de
la guerra del cerdo, 1969) ; Dormir au soleil
(Dormír al sol, 1973) ; Un photographe
à La Plata (La aventura de un fotógrapho
en La Plata, 1985) ; Un champion fragile
(Un campeón desparejo, 1993) ; Un
autre monde (De un mundo a otro, 1998].
BIBLIOGRAPHIE :
— « Dossier Bioy Casares »,
dans LA. Revue des deux océans, [Biarritz],
1997.
— Ricardo Romera Rozas, L'Univers humoristique de
Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares. [Paris],
Éditions L'Harmattan, « Americana »,
1996, 350 p., 29.97 €.
FILMOGRAPHIE :
El crimen de oribe (1950), film de Leopoldo Torres
Ríos et Leopoldo Torre Nilsson, d’après
la nouvelle « El perjurio de la nieve »
(1945), avec Carlos Thompson, Roberto Escalada — L'Invenzione
di Morel (Italie, 1974), film de Emidio Greco, d'après
le roman L'Invention de Morel (1940), avec Anna
Karina, Giulio Brogi, John Steiner — Otra esperanza
(1984), film de Mercedes Frutos, d’après une
nouvelle recueillis dans Le Héros des femmes
(1978).
Adolfo Bioy Casares a écrit plusieurs scénarios
en collaboration avec Jorge Luis Borges : Invasión
(1969), film de Hugo Santiago — Los Otros/Les
Autres (1974), film de Hugo Santiago — Los orilleros
(1975), film de Ricardo Luna.
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