| LISPECTOR, Clarice
[BRÉSIL]
(Tchetchelnik, Ukraine, 1920 – Rio de Janeiro, RJ, 1977).
Clarice Lispector est née à l’écriture. Par-delà toute visée
utilitaire, hors de tout souci esthétique et n’obéissant
qu’à son intuition, elle va bâtir une œuvre qui échappe
à toute classification comme a toute influence, qui n’a
rien à envier à celle de V. Woolf ou de K. Mansfield à qui
on la compare parfois et qui reste l’une des plus importante
et surtout la plus authentique de la littérature brésilienne
contemporaine. D’origine juive, née en Ukraine, elle arrive
très jeune au Brésil. À Récife où elle vit, elle s’éprend
alors de la langue portugaise qui restera jusqu’à sa mort
sa grande passion. Elle s’initie très tôt à la littérature
en écrivant encore enfant de nombreux contes et elle publie
son premier roman à dix-sept ans, Près du cœur sauvage
(1942), qui reste encore aujourd’hui le livre d’une révélation
dans lequel H. Bianciotti voit ce qui va devenir « l’essentiel
de la littérature de Clarisse Lispector : le mysticisme ».
On retrouve en effet dans la plupart de ses livres (Le
Batisseur de ruines, 1961 ; La Passion selon
G. H., 1965 ; Où étais-tu pendant la nuit ?,
1974) la question de Dieu sans qu’y intervienne la moindre
religiosité : « Je sais que Dieu est le monde.
C’est ce qui existe... Ce n’est pas dangereux de s’approcher
de ce qui existe. » C’est au travers de l’écriture
qu’elle va tenter pendant ces années de travail cette approche
qui l’amènera à L’Heure de l’étoile (1977), livre-limite
où l’auteur dissout les frontières entre la vie et la littérature,
tant, une fois encore, elle s’est projetée au-delà de son
art incomparable.
« Écrire est un acte compulsif », disait Clarice
Lispector. Et lorsqu’on lui demandait pourquoi elle écrivait,
elle répondait tout à la fois : « Par une fatalité
et parce que je n’ai rien à faire au monde ; je suis
en trop et il n’y a pas de place pour moi sur cette terre
des hommes ; j’écris parce que je suis désespérée et
que je suis fatiguée et ne supporte plus la routine que
je suis pour moi-même. S’il n’y avait pas cette nouveauté
toujours neuve qu’est l’écriture, je me mourrais symboliquement
chaque jour. » (L’Heure de l’étoile).
ANTHOLOGIES / REVUES
« Pensée dans le train », chapitre II du
roman A cidate sitiada (1949), traduit par Beata
Vettori, dans Romans n°8, Paris, juillet 1952.
« La très petite femme de la terre » (A
menor mulher do mundo), nouvelle tirée du recueil Laços
de familia (1960), traduite par Regina Helena de Oliveira
Machado, dans Femmes en mouvement n°7-8, Paris, 21
décembre 1979.
« Amour », nouvelle tirée du recueil Laços
de familia (1960) : traduite par Catherine Orfila,
dans Fleur, teléphone et jeune fille, L’Alphée, 1980
/ traduite par Michelle Bourjea, suivi de “ Instants.
Notes sur l’œuvre de Clarice Lispector ”, par Olga
De Sà, dans Europe n°640-641, 1982 / traduite par
Jacques et Teresa Thiériot, dans Des nouvelles du Brésil,
Métailié, 1998.
« La cinquième histoire » (A quinta
história), nouvelle tirée du recueil A legião estrangeira
(1964), traduite par Claire Varin, dans Dérives n°37-38-39,
1983.
« L’homme qui fit son apparition », nouvelle
tirée du recueil A Via-Crúcis do corpo, (1974), traduite
par Claude Farny et relue par Sylvie Durastanti, dans le
Nouveau Commerce n°59-60, automne 1984.
— Près du cœur sauvage (Perto do coração selvagem,
1943), roman, traduit du portugais par Denise-Tereza Moutonnier ;
préambule de Paulo Mendes Campos. [Paris], Éditions Plon,
1954, 256 pages, épuisé
** Nouvelle édition : Près du cœur sauvage,
traduit du portugais par Regina Helena de Oliveira Machado.
[Paris], Éditions des Femmes, 1981 ; réimpresion, 1998,
298 pages, 13.50 €
« Un jour viendra en moi la capacité aussi rouge et
affirmative que claire et suave, un jour ce que je ferai
sera aveuglément sûrement inconsciemment, marchant en moi,
dans ma vérité, si intégralement lancée dans ce que je ferai
que je serai incapable de parler, surtout un jour viendra
où tout mon mouvement sera création, naissance, je briserai
tous les noms qui existent à l’intérieur de moi, je prouverai
à moi-même qu’il n’y a rien à craindre, que tout ce que
je serai sera toujours où il y aura une femme avec mon principe… »
(Clarisse Lispector)
— Le Lustre (O lustre, 1946), roman, traduit
du portugais par Jacques et Teresa Thiériot. [Paris], Éditions
des Femmes, 1990, 370 pages, 23 €
« Publié en 1946 au Brésil, Le Lustre est le
deuxième livre de Clarice Lispector. Elle a vingt ans quand
elle écrit ce roman qui nous apparaît aujourd'hui comme
le livre matrice de toute son œuvre : sa voix, sa sensibilité
au monde et aux êtres, son acuité à capter les scènes de
la vie quotidienne, son humour tendre et féroce s'y expriment
déjà avec la maîtrise de toute son œuvre ultérieure. Roman
d'apprentissage pour le fond, Le Lustre est à certains
égards un tableau d'époque à la fois réaliste et symbolique
où la romancière trouve d'emblée l'écriture – son écriture
– qui exprime l'angoisse d'être, la difficulté d'aimer,
l'aspiration à trouver un équilibre et à se libérer dans
un temps et un espace subjectifs – l'instant de la mort
violente qui est celui de la révélation douloureusement
et vainement cherchée dans la vie. » (Jacques Thiériot)
— La Ville assiégée (A cidade sitiada, 1949),
roman, traduit du portugais par Jacques et Teresa Thiériot.
[Paris], Éditions des Femmes, 1991, 282 pages, 20 €
« La jeune fille et le cheval représentaient les deux
races de constructeurs qui instaurèrent la tradition de
la future métropole ; l'une et l'autre auraient pu
servir d'armes pour son blason. L'infime fonction de la
jeune fille à son époque était une fonction archaïque qui
renaît chaque fois que se forme une bourgade... Tout ce
qu'elle voyait était quelque chose. Pour elle et
pour un cheval l'impression était l'expression. En vérité
une fonction plutôt fruste : elle donnait le nom intime
des choses... Et plus tard on regarderait les choses par
ce nom. La réalité avait besoin de la jeune fille pour avoir
une forme. » (Clarice Lispector)
— Liens de famille (Laços de família, 1960),
contes et nouvelles, traduit du portugais par Jacques et
Teresa Thiériot. [Paris], Éditions des Femmes, 1989, 224 pages,
17.50 €
— Le Bâtisseur de ruines (A maça no escuro
[La pomme dans le noir], 1961), roman, traduit du portugais
par Violante do Canto. [Paris], Éditions Gallimard, « Du
monde entier », 1970, 328 pages, épuisé – réédition :
Éditions Gallimard, « L’Imaginaire » n°424, 2000,
434 pages, 11.30 €
Un ingénieur, Martin, a commis un meurtre et est en fuite.
Il marche sans but, dans une plaine à peu près désertique,
et sans cesse sa marche est interrompue par des rencontres :
arbre, oiseau, ruisseau... Rencontres grâce auxquelles il
commence à comprendre non pas qui il est, mais ce que fut
sa vie jusque-là et ce qu'elle pourrait être, à comprendre
notamment que son crime fut une libération pour lui. Sa
fuite le conduit à une fazenda dirigée par une femme,
Victoria. Il devient garçon de ferme, cède aux avances d'une
jeune veuve, Ermelinda, et continue de réapprendre le monde.
— La Passion selon G. H. (A paixão segundo G.
H., 1964), roman, traduit du portugais par Claude Farny ;
préface de Clélia Pisa. [Paris], Éditions des Femmes, 1978,
200 pages ; réimpression, 2005, 230 pages,
12.50 €
« Ce livre est un livre comme les autres, mais je serais
heureuse qu'il soit lu uniquement par des personnes à l'âme
déjà formée. Celles qui savent que l'approche de toute chose
se fait progressivement et péniblement – et doit parfois
passer par le contraire de ce que l'on approche. Ces personnes,
et elles seules, comprendront tout doucement que ce livre
n'enlève rien à personne. À moi par exemple, le personnage
de G. H. m'a peu à peu donné une joie difficile :
mais son nom est joie. » (Clarice Lispector)
— Corps séparés (A legiaó estrangeira, 1964),
contes et nouvelles, traduit du portugais par Teresa et
Jacques Thieriot. [Paris], Éditions des Femmes, 1993, 160 pages,
18 €
[Contient : « Les malheurs de Sophia » ;
« Le partage des pains » ; « Le message » ;
« Singes » ; « L’œuf et la poule » ;
« Tentation » ; « Voyage à Pétropolis » ;
« La solution » ; « Évolution d’une
myopie » ; « La cinquième histoire » ;
« Une amitié sincère » ; « Les obéissants » ;
« Légion étrangère »].
« Nous sommes des corps séparés, rejetés. Et ainsi
conduits à la mort, mais aussi à la vie : la séparation
des corps peut être une seconde naissance, sinon c'est le
renvoi à l'incompréhension, à la résignation et au silence.
Tant qu'il le peut, l'écrivain doit mettre le scalpel sur
ces déchirures qui sont les siennes également. Chaque opération
nécessite le recours aux instruments d'un langage approprié
et chaque fois différent, il y a mille et une histoires,
même si c'est toujours la même, de toute antiquité.
À la ségrégation sociale, familiale, s'ajoute le clivage
des règnes et le monde nous est étranger. Et pourtant la
rencontre avec un sapajou, un basset, un poussin, un cancrelat
peut nous donner la clé de tous les mystères. Dieu existe
dans un acacia. L'œuf est la pierre philosophale – à condition
de ne pas le casser. Tel est le propos de Clarice Lispector,
à la fois vécu et distancié, dans ce recueil publié en 1964,
au Brésil, sous le titre Légion étrangère. »
(Jacques Thiériot)
— La Vie intime de Laura, suivi de Le Mystère
du lapin pensant (A vita intima de Laura, 1974 ;
O misterio do coelho pensante, 1967), contes, traduit
du portugais par Teresa et Jacques Thieriot. [Paris], Éditions
des Femmes, « Contes pour enfants », 2004, 44 pages,
5 €
« Je suis stupide, dit Laura. Je caquette, je cocotte,
je pense que je pense, mais à chaque œuf que je ponds, c'est
moi qui recrée le monde ! Tu vois comme je suis maligne ? »
(La Vie intime de Laura)
« Avec mon petit nez que je fronce et défronce, je
flaire le monde, donc je suis, donc je pense, se dit le
lapin, et c'est lui, et pas toi, qui voit plus loin que
le bout de son nez ! » (Le Mystère du lapin
pensant)
— La Femme qui tuait les poissons (A mulher que
matou os peixes, 1969), conte, traduit du portugais
par Severine Rosset et Lúcia Cherem ; suivi d’un entretien
avec l’auteur. [Paris], Éditions Ramsay / De Cortanze, 1990,
104 pages, épuisé.
** Nouvelle édition sous le titre La Femme qui a tué
les poissons, traduit du portugais par Severine Rosset
et Lúcia Cherem ; illustrations de Gabriella Giadelli :
[Paris], Éditions Le Seuil Jeunesse, 1977, 64 pages,
7.50 €
— Un apprentissage ou Le Livre des plaisirs (Uma
aprendizagem ou um Livro dos prazeres, 1969), roman,
traduit du portugais par Teresa et Jacques Thieriot. [Paris],
Éditions des Femmes, 1992, 192 pages, 15.50 €
« Elle s'appelle Lori, elle est institutrice, elle
vient de quitter sa famille provinciale et de s'établir
à Rio de Janeiro. Il s'appelle Ulysse et il est professeur
de philosophie. Leurs rencontres, leurs rendez-vous s'inscrivent
dans un quotidien banal. Mais elle est Lori-Lorelei, une
sirène, et lui est le sage Ulysse, voyageur immobile qui
attend la femme, l'observe à chaque étape de sa quête du
monde et d'elle-même.
Un apprentissage, publié en 1969 au Brésil, est le
récit d'une expérience menée dans un climat de rituel initiatique
qui transfigure à tout moment le réel : à partir d'éléments
autobiographiques évidents, Clarice Lispector tisse le fil
d'une histoire d'amour insolite. Elle invite le lecteur
à se dépouiller, comme son héroïne, de ses propres images,
à faire lui aussi son apprentissage, et à gravir les degrés
du sublime. » (Jacques Thiériot)
— Agua viva (Água viva, 1973), édition bilingue,
traduit du portugais par Régina Helena de Oliveira Machado.
[Paris], Éditions des Femmes, 1981, 260 pages, 13.50 €
— Où étais-tu pendant la nuit ? (Onde estivestes
de noite ?, 1974), contes et nouvelles, traduit
du portugais par Geneviève Leibrich. [Paris], Éditions des
Femmes, 1985, 168 pages, 13 €
[Contient : « À la recherche d’une dignité » ;
« Le départ du train » ; « Esquisses
de chevaux » ; « Où étais-tu pendant la nuit ? » ;
« Compte rendu de la chose » ; « Le
manifeste de la ville » ; « Les manigances
de Dona Frozina » ; « C’est là que je vais » ;
« Le mort dans la mer d’Urca » ; « Silence » ;
« Tarissement » ; « Une après-midi bien
remplie » ; « Une histoire embrouillée » ;
« Tant de douceur » ; « Les faux de
l’océan » ; « Tempête d’âmes » ;
« Vie au naturel »].
— L’Heure de l’étoile (A hora da estrela,
1977), roman, traduit du portugais par Marguerite Wünscher,
relu par Sylvie Durastanti. [Paris], Éditions des Femmes,
1984, 120 pages, 12.50 €
« Je voue donc la chose que voici à l'antique Schumann
et à sa douce Clara qui ne sont aujourd'hui que poussière,
malheureux que nous sommes. Je me voue au rouge aussi vermeil
que mon sang d'homme en pleine force de l'âge et je me voue
donc à mon sang. Je me voue surtout aux gnomes, nains, sylphides
et nymphes qui hantent la vie. Je me voue au regret de ma
pauvreté passée, du temps où tout était plus sobre et plus
digne et où je n'avais encore jamais mangé de langouste.
Je me voue à la tempête de Beethoven. À la vibration des
couleurs neutres de Bach. À Chopin, qui m'amollit les os.
À Stravinsky qui m'a bouleversé et enflammé. À « Mort
et Transfiguration », où Richard Strauss me révèle
un destin. Je me voue surtout aux veilles du jour présent
et au jour présent, au voile transparent de Debussy, à Marlos
Nobre, à Prokofiev, à Carl Orff, à Schoenberg, aux dodécaphoniques,
aux cris discordants des compositeurs de musique électronique
– à tous ceux qui ont su toucher en moi de façon alarmante
des profondeurs inespérées, à tous ces prophètes du présent
qui me prophétisent à un tel point qu'en cet instant je
vais exploser en : moi. En ce moi, qui est vous, car
je ne supporte pas de n'être que moi, car j'ai besoin d'autrui
pour tenir debout, tant je suis fou, tant je divague. Que
faire d'autre enfin, sinon méditer, pour choir en ce vide
plein que seule peut atteindre la méditation. La méditation
n'escompte point de profit : la méditation ne peut
avoir d'autre fin qu'elle-même. Je médite sur le néant.
Ce qui me gâche la vie, c'est d'écrire.
Or – ne pas oublier que la structure de l'atome est chose
connue, quoiqu'invisible. Comme me sont connues bien des
choses que je n'ai jamais vues. Il en va de même pour nous.
Il est impossible de démontrer l'existence des choses les
plus vraies : il suffit d'y croire. D'y croire en pleurant.
Cette histoire survient en pleine urgence, en pleine calamité.
C'est là un livre inachevé, faute de réplique. Cette réplique,
j'espère que quelqu'un en ce monde me la donnera ?
Vous ? C'est une histoire en technicolor, pour ménager
un certain luxe, dont dieu sait que j'ai, moi aussi, grand
besoin. Pour nous tous, amen. » (Clarice Lispector)
— La Belle et la bête, suivi de Passion des corps
(A bela e a fera, 1979 ; A Via-Crúcis do
corpo, 1974), traduit du portugais par Claude Farny.
[Paris], Éditions des Femmes, 1984, 300 pages, 15 €
— Un souffle de vie (Um sopro de vida, Pulsações,
1978), traduit du portugais par Jacques et Teresa Thiériot.
[Paris], Éditions des Femmes, 1998, 224 pages, 12 €
« Pour Clarice Lispector, mon amie, Un souffle de
vie devait être son livre définitif.
Commencé en 1974 et achevé en 1977, la veille de sa mort,
cette œuvre, créée difficilement, a été, comme l'a dit Clarice,
“ écrite en agonie ”, car elle est née d'un élan
douloureux qu'elle ne pouvait retenir. C'est au cours de
la même période qu'elle a écrit L'Heure de l'étoile,
son dernier livre publié de son vivant. Durant huit ans,
j'ai été aux côtés de Clarice et j'ai accompagné son processus
de création. Je notais ses pensées, dactylographiais ses
manuscrits et surtout, je partageais ses moments d'inspiration.
C'est pourquoi elle et son fils Paulo m'ont confié la tâche
de mettre en ordre les manuscrits de Un souffle de vie.
Ce que j'ai fait. » (Olga Borelli)
« Avec Un Souffle de vie s'achève la publication
en français, entreprise par les éditions Des femmes depuis
1978, de l'œuvre de Clarice Lispector. Livre posthume, livre-testament
certes, mais aussi contrepoint à tout ce qu'elle a publié
de son vivant, dans la fulgurance de ses recherches existentielles
et littéraires.
Si les chroniques de La Découverte du monde révélaient
certains de ses processus de création, ici ce sont des matériaux
presque bruts, analogues aux “ fusées ” baudelairiennes,
qui irradient toutes les questions angoissées que s'est
toujours posées Clarice face à Dieu, au temps, au monde
et à son histoire, aux êtres vivants ou inanimés. Même si
elle n'est pas saisie consciemment, l'approche de la mort
aiguise ces interrogations : comment finalement résoudre
l'énigme de toute création ? Qu'est-ce que la mort ?
Imaginant un dialogue entre un auteur et la femme-personnage
à qui il donne “ un souffle de vie ”, Clarice,
entre ces deux miroirs, se dédouble à l'infini et, une dernière
fois et à jamais, nous éblouît par tous les éclats de son
écriture et finalement nous propose le mot “ vie ”
comme réponse à nos propres questions. » (Jacques Thiériot)
— La Découverte du monde (A descoberta do mundo,
posth, 1984), traduit du portugais par Teresa et Jacques
Thieriot. [Paris], Éditions des Femmes, « Pour chacune »,
1995, 614 pages, 11.50 €
« La Découverte du monde rassemble, dans l'ordre
chronologique, les 466 textes que Clarice Lispector a publiés
chaque samedi dans le Jornal do Brasil, d'août 1967
à décembre 1973. Nous avons estimé qu'il était important
d'offrir cette vision générale de textes où se mêlent chroniques
proprement dites, nouvelles, contes, pensées, notes, repris
ailleurs. En effet, au cours de cette période, elle écrivait
et publiait ou préparait d'autres livres, et il est possible
d'identifier le passage, la circulation de personnages,
de situations entre les textes du journal et ces livres. »
(Paulo Gurgel Valente)
« Ces “ chroniques ” apparaissent comme le
creuset, le laboratoire d’une partie importante de son œuvre.
Sur un ton tantôt grave, tantôt primesautier, sont relatés
les états d'âme, les choses vues, les rencontres, les lectures…
Voici le bonheur de rencontrer au quotidien Clarice écrivain,
journaliste, citoyenne, moraliste, philosophe, visionnaire,
femme et mère, Clarice avec ses lecteurs et ses lectrices,
ses amis et amies, ses chauffeurs de taxi et ses grands
hommes, ses animaux, ses plantes et ses pierres… et quelques
insectes – telle qu’en elle-mêmes. » (Jacques et Teresa
Thiériot)
— Comment sont nées les étoiles. Douze légendes brésiliennes
(Como nas ceram as estrelas. Doze lendas brasileiras,
posth. 1987). Édition bilingue, traduit du portugais par
Teresa et Jacques Thieriot ; illustrations de Héloïsa
Novaes. [Paris], Éditions des Femmes-Antoinette Fouque,
2005, 100 pages, 19 €
« Le destin de l'enfant, c'était de naître. On entendait,
comme venue du cœur de la nuit silencieuse, cette musique
aérienne que chacun de nous a déjà entendue et dont est
fait le silence : extrêmement douce et sans mélodie,
mais composée de sons qui pouvaient devenir mélodieux. Flottante,
ininterrompue. Les sons comme quinze mille étoiles. La petite
famille captait la plus élémentaire vibration de l'air –
comme si le silence parlait. » (Clarice Lispector)
BIBLIOGRAPHIE
* Hélène Cixous, L’Heure de Clarice Lispector, précédé
de Vivre l’orange. Texte français et traduction anglaise
en regard. [Paris], Éditions des Femmes, 1989, 172 pages,
épuisé.
* Clarice Lispector. Rencontres brésiliennes, édition
de Claire Varin. [Laval, Québec], Éditions Trois, « Vedute »,
1987, 244 pages, illus., épuisé.
* Claire Varin, Langues de feu. Essai sur Clarice
Lispector. [Laval, Québec], Éditions Trois, « Vedute »,
1990, 228 pages, illus., épuisé.
* Mara Negron-Marreiro, Une genèse au féminin. Étude
de La Pomme dans le noir, de Clarice Lispector. [Amsterdam],
Éditions Rodopi, « InterActions », 1997, 262 pages,
44.52 €
* Olga Borelli, Clarice Lispector. D’une vie à l’œuvre
(Clarice Lispector. Esboço para um possível retrato,
1981), avec des lettres de Clarice Lispector, traduit du
portugais par Maryvonne Lapouge-Pettorelli et Véronique
Basset. [Paris], Éditions Eulina Carvalho, « Cultures
du Brésil » n°5, 2003, 146 pages, 17.50 €
FILMOGRAPHIE
Perto do coração selvagem (1966), d’après le roman
homonyme (1943), réal. Maurício Rittner.
A estrela nua (1984), réal. José Antonio Garcia et
Ícaro Martins.
A hora da estrela (1985), d’après le roman homonyme
(1977), réal. Suzana Amaral.
Perto do coração selvagem (1987), d’après le roman
homonyme (1943), réal. Suzana Amaral.
O corpo (1991), réal. José Antonio Garcia.
Infinitivamente guiomar novaes (2003, m.m), d’après
des textes de Clarice Lispector et d’Anna Akhmatova, réal.
Norma Bengell.
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