LES ÉCRIVAINS D’EXPRESSION PORTUGAISE
 
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ASSIS, Machado de

[BRÉSIL] (Rio de Janeiro, RJ, 1839 – Rio de Janeiro, RJ, 1908). Joaquim Maria Machado de Assis. Sa mère, une blanchisseuse portugaise meurt alors qu'il est encore un tout jeune enfant. Son père, un mulâtre peintre en bâtiment, se remarie alors avec une simple et généreuse métisse qui l'élèvera tendrement. Enfant solitaire, bègue, sujet à de fréquentes crises d'épilepsie, il se réfugie dans la lecture et acquiert seul une vaste culture. Il apprend le français et à seize ans publie son premier poème. Il devient typographe puis correcteur et, en 1860, entre au Diaro do Rio de Janeiro comme chroniqueur. En 1863, il se marie avec Carolina de Novais, Portugaise de bonne famille, fine et cultivée, malgré l'opposition de la famille. Il entre alors dans un grand ministère où il fera toute sa carrière. Dès lors, partagée entre son travail de bureaucrate et celui d'écrivain, sa vie se confond avec son œuvre. Père fondateur et premier président de l'Académie brésilienne des lettres, directeur général de son ministère, paré de toutes les gloires officielles il meurt d'un cancer dans la solitude à l'âge de 69 ans.
Machado de Assis a pratiqué tous les genres, poésie, théâtre, journalisme, critique, traduction. Il est cependant essentiellement un narrateur tout autant par ses contes (168 au total, régulièrement réunis en anthologies par ses soins) que par ses romans. On distingue trois périodes dans sa production romanesque. On pourrait appeler la première celle de la liquidation du romantisme. Elle irait de 1870 environ à 1880, avec deux recueils de contes : Contos fluminenses (1870) et Historias da meia noite (1873), et quatre romans : Ressurreição (1872), A mão e a luva (1874), Helena (1876) et Iaiá Garcia (1878). Ses contes, courts, ironiques ou tendres sont de loin supérieurs à ses romans, dont les personnages, tout d'une pièce ne sont pas encore très riches d'un point de vue psychologique et dont le style n'a pas encore atteint cette perfection à laquelle il arrivera plus tard. Mais l'humour est déjà présent, désagrégeant d'un livre à l'autre le romantisme dont ils sont encore imprégnés.
Sa maladie, l'épilepsie, faisant sans cesse de nouveaux progrès, Machado sent la folie qui s'approche souterrainement de lui, des visions sombres le hantent et, désormais, une espèce de « terreur cosmique » ne cessera de l'habiter. C'est alors que commence la seconde série de ses romans, ceux que l'on a appelé « les romans crépusculaires » : Memoires posthumes de Braz Cubas (1881), Quincas Borba (1891), Dom Casmurro (1899), Esaü et Jacob (1904), et de nouvelles séries de contes, infiniment plus amers que les premiers. Apparemment il continue... Mais ses procédés ont changé de signification. Il interrompt toujours le récit pour parler au lecteur, mais c'est comme une fuite panique. L'humour triomphe toujours mais il a changé de sens. Il est une méditation sur la folie.
Esthétiquement, Machado de Assis est passé du romantisme au naturalisme. Le réalisme n'est chez lui encore qu'un moyen de lutter contre cette séduction de la déraison qui sourd du fond de son être. Ses personnages masculins ne font que le confesser. Il se met en eux, il est eux, ses livres deviennent une galerie de fous, Braz Cubas, l'aliéniste, Quincas Borba, Rubiào. Mais aussi, ils acquièrent une tout autre dimension : la psychologie s'enrichit de toutes les « intermittences du cœur », de l'émiettement du moi en sensations ou sentiments contradictoires. Une sombre dilection les habite. Les femmes, par contre, échappent à la folie et si elles ne connaissent les abîmes des hommes, elles n'en sont pas moins, elles aussi, mystérieuses. Elles hésitent entre le péché et les convenances, entre le sourire et la caresse. Elles passent, sensuelles, à travers les pages des romans et elles empêchent ces derniers de tomber dans une certaine sécheresse, contre laquelle Machado de Assis avait à se défendre. En 1904, il perd sa femme. Et ce fut comme s'il mourrait lui-même. Il lui faut avant de disparaître définitivement dire encore son amour pour celle qui l'a quitté. Et c'est en 1908, le Mémorial de Aires, œuvre très différente de toutes celles qui l'ont précédée, elle constitue à elle toute seule la dernière étape de cette ascension romanesque. Livre « nocturne », il est un chuchotement d'amour très doux dans la nuit qui tombe.

« Ce sont les œuvres de sa maturité qui devaient révéler le génie créateur de Joaquim Maria Machado de Assis (1839-1908) : Mémoires posthumes de Brás Cubas (1880), Histoires sans date (1884), Quincas Borba (1891), La Cartomancienne. Histoires diverses (1896), Dom Casmurro (1900), Esaü et Jacob (1904), et enfin Ce que les hommes appellent amour. Mémorial de Aires (1908), qui est presque une autobiographie. Dans ces œuvres, Machado sut écarter la prose brésilienne du régionalisme (peinture du paysage et des mœurs) pour la rapprocher de l'homme, considéré d'un point de vue universel. Psychologue à la vie intérieure intense, pessimiste incurable, il réussit à fondre son amer sentiment de désillusion en un humour calme et subtil : il savait en outre découvrir les aspects les plus secrets de vies considérées comme ordinaires. Étranger à toute école, très personnel dans sa technique volontairement simple et digressive, il composait ses romans comme une série de tableaux et de réflexions ; son style concis, lapidaire, coloré d'expressions populaires, a fait de lui l'un des grands classiques de la langue portugaise. » (Mário Carelli).


ANTHOLOGIES / REVUES
Poèmes, dans Anthologie des poètes brésiliens, 1912 ; Poèmes du Brésil, Éditions Ouvrières, 1985.
« L’infirmier », conte tiré de Várias histórias (1896), traduit par Philéas Lebesgue et Manoel Gahisto, dans Les Mille nouvelles nouvelles n°14, Paris, La Renaissance du livre, mars 1911.
« Un apologue », conte tiré de Várias histórias (1896), traduit par Luiz Annibal Falcão, dans Anthologie de quelques conteurs brésiliens, Le Sagittaire, 1939 / traduit par Didier Lamaison, dans Caravanes n°5, 1995.
« Dona Bénédicte. Un portrait », conte traduit par Mário Carelli, Jacques et Teresa Thiériot, dans L’Alphée n°1, 1979.
« Chant nuptial », conte traduit par Mário Carelli, dans Fleur, téléphone et jeune fille, L’Alphée, 1980.
« Le miroir », conte tiré de Papéis avulsos (1882), traduit par Maryvonne Lapouge-Pettorelli, dans Histoires étranges et fantastiques d’Amérique latine, Métailié, 1989 + 1997.
« Des bras », conte tiré de Várias histórias (1896), traduit par Maryvonne Lapouge-Pettorelli, dans Histoires d’amour d’Amérique latine, Métailié, 1992 + 2002.
« Chanson des accordés », conte tiré de Histórias sem datas (1884), traduit par Didier Lamaison, dans Caravanes n°5, 1995.
« Nuit de pacha », conte tiré de Histórias sem datas (1884), traduit par Didier Lamaison, dans Caravanes n°5, 1995.
« Messe de minuit », conte traduit par Jacques Thiériot, dans Contes de Noël brésiliens, Albin Michel, 1997.
« Note sur la littérature brésilienne actuelle : Instinct de nationalité » (1873), traduit par Florent Kohler, présenté et annoté par Michel Riaudel, dans Europe n°919-920, 2005.


Mémoires posthumes de Braz Cubas (Memórias póstumas de Brás Cubas, 1881), roman, traduit du portugais et présenté par Adrien Delpech. [Paris], Éditions Garnier Frères, 1911, VI-492 pages, épuisé
** Nouvelle édition sous le titre Mémoires d’outre-tombe de Braz Cubas, traduit du portugais par René Chadebec de Lavalade, préface d’Afranio Peixoto. [Rio de Janeiro], Atlântica Editora, « Les maîtres des littératures américaines », 1944, 250 pages, épuisé ; réédition : précédé d’une étude sur Machado de Assis par André Maurois et d’une préface d’Afranio Peixoto sur la traduction du général de Lavalade. [Paris], Éditions Émile-Paul, 1948, 272 pages, épuisé – rééditions sous le titre Mémoires posthumes de Brás Cubas. [Paris], Éditions A.-M. Métailié, 1989, 268 pages, 18 € / Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°33, 2000, 268 pages, 9.50 €

« Et voyez maintenant avec quelle dextérité, avec quel art, j'effectue plus grande des transitions de ce livre. Voyez : mon délire commença en présence de Virgilia ; Virgilia fut mon grand péché de jeunesse ; il n'y a pas de jeunesse sans enfance ; l'enfance suppose la naissance : et voici comment nous arrivons sans effort au 20 octobre 1805, jour de ma naissance. Vous avez vu ? Aucun raccord apparent, rien qui puisse détourner et troubler l'attention du lecteur : rien. Le livre offre ainsi tous les avantages de la méthode, sans en avoir la rigidité. Mais en vérité, il était temps. »
Enlevé à la vie par une pneumonie due à une idée fixe, Brás Cubas tait le récit posthume de sa vie. Dans un ultime délire, il se penche avec une distance amusée sur ce qu'il a été, en prenant le lecteur à témoin. Un texte subtil et drôle où la prose contenue permet les jeux formels les plus inattendus, écrit par un auteur dont le génie classique teinté de nihilisme préfigure l'exploitation moderne de l'inconscient.

L’Aliéniste (O Alienista, tiré du recueil Papéis avulsos, 1882), traduit du portugais par Maryvonne Lapouge Pettorelli ; présentation par Pierre Brunet. [Paris], Éditions A. M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1984 ; 1995, 96 pages, 11€ – rééditions : traduction revue pour cette édition et présentée par la traductrice. [Paris], Éditions Gallimard, « Folio bilingue » n°25, 1992, 208 pages + 16 pages hors texte, 8.20 € / Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°101, 2005, 96 pages, 6.50 €

Simon Bacamarte, un aliéniste, s'installe dans une paisible bourgade brésilienne où il fonde une « Maison Verte » pour se livrer à des expériences scientifiques. Il commence par enfermer et classer les lunatiques, mais ne s'arrête pas là, son emprise sur la population ne cesse de croître et révolutionne la cité. Machado de Assis suit les aventures de ce savant en délire dans une comédie d'erreurs où l'humour s'attaque aux excès du scientisme et au dogmatisme politique. Une nouvelle qui, dès 1881, bien avant l'anti-psychiatrie, dénonce le pouvoir médical arbitraire. L'aliéniste est-il celui qui soigne la folie, celui qui la fabrique, ou celui qui la porte en lui ?

Quincas Borba (Quincas Borba, 1891), roman, traduit du portugais par Alain de Acevedo, préface de Roger Bastide. [Paris], Éditions Nagel, « Les grands romans étrangers » / Collection Unesco d’œuvres représentatives, « Série Ibérico-américaine » n°8, 1955, 272 pages, épuisé
** Nouvelle édition : Quincas Borba, traduit du portugais par Jean-Paul Bruyas. [Paris], Éditions Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1990, 308 pages, 19.50 € – réédition sous le titre Le Philosophe ou le chien. Quincas Borba. Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°4, 1997, 320 pages, 10 €

Rubião, modeste professeur hérite une fortune du philosophe Quincas Borba, sous réserve de prendre soin de son chien. Mais avec la richesse il hérite la folie de son ami. Sa fortune se disperse dans l'ostentation et l'entretien de parasites mais elle sert surtout de capital aux spéculations d'un arriviste marié à la belle Sofia. L'amour et la folie surgissent ici romantiquement la main dans la main, cependant la basse continue du roman est l'ambition économique dont le héros devient l'instrument. Machado de Assis suggère les choses les plus terribles de la manière la plus candide et établit un contraste entre la normalité sociale des choses et leur anormalité essentielle.

Quelques contes (Várias histórias, 1896), traduit du portugais et présenté par Adrien Delpech. [Paris], Éditions Garnier Frères, 1910, XXXIII-324 pages, épuisé
** Nouvelle édition sous le titre La Cartomancienne. Histoires diverses, traduction d’Adrien Delpech revue et corrigée par l’éditeur pour cette édition. [Toulouse], Éditions Ombres, « Petite Bibliothèque Ombres », n°98, 1997, 192 pages, 9 €
[Contient : « La cartomancienne » ; « Entre saints » ; « Les bras » ; « Un homme célèbre » ; « La désirée » ; « La cause secrète » ; « Trio en la mineur » ; « I. Adagio cantabile » ; « II. Allegro mo nan troppo » ; « III. Allegro appassionato » ; « IV. Menuet » ; « Adam et Eve » ; « L’infirmier » ; « Le diplomate » ; « Mariana » ; « Conte d’écolier » ; « Apologue » ; « Dona Paula » ; « Vivre » ; « La chanoine ou métaphysique du style »].

Le Conte de l’école (Conto de escola, tiré du recueil Varias histórias, 1896). Édition bilingue, traduit du portugais par Michelle Giudicelli ; illustrations de Nelson Cruz. [Paris], Éditions Chandeigne, « Lusitane », 2004, 48 pages, 13 €

Dom Casmurro (Dom Casmurro, 1899), roman, traduit du portugais et présenté par Francis de Miomandre, traduction revue et corrigée par Ronald de Carvalho ; préface de Afranio Peixoto. [Paris], Institut International de Coopération Intellectuelle, « Collection ibéro-américaine », 1936, 336 pages, épuisé – rééditions : Dom Casmurro, traduction de Francis de Miomandre. [Paris], Éditions Albin Michel, 1956, 336 pages, épuisé / Éditions Albin Michel, « Bibliothèque Albin Michel poche » n°27, 1989, 336 pages, 7.70 € / présentation de Linda Lé. [Paris], LGF, « Le Livre de poche. Biblio-Romans » n°3268, 1997, 288 pages, 5.50 €
** Nouvelle édition : Dom Casmurro, traduit du portugais par Anne-Marie Quint. [Paris], Éditions A.-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1983, 336 pages, 14 € – réédition sous le titre : Dom Casmurro et les yeux de ressac. Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°51, 2002, 336 pages, 10 €

« Mes doigts frôlaient la nuque de la fillette ou ses épaules vêtues d'indienne, et c'était une sensation délicieuse. Mais enfin, bien malgré moi, les cheveux tiraient à leur fin, alors que je les aurais voulus interminables. [...] Si cela vous parait emphatique, malheureux lecteur, c'est que jamais vous n'avez coiffé une fillette, jamais vous n'avez posé des mains d'adolescent sur la jeune tête d'une nymphe... Une nymphe ! Me voilà tout mythologique. »

Esaü et Jacob (Esaú e Jacó, 1904), roman, traduit du portugais par Françoise Duprat ; préface de Jean-Paul Bruyas. [Paris], Éditions A.-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1985, 200 pages, 17 € – réédition : Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°104, 2005, 332 pages, 10 €

À Rio de Janeiro, en 1879, naissent deux jumeaux qui, comme le raconte la Bible, se querellent dans le ventre de leur mère. Opposés par une haine farouche, Paulo l'admirateur de Robespierre et Pedro qui vante les vertus de Louis XVI tombent amoureux de la même femme, qui, incapable de choisir, en mourra. Sur ce thème banal, l'auteur donne libre cours à sa maestria littéraire, ironie, humour, interpellation du lecteur, sur le thème de l'impossibilité d'échapper au destin.

Ce que les hommes appellent amour. Mémorial de Aires (Memorial de Aires, 1908), roman, traduit du portugais par Jean-Paul Bruyas. [Paris], Éditions A.-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1985, 334 pages, 17 € – réédition : Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°104, 2005, 334 pages, 10 €

« En la revoyant, je ne l'ai pas trouvée moins piquante qu'au cimetière ou que la première fois, chez ma sœur, et pas moins belle non plus. [...] Elle a la peau délicate, le teint clair, avec aux joues à peine une touche de rouge, rien qui puisse paraître déplacé chez une veuve. C'est là tout ce qui m'a frappé au premier abord, avec ses yeux et ses cheveux noirs ; le reste m'a été révélé peu à peu au cours de la soirée, jusqu'à l'instant de son départ [...] Après l'avoir observée quelques instants, voici ce que j'ai pensé d'elle. Je ne l'ai pas pensé tout de suite en prose, mais en empruntant un vers à Shelley : " I can give not what men call Love ”. Je me le suis donc dit en anglais, mais l'aveu du poète, je l'ai repris aussitôt en prose de chez nous, et avec une conclusion de mon cru : “ Je ne peux donner ce que les hommes appellent Amour.. et c'est dommage ” »
Ce journal du conseiller Aires est fait de petites touches ironiques sur le vieillissement, l'amour, l'ambiguïté des sentiments, l'abolition de l'esclavage ; des personnages forts le traversent, les descriptions peuvent paraître idylliques mais comme toujours chez Machado de Assis, quelque chose grince.

La Montre en or. Choix de contes tirés des recueils Papéis avulsos (1882), Histórias sem data (1884), Varias histórias (1896), traduit du portugais par Maryvonne Lapouge Pettorelli ; précédé de « Machado de Assis : schéma » (conférence de 1968, recueillie dans Vários escritos, 1970) par Antônio Cândido de Melo e Souza, traduit du portugais par Jorge Coli et Pierre Laurens. [Paris], Éditions A.-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne » / Collection Unesco d’œuvres représentatives, « Série brésilienne », 1987, 168 pages, épuisé – réédition : Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°10, 1998, 168 pages, 6.60 €
[Contient : « La montre en or » ; « Des bras » ; « Le miroir » ; « Une étrange coïncidence » ; « Une dame » ; « La cartomancienne » ; « Un homme célèbre » ; « Celle que l’on désire » ; « Le mobile secret » ; « La messe de minuit » ; « L’anecdote du cabriolet »].

Une montre en or apparaît sur une table de nuit ; les bras d'une femme troublent un adolescent ; une cartomancienne révèle un avenir radieux ; un miroir ne reflète plus un jeune homme et permet la naissance d'une nouvelle théorie sur l'âme humaine ; une jeune femme sage se donne à un passant ; un compositeur est saisi par la polka ; une dame refuse de vieillir ; un jeune homme écoute une dame, un soir de Noël, et ne comprend plus rien...

La Pantoufle turque, suivi de L’Église du diable (A chinela turca, 1875, recueilli dans Papéis avulos, 1882 ; A igrejado diabo, 1883, recueilli dans Historias sem data, 1884). Contes traduits du portugais par Philippe Billé ; illustrations de Martín Pascual Beato. [Bordeaux], Éditions Pierre Mainard, 1999, 48 pages, 6.86 €

La Théorie du médaillon. Choix de contes et de chroniques, traduit du portugais et présenté par Florent Kohler. [Paris], Éditions Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°52, 2002, 160 pages, 6.50 €
[Contient : Introduction de Florent Kohler ; « Théorie du médaillon » ; « Le miroir » ; « Le secret du bonze » ; « Dernier chapitre » ; « Fulano » ; « Évolution » ; « Seul ! » ; « Des idées de canari » ; « 15 juillet 1883 » ; « 13 janvier 1885 » ; « 16 juin 1895 : auteur de ses jours » ; « 20 octobre 1895 » ; Bibliographie].

Une anthologie de contes et de chroniques, choisis pour présenter le cheminement philosophique de l'auteur : depuis la « Théorie du médaillon », manuel à l'usage des arrivistes, jusqu'au « Miroir » qui révèle l'absence de moi, en passant par le cynisme et l'égoïsme. On découvre l'humour noir et décapant de sa vision du monde à travers quelques histoires bien racontées.

BIBLIOGRAPHIE
* Machado de Assis, son œuvre littéraire. Préface d’Anatole France. Études littéraires, articles et discours sur l’œuvre de Machado de Assis, suivis de trois contes traduits par Victor Orban. [Paris], Éditions Garnier frères, 1917, 160 pages, illus., épuisé.

* H. Houwens Post, L’Auteur brésilien Machado de Assis et le mystère de Sisyphe. [Napoli], Instituto universitario orientale, Annali, 1961, 16 pages, épuisé.

* Littérature et nation n°29 : « Machado de Assis en Europe latine ». Textes en français, espagnol, italien et portugais, réunis par Florent Kohler et Silvio Castro. [Tours], Université François Rabelais, 2004, 206 pages, 12.20 €

* Florent Kohler, Schopenhauer, Machado de Assis, Italo Svevo, ou l’homme sans Dieu. [Paris], Éditions L’Harmattan, « Critiques littéraires », 2004, 406 pages, 32 €

FILMOGRAPHIE
Um apólogo (1936), d’après le conte homonyme, réal. Humberto Mauro et Lúcia Miguel Pereira.
Um apólogo (1939, c.m), d’après le conte homonyme, réal. Humberto Mauro et Roquete Pinto.
Helena (1952, tv), d’après le roman homonyme (1876).
Iaiá Garcia (1953, tv), d’après le roman homonyme (1878).
Esse Rio que eu amo (1960), un épisode d’après Noite de almirante, réal. Carlos Hugo Christensen.
O Rio de Machado de Assis (1965, cm), réal. Nelson Pereira dos Santos.
Viagem ao fim do mundo (1968), d’après les chapitres « O delirio » et « O senão do livro », du roman Memórias póstumas de Brás Cubas (1881), réal. Fernando Campos.
Capitu (1968), co-scén. Paulo Emiliano Salles Gomes, d’après le roman Dom Casmurro (1899), réal. Paulo César Saraceni.
Asilo muito louco (1971), d’après O alienista (1882), réal. Nelson Pereira dos Santos.
Um homem célebre (1974), d’après le conte homonyme, réal. Miguel Faria Junior.
A cartomante (1974), d’après le conte homonyme, réal. Marcos Farias.
A cartomante (1974, tv), d’après le conte homonyme, réal. Regina Duarte et Domingos de Oliveira.
Helena (1975, tv), d’après le roman homonyme (1876), réal. Herval Rossano.
Vila do arco (1975, tv), d’après O alienista (1882), réal. Luís Gallon.
Confissões de uma viúva moça (1976), d’après le conte homonyme, réal. Adnor Pitanga.
Missa do galo (1975), d’après le conte homonyme, réal. Roman Atulbach.
Que estranha forma de amar (1977), d’après le roman Iaiá Garcia (1878), réal. Geraldo Vietri.
A missa do galo (1982, m.m), d’après le conte homonyme, réal. Nelson Pereira dos Santos.
Iaiá Garcia (1982, tv), d’après le roman homonyme (1878).
Brás Cubas (1985), d’après le roman Memórias póstumas de Brás Cubas (1881), réal. Julio Bressane.
Quincas Borba (1987), d’après le roman homonyme (1891), réal. Roberto Santos.
Helena (1987, tv), d’après le roman homonyme (1876), réal. Luís Fernando Carvalho, Denise Saraceni, José Wilker.
A causa segreta (1994), d’après le conte homonyme, réal. Sergio Bianchi.
Memórias póstumas (2001), d’après le roman Memórias póstumas de Brás Cubas (1881), réal. André Klotzel.
Dom (2003), d’après le roman Dom Casmurro (1899), réal. Moacyr Góes.
A cartomante (2004), d’après le conte homonyme, réal. Pablo Uranga et Wagner de Assis.
Quanto vale ou e por quilo (2005), d’après le conte homonyme, réal. Sergio Bianchi.

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