| CASTELO BRANCO, Camilo
[PORTUGAL]
(Lisbonne, 1826 – São Miguel de Ceide, 1890). La vie agitée
de Camilo, comme on l'appelle affectueusement, a été aussi
riche en événements et aussi tragique que celle de ses personnages :
fils naturel d'un père noble et d'une mère paysanne, il
est très tôt resté orphelin. Marié à seize ans avec Joaquina
Pereira, il connut d'autres passions tumultueuses, dont
l'une le mena en prison : celle pour Ana Plácido qui
devait devenir sa compagne. Fait vicomte de Correia-Botelho
en 1885, pensionné par le gouvernement, il connut cependant
une fin de vie des plus pénibles : perclus de douleurs
et devenu aveugle, il finit par se suicider. À travers son
œuvre très féconde (262 volumes), Castelo Branco s'est intéressé
à presque tous les genres : poésie, théâtre, roman
historique, histoire, biographie, critique littéraire, traduction.
On y retrouve le tempérament et la vie de l'auteur :
la passion fatale s'y lie au sarcasme, le lyrisme à l'ironie,
la morale au fanatisme et au cynisme, la tendresse au blasphème.
Cet écrivain à l'imagination vive, au style communicatif,
naturel et coloré, au vocabulaire riche et nuancé, est un
maître de la langue portugaise. Amour de perdition,
publié en 1862, est, d'après Miguel de Unamuno le plus grand
roman d'amour de la péninsule Ibérique. Écrit en 1840, lorsque
Camilo était en prison pour ses amours avec une femme mariée,
il relate la passion clandestine de deux jeunes gens, Simào
et Teresa, passion à laquelle s'ajoute l'amour de Mariana,
une fille du peuple qui s'éprend de Simào, tout en continuant
à lui servir de messagère auprès de Teresa.
— Amour de perdition (Amor de Perdição, 1862),
roman, traduit du portugais par Jacques Parsi. [Arles],
Éditions Actes Sud, 1984, 248 pages, épuisé – réédition :
Éditions Actes Sud, « Babel » n°418, 2000, 256 pages,
7 €
BIBLIOGRAPHIE
* Henri Lacape, Camilo Castelo Branco. L’homme, l’historien,
l’artiste. [Paris], Imprimerie Maurice Lavergne, 1941,
518 pages, épuisé. (Thèse Université de Paris).
* Henri Lacape, Contribution à une bibliographie de Camilo
Castelo Branco. [Paris], Imprimerie Maurice Lavergne,
1941, 172 pages, épuisé.
* Agustina Bessa-Luís, Camilo et Eugénia. Évocation
de Camilo Castelo Branco, traduit du portugais par Françoise
Debecker-Bardin, illustrations d’Alberto Luís. [Bordeaux],
Éditions L’Escampette, « Hommages », 1993, 24 pages,
épuisé.
FILMOGRAPHIE
Amor de Perdição / Amour de perdition :
(Brésil, 1914), réal. Francisco Santos, d’après le roman
homonyme de Camilo Castelo Branco (1862) – Deuxième version :
Amor de Perdição (Brésil), réal. José Vianna,
avec Alvaro Fonseca, Diana Kaly, Dora Miramar – Troisième
version : Amor de Perdição (Portugal,
1921), réal. Georges Pallu, scén. et adapt. Guedes de Oliveira,
avec Pato Moniz, Alfredo Ruas, Brunilde Júdice Caruson,
Irene Grave, António Pinheiro, Samuel Diniz, Luis Leitão,
Maria Júdice da Costa – Quatième version : Amor
de Perdição (Portugal, 1943), réal. scén. et dial.
António Lopes Ribeiro, avec Assis Pacheco, António Silva,
António Vilar, Eunice Colbert, Carmen Dolores, Barreto Poeira,
Igrejas Caeiro – Cinquième version : Amor de
Perdição (Brésil, 1965, série tv), adapt. Leonor
Lambertini / Pacheco - Sixième version : Amor
de Perdição (Portugal, 1978), réal. adapt. et dial.
Manoel de Oliveira, avec Ruy Furtado, António Costa, António
Sequeira Lopes, Elsa Wallenkamp, Cristina Hauser, Henrique
Viana, Ricardo Paes, Maria Dulce.
* Francisca / Francisca
(Portugal, 1981), réal. adapt. dial. Manoel de Oliveira,
d’après le roman d’Agustina Bessa-Luís Fanny Owen
(1979), avec Teresa Meneses (Francisca/Fanny), Diogo
Dória (José Augusto), Mário Barroso (Camillo Castelo
Branco), Rui Mendes, Paulo Rocha, Silvia Rato, Glória
de Matos, António Caldeira Pires, Alexandre Brandão de Melo,
Lia Gama, Teresa Madruga, João Guedes.
* O Dia do Desespero
/ Le Jour du désespoir (Portugal/France,
1992), réal. adapt. dial. Manoel de Oliveira, avec Mário
Barroso (Camilo Castelo Branco), Teresa Madruga (Ana
Plácido), Luís Miguel Cintra, Diogo Dória.
* Todo o Amor é Amor de Perdição
(Portugal, 1994, tv), scén. adapt. dial. Luiz
Francisco Rebello. |