Folio F - LIT FRANCAISE
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EAN13 : 9782070366866
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Octave de Malibert est le cousin d’Armance, jeune femme désargentée pour laquelle il ressent une attirance qu’il cache en fréquentant assidument les salons parisiens de la Restauration. Tout juste sorti de Polytechnique, le jeune homme apparait comme un bon parti et cela décourage la jeune Armance qui ne pense pouvoir se faire aimer de lui. Octave et Armance se voient contraints par leurs entourages à ne pas se dévoiler leurs sentiments mutuels.
Imbroglios amoureux, déboires intérieurs et intrigues de salons se succèdent dans une joie apparente de vivre et d’évoluer socialement qui est étonnante pour un roman de cette période marquée par ‘‘le Mal du siècle’’. Pourtant, le Spleen n’est pas si loin car Octave est détenteur d’un secret qui expliquerait une part de son arrogance naturelle et de sa petite lâcheté de ne point faire fi des conventions pour convoler avec Armance. Et c’est toute la teneur de ce secret qui montre l’originalité de Stendhal face à certains de ses contemporains. Si comme d’autres, il écrit l’amour impossible et déçu, il flirte ici avec la démonstration jusqu’au-boutiste.
L’intrigue d’Armance est conventionnelle, on peut penser par exemple à On ne badine pas avec l’amour d’Alfred de Musset qui offre une trame comparable (deux cousins s’aiment mais se cachent leurs sentiments apparemment par orgueil), c’est sans compter sur l’audace de Stendhal qui finalement ne souhaite pas se borner à représenter deux ingénus. Ce qu’il s’est fixé c’est de surprendre un lectorat en faisant évoluer un héros qui ne se sent pas capable de rendre heureux une femme, non pas par romantisme, mais parce qu’il est tout simplement impuissant. Ecrire sur un tel tabou afin d’éviter la censure et d’infuser l’esprit des lecteurs exige une telle délicatesse que communément ce challenge secret de Stendhal reste incompris.
Armance, minoré car considéré tel un premier roman inabouti, ou comme un roman de moindre ampleur face à La Chartreuse de Parme ou au Le Rouge et le Noir peut être lu comme une sorte d’exercice de style. L’œuvre porte tout les germes du roman de formation et d’amour dont Stendhal est un des maitres, ‘‘Romantique malgré lui’. Armance, variation osée est un des ses romans les plus passionnants, une sorte de manifeste discret et élégant et des « plus joliment écrit » comme se plaisait à dire Gide dont c’était le Stendhal favori.