Les écrivains irlandais
du XIXe siècle à nos jours
Accueil
Tous les auteurs
Critique
Anthologies
La librairie Compagnie
Commande


Recherche


O’BRIEN, Flann

(Strabane, comté de Tyrone, 1911 — Dublin, 1966). Pseudonyme de Brian O’Nolan / Brian Ó Nulláin. Linguiste émérite (latin, grec, allemand, gaélique), fonctionnaire du gouvernement irlandais (secrétaire privé de plusieurs ministres), il fut, de 1940 jusqu'à sa mort, une figure de légende à Dublin, grâce à sa rubrique satirique et hebdomadaire de l’lrish Times qui, sous le titre générique de Cruiskeen Lawn [La petite cruche débordante] et signée du pseudonyme de Myles na gCopaleen [Myles des petits poneys] devait exaspérer ou amuser toute l'Irlande pendant vingt-six ans. Parallèlement à cette activité journalistique, il écrivit sous le pseudonyme de Flann O'Brien une pièce de théâtre pour l'Abbey Theatre et quelques romans. Dans le premier, La Kermesse irlandaise, publié en 1939 grâce à Graham Greene (« J’ai lu cela dans un continuel état d'excitation, d'amusement et de joie : la joie qu’on ressent à regarder des gens jeter de la porcelaine sur une scène »), le narrateur, un étudiant paresseux et porté sur la stout, expose trois versions différentes d'un livre qu'il pourrait écrire sur un certain Trellis qui écrit lui-même un livre sur des gens qui écrivent tous divers livres sur un certain Trellis. Au fur et à mesure que le narrateur narre, les histoires s'enchevêtrent, deviennent de plus en plus complexes et fantastiques et s’entremêlent à sa vie. Ce roman très original et d'une joyeuse exubérance (« Juste le genre de livre à offrir à celle de vos sœurs qui est du type grosse cochonne alcoolo », Dylan Thomas), est suivi en 1940 du Troisième policier (refusé par tous les éditeurs, il ne sera publié qu'en 1967). Ici, le narrateur qui en fait est mort mais ne le sait pas encore, se retrouve, après de multiples aventures, dans un étrange pays où l'unique crime est le vol des bicyclettes, crime que seule la police commet afin de mieux les surveiller et surtout d'empêcher les habitants de devenir leur propre bicyclette. L'année suivante, il écrit en gaélique Le Pleure-misère, épopée loufoque d'un héros anti-héros Bonaparte O'Coonassa. Il faut attendre vingt ans avant que ne paraisse un nouveau livre, tout aussi inventif et burlesque : Une vie de chien, où sont rapportés les faits et gestes de deux frères dont l’aîné, entre autres activités lucratives, enseigne par correspondance, l’art de danser sur une corde raide.
« Un écrivain authentique doué du véritable esprit comique. » (James Joyce) ; « Je le lis avec soulagement et jalousie. » (Brendan Behan) ; « Avec Joyce et Beckett, il constitue notre trinité de grands écrivains irlandais. » (Edna O'Brien). « Mais, peut-être, la meilleure façon de s'initier à la lecture de Flann O'Brien consisterait-elle à commencer par ce laconique chef-d'œuvre qu'est Le Pleure-Misère. Rédigé en gaélique, traduit par l'auteur en anglais et, dit-on, retraduit par lui-même dans la langue d'origine, il s'agit d'un récit allégorique sur la famine qui, en Irlande, à maintes reprises, décima des milliers de personnes - et obligea plus d'un million à émigrer en Amérique il y a un siècle et demi. Compatissant, et en même temps incorrigiblement ironique, O'Brien pourfend ses compatriotes, qui se veulent Celtes, antérieurs aux Romains, aux Saxons, aux Angles, aux Normands, et vivent dans l'obsession d'être à tout instant Irlandais. Mais il ne néglige pas non plus la situation tragique d'un peuple qui, dépossédé de sa langue par l'Angleterre, allait peu à peu essayer de la récupérer. W. B. Yeats avait lutté pour en réveiller le plaisir chez ses compatriotes ; Joyce lui-même, qui ne prenait pas au sérieux la tentative de Yeats, a cependant avoué, à propos de la langue anglaise, qu'elle serait toujours pour lui une langue acquise, et Flann O'Brien, qui, dans le sillage de Joyce, jongle en virtuose avec l'anglais, doit la richesse de ses images et de ses inventions au gaélique. » (Hector Bianciotti, Le Monde).
 
ANTHOLOGIES / REVUES : « Soûlographie dans le tunnel. À propos de James Joyce », tiré de A Bash in the Tunnel (posth., 1970), traduit de l’anglais par Serge Fauchereau, dans Les Lettres Nouvelles, mars 1973 / rééditions dans la revue Autrement, H.S. n° 23, 1987 et dans le catalogue « Les Écrivains irlandais », publié par le groupement de libraires L’Œil de la lettre, 1989, épuisé ; nouvelle, traduit de l'anglais par Bernard Hoeppfner, dans Petits romans noirs irlandais, J. Losfeld, 1997.
 
Kermesse irlandaise (At Swim-Two-Birds, 1939), roman, traduit de l'anglais par Henri Morisset. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1964, 272 p., 18 € — nouvelle édition sous le titre Swim-Two-Birds, traduit de l'anglais par Patrick Hersant. [Paris], Éditions Les Belles Lettres, 2002, 300 p., 18 €.
 
Le Pleure-Misère ou La triste histoire d’une vie de chien (An Béal Bocht, 1941 ; traduit en anglais sous le titre The Poor Mouth, 1964), roman, traduit du gaélique par André Verrier et Alain Le Berre, illustrations de Ralph Steadman. [Paris], Éditions Le Tout sur le Tout, 1984, 120 p., épuisé ; réédition (sans les illustrations) : [Toulouse], Éditions Ombres, « Petite Bibliothèque Ombres » n° 42, 1994, 160 p., 9 €
 
Une vie de chien (The Hard Life, 1961), roman, traduit de l'anglais par Christiane Convers. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1972, 216 p., 12.50 €.
 
L’Archiviste de Dublin (The Dalkey Archive, 1964), roman, traduit de l'anglais et préfacé par Patrick Reumaux. [Paris], Éditions Granit, « Collection de la tour » n° 5, 1995, 236 p., épuisé ; réédition : [Paris], L.G.F. (Librairie générale française), « Le Livre de poche. Biblio » n° 3272, 1997, 224 p., épuisé.
 
Le Troisième policier (The Third Policeman, posth., 1967), roman, traduit de l'anglais et préfacé par Patrick Reumaux. [Paris], Éditions Hachette / P.O.L, « Bibliothèque anglaise », 1980, 264 p., épuisé ; rééditions : [Paris], Éditions Granit, « Collection de la tour » n° 4, 1995, 264 p., épuisé / avec une préface de Linda Lê : [Paris], L.G.F. (Librairie générale française), « Le Livre de poche. Biblio » n° 3267, 1996, 250 p., épuisé / [Paris], Éditions Phébus, « Libretto » n° 129, 2003, 256 p., 8.90 €.
 
Dublinoiseries, extraits du recueil The Best of Myles (1968 ; choix du recueil en gaélique Cruis Keen Laun, 1943), édition de Kate O’Nolan, traduit de l'anglais par Bernard Genies et Patrick Reumaux. [Paris], Éditions Jean-Cyrille Godefroy, 1983, 166 p., épuisé.
 
BIBLIOGRAPHIE :
— Monique Gallagher, Flann O’Brien, Myles na Gopaleen et les autres. Masques et humeurs de Brian O’Nolan, fou littéraire irlandais. Presses universitaires du Septentrion, « Littératures étrangères. Domaine irlandais », 1998, 300 p., 22.87 €.

FILMOGRAPHIE : In Schwimmen-Zwei-Vögel (Autriche, 1997), d’après le roman At Swim-Two-Birds [1939], réal. Kurt Palm, avec Andreas Karner, Karl Ferdinand Kratzl, Andreas Lust.

© Librairie Compagnie. Reproduction interdite.
Librairie Compagnie : une librairie de littérature générale, au cœur du Quartier latin
entre le musée de Cluny et la Sorbonne.
La librairie Compagnie 58, rue des Écoles 75005 Paris tél. 01 43 26 45 36
fax 01 46 34 63 37 libcompagnie@wanadoo.fr