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R.J. Ellory, Vendetta, traduit par Fabrice Pointeau
(Anglais), Sonatine, 2009, 22€
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Catherine Ducane, la fille du Gouverneur de l'État de Louisiane, est enlevée en plein coeur de la Nouvelle‑Orléans, son garde du corps sauvagement assassiné. Confiée au FBI, l'enquête va rapidement prendre une tournure inattendue lorsque le ravisseur, Emesto Perez, vient spontanément se livrer aux forces de l'ordre.
Ne réclamant aucune rançon, cet homme d'un âge certain demeure une énigme pour les agents Schaeffer et Woodroffe. Sa seule exigence: s'entretenir avec un certain Ray Hartmann, un obscur fonctionnaire luttant contre le crime organisé à New York. Semblant avoir bien des choses à dire et désirant être écouté jusqu'au bout, il révélera à cette seule condition l'endroit où il a caché la jeune femme.
Englué dans ses problèmes personnels, Hartmann est donc rappelé dans cette ville qu'il ne connaît que trop bien pour y avoir vu le jour. Commence alors un long tête‑à-tête entre les deux hommes, au cours duquel Perez va peu à peu dévoiler son passé d'homme de main de la mafia et faire ressortir quelques squelettes des placards de Cosa Nostra (notamment celui de Jimmy Hoffa!).
Quel est le véritable enjeu de cette confrontation ? Pourquoi Perez a‑t‑il souhaité qu'Hartmann soit son interlocuteur ? Ce dernier parviendra‑t‑il à garder ses distances avec le passé? Alors que s'engage une véritable course contre la montre pour retrouver Catherine saine et sauve, Hartmann ira de surprise en surprise jusqu'à un étonnant coup de théâtre final qui en bluffera plus d'un...
Révélé l'an dernier avec Seul le silence qui vient de sortir en édition de poche, R. J. Ellory revient avec Vendetta, une ambitieuse fresque romanesque qui retrace le parcours d'un tueur de la mafia des années 50 à nos jours.
Dans cette étonnante confession, Ernesto Perez apparaît d'abord comme un homme froid et méticuleux, une sorte de double de Richard Kuklinski, le spadassin attitré de la famille Gambino. Un tueur impitoyable certes, un porte‑flingue habitué à obéir aux ordres de ces boss respectifs sans se poser trop de questions, mais aussi un être cruellement marqué par les vicissitudes du destin, un personnage sombre et solitaire que l'auteur réussit malgré tout à rendre attachant.
Il y a les choses que l'on fait, et les choses que l'on dit, mais d'une manière ou d'une autre, toutes ces choses se perdent dans le lent glissement frénétique du temps. Elles se perdent, mais ne sont jamais véritablement oubliées, fait‑il dire à un de ses personnages. Avec ce roman porté par une écriture d'une rare densité, l'écrivain britannique confirme qu'il est loin de n'être qu'une étoile filante dans le firmament du polar et aucun qualificatif ne semble à la hauteur dès lors qu'il s'agit de définir ce livre en tout point remarquable et passionnant. Du grand art!
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