Emmanuel Faye, Heidegger, l'introduction du nazisme dans la philosophie, Albin Michel, 2005, 29 €

   La thèse de ce livre est qu'Heidegger a mis sa philosophie au service de la légitimation et de la diffusion des fondements mêmes du nazisme et de l'hitlérisme à travers en particulier des séminaires professés entre 1933 et 1935.
   Ces derniers confirment la radicalité de son adhésion à Hitler. Faye met en avant les relations privilégiés entre Heidegger et les "penseurs" les plus engagés dans le nazisme : Carl Schmitt, Alfred Bauemler et les "raciologues" nazis.
   Les concepts d'être et d'étant sont eux-mêmes assimilés au lien entre l'Etat et la communauté raciale du peuple. Sa doctrine s'étend à tous les domaines : droit, histoire, biologie, médecine, poésie...
   Les propos heidegerriens ne sont pas philosophiques mais politiques et s'apparentent à ceux  de C. Schmitt.
   Dans ce même séminaire (consacré à Hegel !), il entend faire durer la domination nazie au-delà de cent ans.
   Avec l'abandon de toute moralité, il a influencé le révisionnisme et le négationnisme. Il a attaqué la possibilité même de la vie humaine jusque dans ses racines.

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