 |

Jonathan Coe, La Pluie avant qu'elle tombe, traduit
de l'anglais par Jamilla et Pierre Chauvin, Gallimard, 2009, 19,50 €
 |
Lorsque Rosamond meurt, elle laisse derrière elle une
série de 20 photos accompagnés d'une confession enregistrée sur
cassette. Celle-ci est adressée à Imogen, personnage tout d'abord
mystérieux et insaisissable mais dont on devine rapidement qu'il est la
pierre angulaire de la malédiction familiale dont Rosamond a été le
témoin.
Car c'est de cela dont il s'agit nous raconter de quelle manière, à
travers 3 générations de femmes, des années 40 à nos jours, l'amour
maternel peut devenir un puissant agent de confusion et de destruction
mais aussi un lien quasi magique qui vous enferme dans un destin que
vous n'avez pas choisi. Car ce qui lie ces trois femmes (Béatrix, Théa
et Imogen) c'est la même incapacité de transmettre de l'amour, la même
rage sourde contre leur condition et leur vie.
Bien que ce roman soit aussi l'occasion pour l'auteur de nous décrire
l'Angleterre de la seconde moitié du XXe siècle, on est loin de son
univers habituel et c'est avec émerveillement que nous découvrons un
nouveau pan de son talent : transcendé par la voix tour à tour
nostalgique, émue ou passionnée de Rosamond, ce récit se révèle
profondément intimiste et mélancolique et renvoie finalement chacun à
son propre désarroi.

|