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HEANEY, Seamus

(Casteldown, comté de Derry, 1939 ? ). Seamus [Justin] Heaney. Fils aîné d'une famille de fermiers catholiques, il a fait ses études à St Columb?s College, à Derry et à Queen's University, à Belfast où il fut maître de conférence de 1966 à 1972, après avoir enseigné dans le secondaire. En 1970-71, il passe une année comme maître de conférence associé à Berkeley, en Californie. En 1972, il quitte Belfast et s?établit en République d?Irlande d'abord dans un cottage isolé à Glanmore, près d?Ashford, dans le comté de Wicklow, puis à Sandymount, un faubourg de Dublin. Il travaille un certain temps comme journaliste indépendant pour la télévision irlandaise et, en 1975, dirige le département d?anglais du Training College de Carysfort dans le comté de Dublin. En 1981, il accepte un poste de professeur à Harvard où, en 1984, il est élu à la chaire de rhétorique et d?éloquence. Depuis 1989, il occupe celle de poésie à Oxford. Il a reçu de nombreuses distinctions internationales, notamment le prix Nobel de littérature en 1995.
Reconnu comme l?un des poètes les plus importants de sa génération, il a publié une quinzaine de recueils (Death of a Naturalist, 1966 ; Door into the Dark, 1969 ; Wintering Out, 1972 ; North, 1975 ; Field Work, 1979 ; Selected Poems 1965-1975, 1980 ; Sweeney Astray. A Version from the Irish, 1983, inspiré du poème médiéval irlandais Buile Suibhne ; Station Island, 1984 ; The Haw Lantern, 1987 ; New Selected Poems, 1966-1987, 1990 ; Seeing Things, 1991 ; Sweeney?s Flight, 1992 ; The Spirit Level, 1997 ; Electric Light, 2001). On lui doit également une anthologie de poésie pour enfants, en collaboration avec Ted Hughes (The Rattle Bag, 1982), une adaptation du Philoctète de Sophocle (The Cure at Troy, 1988), une traduction en vers du Cúirt an Mheán-Oíche de Brian Merriman (The Midnight Verdict, 1993), qui contient des versions des Métamorposes d?Ovide, la traduction, en collaboration avec Stanislaw Baranczak, de Laments de Jan Kochanowski (1995) et Beowulf (1999), traduit du vieil anglais, ainsi que des essais critiques (Preoccupations. Selected Prose 1968-1978, 1980 ; The Government of the Tongue, 1988 ; The Place of Writing, 1989 ; The Redress of Poetry, 1995).

« S?il récuse toutes les formes aliénantes et mystifiantes de la transcendance, s'il veut être cet ? aiguillon de lumière ? qui anime le juste regard critique, il reste aussi hanté par des nostalgies tribales et son attachement à une fidélité primitive l'emporte ? dans un rêve de perte et d'origines ?. ? Émigré de l'intérieur ? ou ? voyeur rusé ? Heaney a surtout voulu se tenir à l?écart des simplifications du politicien, de l?activiste et du militant. Dans Station Island (1984), dominé par l?influence de Dante, il fait état de ses vacillations yeatsiennes entre la contemplation d'un point immobile (celui-là même autour duquel le monde inquiet tourbillonne et dont parlait déjà Eliot dans Four Quartets) et le désir de participer activement à l'histoire. Aux antipodes des slogans, des tracts et de la propagande, la poésie est pour Heaney un mystère, un cadavre sorti intact de la tourbière, un chuchotement montant des profondeurs de l'être, un don de la déesse. Comme Yeats, dont sa poétique est proche, Heaney sait que des querelles avec les autres ne peut naître que la rhétorique et que la poésie surgit de la querelle avec nous-même. L'un et l'autre ont su lier l'écriture à un hédonisme tranquille : ? Ce qui compte le plus, c'est d'écrire pour la joie qu'on en a. ? La foi du poète, c'est d'abord sans doute sa foi dans les ressources du langage, son assomption jubilatoire. Attentif avant tout aux propriétés sensibles des mots, à la plastique comme à la musique du signifiant, Heaney taille chaque poème dans une texture verbale appropriée qui lui permet de réduire la disconvenance des sonorités et des significations. Rêvant sur les noms de lieux - Anahorish, Toome, Broagh, Moyola -, il parvient à créer cette harmonie indéfinissable dont parlait Mallarmé entre ce que les ? mots disent et ce qu'ils sont ?. Le poète s'arme de son stylo, semblable au  ? pistolet ?, comme son père d'une bêche, pour creuset le réel. Privé de tout reflet de lui-même, plongé dans les fracas énigmatiques de l'histoire, Heaney ? rime pour se voir, pour que le noir résonne d'échos ? (Personal Helicon). Il ? mange ? le quotidien résolument, y compris toutes ses violences, pour que sa saveur le vivifie en ? verbe, pur verbe ?. (Bernard Brugière, Le Monde, 7. 10. 1995).
 
ANTHOLOGIES / REVUES : Poèmes dans Les Lettres Nouvelles, 1973 ; Digraphe n° 27, 1982 ; Études Irlandaises X, 1985 / XV-1, 1990 / XVII-2, 1992 ; Poésie d?Irlande, Sud, 1987 ; Poètes d'Irlande du Nord, Amiot-Langaney, 1991 / réédition : Presses universitaires de Caen, 1995 ; Poésie 95, n° 60, 1995 ; Anthologie de la poésie irlandaise du XXe siècle, Verdier, 1996.
 
? Les Errances de Sweeney (Sweeney Astray. A Version from the Irish, 1983, inspiré du poème médiéval irlandais Buile Suibhne), poème, traduit de l'anglais par Bernard Hoepffner, postface de Theo Dorgan. [Nantes], Éditions Le Passeur, « Bibliothèque de l?arc atlantique », 1994, 128 p., 12.04 ?.
 
? Poèmes (1966-1984), traduit de l'anglais par Anne Bernard Kearney et Florence Lafon, préface de Richard Kearney. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1988, 168 p., 14.94 ?.
[Extraits des recueils : Mort d?un naturaliste (Death of a Naturalist, 1966) ; Porte vers le noir (Door into the Dark, 1969) ; Endurer l?hiver (Wintering Out, 1972) ; Nord (North, 1975) ; Fouille (Field Work, 1979) ; Île de pélerinage (Station Island, 1984).
 
? Pays des marées, anthologie de poèmes, édition bilingue, traduit de l'anglais par D. Hare et M. Tardieu. [Paris], Éditions Granit, 1987.
 
? La Lanterne de l'aubépine (The Haw Lantern, 1987), poèmes, traduit de l'anglais par Gérard Cartier. [Pantin], Éditions Le Temps des cerises, 1996, 96 p.
 
BIBLIOGRAPHIE :
? Seamus Heaney. Presses universitaires de Caen, 1987.

? Seamus Heaney et la création poétique, édition de Jacqueline Genet et Elisabeth Hellegouarc?h ; édition Groupe de recherches anglo-irlandaises de l?Université de Caen. Presses universitaires de Caen, 1995, 120 p., 10.06 ?.

? Joanny Moulin, Seamus Heaney. L?éblouissement de l?impossible. [Paris], Éditions H. Champion, « Bibliothèque de littérature générale et comparée » n° 25, 1999, 228 p., 40.40 ?.

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    13 juin 2019

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