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CARDOSO, Lúcio

 [BRÉSIL] (Curvelo, État du Minas Gerais, 1913 – Rio de Janeiro, 1968). Joaquim Lúcio Cardoso Filho. Outre des romans (Maleita, 1934 ; Salgueiro, 1935 ; A luz no subsolo, 1936 ; Dias perdidos, 1943 ; Chronique de la maison assassinée / Crônica da casa assassinada, 1959), on lui doit aussi des nouvelles (Mãos vazias, 1938 ; O desconhecido, 1940 ; O anfiteatro, 1946 ; Professora Hilda, 1946), une série de récits sataniques (Inacio / Inácio, 1945 ; O enfeitiçado, 1954), des poèmes (Poesias, 1941 ; Novas poesias, 1944 ; Poemas inéditos, posth., 1982), et des pièces de théâtre (O escravo, 1945 ; A corda de prata, 1947 ; Angélica, 1950). Il a également publié son journal (Diário, 1961 ; Diário completo, posth., 1970) et écrit, réalisé mais laissé inachevé un film (A mulher de longe). Gravement malade, il consacra ses dernières années à la peinture. Une demi-douzaine d’adaptations cinématographiques depuis 1949.

« L’un des tempéraments les plus forts et les plus singuliers de sa géneration, il a laissé une œuvre foisonnante, qui fait de lui un “expressionniste tropical”. Il est connu avant tout pour son chef-d’œuvre romanesque, Chronique de la maison assassinée (1959). Ce roman polyphonique, résultant d’un assemblage de lettres, de témoignages, de confessions et de fragments de journaux intimes, raconte la décadence d’une famille traditionnelle, la relation incestueuse d’une mère et d’un fils, l’incarcération d’un travesti apoplectique, les ravages du cœur. Cette “chronique” de la désagrégation d’une société et du démantèlement des êtres possède une impressionnante unité organique… Cardoso apparaît encore aujourd’hui, au Brésil, comme un auteur maudit, car pour ce visionnaire il n’est pas d’œuvre d’art sans obsessions, de celles qui conduisent à la folie ou à la mort. » (Mário Carelli).

 

LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE] Inacio (Inácio, 1945), récit, traduit du portugais (Brésil) et présenté par Mário Carelli. [Paris], Éditions A-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1991, 132 pages. 

« Inácio est un de mes vieux cauchemars d’enfant », confia Lúcio Cardoso, et la force de ce personnage tient à ce caractère onirique. Dans un monde sans Dieu, orphelin miné par l’alcool, étudiant qui a renoncé à ses livres, Rogério est malade de la médiocrité humaine. Par-delà une révolte aux accents nietzschéens, il recherche la pureté et la joie. Créature cauchemardesque, Inácio, « bellâtre vieillot et inconséquent », hante les nuits des bas-fonds de Rio de Janeiro, il ensorcelle le jeune homme qui part à sa recherche comme on cherche un père. (Présentation de léditeur)

 

Chronique de la maison assassinée (Crônica da casa assassinada, 1959), roman, traduit du portugais (Brésil) et postfacé par Mário Carelli. [Paris], Éditions A.-M. Métailié / Éditions Mazarine, 1985, 420 pages, épuisé. 

* Réédition :

ISBN [FICHE LIVRE] Chronique de la maison assassinée. [Paris], Éditions A-M. Métailié, « Suites. Suite brésilienne » n°103, 2005, 512 pages. 

Que reste-t-il de Nina, après sa mort ? Un paquet de lettres tachées de larmes, quelques robes trop luxueuses, un parfum de violette et cette odeur d’hôpital qui vous prend à la gorge, au seuil de la maison. Nina est passée comme une tempête sur la demeure des Meneses. Pour eux, elle fut d’abord cette femme à la beauté insolite que Valdo ramena un jour de Rio, et qu’il venait d’épouser. La suite, vous la connaissez : passions, meurtre, scandale, inceste... Pourtant, certains racontent que, bien avant l’arrivée de Nina, la famille Meneses – une des plus vieilles du Minas Gerais – était déjà en décadence. Ils vivaient, dit-on, comme des parias, enfermés dans leur orgueil, leurs rites absurdes, au milieu de ce parc, dernier vestige de leur grandeur passée. Au fond, Nina n’aurait fait que précipiter une chute inéluctable, attisant les désirs et les haines qui couvaient sous la cendre. Nina était la vie : violente, imprévisible, sans limites. En la perdant, les Meneses ont peut-être laissé échapper leur dernière chance de salut.

« En 1959, interrogé par la presse sur la Chronique de la maison assassinée qui vient de paraître, Lúcio Cardoso résume l’atmosphère de son roman en une image insolite :“ Il s’agit d’un cancer sur un parterre de violettes. ” Toute provocation mise à part, seul le registre métaphorique peut rendre compte de ce “ roman total ”. “ Cancer ” puisqu’il s’agit de la chronique d’une décomposition, de l’histoire de la décadence d’une famille patriarcale dont le pourrissement est précipité par l’irruption d’une femme, à la beauté troublante qui n’hésite pas à transgresser les interdits ancestraux. “ Parterre de violettes ”, image obsédante, symbole de la puissance panique de la nature associée avec ses odeurs et ses couleurs aux drames humains.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce roman dans lequel une tragédie familiale prend des allures de fable mythologique. Et ce n’est pas un hasard si Cardoso se reconnut dans l’œuvre de Faulkner dont il devint l’ami à la fin de sa vie. La vieille demeure vit sous la contrainte de la loi et de la peur, dans ce huis clos tous s’épient, ils sont en “ enfer ”. Reste le jardin, figure d’un paradis perdu, où les amours interdites, non sans évoquer D. H. Lawrence, sont comme une tentative désespérée d’échapper à l’enfermement et à la mort. L’enjeu de cette œuvre décapante, ne peut être réduit à un problème moral. L’inceste correspond à une quête ultime de la vérité de Nina comme le travestissement de Timotéo renvoie à une recherche passionnée de la vérité contre le “ mensonge ” institutionalisé des Meneses. En recomposant le puzzle au fil des confessions, des lettres, des témoignages, le lecteur rentre dans les différentes facettes d’une histoire multiple reflétant la vérité de chacun des personnages. Dans la lignée de Dostoïevski, Cardoso nous confie que “ les saints pourraient être appelés des romanciers en folie – tout amour extrême est un acte de folie – et ce qui les rend si poignants et si distants de nous, c’est que cette passion folle pour l’homme les a entraînés jusqu’aux fondations où se cache l’ombre de Dieu ” » (Mário Carelli) (Présentation de léditeur)

 




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