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DRUMMOND DE ANDRADE, Carlos

[BRÉSIL] (Itabira do Mato Dentro, État du Minas Gerais, 1902 – Rio de Janeiro, 1987). En 1920, il va résider avec sa famille à Belo Horizonte, il s’y lie avec les milieux littéraires et journalistiques et publie ses premières œuvres. Après des études de pharmacie, il se marie et devient professeur. En 1934, il s’installe définitivement à Rio et entre dans l’administration des Monuments historiques où il restera jusqu’à sa retraite. Parallèlement il écrit dans les journaux tout en composant une œuvre qui lui vaut d’être considéré comme le plus grand des poètes brésiliens. Excellent prosateur, on lui doit aussi des essais, d’innombrables articles, chroniques et nouvelles réunis dans plusieurs volumes ainsi que des livres pour enfants (en tout près de soixante-dix lives). Il fut également un traducteur fécond (Mauriac, Laclos, Balzac, Proust, Molière, Maeterlinck, etc.).

Carlos Drummond de Andrade se déclarait sans biographie. L’événement marquant de sa vie reste son « expatriation » vers Rio de Janeiro, où, fuyant son Minas Geiras natal qui avait façonné son tempérament secret, il mena une existence paisible, partagée entre les tâches administratives du fonctionnaire qu’il était, les distractions de la chronique journalistique et le labeur de la littérature, dont il cultiva deux genres : la nouvelle et la poésie. Ni son humour – fauteur de scandales retentissants –, ni son ironie – qui indisposait la spontanéité chaleureuse de ses compatriotes –, ni sa célèbre « gaucherie » n’ont découragé durablement les Brésiliens qui le considèrent aujourd’hui comme la figure majeure de leur poésie moderne. Carlos Drummond de Andrade peut en effet passer pour le plus sédentaire des globe-trotters, puisqu’il a parcouru, sans quitter le Brésil, des contrées tropicales où le sens surabonde en excroissances luxuriantes, des territoires polaires où l’on entend que la cacophonie de paroles gelées, et des pays tempérés où le vocable ne dit exactement que ce qu’il signifie. Symboliste, moderniste ou néoclassique, l’œuvre de ce poète ne se laisse pas aussi facilement classer et définir. Car souvent, de retour de ses lointains voyages imaginaires, il plaisait à cet impassible ironiste de se livrer à des expériences de laboratoire, de placer en milieu tropical telles paroles gelées, ou d’observer sous climat tempéré telle flore linguistique venue de pays au sang et au sens chauds... (Présentation de léditeur)

« L’œuvre de Carlos Drummond de Andrade, particulièrement son œuvre poétique, est l’une des plus importantes de la littérature moderne brésilienne, qui est marquée par un renouveau issu d’un désir conscient d’atteindre à une expression authentiquement nationale. Délaissant la poésie qui puisait son inspiration dans le pittoresque et le folklore, Carlos Drummond de Andrade s’engage résolument, tant par le fond que par la forme. Ainsi s’expliquent les appréciations divergentes, et quelque fois passionnées, que suscite son œuvre dense et une, qui surgit d’une recherche pénétrante et solitaire de la vie quotidienne en ce qu’elle a de plus immédiat et d’apparemment insignifiant. Conçu comme un “ paysage moral ”, scruté par une intelligence aiguë au service d’une sensibilité frémissante et contenue, le quotidien révèle sa trame secrète et profonde. » (Ronny A. Lawton).

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* Poèmes dans La Poésie brésilienne, Rio de Janeiro, 1941 ; Cahiers du Nord n°5, Bruxelles, 1947 ; Introduction à la poésie ibéro-américaine, Éditions Le Livre du jour, 1947 ; Anthologie de la poésie brésilienne contemporaine, Éditions Tisné, 1954 ; Anthologie de la poésie ibéro-américaine, Éditions Nagel, 1956 ; O Cruzeiro, Rio de Janeiro, 1 février 1958 ; Pour lart n°90, Genève, mai-juin 1963 ; La Voix des poètes n°20, avril-juin 1964 ; La Poésie brésilienne contemporaine, Éditions Seghers, 1966 ; Mele, Honolulu, mars 1968 ; Poésies du Brésil, Presses du Compagnonnage, 1972 ; Change n°21, 1974 ; Bicéphale, juin 1982 ; Europe n°640-641, 1982 / n°806-807, 1996 ; Banana Split, Aix-en-Provence, 1984 / 1987 / 1989 ; Poèmes du Brésil, Éditions Ouvrières, 1985 ; La Quinzaine littéraire n°484, 1987 ; Anthologie de la nouvelle poésie brésilienne, Éditions de L’Harmattan, 1988 ; Lettre internationale n°20, 1989 ; Action poétique n°120, 1990 ; Liberté n°211, 1994 ; Anthologie de la poésie ibérico-américaine, 1995 ; Biennale internationale des poètes en Val de Marne n°14, 1995 ; Sigila n°2, 1998 ; Anthologie de la poésie brésilienne, Éditions Chandeigne, 1998 ; Aller vers, Éditions Les Points sur les i, 2005 ; La Poésie du Brésil. Anthologie bilingue du XVIe au XXe siècle, Éditions Chandeigne, 2012 ; La Poésie du football brésilien, Éditions Chandeigne, 2014.

* « Fleur, téléphone, jeune fille » (« Flor, telefone, moça »), nouvelle tirée du recueil Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance (Contos de Aprendiz, 1951), traduite du portugais (Brésil) par Bernard Goorden et San Tewe, dans Amérique latine fantastique, Recto Verso, novembre 1979, Ides et Autres, n°21 ** Nouvelle traduction sous le titre « Fleur, téléphone, et jeune fille », par Jacqueline Penson, dans Fleur, téléphone et jeune fille, L’Alphée, 1980

* « Le gérant » (« O gerente »), nouvelle tirée du recueil Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance (Contos de Aprendiz, 1951), traduite du portugais (Brésil) par dans Histoires étranges et fantastiques dAmérique latine, A-M. Métailié, 1989, 1997.

* « La crèche » (« Presépio »), nouvelle tirée du recueil Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance (Contos de Aprendiz, 1951), traduite du portugais (Brésil) par dans Histoires damour dAmérique latine, A-M. Métailié, 1992, 2002.

* « La baronne » (« A baronesa »), nouvelle tirée du recueil Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance (Contos de Aprendiz, 1951), traduite du portugais (Brésil) par dans Menaces, L’Atalante, 1993.

* « Sacré Noël ! » (« Este Natal »), nouvelle extrait du recueil Caminhos de João Brandão (1970), traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thiériot, dans Contes de Noël brésiliens, Éditions Albin Michel, 1997.

* « Vol », chronique tirée de l’anthologie 70 historinhas (1978), traduit du portugais (Brésil) par Jacqueline Penjon et al, dans Contes et chroniques dexpression portugaise, « Pocket », n°2216, 1986, 2004.



LIVRES (Traductions françaises)

ISBN — Mon élephantO elefante », tiré du recueil A Rosa do Povo, 1945). Édition bilingue. Traduit du portugais (Brésil) par Vivette Desbans. [Paris], Éditions Minuscules, 1987, 24 pages, épuisé.

 

ISBN [FICHE LIVRE]Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissance (Contos de Aprendiz, 1951). Contes et nouvelles, traduits du portugais (Brésil) par Inês Oseki-Dépré, Mário Carelli, Geneviève Leibrich ; préface de Mário Carelli ; suivi de « Drummond prosateur » par Antônio Cândido de Melo e Souza. [Paris], Éditions A-M. Métailié, « Bibliothèque brésilienne », 1985, 180 pages.

[Contient : « Conversation extraordinaire avec une dame de ma connaissanse » (« Extraordinária conversa com uma senhora de minhas relações ») ; « La folle » (« A doida ») ; « Le gérant » (« O gerente ») ; « Fleur, téléphone, jeune fille » (« Flor, telefone, moça ») ; « La baronne » (« A baronesa ») ; « Au bord du fleuve » (« Beira rio ») ; « La glace »(« Sorvete ») ; « Mairie et prison » (« Câmara e cadeia ») ; « Miguel et son larcin » (« Miguel e seu furto ») ; « Le vieil homme et l’enfant » (« Conversa de velho com criança ») ; « Notre amie » (« Nossa amiga ») ; « Mon compagnon » (« Meu companheiro ») ; « La crèche » (« Presépio ») ; « Le salut de l’âme » (« A salvação da alma ») ; « Naissance et mort d’un écrivain » (« Um escritor nasce e morre »)].

« Ici pas d’exotisme frelaté, point de stéréotypes bon marché ! Mais un regard acéré sur la comédie humaine, sur les simagrées religieuses, sur les cas de conscience de collégiens, sur la cruauté enfantine et son désarroi face à la folie. Ces contes recèlent non seulement la saveur d’une région mais encore celle d’un temps lointain déjà où la rigueur des mœurs mineiras favorisait une lente maturation des sentiments en accordant une large place à la rêverie. En plus de l’univers de l’enfant et de l’adolescent, Drummond raconte des scènes cocasses tel que le face à face des notables d’une petite ville et d’un prisonnier évadé ou le cas plus tragique d’un colporteur qui ose affronter le monopole commercial d’une compagnie, épisode qui pourrait encore survenir dans les contrées isolées du pays. Drummond ne se limite pas à des portraits trop réels de la vie brésilienne. Relayant ceux qui savent conter, les contadores de histórias, il laisse libre cours à son imagination pour côtoyer le fantastique dans « Fleur, téléphone, jeune fille » ou pour renouveler le style des histoires de vampires dans « Le gérant ». Après le récit mirobolant du vol de la mer, « Miguel et son larcin », Drummond revient imperceptiblement à l’observation amusée de la vie quotidienne. » (Mário Carelli)

 

Réunion (Reunião, 1969 ; 2eme édition augmentée, 1972). Anthologie poétique. Édition bilingue. Traduit du portugais et présenté par Jean-Michel Massa. [Paris], Éditions Aubier-Montaigne, 1973, 192 pages, épuisé.

[Contient des poèmes tirés des recueils : Un peu de poésie (Alguma Poesia, 1930) ; Marigot des âmes (Brejos das Almas, 1934) ; Sentiment du monde (Sentimento do Mundo, 1940) ; José (José, 1942) ; La rose du peuple (A Rosa do Povo, 1945) ; Nouveaux poèmes (Novos Poemas, 1948) ; Claire énigme (Claro Enigma, 1951) ; Propriétaire de l’air (Fazendeiro do Ar, 1953) ; La vie mise au propre (A Vida Passada a Limpo, 1959) ; Leçons de choses (Lição de Coisas, 1962) ; Quatre Poèmes (Quatro Poemas, 1962) ; Guitare de poche (Viola do Bôlso, 1952-1967) ; Bœuftemps (Boitempo, 1968)].

 

ISBN — Histoire de deux amours (História de dois amores, 1985). Édition bilingue, conte, traduit du portugais (Brésil) par Bernard Tissier et Diogo Quintela ; illustrations de Stéphane Girel. [Paris], Éditions Chandeigne, « Lusitane », 2002, 96 pages.

Histoire de deux amours raconte les aventures héroïques, drolatiques et poétiques d’un éléphant et d’une puce. Drummond met en scène ces grosses et petites bêtes non en naturaliste mais en poète. La puce – autrefois des villes, aujourd’hui du désert – manque souvent d’urbanité. A la différence de l’éléphant, qui pourtant n’a jamais quitté son désert, pas même pour visiter la savane ou la forêt. Mais n’en dévoilons pas plus... Au sein de l’œuvre de Drummond, on ne trouve guère dans la rubrique « pour enfants » que deux opuscules : LÉléphant et Histoire de deux amours. Le premier étant en fait un poème, seul le deuxième a été vraiment écrit à l’intention d’un jeune public. Comme il a également pour protagoniste un éléphant, on est en droit de supposer que Drummond éprouve des sentiments cordiaux envers le gros animal. Ces vers de LÉléphant en témoignent : Voici mon pauvre éléphant / Prêt à partir / En quête damis / Dans un monde fatigué / Qui ne croit plus dans les bêtes / Et qui doute des choses. Drummond doute-t-il des choses ? c’est selon. Croit-il en les bêtes ? il se pourrait. Au reste, il ne les observe pas en naturaliste mais les évoque en poète. Dans Histoire de deux amours, il les met en scène à son gré, à sa fantaisie, pour son amusement et pour notre amusement à nous lecteurs de neuf ans et plus, et pour ce faire il n’hésite pas à bousculer, ou pour mieux dire à enrichir, le savoir zoologique. Ainsi l’on nous avait appris à distinguer l’éléphant des savanes et l’éléphant des forêts chaudes et humides. Drummond ajoute une troisième variété : l’éléphant du désert Mais n’en dévoilons pas plus... Voici donc Histoire de deux amours, qui raconte les aventures héroïques, drolatiques et poétiques d’un éléphant et d’une puce. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Poésie. Anthologie poétique, traduit du portugais (Brésil) et présenté par Didier Lamaison. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1990, 480 pages, épuisé.

* Nouvelle édition sous le titre

ISBN [FICHE LIVRE]La Machine du monde et autres poèmes. Traduction de Didier Lamaison revue par Claudia Poncioni. [Paris], Éditions Gallimard, « Poésie » n°410, 2005, 480 pages.

[Contient des poèmes tirés des recueils : Quelque poésie (Alguma Poesia, 1930) ; Marigot des âmes (Brejos das Almas, 1934) ; Sentiment du monde (Sentimento do Mundo, 1940) ; José (José, 1942) ; La rose du peuple (A Rosa do Povo, 1945) ; Nouveaux poèmes (Novos Poemas, 1948) ; Claire énigme (Claro Enigma, 1951) ; Propriétaire de l’air (Fazendeiro do Ar, 1953) ; La vie mise au propre (A Vida Passada a Limpo, 1959) ; Leçons de choses (Lição de Coisas, 1962) ; Guitare de poche (Viola do Bôlso, 1964) ; Versiprose (Versiprosa, 1967) ; Bœuftemps I (Boitempo, 1968) ; Le besoin qui aime (A Falta que Ama, 1968) ; Les impuretés du blanc (As Impurezas do Branco, 1973) ; Bœuftemps II (Boitempo II. Menino Antigo, 1973) ; Discours de printemps (Discurso de Primavera e Algumas Sombras, 1977) ; Bœuftemps III (Boitempo III. Esquecer para Lembrar, 1979) ; La passion mesurée (A Paixão medida, 1980) ; Corps (Corpo, 1984) ; Aimer s’apprend en aimant (Amar se Aprende Amado, 1985].

 

ISBN [FICHE LIVRE]Mort dans lavion & autres poèmes. Anthologie poétique. Édition bilingue, traduit du portugais (Brésil) par Ariane Witkowski. [Paris], Éditions Chandeigne, « Lusitane », 2005,96 pages.

[Contient des poèmes tirés des recueils : Alguma poesia (1930) ; Brejos das almas (1934) ; Sentimento do mundo (1940) ; A rosa do povo (1945) ; Claro enigma (1951) ; Boitempo (1968) ; O amor natural (1992) ; Farewell (1996)].

Carlos Drummond de Andrade publie en 1928 Au milieu du chemin, poème qui fera date dans le mouvement moderniste : « Au milieu du chemin il y avait une pierre / il y avait une pierre au milieu du chemin / il y avait une pierre / au milieu du chemin il y avait une pierre. » Ces vers seront bientôt suivis d’un recueil, Algumas Poesias (1930). À travers une langue fluide, simple, quasi quotidienne, Drummond exprime les angoisses contemporaines et les peurs universelles. La poésie-titre de cette anthologie (fort bien traduite) est la longue annonce d’une Mort dans l’avion : « Je tombe à la verticale et me transforme en fait divers. » Même le souvenir de l’enfance peut être le pressentiment de la mort. Et le goût du paradoxe et de l’ambivalence engendre de beaux vers : « Mes rêves paralytiques dégoût de vivre / (la vie est pour moi volonté de mourir) / faisaient de moi un homme-limonaire imperturbablement dans la galerie Cruzeiro chaude chaude / et comme je ne connaissais personne d’autre que le doux vent du Minas, / aucune envie de boire, je dis : finissons-en. » (Sean James Rose, Libération, 25 mars 2005)


 



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  • Huysmans et les écrivains "fin-de-siècle"

    On désigne par l’expression “fin de siècle” des mouvements culturels et artistiques français comme le symbolisme, le décadentisme ou encore l’Art nouveau émergeant à la fin du XIXe siècle. Ce que l’on peut nommer comme un esprit ou une sensibilité commune fait souvent référence aux marqueurs culturels qui ont été reconnus comme prégnants au début des années 1880 et 1890, notamment l’ennui, le cynisme, un sentiment de finitude et une forme de mélancolie engendrées par les angoisses lié au progrès technique.

    30 novembre 2019

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