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HATOUM, Milton

[BRÉSIL] (Manaus, État d’Amazonas, 1952). Milton Assis Hatoum. Né dans une famille d’origine libanaise. Diplômé de la Faculté d’architecture et d’urbanisme de l’université de São Paulo, il est aussi titulaire d’un doctorat de troisième cycle, réalisé au début années quatre-vingt au département de Lettres de l’université de la Sorbonne Nouvelle (Paris III). Après avoir enseigné un temps la littérature française à Manaus (1984-1988), il vit aujourd’hui à São Paulo où il se consacre entièrement à l’écriture. Traducteur de Gustave Flaubert et de Marcel Schwob, il a publié des poèmes (premier recueil, Amazonas. Palavras e imagens de um rio entre ruínas, 1979), des essais, des textes pour enfants, des nouvelles (A cidade ilhada, 2009), des romans (tous traduits en français) et collabore régulièrement à des revues littéraires.

« Héritée, reçue et recherchée, cette situation, au carrefour de diverses cultures, amazonienne, brésilienne, européenne, arabe… marque son univers à plusieurs titres. D’une part, elle fonde un certain relativisme invalidant un strict sentiment d’appartenance communautaire. Même s’il cultive les références des ancêtres, Milton Hatoum refuse de se définir par le seul critère de l’“ amazonité ”, de la « libanité » ou autre (…). Plus encore, le télescopage d’“ exotismes ” divers, de l’orient, du sauvage… s’entrechoquant, s’émerveillant et se nuançant l’un l’autre, est très souvent, dans source d’un conflit ou d’une fascination qui mettent en mouvement les personnages, voire d’un statut de témoin qui tient la réalité à distance, comme c’est le cas du photographe allemand de Récit dun certain Orient par exemple, à la fois partie prenante et en marge de lhistoire. (…) C’est sans doute aussi ce qui explique les affinités de l’écrivain avec des personnalités comme Edward Said, qu’il a traduit. La double tension, amazonienne et orientale, le pôle primitif, de l’humanité des origines d’une part, celui des origines de l’humanité et de son berceau civilisationnel de l’autre – thème justement théorisé par l’intellectuel palestinien dans ses travaux sur l’orientalisme –, place presque « naturellement » l’œuvre de Milton Hatoum, et les personnages qui la peuplent, sous le sceau d’une quête récurrente, d’une remontée aux sources, présente dans son premier roman comme dans le second Deux frères : qui est mon père, d’Omar ou de Yaqub, les jumeaux ennemis ? se demande le narrateur Nael. Ces mécanismes appellent inévitablement enchâssements, jeux de points de vue et de contrepoints, de narrateurs qui se relaient, symétries et parallélisme, lignes de fuite... et aussi un foisonnement de références, à Flaubert, Proust et autres classiques, comme aux pairs latino-américains. Il y a, par exemple, un clin d’œil au Machado de Assis d’Esaü et Jacob dans la structure gémellaire de Deux frères (jusqu’au prénom de l’un), et par-delà Machado, à un mythe sans patrie, de la nuit des temps. (…). Cela a pour effet d’ajouter d’autres familles, parallèles, de papier, en résonance avec les œuvres “ patrimoniale ”, tout en développant les liens de parenté au sein de la sienne, d’un texte à l’autre, tissant peu à peu sa propre “ comédie humaine ”. On y verra une pratique ludique de la littérature, qu’il ne faudrait pas négliger. Milton Hatoum manifeste un grand attachement à l’histoire, à la construction de ses êtres imaginaires, un grand respect pour le travail du conteur, dans la continuité d’une forme élaborée aux XIXe et XXe siècles. Mais ce jeu est aussi une voie détournée pour redonner par l’allégorie consistance et valeur à des espaces symboliques menacés par le stéréotype et le simulacre. Comme si la littérature, non-réponse ou clôture mais acte de décalage, de déplacement, se révélait en fin de compte le plus sûr biais pour prendre le monde au sérieux. » (Michel Riaudel, Europe, 2005)

 

 

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « Réflexion sur un voyage sans fin » (« Reflexão sobre uma viagem sem fim », 1992), nouvelle traduite du portugais (Brésil) par Claudes Fages, dans Europe n°758, 1992.

* « Une lettre de Bancroft » (« Uma carta de Bancroft »), nouvelle traduite du portugais (Brésil) et présentée par Michel Riaudel, dans Europe n°859-860, 2000 (recueillie en 2009 dans A cidade ilhada).

* « Qui sont les sauvages ? », nouvelle (inédite en portugais) traduite et présentée par Michel Riaudel, dans la Nouvelle Revue Française n°573, 2005.

* « Les vérandas d’Eva » (« Varandas de Eva »), nouvelle traduite du portugais (Brésil) et présentée par Michel Riaudel, dans Europe n°919-920, 2005 (recueillie en 2009 dans A cidade ilhada).

* « Arabesques brésiliennes », dans Quantara n°56, Institut du Monde arabe, été 2005.

* « Deux temps », dans meet n°9, « São Paulo / Le Cap », 2005.

* « Barbara en hiver » (« Bárbara no inverno »), nouvelle extraite du recueil A cidade ilhada (2009), traduite du portugais (Brésil) par Michel Riaudel, dans Brésil 25 Nouvelles 2000-2015, Éditions A.-M. Métailié, 2015.

 


LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]Récit dun certain Orient (Relato de um certo Oriente, 1989), roman, traduit du portugais (Brésil) par Claude Fages et Gabriel Iaculli. [Paris], Éditions du Seuil, « Cadre Vert », 1993, 204 pages. 

Après une longue absence, une jeune femme revient à Manaus, la ville de son enfance, et relate à son frère, demeuré au loin, l’histoire de ce retour au plus intime du souvenir. Emilie, cœur et âme d’une famille émigrée du Liban, n’est plus. Et la maison, comme toutes les maisons de l’enfance, est vide et abandonnée. Entre l’Orient et l’Amazonie, un monde perdu renaît dans les récits et les confidences de ceux qui ont aimé Emilie : Hakim, son fils, Dorner, le photographe allemand, Hindié, qui fut son amie. Fondues en un récit unique qui abolit le temps, leurs voix évoquent l’entrelacs de passions et de drames de cette famille partagée entre deux religions et deux cultures, qui voit les traditions séculaires céder peu à peu à la sensualité de la terre brésilienne.

Au fil d’une composition parfaitement maîtrisée faite d’enchâssements et de jeux de miroirs, Milton Hatoum bâtit sa « recherche du temps perdu », et ce premier roman est sans doute une des plus belles lectures que la prose brésilienne nous ait données depuis longtemps. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Deux frères (Dois irmãos, 2000), roman, traduit du portugais (Brésil) par Cécile Tricoire. [Paris], Éditions du Seuil, « Cadre Vert », 2003, 268 pages.

 

 

 

Yaqub, fils d’une famille libanaise établie dans la ville brésilienne de Manaus, revient au pays après cinq ans passés au Liban. Il retrouve son père, sa mère et surtout son frère jumeau, Omar. Tous attendent d’assister au bonheur de la réunion des deux frères mais personne n’a véritablement pris conscience que ces cinq ans de séparation ont en réalité cristallisé leur rivalité née à l’occasion d’une querelle sentimentale, quelques mois avant le départ subit de Yaqub pour le Liban. Une rivalité que la cicatrice au visage de Yaqub ne cessa de lui rappeler chaque jour de son exil au Liban. (Présentation de l'éditeur)

 

 

 

 

« Dois irmãos. Il ne s’agit pas de célèbres mornes cariocas, mais bel et bien de deux frères. Ou plus exactement encore, du titre du second roman de Milton Hatoum qui, comme le précédent, met en scène Manaus, habitée par une famille libanaise, cette fois déchirée entre deux jumeaux rivaux, Yaqub et Omar. Avec une maîtrise chaque fois plus affirmée, l’auteur du Récit dun certain orient mais aussi de quelques nouvelles intermédiaires entre ses deux narrations de longue haleine, y poursuit la construction d’un univers très cohérent, dans le propos comme dans sa forme. Récit rétrospectif assuré par un personnage socialement marginal, Nael, le fils de la domestique, le ton est mélancolique, quête d’un temps perdu qui ne peut être saisi directement. Effort de la mémoire, filtre des subjectivités, inter-position de narrations enchassées, du père musulman notamment, Halim, mais aussi de la mère du narrateur d’origine indienne, Domingas, recours à la photographie comme vestige de scènes révolues et désormais inaccessibles, là où Barthes rejoint Proust, imprécisions entretenues du souvenir. » (Michel Riaudel, Infos Brésil n°150, 15 juillet 2000)

* Adaptation en bande dessinée :

Deux frères (Dois Irmãos, 2014), scénario et dessins de Gabriel Bá et Fábio Moon, d’après roman éponyme de Milton Hatoum (2000), traduit du portugais (Brésil) par Michel Riaudel. [Paris], Éditions Urban Comics, 2015, 240 pages.

L’intrigue tourne autour de la relation tumultueuse entre frères jumeaux, Yaqub et Omar, dans une famille libanaise vivant à Manaus, dans un moment de déclin après la période de fort trafic économique et culturelle a vécu au début du XXe siècle. (Présentation de léditeur)

Frères jumeaux, Fábio Moon et Gabriel Bá sont nés en 1976 à São Paulo, au Brésil, où ils vivent toujours actuellement et racontent des histoires sous forme de bandes dessinées depuis presque quinze ans

 

ISBN — Sur les ailes du condor (Nas asas do condor, nouvelle pour la jeunesse, extraite de l’anthologie de onze auteurs O livro dos medos,1998), illustations par Hélène Georges, traduit du portugais (Brésil) par Michel Riaudel. [Paris], Éditions du Seuil, 2005, 48 pages.

Sur les bords de la rivière Xapuri, au cœur de la forêt amazonienne, un enfant brésilien joue avec des œufs de tortue. Soudain, c’est l’accident, et la première grande aventure de sa vie... (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Cendres dAmazonie (Cinzas do Norte, 2005), roman, traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich. [Arles], Éditions Actes Sud, 2008, 320 pages.

Manaus : une île fiévreuse et tragique fichée au cœur de l’Amazonie. Luxe tapageur pour les héritiers du caoutchouc et dénuement endémique pour les damnés de cette terre détrempée. Deux garçons s’y voient obligés de choisir à l’âge d’homme entre l’obéissance et la révolte : un orphelin méritant espère trouver dans le droit la justice sociale, quand le fils rebelle d’un propriétaire terrien cherche dans l’art le salut du monde. Ils sont amis à la vie à la mort, et c’est la nécessité de la différence de l’autre qui cimente leur relation. Le fils bohème est en lutte contre le père, l’épais humus de la province, la morale dominante ; autant de positions radicales que lui envie un ami certes libre de toute autorité parentale, mais qui n’a pas été éduqué à choisir. Ils sont les deux visages d’une génération élevée sous la chape de la dictature. Chacun poursuit ses chimères, incapables qu’ils sont tous deux de desserrer les mâchoires d’un étau familial et géographique anthropophage. La modernité ronge l’identité des espaces primitifs symboliques de l’Amazonie, en écho à leurs blessures intimes. De leurs rêves d’avenir ne restent que des cendres, charriées par le fleuve-mer. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Orphelins de lEldorado (Orfãos do Eldorado, 2008), roman, traduit du portugais (Brésil) par Michel Riaudel. [Arles], Éditions Actes Sud, 144 pages.

Au bord du fleuve Amazone, un passant devient le dépositaire de l’histoire d’un vieux fou. Érigeant en mythe son amour désespéré pour une Indienne de la forêt, le vagabond restitue la chronique d’une famille, d’une région, d’une époque où la sève du caoutchouc incarnait tous les rêves d’un Eldorado brésilien. Que reste-t-il de cette héroïque dynastie ? La concurrence asiatique menace, le transport marchand qui a fait sa fortune périclite, la Première Guerre mondiale approche. Le flambeau est impossible fi relever pour le jeune héritier qui a dilapidé sa fortune clans les plaisirs faciles, envoûté par les rêves de Cité Enchantée d’une impétueuse orpheline. Dans le sillage de Fitzcarraldo – magnificence et frustration, chimère démesurée, folie du rêve impossible –, Milton Hatoum façonne histoire, légende et mémoire en amoureux hommage aux mythes de son Amazonie natale. (Présentation de léditeur)


 



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    24 octobre 2019

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