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LAUS, Harry

[BRÉSIL] (Tijucas, État de Santa Catarina, 1922 – idem, 1992). Treizième d’une famille de seize enfants issue de l’émigration allemande de la fin du XIXe siècle et très tôt orphelin, Harry Laus a dû poursuivre dès l’âge de dix huit ans, une carrière militaire. Traînant partout ses caisses de livres et ses cahiers, publiant d’abord sous un pseudonyme puis en nom propre à partir de 1953, il a connu les casernements les plus reculés, notamment jusqu’à Corumbá, dans le Mato Grosso, aux frontières de la Bolivie et du Paraguay. Démissionnaire au moment du coup d’État de 1964, il s’est alors consacré à la critique d’art. Collaborateur de différents journaux, membre du jury de la Biennale de São Paulo et de la Commission Nationale des Arts Plastiques, il a dirigé les musées de Joinville et de Florianópolis dans son État natal de Santa Catarina, où il s’est installé en 1976. Dans cette partie de sa vie, il a parcouru l’Europe, notamment la France où il a été trois fois l’hôte de la Maison des Écrivains Étrangers et des Traducteurs de Saint-Nazaire (M.E.E.T.).

Écrite partout et n’importe où, l’œuvre de Harry Laus, porte la marque du nomadisme et de la diversité : métropoles et villages, plages, forêts et casernes servent de décor à une cinquantaine de nouvelles, plusieurs récits inqualifiables, un roman, une autobiographie et un Journal (presque) intime commencé en 1947, lors de la première affectation de l’auteur à Natal, dans le Rio Grande do Norte. L’intégralité de l’œuvre d’Harry Laus est en cours de publication aux éditions Corti.

 


LIVRES (Traductions françaises)

Les Réveils de Zénon des plaies (As horas de Zenão das Chagas, 1957 ; 1987), introduction de Jorge Amado, traduit du portugais (Brésil) par Claire Cayron. [Saint-Nazaire], Éditions Arcane 17, « Non lieu », 1988, 58 pages, épuisé.

 

 — Jandira. Douze nouvelles tirées des recueils Os incoerentes (1958), Ao juiz dos ausentes (1961) et Caixa daço (1989), traduit du portugais (Brésil) et préfacé par Claire Cayron (« L’iceberg Laus »). [Saint-Nazaire], Éditions Arcane 17, 1989, 128 pages, épuisé. 

 

ISBN [FICHE LIVRE]Bis (Os incoerentes, 1958, suivi de Ao juiz dos ausentes, 1961 ; réédition sous le titre Bis en 1982), nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 1998, 224 pages.

[Contient : « Le professeur d’anglais » (« O Professor de Inglês », 1956) ; « Les minutes du professeur » (« Os Minutos do Professor », 1955) ; « Jandira » (« Jandira », 1955) ; « La couronne » ; « Requiem » ; « Le général hors de combat » ; « L’amuse-gueule » ; « L’homme à tout faire » ; « Crépuscule » ; « Les incohérents » (« Os incoerentes ») ; « La révolte de Podalírio » (« Podalírio Revoltado », 1955) ; « Le document secret » ; « Le colonel » (« O Coronel », 1954) ; « Tamanduá-Bandeira » (« Tamanduá Bandeira ») ; « Au juge des absents » ; « Crime » (« Crime ») ; « Secret » (« Segrêdo ») ; « Le menu » ; « Isabel » (« Isabel ») ; « Porto Belo, 1977 »].

« Les vingt nouvelles de Bis – titre laconique donné par Harry Laus à la réédition conjointe de ses deux premiers recueils parus en 1958 et 1961 – inaugurent, avec les trois textes inclassables réunis sous le titre Sentinelle du néant, la publication complète aux éditions Corti de cette œuvre-témoignage d’un artiste peignant avec compassion la violence des milieux, des passions et des climats. » (Claire Cayron)

 

La Première balle / A primeira bala, édition bilingue, traduit du portugais (Brésil) par Claire Cayron, suivi d’un entretien de l’auteur avec Bernard Bretonnière. [Saint-Nazaire], MEET (Maison des écrivains et des traducteurs) / Éditions Arcane 17, 1989, 52 pages, épuisé. 

 

ISBN [FICHE LIVRE]Sentinelle du néant (Sentinela do nada, 1987), suivi de Le Réveil de Zénon des plaies (As horas de Zenão das Chagas, 1957 ; 1987) et de Le Saint magique (O santo mágico, 1982), nouvelles, traduites du portugais (Brésil) par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 1998, 136 pages. 

« Ici, on veille. Un écrivain hanté par la question de son utilité et de sa liberté. Un employé de bureau obsédé par le projet humanitaire d’arrêter le Temps. La population d’un village côtier du Far South brésilien visitée par une apparition. Trois nouvelles autour de quelques insomniaques de l’absolu, égarés dans le relatif. » (Claire Cayron)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Journal absurde 1949-1959, traduit du portugais (Brésil) et présenté par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 2000, 534 pages.

« L’écriture du Journal absurde, de 1949 à 1959 (avec une interruption de 1954 à 1958), témoigne des étapes, souvent éprouvantes, de l’évolution psychologique et artistique de Harry Laus, dans le métier des armes qu’il assume avec un mélange de désespoir et de conscience professionnelle. Le jeune sous-lieutenant commence alors ses errances psychiques et géographiques, très proches de celles du colonel et de son double Vitório, dans le roman Les Jardins du colonel. Dans la solitude morale, (avec cependant quelques amitiés bienfaisantes : un libraire, le poète Mário Faustino, l’écrivain Dalton Trevisan), Harry Laus développe chaotiquement sa formation intellectuelle. Malgré la vie de caserne et de manœuvres, il découvre Cervantès, Kafka, Dostoïevski, Tolstoï, Gide, Martin du Gard, Rilke, etc. Parallèlement, il explore sa vocation littéraire, malgré la perte de ses livres et manuscrits. Dans l’hostilité et la clandestinité, donc dans la violence, il tente d’assumer son appartenance à “ l’espèce ” (c’est son propre terme) homosexuelle, qui lui inspirera un recueil de nouvelles encore partiellement inédit : De lamour banni. » (Claire Cayron)

Je rentre de trois nuits passées en manœuvres, quatre jours entiers en quelque sorte hors de moi-même. Ce qui mimpressionne (même si jen reconnais la nécessité), cest que je ne madonne pas aux activités diverses de ma vie de façon totale. Dans mes relations avec larmée, je ne mimplique pas car je sens que la littérature en souffre. Et quand je me plonge dans les livres, cest en pensant à mon métier de soldat ; non par amour pour lui, mais à cause de ma dette, du paiement de ma dette qui augmente avec la solde de chaque mois. A quoi bon me consacrer à lune des activités en étant malhonnête à légard de lautre ? Est-il possible, par désir de solder une dette, de sacrifier la satisfaction intime de se réaliser ? Ces questions massaillent aux moments les plus inattendus, menvahissent et me rendent absent. Je garde le silence et ne participe plus aux conversations générales. (...) Bref, pendant ces quatre jours de manœuvres, jétais hors de moi-même. Presque méconnaissable. Complètement éloigné des livres et des pensées majeures, presque réduit à un individu qui se nourrit et dort, sans avoir conscience de pouvoir tirer de lui-même autre chose que les obligations quotidiennes de gagner sa vie et de jouir (1949).

 

ISBN [FICHE LIVRE]Les Archives des bons morceaux. Vingt et un récits et nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 2001, 192 pages. 

[Contient : « La visite » (« A Visita », 1949) ; « La clef » (« A Chave », 1954) ; « Prélude » (« Prelúdio ») ; « L’adolescent » ; « La procession » (« A Procissão », 1953) ; « Le voyage » (« A Viagem », 1947) ; « La cage » ; « Perspective » ; « En ligne droite » ; « Le ministre » ; « Le joyau » (« A Jóia », 1949) ; « Le docker » ; « Le rameur » ; « Caixa d’Aço » (« Caixa daço ») ; « La Maria-ballast » ; « Comme toujours » ; « La première balle » (« A primeira bala ») ; « Sans réponse »].

« Ces 21 récits et nouvelles, à dessein présentés dans l’ordre chronologique de leur écriture, ajoutent encore à l’étrangeté qui se dégage de l’ensemble de l’œuvre de Harry Laus. Une étrangeté sans rapport avec un quelconque exotisme tropical, issue de la vie même de l’auteur et de ses expériences d’enfant et d’adolescent, alimentée par un regard d’adulte qui se porte toujours sur l’insolite, la marge, l’écart, la faille, le manque. Déjà orphelin de mère, Harry Laus est tôt confronté à la déchéance et à la mort d’un père mis à l’écart (La Visite), puis à la panique dans le milieu inconnu où il a été transplanté (La Clef). Il découvre les hésitations de sa sexualité (Prélude, LAdolescent). Et l’on assiste simultanément à la naissance puis à l’installation du sentiment de culpabilité (La Procession, Le Voyage, La Cage). Un sentiment qui a progressivement envahi l’autobiographie et la fiction, au point de devenir l’un des fils conducteurs de l’ensemble de l’œuvre, où le débat de(s) conscience(s) est maintes fois structurel. Devenu Cadet, puis militaire de carrière, Harry Laus expérimente notamment la dépersonnalisation (Perspective, En ligne droite) et la brutalité (Le Ministre). Un lieu à l’atmosphère un peu fantastique lui sert de refuge : c’est Le Joyau – un étrange bijou de nouvelle, où l’on peut lire aussi l’éveil de la sensibilité de l’auteur aux arts plastiques. Les nouvelles de la maturité et de la vieillesse appellent le même adjectif : étrange, étrange, étrange... Étrangeté des personnages : le Docker fragile, le Rameur déçu, l’adolescent fasciné par le chiffre 3 de Caixa dAço, le bellâtre archivé, la Maria-ballast, du nom de son lieu d’exercice, la vieille ingénue de Cambirela. Étrangeté des situations et des comportements : l’inceste en intention Comme toujours, le choix de La Première balle, la disparition restée Sans réponse. » (Claire Cayron)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Les Jardins du colonel (Os papéis do coronel, 1995), roman, traduit du portugais (Brésil) et présenté par Claire Cayron. [Saint-Nazaire], Éditions Arcane 17, 1992, 170 pages, épuisé

* Réédition :

ISBN [FICHE LIVRE]Les Jardins du colonel. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 2000, 176 pages.

« Le Colonel a trois jardins. L’un, potager, pour cultiver des choses vivantes dont l’existence lui tient compagnie. L’autre, de papier, pour faire vivre une épouse et un fils. Le troisième est un jardin secret, condamné par l’intolérance d’un billet et hanté par le fantôme d’un motocycliste. » (Claire Cayron)


 



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