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LINS, Osman

[BRÉSIL] (Vitória de Santo Antão, État de Pernambouc, 1924 – São Paulo, 1978). Osman da Costa Lins. À partir de 1955, date de son premier livre, il ne cesse d’écrire sans que la littérature ou les nombreux prix qu’il reçoit lui permettent d’en vivre. C’est ainsi que, tour à tour, il est fonctionnaire, bibliothécaire de la Banco do Brasil, professeur de littérature dans une université de l’État de São Paulo. Jusqu’à sa mort, il a publié une vintaine de livres, des romans : O Visitante (1955), Le Fléau et la pierre (O fiel e a pedra, 1961), Avalovara (Avalovara, 1973), La Reine des prisons de Grèce (A rainha dos cárceres da Grécia, 1976), Domingo de Páscoa (1978), des nouvelles : O gesto (1957), Le Rétable de Sainte Joana Carolina (Nove, novena, 1966), des pièces de théâtre et des essais, laisant inachevé le roman A cabeca levada em triumpho [La tête dressée en triomphe].

Le mot poète revient constamment chez les commentateurs de son œuvre qui le tiennent pour un des plus grands écrivains du continent sud-américain. Hector Bianciotti parle à propos de ses nouvelles d’un « langage ausculté, fouillé, enrichi par des rapprochements de mots étonnants et précieux, soumis à une rigueur et un raffinement dont les résultats transpercent l’écran de la traduction ». Cette exigeance stylistique est doublée de l’ambition d’une littérature totalisante. O. Lins se tient à l’écart du constat social ou du tableau de mœurs : « Je vois dans le monde et dans notre propre vie une toile infinie et morcelée d’événements. Les récits, mutilés, flottent dans l’air, tout comme si un tercet de Dante était dispersé entre les milliers de mots et de phrases sans réponses jetés au hasard. Réunir les mots du tercet, c’est réaliser le passage du chaos au cosmos. En d’autres termes, manifester l’idée d’une unité dans une de ses expressions les plus fascinantes. » La plus belle application de ces principes restera son roman Avalovara, 1975, vaste cantate polyphonique sur la destruction et la béatitude, irrésumable comme le sont les œuvres auxquelles il fut comparé : l’Ulysse de Joyce, Au-dessous du volcan, de Lowry ou Paradisio de Lima. Le Brésil, terre natale et culturelle de Lins est la source de son œuvre, déversant « le flot d’influences ancestrales », offrant « une vision mythique du monde » destinée à compenser « l’harmonie et la beauté qui n’existent pas dans la misère ». À la question plus matérialiste de l’engagement qui lui était posée quelques années avant sa mort, il répondit : « Tout homme qui ayant conscience de ces problèmes ou des problèmes qui y sont liés agit comme s’ils n’existaient pas, trahit son prochain, quand il ne se trahit pas lui-même. »

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « Les indicernables » (« Os Confundidos »), nouvelle extraite du recueil Le Retable de sainte Joana Carolina (Nove, novena, 1966), traduite du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge Pettorelli, dans les Lettres Nouvelles, mai 1971.

* « Élégie » (« Elegíada »), nouvelle extraite du recueil Os Gestos (1957), traduite du portugais (Brésil) par Georgette Tavares-Bastos, dans la Nouvelle Revue Française n°250, 1973.

* « La Paz existe ? », extrait de La Paz existe ?, literatura de viagem (1977), journal de voyage par Osmans Lins et Julieta de Godoy Ladeira, traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge Pettorelli, dans le Magazine littéraire n°187, 1982.

* « Pastorale » (« Pastoral »), nouvelle extraite du recueil Le Retable de sainte Joana Carolina (Nove, novena, 1966), traduite du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge Pettorelli, dans Des nouvelles du Brésil, A-M. Métailié, 1998.

 

LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]Le Fléau et la pierre (O fiel e a pedra, 1961), roman, traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge, en collaboration avec Claude Barousse. [Arles], Éditions Actes Sud, « Lettres latino-américaines » / Collection Unesco d’œuvres représentatives, « Série ibéro-américaine », 1990, 412 pages. 

« On a parlé, à propos de ce livre, de nouvelle Enéide, de roman populiste et même de western. La vérité est que nous avons ici un livre inclassable, un récit dont l’écriture, par ses rythmes, ses cadences, donne puissance et beauté à l’affrontement d’un juste avec les tentations du mal, une histoire où la nature, indiscrète et bruissante, apporte des notes aiguës ou tendres dans le concert des passions, une tragédie qui force les particularismes jusque dans ses dimensions universelles, de telle sorte que dès les premières lignes, rien ne nous est plus étranger et moins indifférent que le destin de Bernardo et de Teresa. Une révélation pour ceux qui ont conservé le goût de la découverte. » (Hubert Nyssen et Bertrand Py)

 

ISBN — Retable de sainte Joanna Carolina (Nove, novena, 1966), nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge, préface de Leyla Perrone-Moisés. [Paris], Éditions Denoël, « Les Lettres Nouvelles », 1971, 256 pages, épuisé.

[Contient : « L’oiseau transparent » (« O Pássaro Transparente » ; « Le point dans le cercle » (« Um Ponto no Círculo ») ; « Le pentagone de Hahn » (« Pentágono de Hahn ») ; « Les indicernables » (« Os Confundidos ») ; « Retable de sainte Joanna Carolina » (« Retábulo de Santa Joana Carolina ») ; « nouvelle baroque ou unité tripartite » (« Conto barroco ou Unidade Tripartida ») ; « Pastorale » (« Pastoral ») ; « Fiançailles »(« Noivado ») ; « Perdus et retrouvés » (« Perdidos e Achados »)].

 

ISBN — Avalovara (Avalovara, 1973), roman, traduit du portugais (Brésil) par Maryvonne Lapouge Pettorelli. [Paris], Éditions Denoël, « Les Lettres Nouvelles », 1975, 360 pages, épuisé.

 

ISBN [FICHE LIVRE]La Reine des prisons de Grèce (A rainha dos cárceres da Grécia, 1976), roman, traduit du portugais et préfacé par Maryvonne Lapouge Pettorelli. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1980, 264 pages.

Ce roman se présente comme le journal tenu par un professeur de sciences naturelles, resté seul dans un appartement de Sao Paulo après la mort violente de Júlia Marquezim Enona, qui partagea sa vie pendant trois ans. Pour ressusciter un passé – vécu ? imaginaire ? – il entreprend de commenter le roman inédit laissé par la jeune femme. La composition énigmatique, comme chiffrée, du manuscrit le pousse à s’intéresser aux arts divinatoires et à la chiromancie.

Le personnage central du texte commenté est Marie de France, « jeune ouvrière, ancienne domestique... qui n’a jamais eu toute sa tête ». Son état mental s’aggrave, si bien qu’elle postule « une pension à vie, ou à défaut, temporaire » auprès de la Sécurité Sociale brésilienne. Nous assistons aux tribulations de la malheureuse aux prises avec un système aberrant et particulièrement inefficace, à ses pérégrinations entre Recife et Olinda, dont la topographie se brouille et se confond. Le temps lui-même se dissout en un temps aboli, celui où les Hollandais s’installaient sur la côte Nord-Est du Brésil, il y a quelques trois siècles. Aux yeux de cette héroïne du dénuement, les détritus et les épaves qui couronnent les tas d’ordures ou que charrient les fleuves en crue, deviennent véritables trésors. La description détaillée, cinglante, de ses découvertes illustre bien cette esthétique de la pénurie particulière aux pays des Tiers Monde où sévit la faim. Elle est aussi une métaphore sur l’acte d’écrire, bricolage maniaque et superstitieux qui de tous les rebuts, de tous les fragments, fait texte. C’est cette alliance d’un matériau traditionnel et de procédés d’écriture novateurs qui fait la singularité et la richesse de l’œuvre d’Osman Lins, dont les personnages appartiennent tous au monde des déshérités, des souffrants. La démarche de l’écrivain reflète ici la situation du Brésil contemporain où coexistent la tradition agraire, patriarcale, mystique du Nord-Est et la modernité des grandes villes du Sud. (Présentation de léditeur)

 




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