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MAIA, Ana Paula

[BRÉSIL] (Rio de Janeiro, 1977). Elle publie son premier livre en 2003 (O habitante das falhas subterrâneas), puis figure dans diverses anthologies nationales et internationales (une vingtaine). Elle se lance ensuite dans l’écriture de A saga dos brutos [La Saga des Brutes], une œuvre en trois volumes commencée en 2007 avec A guerra dos bastardos [La guerre des bâtards], suivi en 2009 de Entre rinhas de cachorros e porcos abatidos [Entre les combats de chiens et les porcs abattus] et terminée en 2011 par Charbon animal (Carvão animal).

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « Cimetière clandestin », nouvelle traduite du portugais (Brésil) par Paula Anacaona, dans Je suis toujours favela, Éditions Anacaona, 2014.

 

LIVRES (Traductions françaises)

ISBN — Charbon Animal (Carvão animal, 2011), roman, traduit du portugais (Brésil) par Paula Anacaona. [Paris], Éditions Anacaona, « Urbana », 2013, 160 pages.

Voici l’histoire d’Ernesto Wesley, pompier, et de son frère Ronivon, fonctionnaire dans un crématorium, dans une ville fictive, Abalurdes. Les deux frères mènent une vie simple. L’un d’eux se bat contre le feu, l’autre en vit. Sans chercher à attirer l’attention, les deux frères cherchent un moyen de rendre leur vie un peu plus supportable, dignement. Insolite et provocante, la littérature d’Ana Paula Maia vibre avec l’intensité du possible, du réel. Ses mots façonnent une localité universelle, où les enfers de chacun se révèlent dans des dialogues fragmentés, dans le regard morne d’hommes-bêtes surchargés du poids de leur propre existence, du désespoir, de l’absence de perspectives. Ses héros sont des travailleurs en marge, prisonniers dans l’ambigüité de leurs emplois, conditionnés, marginalisés par leurs propres choix. Ernesto Wesley, Ronivon, Edgar Wilson. Des hommes dont on ne parle jamais, mais qui sont indispensables au fonctionnement de la société. (Présentation de léditeur)

 

ISBN — Du bétail et des hommes (De Gados e Homens, 2013), roman, traduit du portugais (Brésil) par Paula Anacaona. [Paris], Éditions, Anacaona, 2015, 160 pages.

Edgar Wilson, personnage récurrent de l’univers d’Ana Paula Maia (nous avions fait sa connaissance dans Charbon animal) est maintenant abatteur de bœufs – plus précisément, assommeur. Edgar Wilson aime le travail bien fait : il recommande l’âme de chaque animal à Dieu avant de l’assommer, d’un seul coup. On pourrait le croire insensible au sort des bœufs – mais il tue froidement un homme qui faisait souffrir les animaux avant de les tuer. Car Edgar Wilson est un tueur qui a une éthique. « Tant qu’il y aura une vache dans ce monde, il y aura quelqu’un pour la tuer. Et quelqu’un pour la manger ». Mais tout le monde n’est pas tueur – ce sont des hommes de la trempe d’Edgar Wilson qui en sont capables. Des hommes de bétail et de sang. Néanmoins, dans l’abattoir, des événements étranges se passent. Des vaches meurent de façon inexpliquée. Y a-t-il des voleurs de vaches dans la région ? Une malédiction ? Ces hommes analphabètes vont mener l’enquête, avec les moyens du bord. Le livre se termine par une citation de Dostoïevski, dans Les Carnets du sous-sol : « La civilisation a rendu l’homme sinon plus sanguinaire, en tout cas plus ignoblement que jadis… Aujourd’hui, bien que faire couler du sang soit considéré comme abominable, nous nous livrons à cette abomination bien plus fréquemment qu’avant… » Dans la droite ligne de Charbon animal, Du bétail et des hommes présente un environnement masculin, de travailleurs pauvres, analphabètes, avares de mots, enfermés dans une vallée grise et encaissée, dont ils ne sortent quasiment jamais. La filiation de Du bétail et des hommes avec Des souris et des hommes, de Steinbeck, est évidente, au-delà du seul titre. Edgar Wilson pourrait être le pendant brésilien de Lennie Small, « ce doux colosse innocent aux mains dangereuses », légèrement attardé. L’écriture de Maia ressemble à celle de Steinbeck, froide, monocorde, exprimant ainsi toute la misère et la solitude humaines. Comme Steinbeck décrivant le ranch de Soledad, Maia aussi décrit l’abattoir et la ferme avec une grande précision – on imagine tout à fait la vallée du Rio das Moscas –, avec une objectivité presque clinique, sans aucune valeur sentimentale. Ouvertement réaliste et naturaliste, avec une écriture dépouillée frôlant l’absurde, Ana Paula fait preuve d’une grande constance thématique et scénique. Son projet littéraire est simple (décrire la vie des « Brutes », son univers toujours le même (des travailleurs simples prisonniers de leur profession, un environnement détruit). Elle continue à se demander ce qui définit un homme – sa profession, sa place dans le processus de production – et à s’interroger sur l’impunité de chaque être. (Présentation de léditeur)

 




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    De la pensée philosophique à l’Histoire, et jusqu’aux préoccupations sociales, économiques et politiques les plus contemporaines, la rentrée des sciences humaines nous offre un automne particulièrement riche dans le domaine des essais, avec nombre d’ouvrages, classiques ou résolument novateurs, et toujours ambitieux.

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