Newsletter







Identifiez-vous




La librairie

    • La librairie Compagnie
    • 58, rue des Ecoles
      75005 Paris
    • Téléphone
    • 01 43 26 45 36
    • Fax
    • 01 46 34 63 37
    • Horaires
    • du lundi au samedi de 10h30 à 20h15

NASSAR, Raduan

[BRÉSIL] (Pindorama, État de São Paulo, 1935). Né de parents immigrés libanais. Philosophe de formation et journaliste de profession, à partir de 1984, il se consacre à l’élevage dans une fazenda de l’État de São Paulo. Il a travaillé en secret pendant dix ans au bout desquels il a publié deux livres courts et remarquables. Le premier, La Maison de la mémoire (Larvoura arcaica, 1975), « version romancée de la parabole du fils prodigue, a un aspect archétypique, a-temporel, et un style précieux aux résonances coraniques et bibliques » (filmé en 2001, réal. Luís Fernando Carvalho). Le second, Un verre de colère (Um colpo de cólera, 1978), « sans autre histoire que l’affrontement érotico-politique d’un couple urbain, est très actuel par son sujet, brutal et argotique dans le style » (Alice Raillard) (filmé en 1999, réal. Alusio Abranches). Son troisième livre, Chemins (Menina a caminho e outros textos, 1997), regroupe six nouvelles minimalistes, dont la plus ancienne, « La petite fille sur la route », date du début des années soixante, et la plus récente, « Les mains de soie », de 1996.

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* Entretien (propos recueillis par Jean-Pierre Salgas), dans La Quinzaine littéraire n°484, 1987.

* « Le vieux » (« O velho », 1961), nouvelle inédite traduite du portugais (Brésil) par Henri Raillard, dans Des nouvelles du Brésil, A-M. Métailié, 1998.

 


LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]Un verre de colère (Um colpo de cólera, 1978), suivi de La Maison de la mémoire (Larvoura arcaica, 1975), traduit du portugais (Brésil) par Alice Raillard. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1985, 184 pages.

Voici en un seul volume les deux romans publiés par Raduan Nassar. Deux ouvrages distincts. Mais une unité de ton dans la modulation d’un thème : l’obsession des limites, aussi bien d’ordre moral que religieux ou simplement matériel. Et cela dans l’ambivalence de la protection et de la contrainte. La Maison de la mémoire peut apparaître comme une version du Fils prodigue. Le rebelle est traqué par lui-même – son corps, ses mots – entre la chambre-utérus où il est réfugié et la « maison du père » fondée sur le langage de la tradition – d’une tradition dont les racines plongent de ce côté de l’Océan, sur les bords de la Méditerranée, au Liban. Et c’est contre cette limite qu’il bute et qu’il laboure son passé, remontant jusqu’à une violence primordiale, d’avant toute loi. En revanche, Un verre de colère met en scène le déchaînement verbal d’un homme, sa remise en question de lui-même et du monde après un mince incident – parce que des fourmis ont ouvert une brèche dans la haie vive de sa propriété, qui est en fait l’inviolable clôture où il vit... Comme la phalène dans la nuit zigzague, s’affole, s’exténue, c’est dans cet entre-monde physique et mental que se meut le narrateur, passant de l’inventaire à l’imprécation, de la notation laconique à la démesure. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Chemins (Menina a caminho e outros textos, 1997), nouvelles traduites du portugais (Brésil) par Henri Raillard. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 2005, 114 pages. 

[Contient : « La petite fille sur la route » (« Menina a Caminho ») ; « Le ventre sec » (« O Ventre Seco ») ; « Avantl?aube » (« Hoje de Madrugada ») ; « Le vieux » (« Aí pelas ») ; « Aux environs de trois heures (l?apre?s-midi) » (« Três da Tarde ») ; « Mains de soie » (« Mãozinhas de Seda », 1996)].

Le présent recueil regroupe six nouvelles. Les textes, plongés dans un halo d’incertitude par l’écriture hyperréaliste de l’écrivain brésilien, se caractérisent presque tous par une ambiance d’ambiguïté, de menace ou d’inquiétude. La première nouvelle met le lecteur sur les traces d’une petite fille qui déambule dans les rues d’une bourgade. Le narrateur transcrit avec une précision époustouflante tout ce que la fillette voit et entend. Les visages, les attitudes et les paroles vont ainsi composer, au gré des rencontres, un tableau de la société rurale brésilienne des années quarante et cinquante. A travers l’écriture au scalpel de Raduan Nassar, le regard d’une fillette devient ainsi le miroir d’une certaine réalité, d’un monde nauséeux et violent. Les autres nouvelles nous proposent des variations littéraires sur des thèmes tels que l’échec amoureux, le corps érotisé, l’incompréhension dans un couple ou encore les fantasmes d’un homme âgé. (Présentation de léditeur)

 

« La petite fille du titre de ce texte à la hauteur des deux chefs-d’œuvre déjà traduits de Raduan Nassar n’est pas la narratrice de son cheminement, au sens où le texte n’est pas écrit à la première personne, mais la description de son itinéraire géographique est si précise qu’elle en vient à dire son itinéraire mental, La rage est présente, même si la petite fille ne fait d’abord que la traverser, toute la rage du monde. La sexualité est étouffante dont l’héroïne est ignorante, que ce soient les plaisanteries et les propos et gestes déplacés des garçons, cet organe gigantesque par lequel urine un cheval, les relations entre les êtres et jusqu’à l’objet de sa mission qui lui fait accomplir tout ce chemin et qu’on ne découvrira qu’à la fin. Le minimalisme apparent de Raduan Nassar ouvre sur des découvertes radicales. “ Dans la salle de bains, la petite fille se lève des cabinets, les yeux fixés sur le miroir quutilise son père pour se raser, garni dune moulure bon marché comme celles des tableaux des saints. Elle tire un cageot, monte dessus, décroche le miroir du mur et le couche ensuite sur le sol en ciment. Saccroupit sur le miroir comme si elle sasseyait sur un urinoir, sa petite culotte dans une main, et voit, sans comprendre, son sexe encadré. Elle le caresse longuement de la pointe du doigt, les yeux toujours emplis détonnement. ” Les personnages de Raduan Nassar voient toujours mieux qu’ils ne comprennent, même s’ils ne voient pas toujours très bien. Il y a quelque chose d’elliptique dans l’hyperréalisme et c’est sur quoi joue l’écriture de Raduan Nassar. « Aux environs de trois heures (l’après-midi) » est cependant un texte de deux pages rédigé au pluriel de l’impératif qui n’est pas le ton habituel de l’écrivain. Il dit pourtant un rapport très personnel au monde, quand un hamac finit par en être le personnage principal. “ Abandonnez-vous dedans comme qui sabandonne à la vie, et laissez-vous aller loin dans ce plongeon : rabattez les bords du hamac sur vos yeux et, dune impulsion du pied (peu importe sur quel appui), jouissez de la fantaisie de vous sentir bercé par le monde. ” Le narrateur, à qui on ne peut pas entièrement se fier, des « Mains de soie », le texte le plus récent, commence par un aphorisme apparemment plus proche de la littérature que de l’élevage (mais la phrase est au passé) : “ Jai nourri pendant longtemps une conviction : la plus grande aventure humaine est de dire ce quon pense. ” » (Mathieu Lindon, Libération, 16 juin 2005)

 



Haut de page >

Dictionnaire des auteurs

Dictionnaire

Haut de page >

L'actualité de la librairie RSS FEED TWITTER FEED FACEBOOK FEED

Le billet de la librairie

  • Une rentrée littéraire

    524 romans dont 336 français et 188 étrangers sont attendus en librairie entre la mi-août et la fin octobre pour la rentrée littéraire la plus resserrée depuis 20 ans. A cette occasion, nous vous proposons un petit tour d’horizon des livres qui ont déjà retenu notre attention et qui pour certains se trouveront dès la fin de l’été sur notre table conseils.

    28 août 2019

    >> Lire la suite

Facebook