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[BRÉSIL](Rio de Janeiro, 1935). Nélida Piñon. Née de parents immigrés galiciens, elle a fait des études supérieures de journalisme dont elle est diplômée. Elle a été rédactrice en chef et membre du conseil éditorial de plusieurs revues au Brésil et à l’étranger. Depuis ses débuts, elle a publié : Guia-mapa de Gabriel Arcanjo, roman (1961) ; Madeira feita cruz, roman (1963) ; Le Temps des fruits, nouvelles (Tempo das frutas, 1966) ; Fundador, roman (Fundador, 1969) ; La Maison de la passion, roman (A casa da paixão, 1972) ; La Salle darmes, nouvelles (Sala de armas, 1973) ; Tebas do meu coração, roman (1974) ; La Force du destin, roman (A força do destino, 1977) ; O calor das coisas, nouvelles (1989) ; La République des rêves, roman (A república dos sonhos, 1984) ; A doce canção de Caetana, roman (1987) ; O pão de cada dia, fragments (1994) ; A roda do vento, jeunesse (1996) ; O cortejo do divinoe outros contos escolhidos, nouvelles (1999) ; Até amanhã outra vez, chroniques (1999) ; O presumível coração da América, essai (2002) ; Vozes do deserto, roman (2004) ; Aprendiz de Homero, essai (2008) ; Coração Andarilho, mémoires (2009) ; O Livro das Horas, mémoires (2012). Prix Juan Rulfo en 1995. En 1996, elle fut la première femme à devenir présidente de l’Académie brésilienne des lettres.

« J’ai commencé à écrire lorsque j’étais encore une enfant, encouragée par la lecture des livres que l’on m’offrait, inventant ceux dont je ne disposais pas. L’art de l’invention est comme une très ancienne saga, datant de bien avant ma naissance. Peut-être fut-ce la vocation de mon grand-père, Daniel, immigré de Galice, qui osa fort jeune traverser l’Atlantique, obéissant à son goût pour l’aventure et au besoin de s’installer dans une terre qui lui offrirait des horizons plus larges. Ou peut-être mon sens de l’invention naquit-il chez mon père, Lino, qui se dispersait lui aussi entre plusieurs activités et dont la tête était si fréquemment plongée dans les livres. Ou peut-être est-ce ma mère, Carmen, qui m’a influencée en exigeant que sa fille soit toujours attentive à ce qui se déroulait autour d’elle. Je ne saurais décrypter mon passé, lui donner une crédibilité suffisante, souligner les raisons décisives d’un quotidien dépassé, qui appartient déjà à ma mythologie personnelle. Finalement, les aspirations humaines se confondent parmi tant de débris du passé. Nous connaissons si mal les instants qui ont façonné notre destin, au point qu’il nous est difficile de reconstituer un parcours correspondant à notre temps et notre espace intérieurs. J’ignore donc à quel moment naquit l’écrivaine que je suis aujourd’hui, avide de comprendre, d’embrasser êtres et énigmes. Très tôt consciente de la difficulté de traiter la réalité, je m’efforçai d’aller au-delà du visible, du possible. De quel refuge est venue cette romancière prête à résister aux formes conventionnelles qui n’acceptent aucune retouche ? À consolider, grâce à la réflexion et à l’expérience, grâce aux ruses, les attraits du métier de scribe ? Pourtant, j’ai toujours pensé que l’épopée de la narration filtre et révèle ce qu’elle a incrusté au plus profond de sa nature. Et par conséquent, lorsque je prends la plume, je ne pourrais pas perdre de vue la densité charnelle des personnages. Dans les nouvelles de La Salle d’armes, où je transcris des souffrances verbales, je n’oublie jamais que l’illusion – présente dans le livre pour attirer l’attention du lecteur sur l’existence d’autres univers au-delà de l’étroitesse du quotidien – est complice de l’odyssée narrative. D’une histoire qui, en même temps, ouvre chemins et consolide la conscience morale et esthétique. Comme si j’étais consciente des merveilles et des sortilèges qui émanent des légendes, des répertoires narratifs avec lesquels on construit chimères et fables. Je dois néanmoins avouer que la littérature et ma vie s’entremêlent et se confondent. L’écriture est aussi mon foyer, je cuisine au milieu de ses flammes. Je filtre la réalité à travers les mots, indignes et resplendissants. Le simple acte de penser me pousse à accueillir immédiatement l’acte de créer. C’est ainsi que, dans un roman récent, j’ai noté une phrase qui me définit peut-être mieux que toute autre : “ S. sait qu’elle est l’instrument de sa race. Dieu lui a accordé la cueillette des mots, qui représentent son blé. ” C’est ce que j’ai fait, tout au long de mon œuvre. » (Nélida Piñon, 20 juillet 2005)

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* Entretien (propos recueillis par Maryvonne Lapouge Pettorelli), dans La Quinzaine littéraire n°484, 1987.

* « Le revolver de la passion » (« O revo?lver da paixa?o »), nouvelle extraite du recueil O calor das coisas (1980), traduite du portugais (Brésil) par Florence Maestri dans Liberté n°211, 1994.

* « Belle dame » (« Bela Senhora »), nouvelle publié dans la revue Domingo / Jornal do Brasil du 24 décembre 1995, traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thiériot, dans Contes de Noël brésiliens, Éditions Albin Michel, 1997.



LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]Le Temps des fruits (Tempo das frutas, 1966), nouvelles, traduites du portugais (Brésil) par Violante do Canto et Yves Coleman. [Paris], Éditions des Femmes, 1993, 192 pages.

[Contient : « Fraternité » (« Fraternidade ») ; « Fleur éphémère » (« Breve fior ») ; « L’aventure de la découverte » (« Aventura de saber ») ; « Les sauvages » (« Os selvagens da terra ») ; « Douce saison » (« Suave estaca?o ») ; « Cantate » (« Cantata ») ; « La force du puits » (« A forca do poco ») ; « Visage universel » (« Rosto universal ») ; « Bravoure » (« Bravura ») ; « La vache ventrue » (« A vaca bojuda ») ; « Le chanteur » (« O cantor ») ; « Un petit garçon malade » (« Menino doente ») ; « La jeune fille et son fruit » (« A moca e seu fruto ») ; « Miguel et son destin » (« Miguel e seu destino ») ; « Balade d’amour » (« Passeio no amor ») ; « Le temps des fruits » (« Tempo das frutas ») ; « Nature du travail » (« Natureza do trabalho ») ; « Vestiges » (« Vesti?gios »)].

« Le titre du livre évoque la venue du printemps. Pourtant, les créatures du Temps des fruits traversent un paysage rude, violent, découvert par l’homme depuis peu. Héritiers de mythes et de souvenirs épars, ils ne conservent, du paradis terrestre primitif, que des lambeaux de rêves, des traces d’un monde épique disparu. En leur qualité de pèlerins, ils explorent le désordre de la réalité, tout en aspirant à l’éloquence des gestes dramatiques, à des sentiments d’une densité archéologique. Quasiment aphasiques, privés du prestige du verbe et de la voix, des bruits polysémiques, il ne leur reste que l’héritage d’émotions funestes, passionnées, sauvages et de gestes subtils, distraits, parfois raréfiés. En proie à de tels sentiments, ces personnages se consolent en accomplissant d’étranges rituels, qui leur parviennent par l’intermédiaire des fils transparents de la civilisation. Pour eux, qui cherchent la révélation d’un esprit enfoui sous le chaos social, cette même civilisation leur apparaît comme une fine peau qui se rompt à tout moment sous l’impact de leurs cœurs intransigeants et exaltés. » (Nelida Piñon)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Fundador (Fundador, 1969), roman, traduit du portugais (Brésil) par Violante do Canto et Yves Coleman. [Paris], Éditions des Femmes, 1998, 380 pages.

« Fundador – le fondateur d’une ville et d’une race –, Johanus, le jeune conquérant inconsistant et Smith, le révolutionnaire en herbe, sont-ils les trois incarnations du même homme ? Le cartographe Teodorico, qui réinventait le monde et distribuait les terres selon sa fantaisie, Stamponato, le vieil ermite, et Ptolomeu, le marchand de livres pornographiques, ne sont-ils qu’un seul et même homme doué d’immortalité ? Monja, la supérieure du couvent qui demandait de l’or à son mari, Fundador, chaque fois qu’il voulait la pénétrer, et Monja, la prostituée vestale de la ville mythique sont-elles reliées, elles aussi, par un sang commun ? À la manière d’un puzzle, récits objectifs, flash-back et monologues lyriques se succèdent et s’entrecroisent, et, lorsque le livre se referme, toutes les pièces viennent miraculeusement se mettre en place. Ni polar, ni roman initiatique, Fundador serait plutôt une légende médiévale dont les prolongements nous placent au cœur des problèmes très actuels de l’Amérique latine. » (Violante do Canto)

 

ISBN — La Maison de la passion (A casa da paixão, 1972), roman, traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich. [Paris], Éditions Stock, « Nouveau Cabinet Cosmopolite », 1979, 192 pages, épuisé

* Réédition :

ISBN — La Maison de la passion. [Paris], Éditions des Femmes, 1987, 192 pages.

La Maison de la passion est un roman de désir, un poème sur l’attente de l’amour, le récit du parcours initiatique d’une jeune femme. C’est un monde où priment les sens, les corps, la nature, comme une force vitale. Un monde primitif, somnambule et magique. (Présentation de léditeur)

Je me sacrifierai au soleil, mon corps est pétri de mousses et d’herbes antiques, ceux de ma maison ont fait de ma sueur plaies et élixirs, jusqu’à mon père qui attend mon sommeil dans l’espoir d’extraire de ma sueur l’effet bienfaisant de mes vices, de mes vaines métamorphoses, car je ne cesse de me transformer au contact des arbres, des ombres, de la mémoire d’un corps vénéré au temps des sacrifices au soleil, ce soleil qui embrase mes reins, qui effeuille ma peau avec une rudesse si tactile que je deviens eau dans la coupe, j’en épouse les contours, je suis la chair que le soleil dénude.

 

ISBN [FICHE LIVRE]La Salle darmes (Sala de armas, 1973), nouvelles, traduites du portugais (Brésil) par Violante do Canto et Yves Coleman. [Paris], Éditions des Femmes-Antoinette Fouques, 2005, 224 pages.

[Contient : Préface de l’auteur (datée 20 juillet 2005) ; « Oiseau de paradis » (« Ave de parai?so ») ; « Frontière naturelle » (« Fronteira natural ») ; « La sainte famille » (« A sagrada fami?lia ») ; « Un être chéri » (« Vida de estimaca?o ») ; « Adamastor » (« Adamastor ») ; « Les mystères d’Éleusis » (« Os miste?rios de Eleusis ») ; « Le sultan » (« O sulta?o ») ; « Cortège du divin » (« Cortejo divino ») ; « Orient proche » (« Oriente pro?ximo ») ; « La salle d’armes » (« Sala de armas ») ; « La grâce et la farce » (« Ilustraca?o de graca ») ; « Une nouvelle espèce » (« O novo reino ») ; « Une récolte » (« Colheita ») ; « Clarification sanguinaire » (« Sangue esclarecido ») ; « Luz, ma lumière » (« Luz ») ; « La tour de Roccarosa » (« Torre de roccarosa »)].

« Les personnages de La Salle d’armes, comme bien d’autres créatures romanesques, sont littéralement submergés sous le poids des engagements que je me suis fixés : je dois écrire, entendre des histoires pour que l’existence des êtres humains, généralement conflictuelle et sordide, devienne viable. [...] L’épicentre du langage de ces nouvelles est toujours le lieu d’une crise. Sous une telle étiquette, leurs personnages singuliers et énigmatiques, liés à l’action, disent qui ils sont, qui nous sommes finalement [...] Sous l’impact de tels effets, ces récits transmettent l’idée que l’interdit, l’illicite, est la matrice essentielle de leur raison d’être. Et chaque fois qu’ils expriment la tragédie du désir et de l’audace qui ronge l’esprit, le verbe et l’énigme impriment aux héros le courage de vivre, même dans des conditions contraignantes. » (Nelida Piñon)

 

ISBN [FICHE LIVRE]La Force du destin (A força do destino, 1978), roman, traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich. [Paris], Éditions des Femmes, 1987, 192 pages. 

Avec des mots qu’elle « délivre de leurs chaînes pour les transformer en instruments de contradiction et d’irrespect », Nélida Piñon réécrit La Force du destin, le célèbre opéra de Giuseppe Verdi. Elle fait de ce mélodrame une parodie cocasse. Elle entraîne le lecteur, complice, dans un jeu subtil et loufoque qui bouscule les époques, démystifie les passions, tourne en dérision ce destin dont la force ne résulte que des conventions des hommes. Ce récit est aussi une méditation sur l’écriture, sur le rôle de l’écrivain face à ses personnages, une brillante variation sur le thème de la puissance de l’imaginaire. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]La République des rêves (A república dos sonhos, 1984), roman, traduit du portugais (Brésil) par Violante do Campo et Yves Coleman. [Paris], Éditions des Femmes, 1990,934 pages.

La République des rêves est une saga somptueuse, dominée par la haute figure de Madruga, immigrant espagnol devenu magnat de l’industrie. Fuyant la misère de son village de Galice, il s’est embarqué, à treize ans, pour « les Amériques ».

Le village espagnol de Sobreira du début du siècle, le Brésil des années trente, avec la dictature populiste de Getulio Vargas, le Brasilia de Kubitschek, le Brésil des années 80 servent de toile de fond à la tumultueuse histoire d’une famille déchirée, partagée entre la nostalgie du pays natal et l’amour de cette nouvelle patrie, à la fois accueillante et hostile. Dans une atmosphère d’inceste, trois générations s’affrontent sous le regard de la jeune Breta, dépositaire de l’épopée familiale et de rêves ancestraux ! rêves d’anciennes esclaves et mémoire de l’Afrique, rêves d’immigrants qui se ruent vers la fortune, rêves de puissance des classes dominantes, rêves des pauvres qui se réfugient dans la magie. (Présentation de léditeur)

 

ISBN — Le Jardin des oliviers, nouvelles, traduites du portugais (Brésil) par Annick Moreau. [Suilly-la-Tour], Éditions Findakly, « Corps 16 », 1998, 96 pages.

[Contient : « L’oiseau de paradis » (« Ave de parai?so ») ; « La cueillette » (« Colheita ») ; « I love my husband » (« I love my husband ») ; « Le jardin des oliviers » (« O jardim das oliveiras »)].



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