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RAMOS, Graciliano

[BRÉSIL] (Quebrângulo, État d’Alagoas, 1892 – Rio de Janeiro, 1953). Aîné de quinze frères et sœurs, il quitte le collège à l’âge de quatorze pour aider son père, alors commerçant. En 1914, il part à Rio où il est correcteur de presse. Sa famille le rappelle en 1915. II se marie (mais sera veuf cinq ans plus tard) et partage son temps entre le commerce et les lettres ; il publie des chroniques sur les coutumes locales et les types régionaux. Il est élu maire en 1928, puis, en 1933, il est nommé directeur de l’Instruction publique d’Alagoas. En 1936, accusé de communisme, il est arrêté et emprisonné. Libéré en 1937, il se fixe dans la capitale et vit de sa plume. En 1939, il est Inspecteur fédéral de l’enseignement. En 1951 il est élu président de l’Association brésilienne des écrivains. L’année suivante, invité à Moscou pour le 1er mai, il visite une partie de l’Europe, mais, atteint d’un cancer aux poumons, il décède quelques mois après l’hommage rendu pour ses soixante ans.

Son œuvre, à la fois dense et ample comme le génie de cet écrivain singulier, comprend des romans : Caetés (1933), São Bernardo (São Bernardo, 1934), Angoisse (Angústia, 1936), Sécheresse (Vidas secas, 1938), des nouvelles et des contes : Dois Dedos (1945), Insomnie (Insônia, 1947), des livres pour enfants : A terra dos Meninos Pelados (1939), Historias de Alexandre (1944), des chroniques : Linhas tortas (1962), Viventes dos Alagoas (1962), des récits autobiographiques : Enfance(Infância, 1945), Mémoires de prison (Memórias do cárcere, posth, 1953), des relations de voyages, Viagem (posth., 1954) et des lettres, Cartas (posth., 1981). Plusieurs adaptations cinématographiques réalisées par Nelson Pereira dos Santos (Vidas secas, 1963 ; Insônia, 1980 ; Memórias do cárcere, 1984).

« Toute son œuvre est profondément marquée par un Nord-Est dépourvu d’exotisme : ni description complaisante des paysages, ni vision paternaliste des problèmes, mais attitude critique, étude de l’homme dans son milieu, sa lutte pour la survie, dans ses souffrances et ses aspirations. Les trois premiers romans, écrits à la première personne, se livrent à une dissection psychologique de l’être. Un peu timide dans Caetés, où le héros, employé de commerce, écrivain raté, nourrit une passion coupable pour la femme de son patron, elle s’affine dans São Bernardo et Angoisse. L’homme est seul, confronté au mal, sans perspective de salut, dans une société moralement et politiquement corrompue. Dans Sécheresse, seul roman à la troisième personne, comme dans les nouvelles, l’analyse psychologique cède le pas à l’étude des conditions de vie. Dans les mémoires, Enfance et Mémoires de prison, biographie et fiction se mêlent étroitement dans l’injustice et l’incompréhension de certaines situations de l’enfance, comme dans la violence et l’arbitraire de la prison sous la dictature de G. Vargas. À l’image de l’univers hostile, le style est sec et dépouillé. L’adjectif est banni, G. Ramos recherche la concision, le mot juste ; les expressions populaires sertanejas font leur entrée en littérature. Il s’élève contre le langage pédant et fleuri des “ bacheliers ”. Ramos a su capter l’essentiel de la personnalité humaine, réconciliant régionalisme et universalité. » (Jacqueline Penjon)

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « Jalousie » (« Ciu?mes »), nouvelle extraite du recueil Insomnie (Insônia, 1947), traduite du portugais (Brésil) par Mario Carelli, dans Fleur, téléphone et jeune fille, L’Alphée, 1980.

 

LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]São Bernardo (São Bernardo, 1934), roman, traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1986, 184 pages.

Rien ne laissait prévoir que Paulo Honório, un jour, tenterait d’écrire son histoire. Orphelin pauvre, ne connaissant même pas la date de sa naissance, il est devenu un propriétaire terrien sans scrupules, brutal et agressif. Il maltraite ses paysans, escroque ses voisins, intrigue lors des échéances électorales. Homme d’action, il ne prend la plume que poussé par l’échec de sa vie : le suicide de Madalena, la jeune institutrice que, dans sa quarante-cinquième année, il a épousé par amour. Mais jamais la jeune femme n’a accepté la conduite de Paulo, ni sa jalousie – au point de préférer mourir plutôt que d’obéir à sa loi. De cette perte, Paulo Honório ne se console qu’en tentant de revivre, par l’écriture, l’itinéraire qui fut le sien. Assis à sa table, fumant la pipe et buvant du café devant « le feuillage noir des orangers la nuit », il trouve une sorte de sérénité. Devant nous resurgissent les épisodes les plus divers de son existence, les premières rencontres avec Madalena, la mort, sa solitude actuelle, avec ce fils que Madalena lui a donné et qu’il n’aime pas. São Bernardo est un roman d’apprentissage à rebours, dans lequel un homme vieillissant s’efforce de comprendre son trouble passé à l’aide de mots qu’il doit retrouver au-delà de sa mémoire, derrière le langage utilitaire qui a été le sien toute sa vie. (Présentation de léditeur)

 


ISBN [FICHE LIVRE]Angoisse (Angústia, 1936), roman, traduit du portugais (Brésil) par Geneviève Leibrich et Nicole Biros. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1992, 288 pages. 

« “ La liberté complète, personne n’en jouit : nous commençons par être opprimés par la syntaxe et nous finissons dans les filets du Commissariat à l’ordre politique et social, mais dans les limites étroites où nous enserrent la grammaire et la loi nous pouvons encore bouger ”, écrit-il au début des Mémoires de prison en relatant les événements de cette dure année 36, année où il achève d’écrire Angoisse – un titre qui correspond bien au climat de l’époque qu’il faut résumer brièvement. À la suite de la révolution populaire de 1930, un violent clivage politique s’était installé sous la poussée de mouvements extrémistes. En 1936, le fascisme gagnait du terrain, Getulio Vargas s’apprêtait à instaurer la dictature de l’Estado Novo. Préventivement, on remplit les prisons, à l’aveuglette parfois. Graciliano Ramos fut du nombre de ces victimes. Il était alors directeur de l’Instruction publique de l’État d’Alagoas, son État natal du Nordeste. Sa santé était mauvaise, il avait de jeunes enfants et pas d’argent. Malgré ses réticences et alors qu’il était encore en prison, Angoisse fut publié grâce avant tout à la détermination de sa femme et au courage d’un éditeur. Graciliano Ramos, lui, aurait voulu passer au crible son roman, voire en supprimer un tiers. Tel quel, Angoisse obtint un succès énorme. (...) Dans ce récit d’une obsession, Graciliano Ramos déverse toutes ses hantises avec une sorte de lyrisme abrupt : son horreur pour la bureaucratie, les conservateurs et les massacreurs de la grammaire ; son aversion pour une ville ensevelie sous une tristesse compacte, opaque, peuplée d’une misère mesquine. Le récit est sans cesse haché par de brusques échappées dans le passé, dans l’univers rural de l’enfance, le sertão aride et brutal. Des images goyesques surgissent. Et malgré les frustrations auxquelles cet univers rude s’associe (il faut à ce sujet relire Enfance), ces retours fantasmatiques au sertão font figure de rédemption. Au carrefour de la biographie et de la fiction, Angoisse est comme un pivot dans l’œuvre de Graciliano Ramos. » (Alice Raillard, La Quinzaine littéraire, n°604, juillet 1992)

 

Sécheresse (Vidas secas, 1938), roman, traduit du portugais (Brésil) par Marie-Claude Roussel. [Paris], Éditions Gallimard, « La Croix du Sud », 1964, 196 pages, épuisé./ [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1989, 200 pages. 

* Nouvelle traduction sous le titre :

ISBN [FICHE LIVRE]Vies arides (Vidas secas, 1938), traduit du portugais (Brésil) par Mathieu Dosse. [Paris], Éditions Chandeigne, « Lusitane », 2014, 160 pages.

Dans les régions reculées du Nordeste brésilien, s’étend le sertão, désert où la pluie est rare et où seules les herbes épineuses de la catinga parviennent à s’épanouir. Beaucoup de familles abandonnent ce « polygone de la sécheresse » pour trouver de l’eau. Fabiano le vacher, sa femme Sinha Vitória, leurs deux fils et leur chien Baleine font partie de ces infortunés fuyant la famine et la misère. Après une longue marche éprouvante, ils trouvent refuge dans une ferme abandonnée par son propriétaire. La remise en l’état de l’édifice et l’arrivée de l’hiver propice aux pluies redonnent de l’espoir et ravivent les désirs de chacun : Fabiano et son aspiration à communiquer avec les hommes de la ville, Sinha Vitória et son envie d’un lit en cuir, le fils cadet et son ambition de dompter les chevaux sauvages, le fils aîné et sa fascination pour l’au-delà. Mais rapidement, la fatalité reprend ses droits et l’arrivée d’une nouvelle sécheresse fait basculer ce semblant de bonheur à un retour à l’exil.

Publié en 1938, ce roman de Graciliano Ramos a bouleversé les canons de la littérature brésilienne. En proposant un style dépouillé, sec et tendu, à l’image du sertão, Ramos parvient à concentrer en quelques mots la subtilité de la détresse humaine. Souvent fantasmé, fréquemment narré, le sertão a été rarement aussi bien décrit que par la plume de l’un des auteurs les plus remarqués et admirés au Brésil. Cette œuvre concise et très cruelle réunit admirablement l’unicité de la situation sociale d’un Brésil asséché et l’universalité des émotions humaines. Considéré comme l’un des livres majeurs du XXe siècle, Vies arides a déjà été traduit en français en 1964. Il est aujourd’hui réédité dans une nouvelle traduction qui se rapproche au plus près du texte original. (Présentation de léditeur)

 

Enfance (Infância, 1945), mémoires, traduit du portugais (Brésil) par G. Gougenheim. [Paris], Éditions Gallimard, « La Croix du Sud », 1956, 276 pages, épuisé.

 * Réédition :

ISBN [FICHE LIVRE]Enfance. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1991, 256 pages.

Les souvenirs d’enfance de Graciliano Ramos sont un ouvrage classique au Brésil. Ils offrent un tableau de la vie du Nord-Est brésilien aux alentours de 1900 – une vie rude et âpre, conditionnée par l’extraordinaire violence des saisons : tour à tour les pluies noient le paysage et transforment en bourbier les rues des villes puis une sécheresse effroyable décime les troupeaux. Le pays sort à peine de la crise qui a suivi l’abolition de l’esclavage. La vie sociale a gardé un caractère primitif, la vie politique est brutale et arbitraire, les mœurs rudes. L’enfant s’éveille à la vie de l’esprit et des sens, d’abord dans la facenda paternelle, perdue dans la campagne aride ; puis dans le bourg tout proche, enfin dans la petite ville. Le passé se recompose autour d’un mot, d’un objet, et nous accompagnons l’écrivain dans sa recherche d’un temps perdu, d’un Brésil encore récent, et cependant aussi éloigné de nous que peut l’être une société patriarcale à peine effleurée par la civilisation moderne. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Insomnie (Insônia, 1947), nouvelles, traduites du portugais (Brésil) par Michel Laban. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1998, 160 pages.

[Contient : « Insomnie » (« Inso?nia ») ; « Un voleur » (« Um ladra?o ») ; « L’horloge de l’hôpital » (« O relo?gio do hospital ») ; « Paulo » (« Paulo ») ; « Luciana » (« Luciana ») ; « Minsk » (« Minsk ») ; « L’arrestation de J. Carmo Gomes » (« A prisa?o de J. Carmo Gomes ») ; « Deux doigts » (« Dois dedos ») ; « Le témoin » (« A testemunha ») ; « Jalousie » (« Ciu?mes ») ; « Un pauvre diable » (« Um pobre diabo ») ; « Une visite » (« Uma visita ») ; « Silveira Pereira » (« Silveira Pereira »)].

Qu’elles évoquent les interrogations existentielles surgissant au cours d’une nuit d’insomnie, le délire d’une agonie dans une chambre d’hôpital, l’angoisse du cambrioleur aux prises avec ses fantasmes ou encore l’absurdité d’une démarche faite à contrecœur auprès d’un politicien infatué, ces nouvelles nous mènent aux zones troubles de la conscience en crise. Le personnage de l’écrivain est lui-même observé, sous un éclairage sinistre, relevé parfois d’une touche d’humour acide. Un seul domaine semble épargné, celui de l’enfance : deux nouvelles sont consacrées au monde fantasque d’une fillette jouant à la grande dame dans un monde qui s’obstine à ne pas la comprendre. Pourtant, à y regarder de plus près, le lecteur découvre certains replis qui pourraient bien préfigurer de plus graves complexités. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Mémoires de prison (Memórias do cárcere, posth, 1953), mémoires, traduit du portugais, préfacé et annoté par Antoine Seel et Jorge Coli. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1988, 696 pages.

En 1936, Graciliano Ramos est directeur de l’Instruction publique de l’État d’Alagoas, dans le Nordeste brésilien. C’est aussi un écrivain connu. Il vient de publier SãoBernardo, il achève Angoisse. Ce qu’il écrit, ce qu’il pense composent de lui la figure d’un homme libre. Il n’en faut pas davantage alors pour devenir suspect : le climat politique est tendu, GetúIio Vargas prépare le coup d’État qui installera la dictature de l’Estado Novo. Les prisons se remplissent. Les communistes sont visés, mais aussi tout ce qui peut faire obstacle aux desseins de l’homme fort du Brésil : la gauche, les libéraux, les intellectuels, les étrangers. Un jour de mars de cette année agitée, Graciliano Ramos est arrêté, sans motif, sans explication. Pendant onze mois ce seront la même opacité, la même angoissante absurdité. Le fond de l’horreur est atteint au bagne d’Ilha Grande, colonie pénitentiaire sous les tropiques. Là sont parqués « politiques » et prisonniers de droit commun. Lorsqu’il quitte la colonie, Graciliano Ramos, à quarante-quatre ans, est un vieillard épuisé. Dix ans plus tard, il entreprend la rédaction de ses Mémoires de prison. Un projet longuement médité, longtemps ajourné. Il y consacrera les dernières années de sa vie. Livre de la mémoire, cet ouvrage ne sera pas un pamphlet politique. Graciliano Ramos se garde aussi de tout exhibitionnisme. Ce qu’il veut, c’est communiquer le plus aigu des sensations, des situations, des sentiments. Cette recherche au fond de soi et des autres était indissociable d’une réflexion sur la véracité du récit : une entreprise de rigueur. (Présentation de léditeur)

 

 SUR L’AUTEUR

Manuel Bandeira, Aluísio de Azevedo, Graciliano Ramos, Ariano Suassuna. Séminaires, février 1974. Textes en français et en portugais. [Poitiers], Publications du CRLA (Centre de recherches latino-américaines) de l’Université de Poitiers, 1975, 168 pages, épuisé.

 

Autour de Graciliano Ramos. Textes de Armelle Le Bars-Poupet, Ria Lemaire, Annick Moreau, Maria Adelaide Bertucci de Azevedo, Ariane Witkowski et Eliana Bueno-Ribeiro, dans Essais de littérature et de culture brésilienne. Sous la direction de Eliana Bueno-Ribeiro. [Paris], Ambassade du Brésil, 1998, hors-commerce. 



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