Newsletter







Identifiez-vous




La librairie

    • La librairie Compagnie
    • 58, rue des Ecoles
      75005 Paris
    • Téléphone
    • 01 43 26 45 36
    • Fax
    • 01 46 34 63 37
    • Horaires
    • du lundi au samedi de 10h30 à 20h15

RIBEIRO, Darcy

[BRÉSIL] (Montes Claros, État du Minas Gerais, 1922 – Brasília, DF, 1997). Darci Ribeiro. Anthropologue et spécialiste des tribus indiennes d’Amazonie. Il a été le premier à donner l’alerte alors que le gouvernement central les sacrifiait au nom de l’implantation des compagnies multinationales. Nommé recteur de l’Université de Brasilia lors de sa création, il fut ensuite ministre de l’Éducation et conseiller personnel du président Goulart. Exilé après le coup d’État militaire de 1964, il a enseigné dans divers pays d’Amérique latine et notamment au Pérou, avant de résider de nouveau au Brésil à partir de 1976. Outre ses nombreux travaux scientifiques, il a écrit des romans, dont le remarquable Maïra (Maïra, 1976), plongée sans précédent dans le monde indien et cela sur trois plans : celui des dieux, celui des Indiens, celui des Blancs.

« Anthropologue, je m’étais fixé un but on ne peut plus généreux : je voulais sauver les Indiens du Brésil. Rien de moins. Je m’y suis employé trente ans, sans succès. Je voulais les sauver des atrocités qui, rien que depuis le début du XXe siècle, ont entraîné l’extermination de plus de quatre-vingts peuples indiens sur un total de deux cent trente... Les sauver de l’expropriation de leurs terres, de la pollution de leurs eaux, de la destruction de leurs eaux, de celle de la faune et de la flore qui conditionnent leur mode de vie et dont le saccage et la dégradation transforment les Indiens en morts-vivants... Les sauver de l’amertume et du découragement que sèment dans leurs villages le comportement des missionnaires, des fonctionnaires supposément chargés de les protéger, des scientifiques de toutes sortes, mais surtout des propriétaires terriens qui déploient mille ruses pour les priver de leur droit le plus élémentaire : celui d’être et de rester ce qu’ils sont. » (Magazine littéraire, septembre 1982).

 


ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « Maîtres et esclaves », prologue au livre de Gilberto Freyre (recueilli dans Ensaios insolitos, 1979), traduit du portugais (Brésil) par Inês Oseki-Dépré, dans le Magazine littéraire n°187, 1982.

* « J’ai échoué », traduit du portugais (Brésil) par Ugné Karvelis, dans le Magazine littéraire n°187, 1982.

* « Chant de Vilenca », recueilli par D. Ribeiro dans Kadiwéu (1979), traduit du portugais (Brésil) par Max de Carvalho dans La Treizième n°2, 1987.

* Entretien (propos recueillis par Henri Raillard), dans La Quinzaine littéraire n°484, 1987.

* « Amazonie. Indiens toujours vivants », traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thiériot, dans Le Monde des débats, Paris, janvier 1995.

 

LIVRES (Traductions françaises)

LEnfantement des peuples (Propuestas acerca del subdesarollo, 1970), traduit de l’espagnol par François Malley. [Paris], Éditions Le Cerf, « Terres de Feu » n°4, 1970, 128 pages, épuisé.

 

Frontière indigènes de la civilisation (Fronteras indígenas de la civilización. Os Índios e a Civilização. A integração das populações indígenas no Brasil moderno, 1970), traduit de la version espagnole du texte par Christiane Bricot-d’Ans, présentation par André-Marcel d’Ans, préface de Robert Jaulin. [Paris], UGE, « 10-18. Série 7 » n°1316, 1979, 476 pages, épuisé.

 

Maïra (Maíra, 1976), roman, traduit du portugais (Brésil) par Alice Raillard. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1980, 396 pages, épuisé.

* Réédition :

ISBN [FICHE LIVRE]Maïra, avec une postface par Alfredo Bosi. [Paris], Éditions Gallimard, « L’Étrangère », 1997, 464 pages.

Voici un livre unique, car il donne à entendre comme en direct la voix des Indiens d’Amazonie, le cri d’une civilisation agonisant faute de pouvoir s’adapter aux normes technologiques de notre société. À travers le destin d’Ava, devenu Isaïas en se convertissant au christianisme, et celui d’Alma, jeune Blanche qui décide de remonter le fleuve en quête d’un monde moins frelaté, nous pénétrons dans l’univers quotidien des Indiens du Brésil : une cosmogonie où chaque être, chaque animal, chaque végétal a une place bien précise, qui unit l’homme au grand Tout de la forêt. Les Indiens de Maïra ne sont pas de « bons sauvages », mais bien des hommes d’aujourd’hui, en situation de transhumance culturelle entre deux civilisations dont chacune exclut l’autre. Isaïas part pour le séminaire, à Rome. Obsédé par le souvenir de son village, rongé de doutes, il demande à revoir les siens avant d’être ordonné prêtre. Il ne reviendra plus chez les Blancs : redevenu Ava, il se pliera aux exigences ataviques et deviendra chef de sa tribu. Alma, en crise d’identité, s’intègre à cette communauté qui persiste à affirmer sa vérité, bien que menacée de toutes parts. On la trouvera morte, ayant donné naissance à deux jumeaux mort-nés. Pendant ce temps, les deux jumeaux mythiques – Maïra le Soleil et Micura la Lune – assistent, impuissants, au déclin de leur petit peuple. Seul Darcy Ribeiro, homme de science et homme d’action, pouvait écrire ce livre. Pendant des années, il ne cessa de dénoncer ce scandale du « miracle économique » brésilien qu’était l’extermination des tribus amazoniennes, au cœur d’une forêt d’où ne nous parvenait aucune nouvelle. Dans ce roman-vérité qui ne cesse de dépayser, il se fait leur porte-parole, voix vibrante et lyrique renouant avec la tradition orale d’hommes qui ignorent les communications de masse. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Utopie sauvage. Souvenirs de l’innocence perdue. Une fable (Utopia selvagem. Saudades da inocência perdida. Uma fábula, 1982), roman, traduit du portugais (Brésil) par Ana de Alencar. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1990, 192 pages. 

Dans cette fable, on découvre comment Gasparino Carvalhal, lieutenant de la Glorieuse Armée Nationale, devient Pitum chez les Amazones, puis le drolatique Zoreilles chez les Galibis, paisibles Indiens à l’innocence colorée et savoureusement décrite. De l’Eldorado à la Guerre de Guyane, des tribus amazoniennes, et ses missionnaires aux révélations d’un document volé sur l’Utopie Multinationale de Próspero, l’Empereur Immaculé, c’est un Brésil à la fois mythique et réel que l’on retrouve dans ce texte. Érudite, moqueuse et libertaire, une voix y bavarde sans cesse sur la civilisation et le monde des Indiens, avec leurs « mains si habiles à tout faire. Mains capables de porter à une perfection indicible les choses les plus simples, par pure joie de créer, car ils ne savent pas qu’ils travaillent. Leur fort néanmoins ne réside pas dans la sagesse du faire, mais plutôt dans l’art de cohabiter. En cela ils sont uniques. Ils organisent leur vie en communauté comme si l’important dans la vie était de vivre tous ensemble, de cohabiter librement, sans la peur ni de maîtres, ni de rois, ni de dieux. » Outre qu’écrivain, Darcy Ribeiro est anthropologue, homme politique et professeur. Avec cet ouvrage, il nous donne à lire ses obsessions, ses choix, sa révolte : « C’est le livre de mes lectures » – comme il le dit lui-même. Thomas More, Shakespeare, Rousseau, Swift, Tocqueville, Fourier, Hegel, Marx, Orwell et bien d’autres auteurs sont convoqués à son alchimie littéraire. Le résultat en est cette réflexion carnavalisée, profonde et délectable sur la « découverte » et la formation des peuples américains. (Présentation de léditeur)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Carnets indiens. Avec les Indiens Urubus-Kaapor, Brésil (Diários índios. Os Urubus-Kaapor, 1996), traduit du portugais (Brésil) par Jacques Thiériot, adresse de Jean Malaurie, préface de José Pasta. [Paris], Éditions Plon, « Terre humaine », 2002, XII-720 pages, illus.

Les Carnets indiens sont des carnets d’expéditions conduites entre 1949 et 1951 dans la forêt amazonienne chez les Urubus-Kaapor, descendants des célèbres Toupinamba aux rituels d’anthropophagie, peuple pacifié depuis seulement vingt ans et fragilisé par les épidémies, les conflits et une scandaleuse politique d’extermination menée à des fins économiques. « J’avais alors vingt-sept ans, la vigueur, la gaieté et la fougue de cet âge que je regrette infiniment. Et j’affrontais sans crainte des marches de mille kilomètres. » Comment traquer la vérité ? Qu’est-ce que la vérité d’un peuple ? Telle est la leçon méthodologique qui se dégage de ce journal unique dans l’anthropologie sud-américaine, où l’on retrouve cette force de vie dont le capitaine James Cook nous a donné l’inoubliable exemple. (Présentation de léditeur)



Haut de page >

Dictionnaire des auteurs

Dictionnaire

Haut de page >

L'actualité de la librairie RSS FEED TWITTER FEED FACEBOOK FEED

Le billet de la librairie

  • Huysmans et les écrivains "fin-de-siècle"

    On désigne par l’expression “fin de siècle” des mouvements culturels et artistiques français comme le symbolisme, le décadentisme ou encore l’Art nouveau émergeant à la fin du XIXe siècle. Ce que l’on peut nommer comme un esprit ou une sensibilité commune fait souvent référence aux marqueurs culturels qui ont été reconnus comme prégnants au début des années 1880 et 1890, notamment l’ennui, le cynisme, un sentiment de finitude et une forme de mélancolie engendrées par les angoisses lié au progrès technique.

    30 novembre 2019

    >> Lire la suite

Facebook