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ABREU, Caio Fernando de

[BRÉSIL] (Santiago do Boqueirão, Rio Grande do Sul, 1948 – Porto Alegre, Rio Grande do Sul, 1996). Après des études de lettres et d’art dramatique à Porto Alegre et quelques publications en revues dès 1966, il s’installe à São Paulo en 1968 et travaille comme journaliste, notamment à la revue Veja puis au quotidien O Estado de São Paulo. En 1969, il publie son premier recueil de nouvelles, Inventário do irremediável, suivi de O ovo apunhalado (1975), Pedras de Calcutá (1977), Triângulo das águas (1984), Morangos mofados (1982) et Les Dragons ne connaissent pas le paradis(Os dragões não conhecem o paraíso, 1989). Il est également l’auteur de deux romans : Limite branco (1970) et Qu’est devenue Dulce Veiga ? (Onde andará Dulce Veiga ? um romance B, 1991), de chansons, de poèmes, de huit pièces de théâtre, de livres pour enfants et de plusieurs scénarios (Aqueles dois, 1985, réal. Sergio Amon). Mort du sida le 25 février 1996.

 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions françaises)

* « L’ennemi secret » (« O inimigo secreto »), nouvelle extraite du recueil Pedras de Calcutá (1977), traduite du portugais (Brésil) par Jean-Claude Vignol, dans Menaces, Éditions L’Atalante, 1993.

 

LIVRES (Traductions françaises)

ISBN [FICHE LIVRE]Les Dragons ne connaissent pas le paradis. Six nouvelles tirées des recueils Morangos mofados (1982) et Os dragões não conhecem o paraíso (1988), traduites du portugais (Brésil) par Claire Cayron et Alain Kéruzoré. [Bruxelles], Éditions Complexe, « Heure furtive », 1992, 136 pages.

[Contient : « Belle : une histoire horrible » (« Linda, Uma História Horrível ») ; « Belle de nuit » (« Dama da Noite ») ; « Petit monstre » (« Pequeno Monstro ») ; « Le sergent Garcia » (« Sargento Garcia ») ; « Miel et tournesol (en écoutant un disque de Nara Leão) » (« Mel & Girassóis ») ; « Les dragons ne connaissent pas le paradis » (« Os Dragões Não Conhecem o Paraíso »). Postface : Claire Cayron, « Les enfers de Caio »].

 

ISBN [FICHE LIVRE]LAutre voix. Dix nouvelles tirées des recueils Morangos mofados (1982) et Os dragões não conhecem o paraíso (1988), traduites du portugais et postfacé par Claire Cayron et Alain Kéruzoré. [Bruxelles], Éditions Complexe, « Heure furtive », 1994, 120 pages.

[Contient : « Une petite plage de sable clair, là-bas au bord de la rivière » (« Uma Praiazinha de Areia Bem Clara, Ali, na Beira da Sanga ») ; « Face à la mer » ; « À l’occasion d’une grande peine » (« Pela Passagem de uma Grande Dor ») ; « Dialogue » (« Diálogo ») ; « Ces deux-là » (« Aqueles Dois ») ; « Photographies » (« Fotografias ») ; « Fraises moisies » (« Morangos Mofados ») ; « Les survivants » (« Os Sobreviventes ») ; « Le garçon le plus triste du monde » (« O Rapaz Mais Triste do Mundo ») ; « Feuilles mortes » ; « L’autre voix » (« A Outra Voz »)].

« Sur Une petite plage de sable clair, là-bas au bord de la rivière, un drame s’est joué. Face à la mer ou en écoutant À loccasion dune grande peine – mélodie d’Erik Satie – le Dialogue est malaisé. Impossible ? Non, pas pour Ces deux-là, malgré l’hostilité qui les entoure. Dans la dépersonnalisation engendrée par le monde moderne et la vie urbaine, les Photographies remplacent la chaise vide. Un goût de Fraises moisies persiste jusqu’au lever du jour. Quelque part dans Rio de Janeiro, un couple, en proie à la médiocrité de son quotidien professionnel, affectif et sexuel, joue Les survivants. Dans un bar évoquant un aquarium aux eaux sales, un homme de presque quarante ans rencontre un garçon de presque vingt, Le garçon le plus triste du monde. D’où vient la tristesse ? Peut-être d’une lointaine culpabilité que la chanson Feuilles mortes vient ressusciter. Alors, emmuré, dans l’effroi de l’âme, on entend, à cinq heures et quart de l’après-midi, la sonnerie du téléphone et Lautre voix. Ainsi vont les histoires du deuxième recueil de nouvelles de Caio Fernando Abreu. Même univers aussi peu tropical que possible pour ce Brésilien qui ne connaît plus que le monde déshumanisé de l’asphalte et revendique, avec une violente douceur, l’affirmation de l’identité hors des conventions, dans l’exploration des profondeurs, et jusqu’à la “folie”. » (Claire Cayron)

 

ISBN [FICHE LIVRE] Quest devenue Dulce Veiga ? (Onde andará Dulce Veiga ? um romance B, 1991), roman, traduit du portugais (Brésil) et postfacé par Claire Cayron. [Paris], Éditions Autrement, « Littérature », 1994, 244 pages.

 

Ceux qui l’ont connue parlent encore d’elle au présent : elle, la grande Dulce Veiga, qui un beau soir a quitté la scène sans explication. Qu’est-elle devenue ? Est-elle morte, s’est-elle transformée en l’une de ces idoles déchues qui n’intéressent que les rubriques de faits divers ? Mais qu’importe : vingt ans ont passé et les Dulce Veiga d’autrefois ont cédé la place à des stars plus agressives, dans une cité infernale où les secrets trop bien gardés explosent au visage de ceux qui veulent les désamorcer. Le narrateur chargé de l’enquête n’y croit guère au début, même si les coïncidences le guettent. Plus l’énigme se dévoile, plus la vérité se joue de celui qui la cherche, obstiné, à travers l’ombre dorée des émotions perdues. (Présentation de léditeur)


 

ISBN [FICHE LIVRE]Bien loin de Marienbad / Bem longe de Marienbad. Édition bilingue, traduit du portugais (Brésil) par Claire Cayron, suivi d’un entretien de l’auteur avec Bernard Bretonnière. [Saint-Nazaire], MEET / Éditions Arcane 17, 1994, 96 pages, épuisé.

 

ISBN [FICHE LIVRE]Brebis galeuses. Textes de 1962 à 1995 (O velhas negras, 1995), traduits du portugais (Brésil) par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 2002, 294 pages. 

« Textes incomplets, fictions sans destin arrêté, fragments de journal, récits de rêves, chapitres exclus, dialogues sans partenaire, textes purement pornographiques, extraits de livres qui n’ont jamais existé, composent le troupeau de ces brebis galeuses errant dans l’âme de l’écrivain. Il s’agit d’une mise à nu, mais ici le risque de pornographie attaché au nu se change en audacieux abandon. L’amour extrême exige la nudité complète et Caio Fernando Abreu, sans les pudeurs de l’écrivain professionnel, de celui qui devrait préserver une image nette et protocolaire, s’expose tout entier. Ces brebis obscures, dénuées de grandeur et chargées d’incomplétude, offertes en place d’un lion arrogant, projettent une clarté inattendue. Caio nous livre ses brouillons spirituels en eux, comme des traces millénaires, est inscrit le pouvoir des mots. Il n’est pas d’un écrivain quelconque de se permettre un tel saut dans l’obscur. » (José Castello, Estado de São Paulo, 20 juillet 1995)

 

Lauteur-bon pasteur

« Je ne fais pas partie des écrivains hystériques qui déchirent et jettent. Au contraire, je garde toujours les différentes versions d’un texte, depuis la phrase écrite une serviette de bar jusqu’à l’impression sur ordinateur. Manque de rigueur ? Peu m’importe. De cette obsession est né Brebis galeuses, un livre qui s’est fait tout seul durant 33 ans. De 1962 à 1995, de 14 à 46 ans, de frontière avec l’Argentine à l’Europe. Je n’arrive pas à le considérer – même s’il vient à en être accusé, car les écrivains brésiliens généralement sont accusés, pas critiqués – comme un vil fond de tiroir, mais plutôt comme une espèce d’autobiographie fictionnelle, un choix de textes qui finalement n’ont pu figurer dans d’autres livres. Certains parce qu’ils ont été interdits par la censure militaire ; d’autres par moi-même qui les ai condamnés comme obscènes, cruels, puérils, hermétiques, etc. ; d’autres encore juste parce qu’ils ne cadraient pas avec l’unité thématique ou/et formelle que j’ai toujours recherchée dans mes recueils de nouvelles. C’étaient et ce sont encore des textes marginaux, bâtards, déshérités. Des mauvaises herbes, peut-être, et c’est d’ailleurs un titre auquel j’ai pensé. Certains ont été publiés dans des anthologies, des revues, des journaux, des éditions alternatives. Mais la plus grande part est composée de textes inédits relégués dans des classeurs poussiéreux dispersés dans plusieurs villes, et qu’aujourd’hui seulement – en bon pasteur que je prétends être – j’ai pu réunir. Chaque texte a son « histoire du texte », souvent encore plus folle que le texte lui-même, et ces histoires-là sont aussi présentes sous forme de mini-préfaces. L’ordre est presque chronologique, mais pas rigoureux : certains avaient la même âme, à des époques différentes, et je les ai regroupés dans la même, disons, infirmerie.

Il y avait près de six-cent pages et une centaine de textes, donc matière à au moins trois troupeaux... Ce qui figure ici est ce qui m’a paru « le meilleur », mais ce « meilleur » est parfois « le pire » – comme la nouvelle archéologique intitulée « La Malédiction des Saint-Marie », mélodrame écrit à 14 ans. C’est sûr : on trouvera dans ce recueil de l’auto-complaisance, de l’avant-gardisme, des folies de jeunesse, des délires lysergiques, des pièces de musée. Mais je ne l’assumerais pas si, comme mes autres brebis saines et publiées, je ne me sentais pas capable de le défendre bec et ongles contre les méchants loups du « bon goût » stérile et institué.

En remuant – malgré une allergie à la poussière – des dizaines de classeurs délabrés, jamais autant je n’ai eu la certitude que créer c’est littéralement arracher, par un effort brutal, quelque chose d’informe au Chaos. Et j’avoue que les deux m’attirent, le Chaos et l’in- ou dif-forme. En fin de compte, comme la chanteuse Rita Lee, j’ai toujours eu une tendresse très spéciale pour les plus galeuses des brebis. » (Caio Fernando Abreu, « O Autor-Pastor », 1995)

 

ISBN [FICHE LIVRE]Petites épiphanies (Pequenias epifanias. Crônicas, 1986-1995, 1996), traduits du portugais et préfacés par Claire Cayron. [Paris], Éditions José Corti, « Ibériques », 2001, 218 pages.

[Les 62 chroniques réunies sous le titre Petites Épiphanies ont paru dans le grand quotidien O Estado de Sào Paulo, et dans le magazine Zero Hora à partir de février 1995].

« Jai beaucoup travaillé, sans doute est-ce pourquoi je pense à vous de cette manière. Des espaces azurés apparaissent quand je pense à vous. Dans ma pensée, vous ne me reprochez jamais dêtre un peu fou, mélodramatique, et je pense alors gaze, nuage, château, parfum, brise, turquoise et brin dosier. Et je pose ma tête sur votre épaule ou vous posez la vôtre sur la mienne, peu importe, et nous restons ainsi tellement longtemps que la terre tremble, des volcans explosent, des épidémies se propagent, et nous ne nous rendons compte de rien, nombril du monde. Je touche votre main, vous touchez la mienne.

 

Cela dure si longtemps quil faut trois mille jours pour que je parvienne à bien vous regarder au fond des yeux ; alors je plonge dans des eaux vertes si cristallines que les algues de la surface se dessinent sur le sable blanc du fond. En apnée, je pêche des perles. Je sais que cest un peu idiot, mais jaime à penser de cette manière, et si je suis debout dans lomnibus je lâche un peu la barre métallique afin que mon corps se balance comme sil était à bord dun navire, ou de vous. Je ferme les yeux, cest si bon, vous nimaginez pas. Je soupire beaucoup en pensant à vous ; pleurer ? il marrive de pleurer, aussi souvent. Je ralentis le pas, certain quau prochain coin de rue, qui sait... Je nai pas été très disponible, dernièrement, mais je pense tellement à vous quau moment de mendormir quelquefois je souris et passe le bout de mon doigt sur le lobe de votre oreille et répète répète à voix basse je taime tant dors avec les anges. Après quoi cest moi qui mendors et qui rêve, qui rêve danges. Nuages, espaces azurés, perles au fond de la mer. Clac ! comme si cétait vrai : un baiser. » (Extrait)



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    27 septembre 2019

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