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MATURIN, Charles Robert

 [IRLANDE] (Dublin, 1780 – Dublin, 1824). Issu d’une famille protestante aisée, il fait ses études à Trinity College, à Dublin. Ordonné dans l’Église anglicane en 1803, il épouse Henrietta Kingsbury, la fille du pasteur de Kildare et, après un bref séjour à Loughrea, dans le comté de Galway, il revient à Dublin où il demeura vicaire de St. Peter jusqu’à sa mort, écarté de toute promotion en raison de ses convictions calvinistes. Assailli par des difficultés financières, il se lance dans la littérature et fait au roman gothique une contribution éclatante avec The Fatal Revenge / Fatale vengeance (1807) et surtout avec Melmoth the Wanderer / Melmoth, l’homme errant (1820), apogée du genre déjà illustré par Horace Walpole, Ann Radcliffe et Monk Lewis. Ses pièces de théâtre sont de la même veine, notamment Bertram, sombre drame de la passion et de la vengeance, créé avec succès en 1816 par le célèbre acteur Edmund Kean. Dans l’intervalle, Maturin avait écrit des romans dont l’inspiration était plus spécifiquement irlandaise (The Wild Irish Boy / Le Jeune Irlandais, 1808 ; The Milesian Chief / Connal ou les Milésiens, 1812 ; Woman, or Pour et Contre / Eva, ou Amour et religion, 1818).

Polémiste anti-catholique, adversaire déterminé de l’union anglo-irlandaise, Maturin demeure avant tout l’auteur de Melmoth. D’une grande complexité structurelle, admiré de nombreux écrivains (de Baudelaire à André Breton, en passant par Lautréamont et Balzac qui en écrivit une suite en 1835 sous le titre Melmoth réconcilié), « cet authentique chef-d’œuvre du genre fantastique qui renouvelle le thème faustien de la révolte et de la soif de connaissance, est avant tout une fascinante fable métaphysique où le révérend Mathurin donne un relief éclatant au drame de l’homme déchiré entre des aspirations contradictoires. » (Claude Fiérobe).

 

ANTHOLOGIES / REVUES

* « Le château de Leixlip. Légende d’une famille irlandaise » (« The doomed sisters » / « Leixlip Castle », 1825), traduit de l’anglais par Georgette Camille, dans Nouvelles histoires de fantômes anglais (Parris, Gallimard, 1939) ; dans Anthologie du fantastique, éd. Roger Caillois (Paris, Club du meilleur livre, 1958 ; rééd. augmentée (Paris, Gallimard, 2 vol, 1966, 1977) ; dans Histoires de fantômes anglais (Paris, Gallimard, 1962) ; dans Histoires d’occultisme (Paris, Pocket, « La grande anthologie du fantastique », n°1461, 1977 ; dans La Grande anthologie du fantastique. Tome 3 (Paris, Omnibus, « Science-Fiction/Fantastique », 1997).

* « Le château de Leixlip. Légende d’une famille irlandaise », traduit de l’anglais par Claude Fierobe, dans Fantastiques irlandais (Presses universitaires de Reims, 1996) ; réédition dans LIrlande fantastique, (Rennes, Terre de Brume, 2002).

* Extrait du roman Le Jeune Irlandais (The Wild Irish Boy, 1808), traduit de l’anglais par Jean Labit, dans Trésor de la nouvelle de la littérature irlandaise, tome 1 (Paris, Les Belles Lettres, 2002).

 

LIVRES (Traductions)

* Traductions au XIXe siècle (toutes épuisées) :

Le Jeune Irlandais (The Wild Irish Boy, 1808), roman, traduit de l’anglais par la comtesse de Molé. [Paris], Mame et Delaunay-Vallée, 1828, 4 vols.

Connal, ou Les Milésiens (The Milesian Chief, 1812), roman, traduit de l’anglais par la comtesse de Molé. [Paris], Mame et Delaunay-Vallée, 1828, 4 vols.

Bertram, ou Le Château de Saint-Aldobrand (Bertram, or The Castle of St Aldobrand, 1816), tragédie en cinq actes, traduite librement de l’anglais par le baron Taylor et Charles Nodier. [Paris], Gide et Ladvocat, 1821, XI-178 pages, épuisé (les deux traducteurs ont donné l’année suivante, une version plus libre intitulée Bertram, ou Le Pirate, jouée le 26 novembre 1822 et publiée chez Quoy) / Bertram, University of Michigan Library (reprint), 2009, 208 pages / Bertram, édition bilingue. [Paris], Lance, Librairie pour les langues étrangères, 1832, 107 pages, épuisé.

La Famille de Montorio, ou La Fatale vengeance (The Fatal Revenge, or The Family of Montorio, publié sous le pseudonyme de Dennis Jasper Murphy, 1807), roman, traduit de l’anglais par Jean Cohen. [Paris], G. C. Hubert, 1822, 5 vols.

Eva, ou Amour et religion (Woman, or Pour et Contre, 1818), roman, traduit de l’anglais par Mme.... [Paris], J. G. Dentu, 1818, 4 vols. /Nouvelle traduction sous le titre : Les Femmes, ou Rien de trop, traduit de l’anglais par Mme Elizabeth de Bon. [Paris], Grandin, 1820, 3 vols, épuisé.

L’Homme du mystère, ou Histoire de Melmoth le voyageur (Melmoth the Wanderer, 1820), roman, traduit de l’anglais par Mme E. F. B. (Émile Béguin). [Paris], Librairie Nationale et Étrangère (Delaunay), 1821, 3 vols. / Nouvelle traduction sous le titre : Melmoth, ou l’homme errant, traduit librement de l’anglais par Jean Cohen. [Paris], G. C. Hubert, 1821, 6 vols.

Les Albigeois. Roman historique du XIIe siècle (The Albigenses, 1824), roman, précédé d’une notice biographique sur le Rév. C. R. Maturin et ses ouvrages. [Paris], C. Gosselin, Mame et Delaunay-Vallée, 1825, 4 vol.

 

** Éditions et traductions contemporaines :

[FICHE LIVRE]Fatale vengeance, ou La Famille de Montorio, nouvelle traduction de l’anglais par Bernard Tissier, préface de Maurice Lévy. [Paris], Éditions Corti, « Domaine romantique », 1999, 690 pages.

C’est Melmoth qui valut au révérend Maturin, sa gloire et son surnom, « L’Arioste du crime », qui fascina des générations de lecteurs et d’auteurs (De Balzac à Eugène Sue, de Baudelaire à Breton). C’est Walter Scott qui le premier remarqua les mérites de ce premier roman et vanta sa puissance d’imagination peu commune dans la vague frénétique qui submergeait alors l’Angleterre. Maturin ne cherche pas en effet à écrire un roman à sensations de plus où s’accumulent gratuitement les horreurs, il veut illustrer notre comportement instinctif et les impulsions secrètes de la conscience profonde. La scène est en Italie, au château de Muralto, près de Naples. Sur la foi des accusations perfides d’un frère dénué de scrupules, le comte Orazio a jadis été conduit au meurtre et au désespoir : il a fait assassiner Verdoni, qu’on lui avait dit être l’amant de sa femme, Erminia. Il apprend plus tard – trop tard ! – que cette dernière, morte de chagrin, était parfaitement innocente. Il s’éloigne alors du théâtre de ses infortunes, échappe aux spadassins que son frère, qui s’est emparé de son titre, a mis à ses trousses, et médite à son égard une vengeance qu’il veut à la mesure du forfait. C’est cette vengeance qui fait l’objet du roman. (Présentation de léditeur)

 

* Réédition de l’adaptation du baron Taylor et de Charles Nodier (1821) :

Bertram, ou Le Château de Saint-Aldobrand, précédé de « Maturin et les romantiques français » par Marcel A. Ruff. [Paris], Éditions José Corti, 1956, 160 pages, épuisé (Marcel A. Ruff a également rédigé les notes, en y insérant les passages de la pièce omis à la représentation)

** Nouvelle traduction :

Bertram, traduit de l’anglais par Michel de M’Uzan, dans Théâtre populaire, n°9, septembre-octobre1954, épuisé.

 

* Rééditions de ladaptation de Jean Cohen (1821) :

Melmoth, lhomme errant, préface d’André Breton. [Paris], Le Club français du livre, 1954, épuisé.

Melmoth, ou l’homme errant, préface d’André Breton. [Paris], Éditions Jean-Jacques Pauvert, 1954, 616 pages, épuisé.

Melmoth, ou l’homme errant, réédition (sans la préface d’André Breton) dans Romans terrifiants, édition de Francis Lacassin. [Paris], Éditions Robert Laffont, « Bouquins », 1984, 948 pages.

** Nouvelle traduction :

Melmoth, l’homme errant, traduit de l’anglais par Maria De Fos. [Bruxelles-Livourne-Leipzig], Librairie internationale, A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1867, 426 pages, épuisé.

** Réédition de la traduction de Maria De Fos :

Melmoth, l’homme errant, (suivi de Melmoth réconcilié de Balzac). [Verviers], Éditions A. Gérard, « Marabout géant», n°279, 1967,478 pages, épuisé.

*** Nouvelle traduction :

[FICHE LIVRE]Melmoth l’homme errant, traduit de l’anglais par Jacqueline Marc-Chardourne, préface d’André Breton. [Paris], Éditions Jean-Jacques Pauvert, 1965, 1988, XXXI-660 pages, épuisé.

*** Rééditions de la traduction de Jacqueline Marc-Chardoune :

[FICHE LIVRE]Melmoth l’homme errant. [Paris], Éditions Phébus, « Domaine romanesque », 1996, 614 pages.

[FICHE LIVRE]Melmoth l’homme errant. [Paris], Éditions Phébus, « Libretto », n°14, 1998, 2003, 2011, 624 pages.

On ne raconte pas Melmoth (1820), livre-labyrinthe qui demeure comme le type achevé du roman noir : œuvre d’un Irlandais frénétique qui brosse sous nos yeux six cents pages durant, avec une ferveur dont il n’est pas d’exemple, la vie d’un « héros » tout entier voué au mal, pour qui le temps n’existe pas. On en sort sans voix. Pour la première fois ici en collection de poche dans sa version intégrale, ce vertigineux emboîtage de récits fascina Balzac, Baudelaire (qui rêva de le traduire), Lautréamont, Oscar Wilde, Antonin Artaud, André Breton – et ne demande qu’à faire de nouvelles victimes. (Présentation de léditeur)


SUR L’AUTEUR

— Claude Fierobe, Charles Robert Maturin (1780-1824), l’homme et l’œuvre. [Lille], Univerité de Lille / [Paris], Éditions universitaires, « Encyclopédie universitaires. Études irlandaises », n°2, 1974, 748 pages, épuisé.

 

— Claude Fiérobe, De Melmoth à Dracula. La littérature fantastique irlandaise au XIXe siècle, préface de Paul Brennan. [Rennes], Éditions Terre de Brume, « Terres fantastiques. Essais », 2000, 256 pages.

En 1800, la signature de l’Acte d’Union entre l’Angleterre et l’Irlande marque la naissance du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande. En perdant son propre Parlement, l’Irlande perd le symbole de son identité dans le concert des nations européennes. Pourtant, dans le même temps, la littérature irlandaise connaît un essor extraordinaire. En particulier, c’est l’Irlande qui donne à la littérature fantastique de langue anglaise ses œuvres majeures, tant dans le domaine du roman que dans celui de la nouvelle : C. Robert Maturin, J. Sheridan Le Fanu, Fitz-James O’Brien, Lord Dunsany, Oscar Wilde, Bram Stoker, sont tous irlandais. Le fantastique irlandais du XIXe siècle est l’écriture secrète et fiévreuse d’un traumatisme social, celui du déclin irrémédiable d’un ordre séculaire, avec ses normes et ses codes, imposé par la puissance colonisatrice. Les plus éminents représentants du genre appartiennent à l’Ascendancy protestante qui se sait condamnée, et leurs fictions insolites portent le nom de héros asservis par un déterminisme impitoyable : Melmoth l’homme errant, Oncle Silas, Carmilla, Dracula, Le Portrait de Dorian Gray. Dépossession, défiguration, errance : les images, empruntées au passé et réactualisées, disent la précarité de l’homme et l’impossible fondatrice de la littérature fantastique. (Présentation de l’éditeur)



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    26 octobre 2018

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