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HÜRLIMANN, Thomas

[SUISSE] (Zoug, 1950). Auteur reconnu de fiction et de théâtre. Après des études de philosophie à Zurich et à Berlin, il a travaillé comme assistant metteur en scène et conseiller littéraire au Schiller-Theater de Berlin, puis a enseigné à l’Institut littéraire allemand de Leipzig, avant de se consacrer exclusivement à l’écriture. Parallèlement à ses pièces, il est l’auteur une œuvre en prose récompensée par de nombreux prix et largement traduite. Une cinquantaine de titres, dont plus d’une vingtaine de romans depuis son premier ouvrage publié en 1980 (Grossvater und Halbbruder / Grand-Père et demi-frère).

 

ANTHOLOGIES / REVUES

* « Kreuzberg », extrait de Der Berliner Literaturpris (Berlin, Verlag Mathias Gaza, 1992), traduit de l’allemand par Gilbert Musy, dans La Revue de Belles-Lettres, n°2-4, Genève, 1993.

 

 

 

LIVRES (Traductions)

Grand-Père et demi-frère (Grossvater und Halbbruder, Frankfurt am Main, 1980; Zurich, Ammann, 1981), théâtre, traduit de l’allemand par Gilbert Musy. [Lausanne], Éditions d’En Bas,1990, 112 pages, épuisé.

 

La Tessinoise (Die Tessinerin, Zurich, Ammann,1981), nouvelles, traduit de l’allemand par Martine Magnaridès. [Vevey, Suisse], Éditions de L’Aire, « Lettres universelles », 1984 ; « L’Aire bleue », 1997, 144 pages.

Entre description réaliste et envolée onirique, Thomas Hürlimann puise dans son vécus ces histoires qui toutes portent le sceau de l’exil, de la séparation et de la mort. Qu’il cache sa mélancolie profonde sous un ton désinvolte ou qu’il rompe le fil de sa mémoire et du texte, l’auteur décrit doucement, l’air de rien parfois, mais impitoyablement, ses douleurs et celles des personnages qu’il met en scène. Six nouvelles où l’écriture se joue, se perd et se retrouve dans la description de la vie et de ses marges et où, par-delà délais arbitraires et retards fatals, l’histoire singulière devient histoire de tous. Ainsi, dans la nouvelle intitulée La Tessinoise, qui donne son titre au recueil, nous assistons à l’agonie d’une femme venue de son Tessin natal pour vivre aux côtés de l’instituteur d’Eutel, un petit village à côté d’Einsiedeln. Nouvelle dont le style recréateur nous fait partager le silence de l’ultime et impossible hommage : « Que ce soit l’instituteur d’Eutel près du lit de sa femme ou moi près du lit de mon frère – je voulais écrire à son sujet et ne peux le faire – il apprend qu’un être qui meurt vous devient étranger parce qu’il fait naître le silence, un silence solennel. »  [Présentation de l’éditeur]

 

[FICHE LIVRE]Le Pavillon du jardin (Das Gartenhaus, Zurich, Amman, 1989), nouvelles, traduit de l’allemand par Jeanne Étoré. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1992,144 pages.

À propos d’un détail dérisoire et poignant, un vieux couple se déchire, en un combat sournois dans lequel se réinvestissent les histoires personnelles (il était officier supérieur sorti du rang, elle était fille d’industriel) et où se reflètent, comme en un miroir minuscule, la Suisse actuelle et son histoire récente. « Comment s’instaure une fatalité? » L’auteur de cette nouvelle admirablement construite pose et traite la question avec toute la ruse tactique du dramaturge, mais aussi en poète qui sait marier en peu de mots l’humour, le rêve et le tragique. [Présentation de l’éditeur]

 

L’Ambassadeur (Der Gesandte, Zurich, Ammann, 1991), théâtre, traduit de l’allemand par Gilbert Musy. [Lausanne], Éditions d’En Bas, 1993, 84 pages.

 

La Ville satellite (Die Satellitenstadt, Zurich,Ammann, 1992), nouvelles, traduit de l’allemand par Gilbert Musy. [Lausanne], Éditions d’En Bas, 1994, 168 pages.

 

Napoléon chez les Waldstaetten (Der Franzos im Ybrig, Zurich, Ammann,1996), théâtre, traduit de l’allemand par Gilbert Musy. [Lausanne], Éditions d’En Bas, 1996, 96 pages.

 

[FICHE LIVRE]Mademoiselle Stark (Fräulein Stark, Zurich, Ammann, 2001), roman, traduit de l’allemand par Colette Kowalski. [Paris], Éditions du Seuil, 2004, 198 pages.

Dernier été avant l’entrée à l’internat. Le jeune narrateur le passe chez son oncle, prélat et bibliothécaire du couvent de Saint-Gall. Dans ce vénérable cadre baroque, le jeune garçon a pour tâche de chausser les visiteuses des pantoufles obligatoires pour pénétrer dans « l’arche aux livres », sans en endommager le précieux parquet. Agenouillé devant les dames, il cherche à percer les mystères féminins et, découvrant les pouvoirs de son nez, se grise de l’odore di femmina. Initiation sexuelle, mais aussi ouverture au monde des livres et recherches obstinées pour découvrir le secret qui se cache derrière ce nom de Katz, porté par sa mère et son oncle. Car les êtres sont plus complexes qu’il n’y parait. À l’instar du narrateur qui sent s’affronter en lui le petit Katz et le futur écolier conventuel, les autres sont des personnages doubles. Monsignore, le prélat érudit, ne dédaigne pas les parties fines arrosées, et mademoiselle Stark, l’austère et pieuse gouvernante, devient une autre femme lorsqu’elle part à l’assaut des sommets de son Appenzell natal. Ce « roman de formation » brillant séduit par la complexité des protagonistes et la subtilité, la légèreté avec lesquelles il traite de sujets graves : la puberté et le mystère des origines. [Présentation de l’éditeur]




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