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HOHL, Ludwig

 

[SUISSE] (Netstal, Canton de Glaris, 1904 – Genève, 1980). Toute sa vie il se consacra à l’écriture dans des conditions matérielles difficiles et dans une « extrême solitude spirituelle ». Après des séjours à Paris (1924-1930), Vienne et Grein-sur-le-Danube (Haute-Autriche) (1930), il vécut à La Haye (1931-1937), puis, se fixa définitivement à Genève où il résida jusqu’à sa mort. « Écrivain rare et exigeant, il n’a publié que peu de livres. Il s’agit essentiellement de Nuancen und Details / Nuances et Détails (1939) Die Notizen oder Von der unvoreiligen / Notes ou De la réconciliation non-prématurée (1944-1954) et Das fast alles anders ist / Tous les hommes presque toujours s’imaginent (1967), des recueils de chroniques assez brèves. En réalité il s’agit bien plutôt de notes prises au jour le jour, d’aphorismes, de petits poèmes en prose, de rêves transcrits et commentés, ainsi que d’essais, notamment sur la littérature et les auteurs qui lui tiennent à cœur. Notes, un texte écrit entre 1934 et 1936 (mais publié en 1944) peut être considéré comme son livre majeur. Ascension (1975), bref mais magnifique roman de montagne à la maturation extrêmement lente (plus de quarante ans), est le récit d’une dernière course. Mais en réalité, il propose une méditation sur le sens de la vie, sur le destin ». Malgré l'admiration et le soutien d'auteurs suisses de renom, comme Max Frisch, Friedrich Dürrenmatt ou Adolf Muschg, il ne connut pas le succès de son vivant.


* Bibliographie : Gedichte (1925), Nuancen und Details / Nuances et Détails. Teil I, II (1939), Teil III (1942), Die Notizen oder Von der unvoreiligen Versöhnung. Band 1: Vom Arbeiten. Genf : Eigenverlag, (1943), Nächtlicher Weg / Chemin de Nuit (1943), Die Notizen oder Von der unvoreiligen Versöhnung. Band 1: Teil I-VI (1944), Die Notizen oder Von der unvoreiligen Versöhnung. Band 2: Teil VII-XII (1954), Vernunft und Güte (1956), Wirklichkeiten (1963), Nuancen und Details (1964), Das fast alles anders ist. Betrachtungen, Träume, Erzählungen / Tous les hommes presque toujours s’imaginent (1967), Drei alte Weiber in einem Bergdorf (1970), Bergfahrt / Ascension (1975), Die Notizen oder Von der unvoreiligen Versöhnung / Notes ou De la réconciliation non-prématurée (1981), Von den hereinbrechenden Rändern. Nachnotizen.Anmerkungen. Zwei Bände. Aus dem Nachlass (1986), Und eine neue Erde / extraits : Impressions ; Et une nouvelle terre… (1990), Mut und Wahl. Aufsätze zur Literatur (1992), Jugendtagebuch / Journal d’adolescent (1998).

 

LIVRES (Traductions)

Le Petit cheval, choix de textes, traduit de l’allemand par Antonin Moeri. [Carouge-Genève], Éditions Zoé / [La Tour-d’Aigues, Vaucluse], Éditions de l’Aube, 1990, 112 pages, épuisé.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Le Petit Cheval. [Carouge-Genève], Éditions Zoé, « Zoé-poche »,n°19, 2000, 112 pages.

Avant de venir s’établir à Genève en 1937, Ludwig Hohl (1904-1980) vécut à Paris et à Vienne, enfin aux Pays-Bas où il œuvra dans la plus grande solitude spirituelle et dans une misère matérielle voulue. Cette traversée du désert lui fut nécessaire pour rédiger Die Notizen, son livre le plus représentatif d’une pensée en mouvement, à la fois nerveuse, fulgurante et lucide.Au cours de ses séjours en France et en Autriche, Hohl écrivit des textes courts dont un choix vous est proposé ici. On y retrouve un narrateur sans le sou, attiré par les faubourgs, des ratés de toutes sortes, des fantaisistes blêmes, des prolétaires musclés ou fluets, des femmes de mauvaise vie.Ce promeneur solitaire, qui fait songer aux vagabonds de Robert Walser, vient parfois échouer sur la berge d’un fleuve ou au bord de la mer. Dans des moments d’intense contemplation que la présence ou le mouvement de l’eau fait naître, l’auteur donne libre cours à une émotion et à un lyrisme qu’on ne retrouvera plus dans la production ultérieure.

 

Nuances et Détails (Nuancen und Details. Teil I und II, Zurich, Oprecht, 1939 ; Nuancen und Details. Teil III, Genf, Eigenverlag, 1942 ; Nuancen und Details, Olten Freiburg, Walter, 1964), traduit de l’allemand par Étienne Barilier. [Lausanne], Éditions de l’Aire, « Lettres universelles », 1984, 134 pages.

 Sous le titre on ne peut plus modeste : Nuances et Détails, Ludwig Hohl a publié en 1939 un ouvrage philosophique (au sens, où Montaigne l’entendait), traitant à la fois de vieux thèmes de la philosophie classique et de certains aspects de la vie quotidiennes de l’homme d’aujourd’hui tels que le travail, l’argent et d’une manière générale de tout ce qui motive nos actes. Un style pur et concis au service d’une méditation sereine sur notre humaine condition. Livre de sagesse. [Présentation de l’éditeur]


Chemin de Nuit (Nächtlicher Weg, Zurich, Morgarten, 1943), traduit de l’allemand par Philippe Jaccottet. [Vevey, Suisse], Éditions Bertil Galland / [Lausanne], Éditions Ex-libris, « C.H. », 1979, 148 pages, épuisé.

* Rééditions :

Chemin de Nuit. [Lausanne], Éditions de L’Aire, « CH », 1982, 148 pages, épuisé.

[FICHE LIVRE]Chemin de nuit. [Lausanne], Éditions L’Âge d’homme, « Poche suisse », n°128, 1995, 148 pages.

Ces textes, écrits entre 1931 et 1938, décrivent des paysages, des figures, évoquent de brèves scènes, racontent des fragments d’histoires, simples détails de la vie du monde, mais si chargés de sens qu’ils deviennent paraboles. [Présentation de l’éditeur]

 

Tous les hommes presque toujours s’imaginent (Das fast alles anders ist. Betrachtungen, Träume, Erzählungen. Olten, Freiburg, Walter, 1967), traduit de l’allemand par Walter Weideli. [Vevey, Suisse], Éditions L’Aire, « Lettres universelles », 1981 ; « L’Aire bleue », 160 pages, épuisé.

Dans ce recueil de réflexions d’une haute exigence, on perçoit le cheminement d’un écrivain en marche envers soi-même. S’y dégagent la lucidité, le pari sur la raison, la foi en l’intelligence. Le livre est conçu en interrogations, amorces de dialogues et parfois en jugements péremptoires sur la lâcheté et l’hypocrisie à la manière de Karl Kraus; d’ailleurs Ludwig Hohl a fait sienne la phrase du moraliste viennois: «Il faut écrire comme si l’on écrivait pour la première et la dernière fois.» [Présentation de l’éditeur]

 

Une ascension (Bergfahrt, Frankfurt, Suhrkamp, 1975), traduit de l’allemand par Luc de Goustine. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1980, 114 pages,épuisé.

* Réédition sous le titre :

[FICHE LIVRE]Ascension, illustrations Martin Tom Dieck. [Le Rayol-Canadel, Var], Éditions Attila, 2007, 182 pages.

Deux hommes partent à l’assaut d’un glacier ; devant les mauvaises conditions, l’un abandonne, laissant l’autre entreprendre une ascension solitaire folle, mais consciemment assumée. Lente ascension, ou lente agonie ? « Les bons alpinistes sont presque toujours des êtres laconiques », nous dit Ludwig Hohl dans ce récit. Que dire alors de l’auteur lui-même, qui a réécrit six fois Ascension entre 1915 et 1975, et pesé chaque mot comme s’il menaçait de tomber dans l’abîme ? Ce court texte, à la fois transparent et ténébreux, nous mène sans cesse au bord de la rupture. Dans la lignée du Vieil homme et la mer ou de Moby Dick, Ascension est une impeccable parabole. Plus on le lit, plus on a l’impression d’accomplir soi-même une ascension. [Présentation de l’éditeur]

 

[FICHE LIVRE]Notes ou De la réconciliation non-prématurée (Die Notizen oder Von der unvoreiligen Versöhnung, Frankfurt, Suhrkamp, 1981), traduit de l’allemand par Étienne Barilier. [Lausanne], Éditions L’Âge d’homme, « Bibliothèque l’Âge d’homme », 1989, 1992, 536 pages.

Réimpression des Notes de Ludwig Hohl, qui sont peut être l’oeuvre littéraire la plus exigeante de ce siècle. Mais ce que chaque page et chaque ligne demande au lecteur, elle le lui rend au centuple. Les altitudes où nous sommes conduits comme un vertige ascensionnel sont suprêmement respirables et pures. [Présentation de l’éditeur]

 

Impressions, récits,extraits de Und eine neue Erde (Frankfurt, Suhrkamp, 1990), traduit de l’allemand et présenté par Antonin Moeri. [Nantes], Éditions Le Passeur, 1996, 128 pages, épuisé.

 

[FICHE LIVRE]Et une nouvelle terre… récit, extrait de Und eine neue Erde (Frankfurt, Suhrkamp, 1990), traduit de l’allemand par Antonin Moeri, postface de Wilfred Schiltknecht. [Carouge-Genève], Éditions Zoé, « MiniZoé », n°22, 1996, 48 pages.

Ce récit, dont la Neue Zürcher Zeitung a publié un extrait en 1938 sous le titre « Étude sur la faim », décrit les affres et les visions d’Andreas W., un peintre réduit à la plus grande misère matérielle. Contre la solitude, la famine et le désespoir, il lutte pour la survie. « L’écriture de Hohl, avec ses ruptures fulgurantes, la vigueur et l’intensité de ses évocations, l’exalte comme une fascinante aventure. » [Présentation de l’éditeur]

 

[FICHE LIVRE]Journal d’adolescent (Jugendtagebuch, Frankfurt, Suhrkamp, 1998), journal, traduit de l’allemand parAntonin Moeri. [Carouge-Genève], Éditions Zoé / [La Tour-d’Aigues, Vaucluse], Éditions de l’Aube, 1992, 212 pages.

Ce n’est pas seulement parce qu’on y trouve les premières esquisses de ce qui deviendra, au fil des ans, Une ascension, que nous avons décidé de traduire ce journal rédigé entre dix-sept et dix-huit ans par un garçon en pleine révolte qui se fera connaître sous le nom de Ludwig Hohl. C’est aussi parce que les considérations sur le travail, le rêve, la mort et la littérature, les préoccupations morales et philosophiques, les envolées lyriques et les coups d’œil assassins sont ceux d’un écrivain déjà très sûr de son talent.

En opposant la découverte des hauts sommets et celle de Schopenhauer, Nietzsche, Hölderlin et Kleist, au spectacle navrant et répétitif de la vie quotidienne (famille, école, société), le jeune Hohl essaie de formuler son intuition: l’art est la seule forme d’activité qui permette la distance et une saisie plus aiguë du réel. En décrivant avec minutie l’orage provoqué en lui par Gertrud Züllig, il révèle un aspect de sa personnalité: le dédoublement, qui permet de jouir de soi et de ses misères. [Présentation de l’éditeur]



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