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BICHSEL, Peter

 [SUISSE] (Lucerne, 1935). L’un des écrivains majeurs de la littérature suisse alémanique contemporaine. Après ses études, il devient instituteur de 1955 à 1968, puis se consacre entièrement à l’écriture. Auteur de plus d’une trentaine de livres, son premier succès fut en 1964 Eigentlich möchte Frau Blum den Milchmann kennenlernen, traduit en français sous le titre Le Laitier (1967). De 1974 jusqu’en 1981 il est conseiller personnel du Conseiller fédéral socialiste Willy Ritschard. Entre 1972 et 1996, il donne des cours dans plusieurs universités américaines et tient des chroniques dans divers journaux et magazines (Weltwoche, Tages Anzeiger, Schweizer Illustrierte…).

 

* Bibliographie : Eigentlich möchte Frau Blum den Milchmann kennenlernen / Le Laitier (1964), Das Gästehaus (1965), Die Jahreszeiten / Les Saisons, roman (1967), Kindergeschichten / Histoires enfantines, récits (1969), Stockwerke, proses (1974), Geschichten zur falschen Zeit. Kolumnen 1975-1978 / Histoires anachroniques (1979), Geschichten zur falschen Zeit (1979), Der Leser. Das Erzählen. Frankfurter Poetik-Vorlesungen (1982), Des Schweizers Schweiz / Suisse du Suisse (1969 ; 1984), Schulmeistereien (1985), Der Busant. Von Trinkern, Polizisten und der schönen Magelone (1985), Irgendwo anderswo. Kolumnen 1980-1985 (1986), Des Schweizers Schweiz (1969 ; 1989), Teschuwa. Umkehr. Zwei Gespräche / Teshouva. Ou comment quitter les cathédrales de la mort, entretiens avec Klara Obermüller et Peter Bichsel (1989), Im Gegenteil. Kolumnen 1986-1990 (1990), Möchten Sie Mozart gewesen sein ? Meditation zu Mozarts Credo-Messe KV 257, Eine Rede für Fernsehprediger (1990), Zur Stadt Paris. Geschichten / À la ville de Paris. Histoires (1993), Ein Tisch ist ein Tisch, avec Angela von Roehl (1995 ; 2007), Gegen unseren Briefträger konnte man nichts machen. Kolumnen 1990-1994 (1995), Die Totaldemokraten. Aufsätze über die Schweiz (1998), Cherubin Hammer und Cherubin Eine ErzählungHammer / Chérubin Hammer et Chérubin Hammer, roman (1999), Alles von mir gelernt. Kolumnen 1995-1999 (2000), Gegen unseren Briefträger konnte man nichts machen. Kolumnen 1990-1994 (1995 ; 2002), Eisenbahnfahren (2002), Doktor Schleyers isabellenfarbige Winterschule. Kolumnen 2000-2002 (2003), Von der Erfindung der heiligen Schriften (2004), Wo wir wohnen. Geschichte (2004), Das süsse Gift der Buchstaben. Reden zur Literatur (2004), Kolumnen, Kolumnen (2005), Die Jahreszeiten (2006), Dezembergeschichten (2007), Meine Reisen zu Cordes. Eine transsibirische Geschichte / Mes voyages chez Cordes. Une histoire transibérienne (2007), Heute kommt Johnson nicht. Kolumnen 2005-2008 (2008), Über Gott und die Welt. Texte zur Religion (2009), He, dich kenne ich doch. Agendanotizen (2010).

 

ANTHOLOGIES / REVUES

* « Jodok fait bien saluer », extrait de Kindergeschichten (Berlin, Luchterhand, 1969), traduit de l’allemand par Rainer Michael Mason, dans Revue de Belles-Lettres, Genève, n°4, 1969.

* « Encore et toujours ce Weisshaupt », traduit de l’allemand, dans Almanach du Groupe d’Olten, Lausanne, Éditions L’Âge d’homme, 1973.

* Postface : Niklaus Meienberg, Reportages en Suisse. L’exécution du traître à la patrie Ernst S., traduit de l’allemand par Philippe Schwed et Luc Weibel avec la collaboration de Claire Wolf, Genève, Zoé, 1977.

 * « Morceau choisi », extrait de Stockwerke (Stuggart, Philipp Reclam, 1974), traduit de l’allemand par Katia Nusslé, dans Écrire aujourd’hui en Suisse allemande, Lausanne, Éditions L’Âge d’homme, 1978.

 

LIVRES (Traductions)

Le Laitier (Eigentlich möchte Frau Blum den Milchmann kennenlernen, Olten Freiburg, Walter, 1964), traduit de l’allemand par Robert Rovini. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1967, 1992, 136 pages.

* Réédition :

[FICHE LIVRE]Le Laitier. [Lausanne], Éditions L’Âge d’homme, « Poche suisse », n°52, 1986, 136 pages.

Les petites histoires de Bichsel peuvent se lire et se relire sans fin. Jamais elles ne perdent ce qui constitue leur qualité première: cette poèsie un peu opaque du quotidien inaltérable. [Présentation de l’éditeur]

 

[FICHE LIVRE]Les Saisons (Die Jahreszeiten, Berlin, Luchterhand, 1967), traduit de l’allemand par Mathilde Camhi. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier »,1970, 1992, 168 pages.

Le narrateur habite avec sa famille dans un immeuble de trois étages à la fois laid et incommode dont il propose de décrire les défauts et les habitants. Mais les confidences d’un locataire étant insuffisantes, il se voit contraint d’inventer, de tirer une histoire de ce qu’il voit, de ce qu’il est forcé d’imaginer. Ainsi, à son corps défendant, et du refus de l’histoire, naît  une histoire autre que celle qu’il voulait écrire. [Présentation de l’éditeur]


[FICHE LIVRE]Histoires enfantines (Kindergeschichten, Berlin, Luchterhand, 1969), récits, traduit de l’allemand par Claude Maillard et Marc Schweyer. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1971, 104 pages.

 Ces histoires sont des contes inspirés par le génie enfantin qui ont fait l’unanimité de la critique allemande et suisse. Ils s’adressent aux enfants autant qu’à ce qu’il y a d’enfance en chacun de nous, c’est-à-dire de faculté de scandale devant des faits ou des vérités auxquels nous sommes accoutumés depuis toujours, mais qu’en réalité nous n’avons jamais acceptés. [Présentation de l’éditeur]

 * Extrait :

 Vous avez le bonjour de Yodok (« Jodok läßt grüßen », extrait de Kindergeschichten, Berlin, Luchterhand, 1969), gravures de Marfa Indoukaeva, traduit de l’allemand par Claude Maillard et Marc Schweyer. [Corbières, Alpes-de-Haute-Provence], Éditions Harpo &, 2010, 36 pages.

 Grand-Père commençait ses histoires en disant : « Quand l’oncle Yodok vivait encore » ou bien « Le jour où j’ai rendu visite à l’oncle Yodok » ou encore « Quand l’oncle Yodok m’a fait cadeau d’un harmonica »… En fait il ne parlait jamais de l’oncle Yodok, mais seulement du temps où Yodok…

Le narrateur raconte comment son grand-père lui parlait de son oncle Yodok. Ce personnage disparu que le narrateur n’a pas connu devient une obsession pour le grand-père et envahit le texte en mettant à mal la typographie et l’orthographe. [Présentation de l’éditeur]

 

  Suisse du Suisse (Des Schweizers Schweiz, Zürich, Die Arche, 1969), suivi de Le Devoir de siéger, traduit de l’allemand par Jean-Jacques Langendorf. [Lausanne], Éditions La Cité / L’Âge d’homme, « La Suisse en question », 1970, 56 pages, épuisé.

 C’est d’abord la Suisse d’un Suisse : Peter Bichsel livré à cette matière lourde et fuyante, difficile d’accès en dépit de sa très réaliste existence. La Suisse non plus cernée de chiffres et de graphiques ascendants, comme ses montagnes, mais vécue par une conscience tour à tour naîve et ironique, servie par un plume prudente et d’autant plus efficace. [Présentation de l’éditeur]

 

 Histoires anachroniques(Geschichten zur falschen Zeit, Kolumnen 1975-1978 ; Darmstadt/Neuwied, Luchterhand, 1979), traduit de l’allemand par Gabrielle Faure. [Lausanne], Éditions de l’Aire, « CH », 1981, 204 pages, épuisé.

[Paru sous forme de feuilleton dans le Zürcher-Tages-Anzeiger, de 1975 à 1978].

 

 Teshouva. Ou comment quitter les cathédrales de la mort. Deux entretiens avec Klara Obermüller et Peter Bichsel (Teschuwa. Umkehr. Zwei Gespräche, Zurich, Pendo, 1989), suivi d’une réflexion sur le dialogue judéo-chrétien, par Dorothee Sölle, traduit de l’allemand. [Bienne], Éditions Michel Servet, 1995, 120 pages, épuisé.

 

 À la ville de Paris. Histoires (Zur Stadt Paris. Geschichten, Frankfurt, Suhrkamp, 1993), traduit de l’allemand par Ursula Gaillard et Gilbert Musy. [Lausanne], Éditions d’En Bas, 1996, 136 pages.

 « À l’Histoire, j’aimerais opposer les histoires ». Pour Peter Bichsel, si nous aimons tant les histoires, c’est qu’il nous faut des modèles pour construire celle qui donne un sens à notre vie. Entretenir l’art de raconter est donc, à ses yeux, une fonction essentielle de la littérature. Des histoires, À la ville de Paris n’en compte pas moins de quarante-huit, certaines très brèves, d’autres plus amples. Toutes pourraient être vraies, ou le sont. Qu’elles traitent d’industriels ou de chômeurs, de gens bornés ou malins, d’un ivrogne ou d’une veuve solitaire, d’une jeune femme épanouie ou d’un Esquimau égaré à New York, elles communiquent au lecteur la chaleureuse sympathie du narrateur pour ses personnages. [Présentation de l’éditeur]

 

 [FICHE LIVRE]Chérubin Hammer et Chérubin Hammer (Cherubin Hammer und Cherubin Hammer, Frankfurt, Suhrkamp, 1999), traduit de l’allemand par Jean-Philippe Mathieu. [Essertines-sur-Rolle, Suisse], Éditions Demoures, 2001, 96 pages.

 « Plus tard, il a vu Hammer, toujours avec son cartable, dans les couloirs du palais, marchant de long en large ou assis devant la salle d’audience sur l’un des petits bancs de bois, mais pas comme quelqu’un qui attend ou qui s’ennuie, mais comme quelqu’un d’actif, qui a du pouvoir et de l’importance. Du reste, c’était un bâtiment public, et les procès étaient publics. Il était déjà arrivé, des semaines auparavant, que des dossiers de Gruber disparaissent, mais dès le lendemain, ils étaient en ordre devant la porte de son bureau.

Non, Hammer n’est pas devenu bizarre, il est seulement devenu de plus en plus Hammer, Chérubin Hammer.(1) Maintenant il restait assis des heures à lire à la table de la cuisine. Il allait vraiment chercher ses livres dans sa chambre - Les Années de voyage de Goethe et les Veilles de nuit de Bonaventura - s’asseyait à la table de la cuisine et lisait.

(1) Chérubin avait pignon sur rue. Son commerce de vins et antiquités faisait de lui un Monsieur dans sa branche, et ses clients étaient flattés de fréquenter quelqu’un qui avait une vie, avait été dans la Légion - il n’y avait pas été - et Chérubin essayait de jouer le rôle que les dames de la bonne société locale voulaient lui voir jouer. Il se mit à s’imiter lui-même, mais il n’avait pas le moindre talent d’acteur, et il était bien moins bon que l’authentique Chérubin qu’il avait été. Les ivrognes de la Taverne ne se racontaient plus d’histoires sur Chérubin. Mais tout cela n’a plus duré longtemps. »

Dans ce texte, Bichsel décrit en parallèle la vie de deux hommes. Ils s’appellent tous les deux Chérubin Hammer, et ne se connaissent pas. Et il n’y a entre eux aucun lien, aucun rapport apparent. Le premier - décrit dans le texte principal - est un homme introverti, secret, fils d’un grand érudit de la littérature. Au fil des pages nous apprenons qu’il aurait voulu être écrivain. Il fait des études de lettres, et finit par étudier des archives d’une manière presque obsessionnelle. Le même esprit compulsif le pousse à transporter chaque jour une pierre dans la montagne, quel que soit le temps ou la situation. Le deuxième – décrit dans les notes en bas-de-page – est une espèce de SDF fanfaron et vantard, dont on ne connaît pas l’origine, qui se lance périodiquement dans des entreprises hasardeuses qui se terminent généralement en prison. Le lecteur intrigué cherche un lien entre ces deux destins, si fortement mis en rapport par la disposition du texte. L’auteur tisse des variations fascinantes sur le thème de l’identité et sur « je est un autre ». Teintée de mélancolie et toute en finesse, c’est une prose à déguster de phrase en phrase. [Présentation de l’éditeur]

 

Mes voyages chez Cordes. Une histoire transibérienne (Meine Reisen zu Cordes. Eine transsibirische Geschichte, Zurich, Buchlobby Schweiz, 2007), illustrations de Hannes Binder, traduit de l’allemand par Marion Graf. [Zurich], Lobby suisse du livre, 2007, 14 pages, épuisé.



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