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KELMAN, James

KELMAN, James
[ÉCOSSE] (Glasgow, Écosse, 1946). Il quitte l'école à quinze ans et sa famille, émigre aux États-Unis où il vit quelques temps de petits boulots avant de retourner en Écosse. Il suit des cours du soir à l'université de Glasgow et commence à écrire à vingt-deux ans, alors qu'il exerce le métier de chauffeur de bus à Govan. Au début des années 1970, il rejoint un groupe d’écrivains (Alasdair Gray, Agnès Owens, Liz Lochhead, Tom Leonard), qui fonctionnait, à la fois comme intellectuel collectif et comme intervenant dans les luttes politiques et sociales. Dans les années 1980, ces écrivains ont largement contribué à faire de Glasgow un des centres de création culturelle les plus bouillonnants de Grande Bretagne. Nouvelliste et romancier, il a écrit plusieurs pièces pour la radio et théâtre ainsi qu'un scénario pour la télévision (The Return, 1991).

Bibliographie : You Have to be Careful in the Land of the Free, An Old Pub Near the Angel and Other Stories (nouvelles, 1973), Three Glasgow Writers. Alex Hamilton, James Kelman, Tom Leonard (1976), Short Tales from the Nightshift (1978), James Kelman. Writers-in-Brief (1980), Not Not While the Giro (nouvelles, 1983), The Busconductor Hines (roman, 1984), A Chancer (roman, 1985), Lean Tales, avec Agnes Owens et Alasdair Gray (1985), A Greyhound for Breakfast (roman, 1987), A Disaffection (roman, 1989), Hardie and Baird, and Other plays (théâtre, 1991), The Burn (1991), How Late It was, How Late (roman, 1991, 1994), Some Recent Attacks. Essays Cultural and Political (essais, 1992), Busted Scotch (1997), Seven Stories (cassette audio, 1997), The Good Times (nouvelles, 1998), Translated Accounts (roman, 2001), And the Judges Said (essais, 2002), You Have To Be Careful in the Land of the Free (roman, 2004). 

ANTHOLOGIES / REVUES (Traductions)
* Extrait du roman How Late It was, How Late (1991, 1994), traduit par Françoise Wirth, dans Liber n°24, 1995.
* « En longeant le ruisseau » (By the burn) et « Le petit oiseau et la jeune personne » (Small bird and the young person), nouvelles traduites par Christophe Marchand-Kiff, dans La Main de singe n°18-19, 1996.

LIVRES (Traductions) 
Le Poinçonneur Hines (The Busconductor Hines, 1984), roman, traduit de l’anglais par Céline Schwaller. [Paris], Éditions Métailié, « Bibliothèque écossaise », 1999, 278 pages, 18.50 €

Robert Hines est un jeune poinçonneur de bus de Glasgow, son objectif est de passer conducteur mais aux yeux des inspecteurs de la compagnie, il est trop original, il a trop de mal à se plier aux règles, aux horaires. Il vit « dans un contexte désastreux et étrangement banal ». Il sait qu’émigrer en Australie n’est qu’un rêve et il trouve que sa vie n’est qu’« une très troublante marmite de noix de coco ». Ses compensations sont sa femme et son enfant et une imagination magnifiquement anarchique à la manière de Léopold Bloom.
Dans ce roman drôle, intelligent et réellement original, James Kelman met en scène avec brio et sans complaisance une tranche de vie à Glasgow : les railleries des copains, la religion, le foot, l’alcool, la pesanteur aliénante des réunions enfumées. Il décrit la vie des travailleurs, non pas héroïque mais simplement humaine, et crée un personnage attachant et inoubliable.

Le Mécontentement (A Disaffection, 1989), roman, traduit de l’anglais par Céline Schwaller. [Paris], Éditions Métailié, « Bibliothèque écossaise », 2002, 396 pages, 19.50 €

Patrick Doyle enseigne dans un collège de Glasgow et se lasse peu à peu de son travail, ses élèves, ses collègues, à l'exception peut-être d'Alison, qu'il tente vaguement de séduire. En proie à un mal-être persistant, il a du mal à communiquer avec ses proches, notamment avec son frère Gavin. Même situation de blocage face à ses collègues, au sein de ce microcosme traversé de petites jalousies quotidiennes, de petites ambitions.
James Kelman livre, comme en rafales, des morceaux de la vie de son personnage, des mots et des sentiments à l'état brut, dans une langue proche de l'oralité, une écriture de la dislocation. Par touches successives, il campe avec vigueur un personnage attachant à force de décalage, avec son univers ordinaire, dans une ambiance à la Ken Loach, traversée par l'humour. Patrick est victime de son non-conformisme et pose la question de l'adéquation de soi avec ses rêves, ceux des autres, sa propre vie.

Faut être prudent au pays de la liberté (You Have to be Careful in the Land of the Free, 2004), roman, traduit de l’anglais par Céline Schwaller. [Paris], Éditions Métailié, « Bibliothèque écossaise », 2006, 410 pages, 23 €

Jeremiah Brown a décidé de quitter les États-Unis pour rendre visite à sa mère en Écosse. Pendant cette dernière nuit dans son pays d’adoption – qui ne sera sans doute pas sa dernière nuit – Jeremiah échappe à sa sinistre chambre de motel, au fin fond de nulle part, pour aller faire la tournée des quelques bars du coin et réfléchir à sa vie, un peu ratée, d’immigré en Amérique. Une vie faite de petits boulots, de rencontres fortuites avec d’autres immigrés comme lui, mais animée aussi par son refus de l’ordre établi, quel qu’il soit, et son amour pour Jasmin, son ex-amie, chanteuse de jazz et mère de son enfant. Dans un long monologue intérieur, entrecoupé de menus incidents autour des bières qu’il déguste, Jeremiah tente confusément de comprendre sa rupture avec celle qu’il continue à aimer à sa façon, sans emphase et sans fioritures.
Comme tant de personnages dans l’univers romanesque de James Kelman, Jeremiah Brown n’est ni héros ni antihéros : c’est un homme ordinaire, abonné aux jeux de hasard, y compris les plus extravagants (les paris sur les accidents d’avions…), athée et rétif à l’autorité dans un pays étrange, souvent peu accueillant pour l’immigré qu’il est, mais qu’il ne se résout pourtant pas à quitter. La voix de ce roman, tout comme celle du Poinçonneur Hines ou du Mécontentement, a toujours cette qualité rare, cette énergie puisée dans la vie de tous les jours. Elle tangue entre la violence du refus de Jeremiah d’accepter les contraintes d’une vie de salarié précaire et l’humour anarchique de celui qui n’arrive jamais à se prendre complètement au sérieux.


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  • Une rentrée littéraire

    524 romans dont 336 français et 188 étrangers sont attendus en librairie entre la mi-août et la fin octobre pour la rentrée littéraire la plus resserrée depuis 20 ans. A cette occasion, nous vous proposons un petit tour d’horizon des livres qui ont déjà retenu notre attention et qui pour certains se trouveront dès la fin de l’été sur notre table conseils.

    28 août 2019

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