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UZUN, Mehme

[TURQUIE] (Siverek / Şanlıurfa, 1953 – 2007). Romancier et essayiste, il a publié des ouvrages sur la langue (Bir Dil Yaratmak) et la littérature kurde (Kürt Edebiyatına Giriş), ainsi des anthologies de la littérature kurde (Antolojiya Edebiyata Kurdî, 1995 ; Kürt Edebiyatı Antolojisi, 2004).
« C’est en fait à un jeune auteur de l’émigration, Mehmet Uzun, installé depuis 1977 en Suède, que revient le titre d’avoir permis l’entrée dans la modernité : en six romans, de Tu [Toi] (1985) à Ronî, mîna evînê-Tarî, mîna mirinê [Passion de la lumière, Obscurité mortelle] (1998), il refait le chemin de la langue et de l’histoire kurdes du XXe Siècle. Le texte, publié en français sous le titre La Poursuite de l’ombre, brosse le portrait tragique d’un intellectuel kurde exilé (en Syrie et au Liban) jusqu’à son décès à Damas, au milieu des années 1970. Deux motifs traversent ce texte politique et métaphysique àla fois : une réflexion plutôt pessimiste sur l’échec des grandes révoltes kurdes du siècle et, au niveau individuel, l’impossibilité d’un amour fou né dans le cadre d’une communauté spirituelle que forme la nouvelle société cosmopolite des émigrés kurdes, arméniens et tcherkesses en terre arabe. Tout en se concentrant sur le personnage de Memduh Selim, l’auteur parvient à imposer le portrait de toute une région, par touches assez légères... Par ailleurs, c’est dans un excellent recueil d’essais [Les fleurs du grenadier] (1995) qu’il choisit d’entrer en dialogue avec la culture turque et de proposer avec compassion et sincérité une communication entre deux blocs juxtaposés mais qui – tout au moins officiellement – s’ignorent. Son rôle ne s’arrête pas là : il est à l’origine de la première grande anthologie de littérature kurde, Antolojiya Edebiyata Kurdî, deux volumes publiés à Istanbul en 1995. » (Timour Muhidine)

ANTHOLOGIES / REVUES
* « La renaissance turque en exil », dans Autodafé n°1, automne 2000, Paris, Denoël, 2000.
* Texte, dans Autodafé n°2, automne 2001, Paris, Denoël, 2001.
* Texte, dans Autodafé n°3-4, 2003, Paris, Denoël, 2003.
 
LIVRE (Traduction)  
La Poursuite de l’ombre (Siya Evînê, 1989), roman, traduit du kurde par Fawaz Hussain ; texte revu par Robert Sctrick ; préface de Yachar Kemal. [Paris], Éditions Phébus, « D’aujourd’hui. Étranger », 1999, 248 pages, 19.69 €
 
Memduh va mourir, loin des siens, loin de tout : ainsi a-t-il aussi vécu. Il a traversé un siècle qui a accumulé comme aucun autre violences, trahisons, injustices, mensonges. Parmi toute cette folie, lui n’a réussi qu’une chose : rester sur le chemin qu’il s’était tracé. Doit-il s’en féliciter ? Il ne sait plus. Memduh se souvient… 1922 : il mène la vie d’un jeune intellectuel kurde à Istanbul, la cité magique : il est journaliste, mais c’est dans la littérature qu’il rêve de se faire un nom. 1927 : son peuple se révolte contre le jeune État turc qui, comme tous les États fraîchement créés, brandit la bannière de l’unité ethnique, persécute les minorités. Les nations dites civilisées choisissent (déjà) de fermer les yeux sur ces exactions, du moment que la Turquie n’affiche pas une politique étrangère agressive et laisse ses voisins en paix. Devinant que nul ne viendra avant longtemps au secours des siens, Memduh s’engage aux côtés de ceux qui ont résolu de se battre pour obtenir la création d’un Kurdistan indépendant – promise par l’un des traités qui ont mis fin à la première Guerre mondiale… mais que la Turquie n’a pas ratifié. Pour eux commence une nouvelle guerre : elle durera plusieurs années (selon les comptes rendus officiels)… mais le combat, en fait, ne prendra jamais fin. Pour Memduh ce sera le combat d’un proscrit, voué à l’errance : Alexandrie, Le Caire, Alep, Antioche, Beyrouth… Il a pris le nom de guerre d’Iskandar (Alexandre) et sacrifie tout à la cause : sa carrière, l’amour (il doit quitter la belle Feriha à quelques jours de leurs noces, et ce sera pour jamais), les amis d’hier, les camarades croisés en route. Il participe à la bataille du mont Agri, crache le sang sur sa paillasse dans une grotte de l’Ararat, connaît la misère, les chambres sordides, la peur. Cette guerre-là, où les armes sont si inégales, est-elle seulement une guerre ? Plutôt un acte continu de résistance, qui engage toute la vie – instants volés au bonheur, espoirs dilapidés.
Premier roman traduit en français de Mehmed Uzun, le plus grand écrivain de langue kurde vivant… et le vrai fondateur de la littérature kurde moderne. L’aventure d’un homme qui a traversé ce siècle en se battant pour son peuple… et qui n’a réussi à étreindre que des mirages. Par un écrivain qui n’a pas oublié la leçon des Mille et Une Nuits. Sentiments de Yachar Kemal, préfacier : « Le lecteur se sent tout de suite ensorcelé… Seuls les maîtres sont capables de franchir ce seuil, où la simplicité obtient pouvoir de tout dire. » [Présentation de l’éditeur]

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