Newsletter







Identifiez-vous




La librairie

    • La librairie Compagnie
    • 58, rue des Ecoles
      75005 Paris
    • Téléphone
    • 01 43 26 45 36
    • Fax
    • 01 46 34 63 37
    • Horaires
    • du lundi au samedi de 10h30 à 20h15

PINHAS-DELPUECH, Rosie

(Istanbul, 1946). Née dans une famille juive en partie originaire d’Édirne, elle a vécu en Turquie jusqu’à son départ en 1965 pour suivre des études de philosophie et de lettres à Paris. Professeur de philosophie et de français dans des lycées et universités en Israël, responsable de la collection « Lettres hébraïques » aux éditions Actes Sud, elle a publié des traductions de l’hébreu (Daniella Carmi, Orly Castel-Bloom, Batya Gour, Haïm Gouri, David Grossman, Yoram Kaniuk, Yehoshua Kenaz, Etgar Keret, Alona Kimhi, Yeshayahu Koren,  Itamar Levy, Aharon Megged, Rutu Modan, Dorit Orgad, Itzhak Orpaz, Benjamin Tammuz, David Vogel), de l’anglais (Cecil Roth) et du turc (Sait Faik Abas?yan?k ). 
« Elle a publié, en 2003, Suite byzantine, dont la traduction en turc, Bizans Süiti, a paru en 2004. On ne trouvera rien de “ levantin ”, au sens suranné et douceâtre de l’adjectif, dans cette Suite. La Byzance recréée par Rosie Pinhas-Delpuech résulte de la quête exigeante, lucide, de l’enfance d’un sujet s’écrivant au travers de ce labyrinthe qu’est toujours l’Istanbul des années 1950-1960 (ce n’est plus celle, idyllique – si elle le fut –, de Gentille Arditty-Püller). Mais l’exploration est ici menée au gré d’événements de langage. Du tranchant du couteau dont l’une des grand-mères traçait en filigrane les lettres de l’alphabet latin sur les cahiers de l’écolière, Rosie Pinhas-Delpuech a gardé la finesse de scalpel. Il n’entre aucune concession sentimentale dans ces anamnèses du verbe, l’évocation de ces troubles qui ont affecté “ l’enfant ” confrontée au cloisonnement des langues, à leurs conflits, acculée à leurs impasses. Elle a découvert l’hostilité intime des “ langues adoptives ” (l’allemand de la mère, le français du père), elle s’est heurtée à l’excessive proximité de ces “ parlers domestiques ”, auxquels s’ajoutait le ladino des juifs d’Istanbul. La vulnérabilité de tout(e) enfant exposé(e) aux signifiants, à leur immédiateté blessante comme à leur absence, a été pour elle accrue par cette division de la nomination, ressentie jusqu’à l’exclusion où plonge le heurt des langues privées et de la langue officielle, le turc. Mais une telle remontée intérieure correspond aussi à la genèse d’une écriture : ces anamnèses ne sont pas fragmentaires, mais orientées. La suite que composent ces dix brefs chapitres retrace les étapes d’une appropriation des signes, du poids de leur surdétermination affective à l’heureuse découverte de leur arbitraire. Il aura fallu ce trajet pour que naisse un écrivain épris de la pluralité des langues. Il aura fallu cette prise de conscience pour rêver, aimer une langue dans une autre (Rosie Pinhas-Delpuech est aussi traductrice), pour remotiver le vocable turc en français, rendre à nouveau possible le rapport imaginaire au langage, une fois reconnue et admise la loi du signe : “ Yol est le mot turc pour dire chemin. [...] Dans la nouvelle langue, que yol soit un mot si bref pour désigner un parcours si long et compliqué est à la fois déconcertant et stimulant. Il défait les liens affectifs qui relient entre eux le mot et la chose. Vierge encore de toute histoire singulière, le turc se présente dans la fraîcheur et l’insolence de son étrangeté [...]. ” » (Alain Mascarou, « Lettres turques de langue française », inLa Turquie, Fayard, 2005). 




LIVRES 
— Insomnia. Une traduction nocturne. [Arles, Bouches du Rhone], Actes Sud, « Un endroit où aller » 42, 1997; 96 pages, 
  
« C’est après avoir traduit de l’hébreu de grands écrivains, comme Yaakov Shabtaï (1931-1981), dont l’œuvre constitue la trame de ce récit, que Rosie Delpuech a voulu démontrer qu’on pouvait faire de cet exercice, a priori technique, un véritable sujet de roman. D’une simple narration sur l’art – parfois complexe – de la traduction, le roman se double d’un véritable éloge de ce voyage pluridimensionnel : voyage à travers le temps, à travers les mots, mais surtout voyage à travers soi par un jeu d’identifications multiples aux personnages de Shabtaï. De cette écriture semblent également jaillir des conversations, des sons venus du plus profond de la mémoire. C’est sans doute ce rapport intime entre ses propres mots et ceux des autres qui fait de cet exercice technique une expérience inlassable. » (La revue de presse de Radio France) 


— Suite byzantine (traduction en turc en 2004, sous le titre Bizans Süiti). [Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier], Éditions Bleu autour, «  D’un lieu l’autre », 2003, 102 pages, 
  
Terre des langues mères. C’est ainsi que l’on dit langue maternelle en turc. Quelle est ta langue mère ? demandent entre eux les enfants à l’école. Question embarrassante qui laisse l’enfant sans réponse. Elle n’a pas de langue mère. Sa langue mère est la langue père mais cela ne se dit pas. Ni le juif espagnol ni l’allemand de la mère ne répondent à ces critères. L’un est domestique, l’autre une greffe contre nature. Les juifs ont-ils une langue maternelle ? Les enfants insistent. Quelle langue parlait ta mère quand elle était enfant ? Quelle langue te parle-t-elle ? Questionnement infaillible des enfants. [Quatrième de couverture] 


— Anna. Une histoire française. [Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier], Éditions Bleu autour, « D’un lieu l’autre », 2007, 196 pages, 
  
De l’Espagne de l’Inquisition au Paris des années noires, via les vestiges juifs d’Andrinople, Rosie Pinhas-Delpuech enquête sur une figure énigmatique de son enfance, Anna, dont le destin a pesé sur le sien. Un détour nécessaire pour inscrire sa part d’étrangère dans la langue qu’elle habite, le français. Après Suite byzantine (Bleu autour, 2003), ce récit est le second d’une trilogie où cet écrivain, née à Istanbul, résidant à Paris et traductrice de l’hébreu, explore son rapport au monde à travers le prisme de ses langues. [Quatrième de couverture] 



Haut de page >

Dictionnaire des auteurs

Dictionnaire

Haut de page >

L'actualité de la librairie RSS FEED TWITTER FEED FACEBOOK FEED

Le billet de la librairie

  • Beauvoir en ses mémoires

    Romancière, essayiste, philosophe, intellectuelle engagée et militante féministe, Simone de Beauvoir fait son entrée dans La Pléiade avec la publication de ses “Mémoires”, et de l'album annuel qui lui est consacré. Plus de cent ans après sa naissance, celle qui fut considérée comme la prêtresse des lettres françaises et l’avocate de la cause des femmes demeure plus que jamais au centre de l’actualité. Simone de Beauvoir incarne aujourd’hui la réalité complexe d’une femme qui traversa presque toute l’histoire du XXè siècle.

    28 mai 2018

    >> Lire la suite

Facebook