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KEMAL, Yachar

[TURQUIE] (Hermite (Gökçedam) / Adana, 1923). Yaşar Kemal. De son vrai nom Kemal Sadik Gögceli, il a également publié sous les pseudonymes de Alageyik et de Yusuf Karatayli. Issu d’une famille pauvre, il doit abandonner ses études après l’école primaire. Il exerce alors divers métiers, tout en publiant des poèmes. Il passe une année en prison en 1950 pour « propagande communiste », puis commence à travailler pour le quotidien Cumhuriyet. En 1952, il publie son premier recueil de nouvelles, Sarı Sıcak [Chaleur jaune], puis, en 1955, son premier roman,  Memèd-le-Mince, qui l’impose comme le plus grand écrivain réaliste turc et lui apporte la notoriété internationale.
« Avec Memèd-le-Mince (1955), Yachar Kemal donnera au roman anatolien une dimension épique grâce à sa grandeur de ton, à son foisonnement humain, animal et végétal. C’est l’écriture, le style, la trouvaille verbale qui fera déborder ses cycles romanesques du cadre limité d’un village, d’une région et même d’un pays, englobant le drame des hommes du Tiers Monde en lutte avec les injustices sociales. Les conflits entre les paysans pauvres et les aghas, des aghas avec les anciens seigneurs, des nouveaux aghas avec la bureaucratie et entre eux, sont en quelque sorte sublimés par l’ampleur du souffle de Yachar Kemal. La nature impitoyablement pillée, tout comme les hommes, par un enrichissement avide et sauvage, devient un thème majeur de son œuvre. Grâce au subtil dosage du réel et du mythique, du concret et de l’abstrait, les héros de Yachar Kemal dépassent le cadre du “ typique ”, devenant des “ prototypes ” universels. Ainsi Memèd-le-Mince n’est pas seulement un bandit d’honneur dans une région perdue d’Anatolie mais aussi “ la Révolte ” personnifiée face à l’injustice. La Meryemdjè du Pilier n’est pas seulement une vieille femme têtue mais aussi la puissante image allégorique des femmes d’Asie mineure sur des terres qui connurent longtemps le matriarcat. Yachar Kemal passe avec aisance des formes du récit oral à l’écrit comme il passe des modes de productions archaïques aux débuts d’un capitalisme rural. Dans un marathon romanesque d’une rare ampleur, il avance des années 30 aux années 60 et va plus loin encore sans trop se soucier des répétitions, des longueurs et des excès de parole. Il se fie à son fleuve intérieur débordant d’images, charriant sans répit tout ce qui touche dans ses flots. » (Guzine Dino, « Soixante ans de roman turc », Les Temps modernes, n°456-57, 1984)
 
« Les romans de Yaşar Kemal apportent à la prose turque des éléments irremplaçables : goût intense pour la description, richesse du lexique (véritable ou attesté, que lui inspire son expérience de collecteur de littérature populaire), puissance des motifs qui guident la vie humaine (peur, vengeance, rédemption) et une vision transversale de l’histoire turque : par exemple, la transhumance d’une famille depuis le lac de Van jusqu’aux rivages de la Méditerranée pendant la Première Guerre mondiale qui forme la toile de fond de la trilogie de Kimsecik [Salman le Solitaire]. Mais de cette autobiographie déguisée (le cycle de Salman le Solitaire) se dégage aussi une forme d’écriture “ en spirale ” qui ne ressemble à rien de connu, sauf peut-être le vol des aigles au-dessus des monts du Taurus, et qui se nourrit de nombreuses rêveries, de fantasmes morbides tissés dans le matériau du récit. Le volume de son œuvre romanesque (quatre cycles et des romans “ indépendants ”) ainsi que l’ensemble maintenant rassemblé de ses articles et reportages concourent à restituer l’image d’un auteur universel : styliste original, auteur engagé, reporter attentif de la Turquie des années 1950 à 1970 ; il semble que l’on n’ait pas encore tout à fait pris la mesure de son œuvre. » (Timour Muhidine, « La question du roman », in La Turquie, Fayard, 2005).
 
 
ANTHOLOGIES / REVUES
* « Les moustiques », nouvelle traduite par Michèle Nicolas, dans L’Âme turque à travers les nouvelles, Istanbul, Zelliç Basimevi, 1953 / réédition dans Europe n°655-56, Paris, 1983.
* « Le bébé », nouvelle traduite par Guzine Dino, dans Cahiers du Sud n°333, Marseille, 1954.
* « Une sale histoire », nouvelle traduite par Guzine Dino, dans Parler n°14, Grenoble, hiver 1961-62.
* « La chaleur jaune », Correspondance d’Orient / Etudes vol. 19-20, Bruxelles, 1971-72.
* « Écoute l’ami », dans Le Monde diplomatique, Paris, novembre 1982.
* « Dans les feux de la Tchoukourova », dans Les Temps Modernes, Paris, juillet-août 1984.
* « Les eaux coulaient, lentes », traduit par Münevver Andaç, dans Nota Bene n°20-21-22, Paris, 1988 / réédition dans Istanbul. Rêves de Bosphore, Paris, Omnibus, 2001.
* « Comptines et fatrasies recueillis par Yachar Kemal », traduit par Abidine Dino et André Velter ;« La porte », poème traduit par Abidine Dino et André Velter ; « Une sale histoire », nouvelle traduite par Guzine Dino ; présentation par Abidine, dans Caravanes n°2, Paris, Phébus, 1990.
* Nouvelle, traduite par Mustafa Yalcıner, dans Deux pièces d’or. Florilège de nouvelles turques, Ankara, Onur Yayınları, 1991.
* Entretien avec Altan Gökalp, Le Monde, Paris, 13 juillet 1993.
* « Penser à Yılmaz Güney... Première rencontre », traduit par Mehmet Basutçu, dans Le Cinéma turc, Paris, Centre Georges Pompidou, 1996.
* Textes inédits, dans Anka n°29-30, Cergy, 1997.
* Texte, dans Bulletin de Lettre internationale n°11, Paris, 1998.
* Texte, dans Istanbul rêvée, Istanbul réelle, Paris, L’Esprit des péninsules, 1998.
* « Un café pour couche-tard » (1958), traduit par Timour Muhidine - « Ils ont détruit un gecekondu » (1966), traduit par Bülent Efe - « Les eaux coulaient, lentes », traduit par Münevver Andaç, dans Istanbul. Rêves de Bosphore, Paris, Omnibus, 2001.
* « Les passagers de troisième classe », « Un incroyable banc de lüfer », dans Meet n°8, Saint-Nazaire, 2004.
* Le Bidon (Teneke), théâtre, traduit (extraits) par Georges Daniel (tapuscrit).
 
 
LIVRES (Traductions)
Mèmed le mince (İnce Memed I, 1955), roman traduit du turc par Guzine Dino. [Paris], Éditions Del Duca, « Le Roman mondial Alcyon » / / Collection Unesco d’œuvres représentatives. « Série auteurs contemporains », 1961, 496 pages, épuisé.
* Rééditions : [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1975, 472 pages, épuisé / Éditions Gallimard, « Folio » n°1117, 576 pages, 7.70 €
 
Sur un plateau des contreforts du Taurus, un village sous la férule d’un agha local : un adolescent, Mèmed, dit le Mince, s’est heurté à son autorité et n’a qu’une ressource : le banditisme. Craint des riches et des oppresseurs, aimé des pauvres, il devient un personnage légendaire à travers plaines et montagnes d’Anatolie. Ce roman d’aventures d’un Moyen Âge dont nous sommes les contemporains est à la fois une épopée lyrique et un chant de révolte prolétarien. [Quatrième de couverture]
 
 
Le Pilier. Au-delà de la montagne. I (Orta Direk, 1955), roman, traduit du turc par Guzine Dino. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1966, 400 pages, 13.72 €
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°957, 544 pages, 7.70 €
 
Le Pilier, c’est Méryémdjé, la vieille paysanne anatolienne. Comme tous ceux de son village, poussée par la faim, elle s’est mise en route vers la plaine d’Adana, où pousse le coton, où il y aura peut-être du travail et à manger. Ce voyage a inspiré à Yachar Kemal, une admirable épopée. [Quatrième de couverture]
 
 
Terre de fer, ciel de cuivre. Au-delà de la montagne. II (Yer Demir Gök Bakır, 1963), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1988, 12.55 €
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°1431, 1983, 544 pages, épuisé.
 
Les habitants de Yalak, village du Taurus complètement isolé du reste du monde par le terrible hiver (c’est la terre de fer), vivent dans l’attente de celui qui doit venir – il en a le droit – les déposséder de tout : grains, bêtes, et jusqu’aux « culottes de leurs femmes ». Celui qui doit venir est le riche marchandd de la ville, Adil Effendi. La mauvaise récolte ne leur a pas permis de lui rembourser ce qu’ils lui doivent. À la menace de dépossession s’ajoute la conviction du déshonneur : dans tous les villages du Taurus, la tradition exige que les dettes soient payées après la cueillette du coton, sans quoi le premier venu est fondé à venir tout piller. Un seul d’entre eux, Tête de Pierre, surmonte la terreur aussi bien que le sentiment de la faute. Une lutte de prestige s’engage alors entre lui et le maire, personnage double et veule, lutte au cours de laquelle, peu à peu, dans les maisons de torchis que le gel retient de s’écrouler avant le printemps, naît le mythe : Tête de Pierre n’est-il pas un saint, un prophète peut-être ? D’abord sceptique, le héros désigné finira par s’en convaincre lui-même.
Le lecteur des précédents livres de Yachar Kemal sait qu’il est vain de les réduire à une action principale : celle-ci ne se développe qu’en passant par une série de tableaux, scènes ou contes merveilleux. Ici, ceux de Redjeb et Husné, les amants fous, de la vieille Méryemdjé, qui méprise tant les siens et tous ceux du village qu’elle a fait le vœu de ne plus ouvrir pour eux la bouche, de Halil l’Ancien, un peu mage, qui s’en ira mourir dans le blizzard pour retrouver quelque chose de sa gloire perdue...
Il faut de nouveau constater que Yachar Kemal est bien autre chose qu’un conteur singulier, habile ou savant. Le fait que sa vocation d’écrivain se soit éveillée au contact des littératures orales d’Anatolie explique sans doute qu’entre ses récits et les personnages qu’ils mettent en scène il ne semble y avoir aucune distance : ils sont doués de la même fraîcheur, de la même imagination poétique, du même charme envoûtant, comme si l’écrivain et son peuple, réellement, ne faisaient qu’un. [Quatrième de couverture]
 
* Film : Yer Demir Gök Bakır / Terre de fer, ciel de cuivre (Turquie / RFA, 1987), réal. et scén. Zülfü Livaneli, d’après le roman homonyme, int. Rutkay Aziz, Yavuzer Cetinkaya, Gürel Yontan, Ugur Esen, Macide Tanir, Serap Aksoy. 
 
 
L’Herbe qui ne meurt pas. Au-delà de la montagne. III (Ölmez Otu, 1967), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1978, 400 pages, 15.06 €
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°1546, 1984, 576 pages, épuisé.
 
L’été venu, les paysans descendent du Taurus pour la cueillette du coton dans la plaine. emmènent dans leur migration leurs passions, leurs querelles, leurs haines. De multiples drames vont se nouer, dont les acteurs sont le maléfique Sefer, maire du village, Tête de Pierre qui vit et meurt comme un saint, Ali le Longuet, soupçonné d’avoir tué sa mère, le jeune Mémidik qui poursuit le maire de sa vengeance. Avec Kemal, l’épisode le plus réaliste, les réactions les plus frustres, les personnages les plus simples grandissent aux dimensions de la légende. [Quatrième de couverture]
 
 
Mèmed le faucon (İnce Memed II, 1969), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1976, 528 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°1276, 608 pages, 7.70 €
 
Mèmed le Mince, le bandit d’honneur turc, le jeune et légendaire hors-la-loi, aide les paysans du village de Vayvay, soumis à l’implacable oppression de l’insatiable Ali Safa Bey, à changer d’attitude. Grâce à la présence de cet allié mystérieux et puissant, les actes de résistance se multiplient, la rébellion éclate. Mèmed quitte son refuge et, sûr de la complicité profonde du peuple, tue Ali Safa Bey. Un roman d’aventures, une épopée lyrique et aussi un roman réaliste. [Quatrième de couverture]
 
* Film : Memed My Hawk / The Lion and the Hawk (Yougoslavie / U.K., 1984), réal. et scén. Peter Ustinov, d’après le roman homonyme, int. Peter Ustinov, Herbert Lom, Denis Quilley, Michael Elphick, Simon Dutton, Leonie Mellinger, Relja Basic, Edward Burnham, Ernest Clark,  Rosalie Crutchley, Michael Gough.  
 
 
La Légende du mont Ararat (Ağrıdağı Efsanesi, 1970), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1998, 144 pages, 14.50 €
 
Ainsi parle la légende : chaque année, quand le printemps s’éveille sur l’Ararat où a échoué l’Arche de Noé, les bergers viennent dès l’aube au bord du lac de Kup et jouent de la flûte, pour célébrer le Mont. Au coucher du soleil, un mystérieux oiseau blanc vient par trois fois toucher l’eau de son aile, et disparaît dans le ciel. Alors les bergers se retirent.
Et voici le roman, tel qu’il aurait fondé la légende : un matin, un cheval blanc apparaît devant la maison du berger Ahmet. Par trois fois, Ahmet éloigne le cheval de la région d’Ararat, et le cheval revient. Ainsi en est-il des dons du Ciel, selon la tradition. Ahmet refuse donc de restituer le cheval à son propriétaire, le cruel pacha ottoman. Capturé, jeté en prison, Ahmet sera mis à mort si le cheval ne revient pas. L’amour fou qu’éprouvent l’un pour l’autre Ahmet et Gulbahar la Souriante, une des filles du pacha, l’amour fou qu’éprouve secrètement le geôlier Mémo pour Gulbahar et la complicité de toute la population décideront du sort des amants. Leur histoire s’achèvera sur le Mont Ararat. [Quatrième de couverture]
 
 
La Légende des mille taureaux (Binboğalar Efsanesi, 1971), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1979, 344 pages, 13.11 €
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°1796, 1987, 416 pages, épuisé.
 
Entre le mont Aladag et la plaine de la Tchoukourova, le peuple turkmène des Yeuruks, au temps de sa splendeur, passait de son séjour d’été à ses quartiers d’hiver avec ses troupeaux de moutons, ses chameaux, ses tentes somptueuses aux quatre épaisseurs de tapis, ses femmes d’une grande beauté, couvertes de bijoux. Aujourd’hui la plaine est emplie du bruit des tracteurs, la plupart des tribus, sédentarisées, vivent des produits de la terre. À peine les Yeuruks ont-ils planté leurs tentes qu’apparaissent les envoyés des aghas, les paysans qui leur extorquent de l’argent, les chassent, les lapident. Si la belle Djérène consentait à épouser le riche Oktay Bey, les Yeuruks pourraient s’établir sur ses terres, mais Djérène est amoureuse de Halil, qui s’est mis hors la loi, et chez les Yeuruks l’usage interdit de contraindre les filles.
Heureusement, Maître Haydar, qui a passé trente ans de sa vie à forger une épée, offrira ce joyau inestimable à un bey riche et puissant, et celui-ci naturellement accordera des terres aux Yeuruks. C’est ainsi que la tribu se berce d’espoirs tandis que Haydar se rend à cheval dans la grande ville pleine de voitures et de gens affairés, où il devient objet de mépris ou de pitié.
Bien d’autres personnages peuplent cette histoire tissée de légendes et de traditions, la tragique aventure de quelques hommes et femmes qui, égarés dans un monde cruel et matérialiste, défendent à travers les pires épreuves les sentiments, devenus anachroniques, de la noblesse, de la générosité et de l’honneur. [Quatrième de couverture]
 
 
Meurtre au marché des forgerons. Les seigneurs de l’Aktchasat. I (Demirciler Çarşısı Cinayeti, 1973), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1981, 576 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°2041, 1989, 768 pages, 10.30 €
 
Au pied des montagnes du Taurus, décor familier aux lecteurs de Yachar Kemal, deux familles s’abîment dans une vendetta héréditaire. On a tué le frère aîné de Derviche Sarioglou qui fait assassiner le frère de Moustafa Akyollou, lequel doit, à son tour, venger sa famille. Les deux hommes, des beys, s’épuisent à se tendre des pièges mortels. Enfermés dans leur propre univers, aveugles à ce qui se passe autour d’eux, ils ne voient pas apparaître les nouveaux maîtres, les aghas. Ceux-ci surgissent comme des champignons, deviennent millionnaires, propriétaires d’usines, ils se lancent dans la politique, bouleversent le paysage de l’Aktchasaz et, surtout, confèrent à la lutte impitoyable de Moustafa et Derviche un caractère féodal, et infiniment dérisoire. [Quatrième de couverture]
 
 
Tourterelle, ma tourterelle. Les seigneurs de l’Aktchasat. II (Yusufçuk Yusuf, 1975), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1982, 600 pages, 16.78 €
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°2350, 1992, 800 pages, 10.30 €
 
Si, dans Meurtre au marché des forgerons, Kemal nous contait l’histoire sanglante d’une vendetta entre les Akyollous et les Sarioglous, on y assistait déjà à la décadence de ces deux grandes familles, ainsi qu’à l’avènement au pouvoir de nouveaux riches. Tourterelle, ma tourterelle, deuxième volume de la trilogie Les seigneurs de l’Aktchasaz, voit cette décadence accomplie, du moins en ce qui concerne Moustafa Akyollou, malade et abandonné, qui passe sa vie dans son lit à rêver de vengeance. Mais Derviche Sarioglou, lui, n’a pas renoncé : pour se débarrasser d’un pauvre type utilisé par ses nouveaux ennemis pour l’insulter, il arme le bras du jeune Youssouf, fils d’un de ses serviteurs. Youssouf accepte naïvement. Mais au moment d’agir, pris de peur, il cherche en vain à prendre la fuite et se retrouve prisonnier d’un univers onirique où, sans cesse, il vient buter contre le cadavre de l’homme qu’il devait abattre. Est-ce bien lui qui l’a tué ? En tout cas, tout l’accuse. À présent, il est devenu dangereux pour Derviche Bey. Une seule solution, comme toujours : la mort. Mais c’est la fin aussi des traditions de loyauté et d’hospitalité qui constituaient le fondement de l’univers de Derviche Sarioglou. [Quatrième de couverture]
 
 
Salih l’émerveillé (Al Gözlüm Seyreyle Salih, 1976), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1990, 480 pages, 24.39 €
 
Dans un petit port de pêche de la mer Noire, aux environs d’Istanbul, un enfant, Salih l’Émerveillé, doit son surnom à la fascination qu’exerce sur lui un univers qu’il découvre sans cesse : la mer et le ciel et les grands bateaux bleus et les poissons dorés et les guêpes aux ailes diaphanes et les flammes de la forge et les mains de l’homme qui donnent la vie au fer et au bois, mais aussi le courage et la lâcheté, la bonté et la cruauté, l’amour et l’injustice ; un monde réel qui se confond avec celui de ses fantasmes. La vieille grand-mère qui passe ses jours et ses nuits devant son métier à tisser, en attendant le retour du jeune et beau mari qui l’abandonna autrefois, est, pour Salih, une sorcière aussi redoutable que celle des contes de fées ; Che Guevara est le fiancé d’une jolie touriste ; Témel le maître pêcheur et Métine le contrebandier passent leurs soirées à boire du vin violet avec le roi des corsaires. Et tout au long de la côte, les équipages des voiliers, qui vivent du trafic d’armes ou de cigarettes américaines, s’entre-tuent toujours comme des personnages de films de pirates. Salih, qui cherche désespérément à sauver une petite mouette à l’aile brisée, se heurte à l’indifférence et à l’égoïsme. En vain, il tente d’opposer ses rêves à l’implacable réalité. La mouette mourra, Métine sera tué... Salih a fait l’apprentissage d’une vie sans pitié. [Quatrième de couverture]
 
 
Tu écraseras le serpent (Yılanı Öldürseler, 1976), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1982, 144 pages, épuisé.
* Réédition : Éditions Gallimard, « Folio » n°2695, 1995, 160 pages, 3.50 €
 
Un homme est tué par l’amant de sa femme. Le meurtrier est abattu à son tour. Mais cette vengeance ne suffit pas à la mère de la victime : la femme qui a provoquée le drame, qui en a peut-être été l’instigatrice, n’a pas été punie, et elle a hérité au surplus des champs de son mari qui était riche. La vieille femme cherche en vain à chasser sa bru du village ; elle rêve de sa mort. Ses fils sont des faibles, ils n’ont pas le courage de tuer cette belle-sœur trop belle. Ils ont peur de la prison. Alors, la mère se choisit un autre justicier : son petit-fils. Il lui faudra du temps pour arriver à ses fins, tous les moyens sont bons pour persuader l’enfant – et la population du village – que le mort ne connaîtra pas la paix dans sa tombe tant qu’il n’aura pas été vengé. Et tout le monde finira par y croire. L’histoire est celle d’un meurtre patiemment préparé, d’une conspiration inspirée autant par l’intérêt que par la tradition de l’honneur à venger et du « rachat » du sang versé. [Quatrième de couverture]
 
* Film : Yılanı Öldürseler / Tu écraseras le serpent (Turquie, 1981), réal. Serif Gören, Türkan Soray, scén. Arif Keskiner, d’après le roman homonyme, int. Türkan Soray, Talat Bulut, Mahmut Cevher, Ahmet Mekin, Aliye Rona, Yaman Okay, Erol Demiröz, Hüseyin Peyda, Pars Sezer.
 
 
Le Roi des éléphants et Barbe-Rouge la fourmi boiteuse (Filler Sultanı ile Kırmızı Sakallı Topal Karınca, 1977), roman, traduit du turc par Paul Dumont ; illustrations d’Anne Bozellec. [Paris], Éditions Gallimard Jeunesse, « Folio junior » n° 241, 272 pages, épuisé.
 
Comment les éléphants réduisirent les fourmis en servitude. Comment, grâce à elles, ils connurent une prospérité sans égale. Comment Barbe-Rouge le boiteux parvint à unir les fourmis pour les mener vers la délivrance. Anne Bozellec a su illustrer l’humour avec lequel Yachar Kemal, le conteur, dénonce l’horreur de la guerre et les dictatures. [Quatrième de couverture]
 
 
Alors, les oiseaux sont partis (Kuşlar da Gitti, 1978), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1983, 144 pages, épuisé.
 
 
Et la mer se fâcha (Deniz Küstü, 1978), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1985, 444 pages, 19.82 €
 
 
Salman le solitaire (Yağmurcuk Kuşu. Kimsecik I, 1980), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1984, 420 pages, 17.53 €
 
 
Le Retour de Mèmed le Mince (İnce Memed III, 1984), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1986, 588 pages, 22.87 €
 
Mèmed le Mince a tué Ali Safa bey, puis il s’est enfui dans la montagne. Dans la petite bourgade, c’est la consternation. Les fonctionnaires, les aghas tremblent devant ce brigand qui assassine les riches et donne aux pauvres. On lance à ses trousses le capitaine Farouk et son redoutable acolyte, le tortionnaire Ali le Lézard. Qui a vu Mèmed ? Qui le connaît ? Des descriptions fantaisistes, parfois extorquées sous forme d’aveux, donnent une galerie de portraits.
Cette suite des aventures de Mèmed le Mince est plus qu’un roman : une épopée. Aux détails réels de cette histoire pleine d’actes héroïques, d’intrigues et de trahisons, où se détachent, parmi bien d’autres, les personnages de Mèmed, jeune garçon frêle et tendre, au regard d’acier, de Mourtaza agha, le lâche, du fidèle et habile AIi le Boiteux, de Petite-Mère Sultane, il faut ajouter tout ce qui fait la légende : l’alezan de Mèmed, animal fabuleux, invulnérable, les récits terrifiants qui courent la ville et les villages, les chants de louange ou de malédiction, qui exaltent et amplifient la rumeur. Mèmed, lui, voudrait renoncer à l’aventure pour vivre en paix avec la belle Seyrane, qu’il vient d’épouser. Mais un brigand peut-il échapper à son destin ? [Quatrième de couverture]
 
 
La Grotte. Salman le solitaire. II (Kale Kapısı. Kimsecik II, 1985), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1992, 396 pages, 26.68 €
 
Bien que deuxième tome de la trilogie de Salman le solitaire, La Grotte est un roman en soi : celui de la peur.Salman a pris la fuite après avoir assassiné son père adoptif, Ismaïl agha ; il ne revient plus que pour de brèves incursions, mais la terreur qu’inspire le parricide est partout : dans le village, dans la nature sauvage et grandiose qui l’entoure, et jusque dans les villes les plus proches, colportée par des rumeurs invérifiables, mais rappelée aussi par des horreurs bien réelles, cadavres crucifiés ou décapités, chatons et chevaux égorgés, autant de signaux que Salman adresse au petit Moustafa, dont les camarades partagent l’épouvante. Et tout cela amplifié par les rodomontades des aventuriers picaresques qui viennent proposer leurs services à la veuve d’Ismaïl agha, la belle Ziro, pour lui extorquer ses dernières pièces d’or ou la demander en mariage. Brave Petit Poucet perdu entre tous ces indices, et qui apprend très tôt la veulerie des adultes, Moustafa se bat avec tout son courage contre les dangers qu’il voit surgir partout. Mais lorsque le monde autour de lui devient trop menaçant, c’est dans la grotte, pourtant le symbole même de la peur avec ses chauves-souris, qu’il ira se réfugier.
Comme dans la plupart des romans de Yachar Kemal, les principaux personnages du livre sont des enfants, avec leur fraîcheur, leurs amitiés, leurs rapports avec la nature, leur univers de mythes et de rêves. Un roman où l’autobiographie a joué un grand rôle. [Quatrième de couverture]  
 
 
Le Dernier combat de Mèmed le Mince (İnce Memed IV, 1987), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1989, 600 pages, 24.39 €
 
Depuis 1955, date à laquelle les lecteurs turcs découvrirent les premières aventures d’un jeune justicier, Mèmed le Mince est devenu, avec les années, un héros légendaire, pour se transformer souvent en une créature de chair et de sang. Une anecdote résume la place prise par ce personnage de roman dans la mémoire collective de son pays : « Mèmed. ce n’est pas toi, déclara un jeune berger, l’œil méfiant, à Yachar Kemal. Mèmed, je le connais bien, va ! Je le rencontre si souvent dans la montagne ! »
Dans ce dernier tome, Mèmed tente une fois de plus de découvrir la paix et le bonheur. Il s’éloigne des montagnes où il a vécu en hors-la-loi et décide de mener une vie nouvelle au bord de la Méditerranée. dans un gros bourg entouré de plantations d’orangers et de citronniers : le paradis. La vieille Huru et Seyrane, qui attend un enfant, viennent l’y rejoindre. Mais autour de lui, il n’est question que des combats que Mèmed le Mince et Ferhat hodja continuent à mener au loin, dans les montagnes, avec l’aide de centaines de jeunes paysans armés, qui se font tous appeler Mèmed. Et puis au bord de cette mer si belle, sous ce ciel clément, sur cette terre si riche, si douce, les journaliers sont aussi opprimés que les paysans sans terre de la région du Taurus. Mèmed se reproche la vie trop facile qu’il mène. Le mystérieux inconnu qui surgit sans cesse sur son chemin, est-ce un ami, un ennemi, ou tout simplement l’ancien Mèmed le Mince, celui qui ne rêvait que de justice ? Il ne connaît plus la paix. Et quand est assassiné son ami l’instituteur, qui se battait seul contre les grands propriétaires, Mèmed repris dans l’impitoyable engrenage qui a fait de lui un redresseur de torts, abat l’agha qui a ordonné ce meurtre, et retourne à ses montagnes, où il rejoint ses compagnons de lutte. Jusqu’au dernier combat, jusqu’au jour où il disparaîtra. Et les gens diront : « On n’entendit jamais plus parler de Mèmed le Mince, jamais on ne retrouva ses traces... »
Nous retrouvons ici le souffle puissant, le lyrisme éblouissant de Yachar Kemal. Et bien des personnages de sa grande saga : Ferhat hodja, Bayramoglou, l’ancien brigand au grand cœur, Ali le Boiteux, Petite-Mère Sultane, accusée de sorcellerie, et dont la mort sera impitoyablement vengée... L’alezan ensorcelé hante toujours le Taurus, avec ses majestueuses forêts et ses pics, où « tout n’est plus que roche dénudée », comme l’écrivait Vinci dans ses Carnets. Et aussi la mer, dont la description par le grand écrivain devient un fragment d’épopée. [Quatrième de couverture]
 
 
La Voix du sang. Salman le Solitaire. III (Kanın Sesi. Kimsecik III, 1991), roman, traduit du turc par Münevver Andaç. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 1995, 444 pages, 24.39 €
 
Après Salman le Solitaire et La Grotte, La Voix du sang achève la trilogie consacrée aux aventures d’une famille Kurde qui a dû fuir les Russes pendant la Première Guerre mondiale pour se réfugier dans le sud de la Turquie.
Salman a assassiné Ismaïl agha dont le fils, Moustafa, vit dans la hantise d’être tué à son tour et communique sa terreur aux enfants du village. Seule le distrait de sa peur et de son désir de vengeance la fascination qu’exerce sur lui la belle Éminé, qui aimait Ismaïl agha d’un amour vain et que Salman vient voir. Au gré des saisons qui passent dans la superbe vallée de la Tchoukourova, ponctuées par l’arrivée des hirondelles, la récolte du coton, les chutes de neige et les irruptions menaçantes de Salman, le village entier participe à l’histoire de Moustafa. Il constitue, sous la plume de Yachar Kemal, tout à la fois un chœur antique et une extraordinaire galerie de portraits : il y a Mèmet l’Oiseau, Youssouf la Chenille, Ali le Sergent, toujours à la poursuite de l’aigle qui le nargue, Abbas, le vieux sculpteur sur bois. Mais il y a surtout, là-bas, « de l’autre côté du Mont Dudul », une contrée fabuleuse où Moustafa cherche à s’enfuir et qu’il finira par atteindre après la mort de Salman, au risque de voir s’effondrer ses rêves d’enfant. [Quatrième de couverture]
 
 
Entretiens avec Alain Bosquet, traduit du turc par Altan Gokalp. [Paris], Éditions Gallimard, « Blanche », 1992, 176 pages, 16.01 €
 
Yachar Kemal et Alain Bosquet se sont rencontrés au sommaire d’une revue américaine, dès 1957. Depuis la publication en France de Mèmed le Mince, ils entretiennent une amitié vive et véhémente. De leurs rencontres et de leurs pugilats est née, en 1984, l’idée d’un dialogue plus exhaustif. Comme ils ne parlent pas la même langue, ils se sont écrit longuement. Ces entretiens se sont terminés en 1989 : il a fallu les revoir, les resserrer, leur donner une forme dense et drue. Yachar Kemal y parle de son enfance fabuleuse, de la situation de la Turquie, de ses propres drames, de la difficulté d’être un écrivain dans un pays où la démocratie connaît des hauts et des bas. Il s’exprime aussi sur la littérature universelle et ne craint pas de prendre parti : on peut être un romancier épique et un homme d’action. Il a paru souhaitable de publier ce livre tel qu’il a été rédigé il y a trois ans, sans rien changer aux réflexions politiques, dont certains détails peuvent ne plus s’appliquer. Ce qui compte, c’est l’exceptionnelle richesse du tempérament, chez Yachar Kemal. [Quatrième de couverture]
 
 
Visages, pile ou face, dix-neufs dessins d’Abidine, précédés d’un dialogue avec Yachar Kemal, traduit du turc par Guizine Dino. [Saint-Clément-de-Rivière, Hérault], Éditions Fata Morgana, 1992, 34 pages, 18 €
 
Précédés d’un dialogue avec le grand romancier turc, où l’auteur de Mèmed le Mince fait revivre l’Anatolie et le Kurdistan de sa jeunesse, et évoque tout ce qui unit et sépare l’art oriental et l’art occidental, ces dix-neufs dessins d’Abidine recréent le grouillement magique des foules de l’Orient. [Quatrième de couverture]
 
 
Regarde donc l’Euphrate charrier le sang. Une histoire d’île. I (Fırat suyu kan akıyor baksana. Bir ada hikâyesi, 1998), roman, traduit du turc par Altan Gokalp. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier », 2004, 416 pages, 25 €
 
La petite population grecque de l’Île-Fourmi – sorte de paradis miniature sur terre – vit en bonne intelligence avec les villages turcs de la côte. Mais nous sommes en 1923, et le traité de Lausanne prévoit un gigantesque échange des populations pour mettre fin à la guerre. Le roman de Yachar Kemal débute au moment où la nouvelle de l’exil forcé éclate sur l’île, comme partout en Asie Mineure, où plus d’un million de Grecs doivent faire leurs bagages, tandis qu’un demi-million de musulmans doivent quitter la Grèce. Le jeune Vassilis, survivant de l’enfer des Dardanelles et du front du Caucase, refuse de partir. Il se cache, seul dans l’île désertée par tous, ayant juré sur la Bible de tuer le premier qui y mettra les pieds.
C’est un étrange personnage, Poyraz Musa, jeune officier ottoman, lui aussi héros de la guerre et fuyant visiblement son passé, qui débarque le premier sur l’île, décidé à s’y installer. Les deux hommes vont alors se croiser au fil d’un étrange jeu du chat et de la souris, où les horreurs de la guerre qu’ils ont partagée ne sont jamais absentes.
Ce dernier roman de Yachar Kemal revient sur un chapitre oublié de l’histoire du XXe siècle, d’une actualité malheureusement intacte, et impressionne le lecteur par son souffle épique exceptionnel. [Quatrième de couverture]
 
 
ÉTUDES
* Anka n°29-30, Cergy, printemps 1997, « Yachar Kemal », sous la direction de Altan Gokal, avec des textes inédits. [Cergy], Association Anka, 1997, 264 pages, illus., épuisé.
 
* Jean-Pierre Deleage, Yachar Kemal. Forgeron obligé de l’écriture, essai. [Paris], Éditions L’Harmattan, « Espaces littéraires », 384 pages, 27.45 €
 
Yachar Kémal, moins que le romancier-paysan que l’on a complaisamment décrit, est le romancier du déplacement, d’un mouvement encore indécis, dans le monde turc des débuts de la république kémaliste à nos jours, monde en quête de repères, de buts, déplacement guidé pour beaucoup par le seul espoir d’un peu plus de liberté. La parole de Yachar Kemal est d’abord une parole qui soumet à son examen l’exercice des pouvoirs quels qu’ils soient, y compris le sien. [Quatrième de couverture]
 
* Nedine Gürsel, Yachar Kemal. Le Roman d’une transition, essai. [Paris], Éditions L’Harmattan, « Espaces littéraires », 2003, 210 pages, 16.80 €
 
Table des matières : Paysages d’une géographie humaine - Les seigneurs de l’Aktchasaz - Le cycle autobiographique - Les élegies - L’épopée du Keuroghlou - Et la mer se facha - Tradition orale et création romanesque : entretien avec Yachar Kemal – Bibliographie.
 
Nedim Gürsel nous introduit de plain-pied dans l’univers magique du grand romancier Yachar Kémal où nous faisons connaissance avec d’inoubliables personnages en même temps que nous découvrons une société en pleine mutation. Des épopées anciennes aux élégies, les « palimpsestes » du chantre de la Turquie méridionale, un par un, sont décryptés ainsi que le passage de l’oral à l’écrit. Un entretien sur la création romanesque avec l’auteur de Mèmed le Mince enrichit cette première tentative d’analyse intertextuelle de l’œuvre de Yachar Kémal. À travers le récit d’un voyage au-delà du Taurus, Gürsel nous promène également dans l’immense plaine de Tchoukourova, la géographie affective de l’auteur. [Quatrième de couverture]
 

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  • Pour saluer Paul OTCHAKOVSKY-LAURENS

    C’est avec stupeur et tristesse que nous avons appris la disparition brutale de Paul Otchakovsky-Laurens fondateur et directeur des éditions POL. Grande figure de l’édition, il a marqué de son empreinte la littérature française en publiant Bober, Cadiot, Duras, Juliet, Novarina, Perec et tant d’autres qui font aujourd’hui figure de classiques contemporains.

    5 janvier 2018

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