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KANIK, Orhan Veli

[TURQUIE] (Istanbul, 1914 – Istanbul, 1950). Orhan Veli Kanık. Mort à trente-six ans d’une congestion cérébrale, il laisse cinq petits livres de poèmes, réunis aujourd’hui en un volume, ainsi que des essais critiques sur l’art et des traductions du français (Les fables de La Fontaine, Villon, Baudelaire). Dès la parution en 1936 de ses premiers vers dans la revue Varlik, il annonce son dessein qui est de lutter contre le classicisme, sa mesure et sa rime triviales et surannées.
 
« Pareil à une sculpture de Giacometti. Long visage tourmenté, corps filiforme. Il apparaît et disparaît de façon inexplicable. Peut réciter par cœur trois cent cinquante marchandises vendues au Marché des Épices, et encore dans l’ordre, toutes les rues de Paris où il n’a jamais mis les pieds. Choix exquis des mots, poésie anti-déclamatoire. Fonde avec Melih Cevdet Anday et Oktay Rifat le mouvement poétique Garip. Mille difficultés, boit trop. Congestion cérébrale, mort prématurée. » (Abidine Dino, Europe, 1983)
 
« Une nouvelle tendance poétique qui s’imposa en marge de la poésie engagée de Hikmet, interdite après le départ de celui-ci en exil, s’attaqua aux poncifs de toute espèce à partir des années 1940. Orhan Veli Kanık (1914-1950), Oktay Rifat (1914-1988) et Melih Cevdet Anday (1915-2002), furent les précurseurs de ce mouvement poétique qui s’intitula Garip [Bizarre]. Frôlant parfois le surréalisme, Garip a été une réaction contre la fioriture de la poésie du Dîvan et la poésie de la fin du XIXe siècle. Ainsi, ce mouvement renonça à toute image métaphorique en essayant d’exprimer, dans leur réalité intrinsèque, les problèmes sociaux d’un pays en voie de développement. Pour ce faire, il choisit d’utiliser le langage parlé et renoua avec les formes traditionnelles tout en les transformant d’un point de vue moderne. Ce passage extrait de la préface à Garip qui a valeur de manifeste illustre parfaitement les objectifs du mouvement dont les principales caractéristiques sont la simplicité et l’ironie : « (...) Le vrai langage poétique n’a pas besoin de l’artifice de la comparaison ; ce qui est “ bizarre ”, c’est de chercher à dire les choses en les comparant à d’autres choses, alors qu’on peut appeler chaque chose par son nom. Les comparaisons, les allégories, les symboles et les exagérations ont jusqu’ici saturé l’imagination poétique. (...). Tout un chacun a droit à la poésie. Il ne s’agit pas de défendre la cause d’une classe sociale définie, mais de s’imprégner du goût et des aspirations du plus grand nombre et d’en trouver l’expression. » (Nedim Gürsel, « La littérature turque contemporaine », Les Belles étrangères, 1993)
 
* Bibliographie : Garip [Bizarre], recueil de poèmes, avec Oktay Rıfat et Melih Cevdet Anday (1941 ; uniquement ses poèmes, 1945), La Fontaine’nin Masalları, traduction en vers de quarante-neuf fables (1943, 2 vol.), Vazgeçemediğim [Ce à quoi je n’ai pu renoncer], poèmes (1945), Destan Gibi [Comme l’épopée], poèmes (1946), Yenisi [Le nouveau], poèmes (1947), Nasrettin Hoca Hikâyeleri, choix d’histoires en vers (1949), Karşı [En face], poèmes (1949), Orhan Veli Bütün Şiirleri, œuvre poétique complète (1951 ; 23e édition, revue et corrigée, 1987), Orhan Veli / Nesir Yazıları, œuvres en prose (1953 ; nouvelle édition sous le titre Denize Doğru, 1970), Çeviri Şiirleri, traductions poétiques (1982), Şevket Rado’ya Mektuplar, correspondance avec Oktay Rifat et Melih Cevdet Anday, éd. Emin Nedret İşli (2002).
 
ANTHOLOGIES / REVUES
* Orhan Veli, Poèmes (« Par beau temps », « Épitaphe », « Épitaphe », « Séparation »), traduits par Nimet Arzık, dans Anthologie des poètes turcs contemporains, Paris, Gallimard, 1953, 1956.
* Poèmes (« Quantitatif », « Monteur Sabri », « Mon lit », « Lettres à Oktay », « Rien que pour écrire », « Comme nous », « Spleen », « Sur Istanbul », « Les beaux temps », « Je ne peux pas l’exprimer », « Un héros de roman », « Tourment », « Poème à la pince », « Poèmes à la sonnette », « Le flemard », « Vivre »), traduits par Akil Aksan, dans Anthologie de la nouvelle poésie turque, Monte Carlo, Regain, 1966.
* Poèmes (« Par beau temps », « Épitaphe », « Épitaphe », « Séparation »), traduits par Nimet Arzık, dans Anthologie de la poésie turque (XIIIe-XXe siècle), Paris, Gallimard, 1968, 1994.
* Poèmes (« Illusion / Illusion », « Kitabe-i Seng-i Mezar / Épitaphe I, II », « Vazgeçemedigim / Ce dont je ne puis me passer », « Istanbul / Pour Istanbul », « Güzel Havalar / Les beaux jours », « Hicret / Départ I »), traduits par Michèle Aquien, Guzine Dino et Pierre Chuvin, dans Entre les murailles et la mer, Paris, François Maspero, 1982.
* Poèmes, dans Oluşum / Genèse n°1, Nancy, 1989.
* Poèmes, traduits par Jean Pinquié et Levent Yilmaz, dans Anthologie de la poésie turque contemporaine, Paris, Publisud, 1991.
* Poèmes (« J’écoute Istanbul », « Pour Istanbul »), traduits par M. E. Tatarağsi et Gérard Pfister, dans Istanbul. Rêves de Bosphore, Paris, Omnibus, 2001.
* Poème, dans Orient. Mille ans de poésie et de peinture, Paris, Diane de Selliers, 2004.
* Poème (« Ragots / Dedikodu »), dans Oluşum / Genèse n°103, Nancy, 2006.
 
 
LIVRE (Traduction)
J’écoute Istanbul. Bilingue turc-français. Poèmes choisis et traduits par M. E. Tatarağsi et Gérard Pfister ; illustrations d’Abidine. [Paris], Éditions Arfuyen, « Cahiers d’Arfuyen » n°59, 1990, 64 pages, 9.91 €
 

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