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GURMEN, Osman Necmi

[TURQUIE] (Istanbul, 1927). Osman Necmi Gürmen. Romancier. Après des études universitaires à Paris, il a longtemps vécu à Bodrum, l’ancienne Halicarnasse. « Le thème du retour, avec ses mécomptes sur la valeur des lieux, celui de la mosaïque culturelle, la question de l’altérité et du choix du français comme langue d’écriture inspirent aussi, sur un mode à la fois plus grave et plus bouffon, le roman d’Osman Necmi Gürmen. [Il] écrit son premier roman en français, alors qu’il séjourne en France pour des raisons universitaires. L’Écharpe d’Iris, publié en 1976, paraîtra dans sa version turque, toujours due à l’auteur, en 2003 seulement, sous le titre Delibozuklar Çiftliği. Le roman suivant devait, plus classiquement, être écrit en turc, Kiliç Uykuda Vurulur (1978), puis traduit, d’une autre main, en français : L’Espadon (1979). Ce chiasme insolite opéré par les passages d’une langue à l’autre n’est peut-être pas, nous semble-t-il, indifférent au projet littéraire de l’auteur. C’est, comme La Lyre turque [de Abdullah Cevdet, 1902], sous le signe du duel de l’artiste avec “ l’étude du beau ”, qu’est placé L’Écharpe d’Iris. Dans un texte écrit en 1984 dans la revue Sud en hommage à Marguerite Yourcenar, Osman Necmi Gürmen cite l’aphorisme de Baudelaire, après avoir invoqué la Chimère, “ symbolisant le désir de création imaginative ”, qui “ peut séduire et détruire celui qui se livre à elle ”. C’est précisément ce combat, mieux, cette défaite que célèbre le protagoniste, Fatin (en turc, “ intelligent ”, mais l’on peut penser à un mot-valise à partir de “ Fatum ” et “ destin ”). Médecin aliéniste-préfet-aspirant ministre, il est divisé entre deux cultures, deux systèmes de valeurs, entre le névrotique souci occidental du cumul des richesses et du pouvoir, et l’insouci oriental fondé sur l’ascèse et l’impouvoir, entre matérialisme cynique et “ utopie de la beauté ” ». (Alain Mascarou, « Lettres turques de langue française », in La Turquie, Fayard, 2005).
 
ANTHOLOGIES / REVUES

* « A Râna, ma mère », dans Sud n°37-38, Marseille, 1980.
* « Sur Marguerite Yourcenar », dans Sud, 1984.
 
LIVRES
L’Écharpe d’Iris, roman (écrit en français ; version turque par l’auteur publiée en 2003, sous le titre Delibozuklar Çiftliği). [Paris], Éditions Gallimard, « Blanche », 208 pages, 1976, épuisé.
 
L’Espadon (Kiliç Uykuda Vurulur, 1978), roman, traduit du turc par Anne Courcelle ; préface de Vassilis Vassilikos. [Paris], Éditions Gallimard, « Du monde entier » / Collection Unesco d’œuvres représentatives. « Série européenne », 1979, 224 pages, 19.50 €
 
Une baie perdue en Méditerranée : parmi les genévriers et les troupeaux vivent Kâni, le paysan turc, et Yanni, le pêcheur grec. La barque de Stélyo, au moteur poussif, qui apporte courrier et ravitaillement de la Ville représente leur seul contact avec le monde extérieur. Liés par une amitié ancestrale aussi inaltérable que leur amour de la nature et de la terre, Yanni et Kâni n’ont besoin de personne : ensemble ils jurent la mort du renard dévoreur de poules ; ensemble ils escaladent les collines au son de la flûte et se laissent éblouir par la beauté de l’espadon qui sommeille entre deux eaux. Ici, la vie n’a pas changé depuis le temps de Virgile. L’ambition et la violence finiront pourtant par rompre cette harmonie paisible : Haralambos – le pope politicien – et son homologue turc viennent haranguer les villageois, consternés à l’idée qu’ils devraient être ennemis. Le requin, déjà, dévore la pêche. Niko, le fils de Yanni, revient de l’étranger décidé à exploiter à son seul profit les ressources locales, quitte à dévaster la baie. Ayshé, la fille de Kâni, arrive d’Istanbul, mitraillette au poing, exigeant le partage des terres entre Turcs et Grecs. À leur suite, déferle le cortège d’avocats, de promoteurs, de gendarmes et de touristes... Car l’espadon, par sa forme, est aussi le symbole de leur île : Chypre, déchirée par un conflit fratricide. Telle est la toile de fond de ce récit vibrant.
Osman Necmi Gürmen retrouve ici le souffle épique qui parcourait L’Écharpe d’Iris, son premier roman. La poésie jaillie du quotidien, la passion des hommes et du paysage, nous restituent le monde méditerranéen dans ce qu’il a de plus durable et de plus attachant. [Quatrième de couverture]

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