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DERVIS, Suat

[TURQUIE] (Istanbul, 1905 – Istanbul, 1972). Suat Derviş. Après des études de lettres, elle devient journaliste et publie des romans où elle défend les thèses du réalisme socialiste. Membre du parti communiste turc, elle a vécu en France entre 1953 et 1963.
 
ANTHOLOGIES / REVUES
* « Hommage d’un écrivain turc » (sur Henri Barbusse), dans Europe n°119-120, Paris, 1955.
* « Tourgout », nouvelle traduite par Robert Vernier, dans Europe n°124, Paris, 1956.
 
 
LIVRES (Traductions)
Le Prisonnier d’Ankara , roman réécrit du turc en français par l’auteur (la version originale a été publiée en Turquie en 1968 sous le titre Ankara Mahbusu) ; préface de Janine Bouissounouse. [Paris], Éditeurs Français Réunis, 1957, 192 pages, épuisé.
 
Les Ombres du Yali, roman, traduit du turc (sans mention de traducteur). [Paris], Éditeurs Français Réunis, 1958, 160 pages, épuisé.
* Réédition : [Paris], Éditions Parangon, « Littérature étrangère », 2003, 116 pages, épuisé.
 
Malgré son abandon, le vieux yali restait hautain et majestueux sur les rives du Bosphore. Pour le connaître, il aurait fallu écouter ses plaintes dans la tempête, lorsque les vagues battaient les murs avec fureur, lorsque le vent faisait grincer et claquer dans les ténèbres quelques-unes des portes – les vieilles portes qui ne tenaient plus – de ses trente-quatre pièces. Il aurait fallu passer des nuits et des nuits sous son toit, entendre la chanson monotone du ressac. Il aurait fallu marcher dans la pénombre de ses couloirs sans fin. Des chauves-souris s’y égaraient parfois. Prises d’une sorte de désespoir, elles se brisaient les ailes à la recherche d’une issue vers la liberté. Il aurait fallu pouvoir respirer l’air humide des salles inhabitées, aux murs recouverts d’or fané sous la poussière des années. Les araignées avaient tissé d’immenses toiles autour des lustres de cristal déteint. Il aurait fallu caresser longuement les beaux meubles et toucher les étoffes précieuses qui se désagrégeaient sous la moindre caresse des doigts. Il aurait fallu y vivre comme Djélilé y avait vécu. Comme elle, il aurait fallu errer dans le parc aux branches enchevêtrées, aux allées envahies d’herbes sauvages, aux pelouses mangées par les buissons. Il aurait fallu pénétrer dans la grande écurie où des carcasses de luxueux carrosses, rongées par le temps, gisaient comme des monstres vaincus. Il aurait fallu frissonner en descendant les marches humides et moussues qui menaient à la cave où stagnait une eau croupissante. On y garait jadis les kayiks. Il n’en restait plus qu’un qui se balançait comme le corps ballonné d’un noyé. Il était impossible de comprendre Djélilé si l’on n’avait pas connu ce yali et les ombres qui l’avaient habité. [Quatrième de couverture]
 

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