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ANDAY, Melih Cevdet

[TURQUIE] (Istanbul, 1915 – 2002). Poète, romancier, essayiste, dramaturge et journaliste. Après des études de lettres à Ankara, puis de sociologie à Bruxelles, il a travaillé longtemps à la section de la traduction des œuvres classiques du ministère de l’Éducation nationale, puis a enseigné la phonétique et la littérature turque au Conservatoire de musique d’Istanbul, avant d’être conseiller culturel à Paris à la fin des années 1970. Ses première œuvres poétiques ont paru dans la revue Varlik en 1936. Co-auteur avec Orhan Veli Kanık et Oktay Rifat du recueil Garip [Bizarre] (1941).
« Une nouvelle tendance poétique qui s’imposa en marge de la poésie engagée de Hikmet, interdite après le départ de celui-ci en exil, s’attaqua aux poncifs de toute espèce à partir des années 1940. Orhan Veli Kanık (1914-1950), Oktay Rifat (1914-1988) et Melih Cevdet Anday (1915-2002), furent les précurseurs de ce mouvement poétique qui s’intitula Garip [Bizarre]. Frôlant parfois le surréalisme, Garip a été une réaction contre la fioriture de la poésie du Dîvan et la poésie de la fin du XIXe siècle. Ainsi, ce mouvement renonça à toute image métaphorique en essayant d’exprimer, dans leur réalité intrinsèque, les problèmes sociaux d’un pays en voie de développement. Pour ce faire, il choisit d’utiliser le langage parlé et renoua avec les formes traditionnelles tout en les transformant d’un point de vue moderne. Ce passage extrait de la préface à Garip qui a valeur de manifeste illustre parfaitement les objectifs du mouvement dont les principales caractéristiques sont la simplicité et l’ironie : « (...) Le vrai langage poétique n’a pas besoin de l’artifice de la comparaison ; ce qui est “ bizarre ”, c’est de chercher à dire les choses en les comparant à d’autres choses, alors qu’on peut appeler chaque chose par son nom. Les comparaisons, les allégories, les symboles et les exagérations ont jusqu’ici saturé l’imagination poétique. (...). Tout un chacun a droit à la poésie. Il ne s’agit pas de défendre la cause d’une classe sociale définie, mais de s’imprégner du goût et des aspirations du plus grand nombre et d’en trouver l’expression. » Après la mort prématurée d’O. V. Kanık, chef de file du mouvement, O. Rifat et M. C. Anday s’orientèrent vers une poésie plus cérébrale et moins provocatrice. Celle de Anday, d’inspiration plus historique, puisa ses thèmes dans la mythologie des civilisations anciennes du bassin Méditerranéen. » (Nedim Gürsel, « La littérature turque contemporaine », Les Belles étrangères, 1993)
 
« Troisième compère du groupe Garip. Ressemble, de profil, aux sultans ottomans. L’œil bleu, genre céramique d’Iznik. Susceptible au dernier degré. Si les duels n’étaient pas passés de mode, il aurait consacré ses jours à pourfendre ses adversaires. À défaut, il manie la dialectique, exécutant les imprudents dont la logique est en défaut. Il ne se sent bien que dans les gargotes du Bosphore. Mais à Paris il aime le bistrot face au métro Pernety. La construction de ses poèmes est superbe. Il maîtrise l’émotion et l’image par le concept. » (Abidine Dino, Europe, 1983)
 
* Bibliographie : Garip [Étrange], poèmes, recueil avec Orhan Veli Kanık et Oktay Rıfat (1941), Rahatı Kaçan Ağaç [L’arbre qui a perdu sa quiétude], poèmes (1946), Telgrafhane [Le poste de télégraphe], poèmes (1952), Yan Yana [Côte à côte], poèmes (1956), Doğu-Batı [Orient-Occident], essai (1961), Dullar Çıkmazı, roman (1962), Kolları Bağlı Odysseus [Ulysse bras attachés], poèmes (1963), Konuşarak [En causant], essai (1964), Sovyet Rusya, Azerbaycan, Özbekistan, Bulgaristan, Macaristan [L’Urss, l’Azebaïdjan, l’Ouzbékistan, la Bulgarie, la Hongrie], voyage (1965 ; nlle éd. augmentée, 1977), İçerdekiler [Ceux de dedans], théâtre (1965), Aylaklar [Les oisifs], roman (1965), Mikado’nun Çöpleri [Les baguettes de Mikado], théâtre (1967), Göçebe Denizin Üstünde [Sur la mer nomade], poèmes (1970), Gizli Emir [Ordre secret], roman (1970), Dört Oyun : Yarın Başka Koruda ; Dikkat Köpek Var ; Ölüler Konuşmak İsterler ; Müfettişler, théâtre (1972), Yeni Tanrılar, essai (1974), İsa’nın Güncesi, roman (1974), Raziye, roman (1975), Teknenin Ölümü [La mort du navire], poèmes (1975), Sosyalist Bir Dünya, essai (1975), Dilimiz Üstüne Konuşmalar, essai (1975), Sözcükler [Vocables], poèmes 1941-1977 (1978), Maddecilik ve Ülkücülük, essai (1977), Yasak, essai (1978), Ölümsüzlük Ardında Gılgamış [Gilgameh, à la recherche de l’immortalité], poèmes (1981), Paris Yazıları, essai (1982), Açıklığa Doğru, essai (1984), Tanıdık Dünya, poèmes (1984), Akan Zaman Duran Zaman I, mémoires (1984), Ölümsüzler ya da Bir Cinayetin Söylentisi, théâtre (1984), Güneşte (1989), Sevişmenin Güdüklüğü ve Yüceliği, essai (1990), Aldanma ki, essai (1991), Yağmurlu Sokak, roman (1991), Meryem Gibi, roman (1991), Birbirimizi Anlayamayız, roman (1992), Yiten Söz, essai (1992), İmge Ormanları, essai (1994), Geleceği Yaşamak, essai (1994), Yağmurun Altında, poèmes (1995), Geçmişin Geleceği, essai (1999), Bir Sis Çanı Gecenin İçinde, choix de poèmes (2002), Şevket Rado’ya Mektuplar, correspondance avec Orhan Veli Kanık et Oktay Rifat, éd. Emin Nedret İşli, (2002).
 
ANTHOLOGIES / REVUES
* Poèmes (« Mensonge », « Je pense à toi Emilia », « Pompes funèbres », « La mort », « Voie nouvelle », « L’arbre dérangé », « Hiroshima »), traduits par Akil Aksan, dans Anthologie de la nouvelle poésie turque, Monte Carlo, Regain, 1966.
* Poèmes (« Mensonge », « L’arbre troublé »), traduits par Nimet Arzık, dans Anthologie de la poésie turque (XIIIe-XXe siècle), Paris, Gallimard, 1968, 1994.
* Poèmes, traduits par Nimet Arzık, dans Atatürk et son œuvre dans la poésie turque d’aujourd’hui, Ankara, 1981.
* Poèmes (« Troya önünde atlar / Les chevaux devant Troie », « Bas dönmesi / Vertige », « Her aksam / Tous les soirs », « Sevincin Yarisi / À mi-joie »), traduits par Michèle Aquien, Guzine Dino et Pierre Chuvin, dans Entre les murailles et la mer, Paris, François Maspero, 1982.
* Poème (« Au réveil », poème en prose, fragment), traduit par Nedim Gtirsel et Anne-Marie Toscan du Plantier, dans Europe n°655-656, Paris, 1983.
* Poèmes, extrait du recueil Au soleil (Güneşte, 1989), traduit par Abidine Dino et André Velter, présentation par Abidine, dans Caravanes n°2, Paris, Phébus, 1990.
* Poèmes traduits par Jean Pinquié et Levent Yilmaz, dans Anthologie de la poésie turque contemporaine, Paris, Publisud, 1991.
* « Abidine Dino », dans Oluşum / Genèse n°27, Nancy, 1993.
* Six poèmes, traduits par Ahmet Soysal, dans La Nouvelle Revue Française n°485, Paris, juin 1993.
* « Propos sur le travail » (çalışmak üstüne), dans Oluşum / Genèse n°62-63, Nancy, 1999.
* « Dans une vieille maison à Paris », « Vie quotidienne », extrait de Paris Yazıları (1982), traduit par Timour Muhidine, dans Paristanbul, Paris, L’Esprit des péninsules, 2000.
* Poème (« Paris’teki eski bir eve / Dans une vieille maison à Paris », dans Oluşum / Genèse N°71-72, Nancy, juillet 2001.
* Poèmes (« Bellerophon’un Kizginligi ve Likyali kadinlar / La colère de Bellerophon et les Lyciennes », « Ana Tanriça / La déesse-mère », « Degiştirmeler / Transformations »), dans Oluşum / Genèse n°78, Nancy, 2002.
* Poème, dans Orient. Mille ans de poésie et de peinture, Paris, Diane de Selliers, 2004.
* Le Détenu (İçerdekiler, 1965), théâtre, traduit par Georges Daniel (tapuscrit).
 
 
LIVRES (Traductions)
Ulysse bras attachés (Kollari Baqli Odysseus, 1963), suivi de Poèmes divers (1946-1969), traduit du turc par Sabahattin Eyuboĝlu, Turhan Doyran et Hifzi Topuz ; présentation de Sabahattin Eyuboĝlu. [Paris], Collection Unesco d’auteurs contemporains, « Série européenne » / Librairie Saint-Germain-des-Prés / Guy Chambelland, « Poésie-Club », 1970, 120 pages, épuisé.
 
L’Arbre qui a perdu la quiétude. Bilingue turc-français. Poèmes extraits de l’œuvre poétique complète publiée sous le titre Sözcükler [Vocables] (1979), traduit et présenté par Gérard Pfister, avec la collaboration de l’auteur et de Abidine Dino. [Paris], Éditions Arfuyen, 1981, Cahiers d’Arfuyen n°3, 32 pages, épuisé.
 
Offrandes. Poèmes, 1946-1989. Bilingue turc-français, traduit et présenté par Timour Muhidine. [Paris], Éditions Publisud, « Des Orients » / Collection Unesco d’œuvres représentatives, 1998, 314 pages, 22.56 €
 

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