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ABASIYANIK, Sait Faik

[TURQUIE] (Adapazarı, 1906 – Istanbul, 1954). Sait Faik Abasıyanık.Nouvelliste, romancier, essayiste, poète et traducteur (du français). Il publie ses premiers poèmes en 1925, alors qu’il est lycéen à Bursa, et sa première nouvelle en 1929, alors qu’il étudie à la Faculté des Lettres d’Istanbul. Il séjourne ensuite brièvement à Lausanne, puis passe quatre ans à Grenoble, où il suit des cours d’économie. Définitivement de retour à Istanbul en 1934, il y mène une vie de bohème jusqu’à sa mort. Grand novateur de la prose contemporaine turque, son influence fut considérable sur plusieurs générations d’écrivains. Auteur de près de deux cents nouvelles (nombreuses adaptations cinématographiques), un prix littéraire portant son nom, qui récompense le meilleur recueil de nouvelles paru dans l’année, a été créé en 1955.
« C’est à un nouvelliste, Sait Faik, que revient le mérite d’avoir ouvert la voie à une prose véritablement moderne. Quand il commence à publier ses premiers livres à partir des années 1930, la littérature turque est dominée par le courant réaliste qui prêche en la personne de Yakup Kadri Karaosmanoğlu la réconciliation nationale. Il bouleverse non seulement la prose conventionnelle imposée par le réalisme paysan, mais aussi – et surtout – il devient le précurseur d’une nouvelle éthique. Grand novateur dans le genre de la nouvelle, il s’oriente vers une prose poétique dans laquelle les drames individuels devancent les grands problèmes sociaux-économiques. Son œuvre qui est avant tout une ouverture au monde, à l’autre, mais aussi à l’innovation, reste unique et exemplaire par son caractère humaniste. » (Nedim Gürsel, « La littérature turque contemporaine », Les Belles étrangères, 1993).

* Bibliographie : Semaver [Le samovar], nouvelles (1936), Sarnıç [La citerne], nouvelles (1939), Şahmerdan [Le marteau-pilon], nouvelles (1940), Lüzumsuz Adam (Un homme inutile), nouvelles (1948), Mahalle Kahvesi [Bistrot de quartier], nouvelles (1950), Havada Bulut [Tu peux toujours courir], nouvelles (1951), Kumpanya [La troupe en tournée], nouvelles (1951), Havuz Başı [Près du bassin], nouvelles (1952), Son Kuşlar [Les derniers oiseaux], nouvelles (1952), Medar-ı Maişet Motoru [Un bateau comme gagne-pain], roman (1944 ; réédition sous le titre Bir Takım İnsanlar [Certains hommes], 1952), Kayıp Aranıyor [Avis de recherche], roman (1953), Şimdi Sevişmek Vakti [C’est le moment de s’aimer], poèmes (1953), Alemdağda Var Bir Yılan (Un serpent à Alemdag), nouvelles (1954), Az Şekerli [Un café légèrement sucré], nouvelles (1954), Tüneldeki Çocuk [L’enfant du funiculaire], nouvelles (1955), Mahkeme Kapısı [La porte du tribunal], essai (1956), Bütün Eserleri, œuvres complètes (1970-82, 12 vol. ; rééd. 2003).

ANTHOLOGIES / REVUES

* « Samovar », nouvelle, dans La Turquie kémaliste n°14, Ankara, 1936.
* « L’homme qui avait oublié la ville », nouvelle, dans La Turquie kémaliste n°28, Ankara, 1938.
* « Le baluchon », nouvelle, dans La Turquie kémaliste n°32, Ankara, 1939.
* « Le pope », « Un bon à rien », « La vallée aux violettes », nouvelles, dans L’Âme turque à travers les nouvelles, Istanbul, Zelliç Besimevi, 1953.
* « Un étalage de pastèques » et « Fils de pacha », nouvelles, dans Orient n°47-48, Paris, 1968.
* « Sommeil troublé », nouvelle traduite par Nedim Gürsel et Anne-Marie Toscan du Plantier, dans Europe n°655-656, Paris, 1983.
* « Le mouchoir de soie », nouvelle, dans Le Journal Littéraire n°2, Paris, 1987.
* « Le samovar » et « Le mouchoir de soie », nouvelles traduites par Mustafa Yalçiner, dans Le Samovar. Florilège de nouvelles turques, Ankara, Onur Yayinlari, 1987.
* « Mon vilage de pêcheurs », « Thé et simit », « Il était un serpent à Alemdag », nouvelles traduites par Timour Muhidine et Aysegül Yaraman-Basbugu, suivi d’un entretien avec l’auteur, dans Anthologie de nouvelles turques contemporaines, Paris, Publisud, 1990.
* « L’homme créé par la solitude », nouvelle traduite par Sinem Çakmak, dans La Nouvelle Revue Française n°485, Paris, juin 1993.
* Texte dans Istanbul rêvée, Istanbul réelle, Paris, L’Esprit des péninsules, 1998.
* Texte dans le dossier « Les Grecs et les Turcs : images et perceptions », Oluşum / Genèse n°60-61, Nancy, 1999.
* « La statue que j’ai volée au Louvre », extrait de Bütün Eserleri II (1992), traduit par Zühäl Gürsel, dans Paristanbul, Paris, L’Esprit des péninsules, 2000.


LIVRES (Traductions)
— Sait Faik, Un homme inutile (Lüzumsuz Adam, 1948), nouvelles, traduit du turc par Alain Mascarou ; préface de Rosie Pinhas-Delpuech. [Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier], Éditions Bleu autour, 2007, 160 pages, 14 €

Sait Faik Abasıyanık. Derrière ce nom, encore inconnu en France, et cette vie brève, à la charnière de l’Empire ottoman et de la jeune République turque, se cache un rôdeur affamé d’humanité dans les bas quartiers cosmopolites d’Istanbul. « Écrivain des troisièmes classes », Sait Faik est sans doute, avec son art abrupt de la nouvelle, le plus grand auteur de la modernité turque. Un art qui obéit à une urgence vitale : dans l’attente d’un bateau, entre terre et mer, libre, il a des fulgurances pour atteindre chez l’être humain la peur de l’amour et de la mort, la solitude, le passager… Témoin cet Homme inutile.
« Non, non, il n’était digne d’aucun travail ! Les gens avaient raison… Il était né pour regarder le monde avec stupéfaction, pour s’étonner de ne rien comprendre, il était né pour flâner sur les routes la tête en avant, pour voir ou ne pas voir ce que les gens faisaient. Pour regarder la couleur de l’eau sous un pont, contempler les jambes d’une fille. Celle-là, qui peut l’embrasser ? Comment caresser ses cheveux ? » [Quatrième de couverture]


— Sait Faik, Un point sur la carte, nouvelles extraites du recueil Son Kushlar (1952), traduit du turc et présenté par Sabri Esat Siyavusgil. [Leyde, Pays-Bas], Éditions A.W. Sijthoff, 1962, épuisé. [Cette anthologie regroupe quarante des nouvelles les plus célèbres de l’auteur].
* Réédition : édition de Abidine Dino et Nedim Gürsel, traduit du turc par Sabri Esat Siyavusgil. [Paris], Éditions Souffles, « Nouvelles en tête », 1988, 280 pages, épuisé.
[Choix de trente textes repris de l’anthologie de 1962 auxquels viennent s’ajouter « Sommeil troublé » et « Kalinikhta »].

Table des matières : « Sait », par Abidine Dino - Les îles : « Un point sur la carte », « L’ile pointue », « La mort du zée », « Une histoire pour deux personnes », « Un monde indifférent », « Le pope », « Tombeau sous la tonnelle », « Les derniers oiseaux », « Noisette », « Une femme dans un nid d’hirondelle », « Barba Antimos » - Les villes : « Le samovar », « Les chalands », « La vallée aux violettes », « L’Escapade, le Perroquet et le Poivre », « Je ne sais pourquoi j’agis ainsi », « Aux beaux jours, la belle récolte », « Face à la pièce d’eau », « Un bateau », « Le vieil étudiant » - Les campagnes : « En troisième classe », « Le mouchoir de soie », « Une histoire de printemps », « Le pêcheur du Sakarya », « Un train horrible », « Inondation », « Une statue pour Melâhat ! », « Une maladie », « Sommeil troublé », « Kalinikhta » - « Une solitude au goût de melon vert », par Nedim Gürsel.


— Sait Faik Abasıyanık, Un serpent à Alemdag (Alemdagda Var Bir Yilan, 1954), nouvelles, traduit du turc par Rosie Pinhas-Delpuech ; préface de Nedim Gürsel. [Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier], Éditions Bleu autour, « D’un lieu l’autre », 2007, 112 p. 14 €

Devrait-on le taire parce que c’est attendu ? Dans ce recueil qu’il publie l’année de sa mort, Sait Faik est au sommet de son art. À la manière d’un Fellini, il convoque tous les personnages de sa vie : provinciaux ridicules et attachants, femmes légères et Mères Courage, pêcheurs grecs de son île, proxénètes d’Istanbul, poissons et mouettes à l’agonie. Et, tel le peintre qui, sur ses dernières toiles, ne s’embarrasse plus guère des contours mais fait primer la couleur, le mouvement et le rythme, Sait Faik déploie son petit monde de perdants – et lui avec – dans un carrousel grinçant et fascinant. (Extrait de la préface de Nedim Gürsel)
« Un bel endroit, Alemdag. Istanbul est dans la boue. Les chauffeurs de taxis font exprès d’éclabousser les gens avec les flaques. La neige fait exprès de nous tomber tout dedans. Une femme jette un chat par la fenêtre du cinquième étage. […] Si seulement il neigeait. Quand il neige, il y a de nouveau comme des tiédeurs dans l’air. » [Quatrième de couverture]

— Sait Faik Abasıyanık, Une histoire pour deux (İki kişiye bir hikâye), traduit du turc par Rosie Pinhas-Delpuech. [Saint-Pourçain-sur-Sioule, Allier], Éditions Bleu autour, « D’un lieu l’autre », 2007, 20 pages, 1 €


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    10 juin 2017

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