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ORTESE, Anna Maria

(Rome, 1914 - 1998). Elle a vécu en Libye - son père était militaire -, erré dans toutes les villes d?Italie, avant de se fixer à Rapallo, près de Gênes où, à partir de 1978, elle a vécu en compagnie de sa s?ur aînée qui a presque toujours habité avec elle. À dix-huit ans, elle cesse ses études de piano - elle voulait devenir professeur - pour se consacrer à l'écriture. Elle publie d'abord des nouvelles et des contes dans des revues littéraires, puis, en 1937, un premier livre, préfacé par Massimo Bontempelli, Angelici dolori, remarqué et controversé. « Dès avant la guerre, dès mes débuts, dit-elle, j'ai été présentée comme un cas littéraire. Ma vision du monde n'était pas italienne. Trop bizarre, trop abstraite. » Cette étrangeté, cet usage constant du fantastique dans un pays qui ne l'aime guère, ont valu à ses livres - et à leur auteur - un étrange destin : des attaques, des louanges des polémiques d'une grande violence, des prix, des échecs commerciaux, l?oubli, puis enfin la redécouverte, L'lguane, publié en 1965 a été réédité avec succès en 1986. « Il est des livres exceptionnels, qui enchantent ou qui foudroient, des chefs-d'?uvre. Il en est d'autres dont la survenue dans notre univers est à ce point évidente et mystérieuse, vise avec une telle acuité l'articulation profonde en nous de la vérité et du mensonge, de l'innocence et de la perversité, que nous ne saurions dire si nous sommes enchantés ou foudroyés, initiés sans doute à un rituel qui pourrait enfin ne pas être vide. Ceux-là, les appeler chefs-d'?uvre serait déplacé, presque indécent, puisqu'au lieu de se refermer avec la perfection d'une sphère, ils nous rendent la vie dans son horreur et sa beauté. L'lguane est de ces livres-là, et l'un des deux ou trois qu'il faudra sauver de cette mode italienne que la France a connue. Un livre aussi beau que ceux d'Elsa Morante, aussi bouleversant parce qu'il refuse l'accentuation du drame pour simplement, au plus profond de chacun, le révéler, par les voies divergentes et conjuguées du réel et du rêve, de l'inconcevable et du mythe. » (Bernard Simeone, 1988).

- La Mer ne baigne pas Naples (Il mare non bagna Napoli, 1953), roman traduit par Louis Bonalumi. Gallimard « Du monde entier », 1993, 208 p., 18,29 ?.

- Le Silence de Milan (Silenzio a Milano, 1958), récits traduits par Claude Schmitt. Actes Sud « Un endroit où aller » n° 100, 2001, 192 p., 17 ?.

- L?Iguane (L?iguana, 1965), roman traduit par Jean-Noël Schifano. Gallimard « Du monde entier », 1988, 204 p., 13,11 ?.

- Les Beaux jours (Poveri e semplici, 1967), roman traduit par Maria Manca. Terrain Vague / Losfeld, 1991, 160 p., épuisé.

- La Lune sur le mur (La luna sul muro e altri racconti, 1968), nouvelles traduites et préfacées par Bernard Simeone. Verdier « Terra d?Altri », 1991, 120 p., 11,43 ?.

- Le Chapeau à plumes (Il cappello piumato, 1979), traduit par Claude Schmitt. Joëlle Losfeld, 1997, 172 p., 14,94  ?.

- Le Train russe (Il treno russo, 1983), roman traduit par Maria Manca. Terrain Vague / Losfeld, 1989, 64  p., épuisé.

- Le Murmure de Paris (Il mormorio di Parigi, 1986), nouvelles traduites par Véronique Orlandi et Claude Schmitt. Terrain Vague / Losfeld, 1989, 108 p., épuisé - réédition : postface de Jean-Christophe Bailly. Mille et une nuits « La Petite collection » n°237, 1999, 64 p., 2,37 ?.

- De veille et de sommeil (In sonno e in veglia, 1987), nouvelles traduites par Louis Bonalumi. Gallimard « Du monde entier », 1990, 208 p., 12,20 ?.

- Là où le temps est un autre (Dove il tempo è un altro, 1990), traduit par Claude Schmitt. Actes Sud « Un endroit où aller », 1997, 64 p., 6,10 ?.

- La Douleur du chardonneret (Il cardillo addolorato, 1993), roman traduit par Louis Bonalumi. Gallimard « Du monde entier », 1997, 408 p., 24,39 ?.

- Corps céleste (Corpo celeste, 1997), traduit par Claude Schmitt. Actes Sud « Un endroit où aller », 1999, 152 p., 13,57 ?.

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  • Les voies de l'économie sont impénétrables

    “L’impasse dans laquelle les marchés financiers enferment l’économie européenne va jusqu’à remettre en cause les institutions mêmes du vivre-ensemble européen... “ Le regard que pose Gaël Giraud, chercheur en économie et jésuite, sur la démesure financière qui nous étrangle est un modèle de pédagogie et d’engagement.

    27 avril 2013

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