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KREUTZWALD, Friedrich Reinhold
[ESTONIE] (Jōepere,
1803 – Tartu, 1882). La publication, entre 1857 et 1861,
de l’épopée du Kalevipoeg fit de lui le principal
artisan du réveil estonien. « Comptant 19 000
vers répartis en 20 chants, cette épopée fut collectée
et constitué en ensemble cohérent, à partir de chants populaires
hétérogènes. Chef des anciens Estes, son héros affronte
tour à tour des êtres surnaturels, incarnation des forces
de la nature, et les ennemis historiques de son peuple (Vikings
et chevaliers Porte-Glaive) ; mis à mort et enchaîné
à l’entrée des Enfers, il symbolise, par sa promesse d’un
retour, l’espoir de renouveau et la tragique destinée historique
de l’Estonie. » (Antoine Chalvin). On lui doit également
des textes de vulgarisation sur les sujets les plus divers,
une longue série d’almanachs (Kasuline Kalender [Calendrier
utile], à partir de 1843), des récits satiriques (Renard
le rusé, 1850 ; Les Niais, 1857 ; Les
Étourdis, 1858), des vers lyriques (Viru lauliku
laulud [Chants du barde de Vyru], 1865), ainsi, qu’à
l’instar des frères Grimm et de H. C. Andersen,
un recueil de contes (Eesti rahva ennemuistsed jutud
[Les anciens contes du peuple esthonien], 1866).
ANTHOLOGIES / REVUES : extrait
de Les Anciens contes du peuple esthonien (Eesti
rahva ennemuistsed jutud, 1866), traduit de l’estonien
et présenté par A. Dido, dans la Revue des traditions
populaires VIII, 1893, épuisé – extraits du Kalevipoeg,
traduit de l’estonien et présenté par Antoine Chalvin, dans
Patrimoine littéraire européen, vol. 11 (b),
Éditions De Boeck, 2000.
— Le Kalewipoëg. Légende épique estonienne (extraits),
adaptation de l’estonien par Nora Raudsep et Paul de Stoecklin.
[Paris], Presses universitaires de France, 1930, 128 pages,
épuisé — Kalevipoeg. Épopée nationale estonienne
par F. R. Kreutzwald (Kalevipoeg, 1857-1861),
traduit de l'estonien, présenté et annoté par Antoine Chalvin.
[Paris], Éditions Gallimard, « L'aube des peuples »,
2004, 552 pages, 29 €
[Quatrième de couverture] :
« Kalevipoeg est
l'épopée nationale des Estoniens. Librement inspirée par
le folklore, elle constitue l'équivalent estonien du Kalevala
du grand voisin finlandais.
La rédaction de Kalevipoeg débute au milieu du XIXe siècle.
L'Estonie fait alors partie de l'Empire russe depuis plus
d'un siècle, mais reste dominée par l'aristocratie d'origine
allemande, installée dans ces régions baltiques depuis le
XIIIe siècle. L'intérêt pour la culture
estonienne et le développement d'une langue écrite à partir
d'une tradition jusque-là largement orale se fait donc à
l'instigation de quelques personnalités germano-baltes,
désireuses de sensibiliser le peuple estonien à son histoire
et à ses richesses culturelles. Le flambeau est vite repris
par de jeunes Estoniens, tel Kreutzwald, qui voient un intérêt
tout à fait politique à ce travail : créer le ciment
culturel et historique pour l'unité nationale des Estoniens
et obtenir leur émancipation face à l'élite germanophone
et à la domination russe.
Stimulé par la réussite de la compilation de légendes finnoises,
le fameux Kalevala, Kreutzwald construit donc son
travail sur des légendes populaires qui traitent de Kalevipoeg,
“ le fils de Kalev ”, une sorte de géant sympathique,
comparable à Gargantua, qui livre un combat contre les forces
maléfiques. »
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