|
BESSIE HEAD
Marou
(Maru,1971), roman traduit de l'anglais par Christian Surber, Zoé,
« Littérature d’émergence », 1996, 144 p., 110 F.

« On
ne pouvait expliquer Moleka et Marou que par leurs relations avec les
femmes. Ils étaient réputés dans le village de Dilepe pour leurs aventures
amoureuses, et la nature opposée de leur tempérament se révélait clairement
dans leur façon de mener ces aventures. Le résultat était le même : leurs
victimes explosaient comme des bombes, pour des raisons différentes. À la
fin d'une liaison, Moleka souriait de la façon dont il souriait quand il
obligeait les gens et les chèvres à sauter hors de son chemin, les yeux
pleins d'indignation. L'anatomie féminine n'avait pas de secret pour Moleka.
Cela le rendait arrogant et violent. Aucune femme ne pouvait résister à
l'impact de son sang en perpétuelle ébullition. Mais elles en étaient
indignées, et d'horribles sentiments étaient associés au nom de Moleka.
Moleka et les femmes, c'était comme une explosion volcanique dans un tunnel
obscur. Moleka était le seul à ressortir, en chaque occasion, indemne,
souriant. Avec Marou c'était différent. À la fin d'une liaison, une
profonde tristesse remplissait ses yeux. Il s'alitait souvent, avec quelque
maladie indéfinissable. Les victimes aussi présentaient des symptômes
alarmants. »
(Traduit de l’anglais par Christian Surber. © Zoé.)

Même
si elle porte le nom de la femme blanche qui l'a élevée, Margaret Cadmore
est une Masarwa. Au Botswana, les membres de cette tribu sont des esclaves,
des moins qu’humains. Aussi, dans le village où elle entre en poste comme
institutrice, elle se trouve en butte aux haines et aux cabales Mais elle
rencontre aussi l'amitié et la protection de Dikeledi, une jeune femme
noble ; elle vit pour Moleka un amour muet qui transforme sa vie de
l'intérieur et elle éveille chez Marou, le futur chef du village, des
sentiments tels qu'il fera fi de la tradition et de ses interdits.
Construit autour de quatre personnages qui semblent autant de doubles les
uns des autres, ce roman ouvre une porte sur un monde nouveau où les
souffrances de l'exclusion pourraient prendre fin et laisser la place au
soleil des marguerites jaunes.
|
|
|
© Librairie Compagnie.
Reproduction interdite.
Librairie Compagnie :
une librairie de littérature générale au cœur du Quartier latin, entre le
musée de Cluny et la Sorbonne.
La librairie Compagnie 58, rue des Écoles 75005 Paris
tél. 01
43 26 45 36, fax 01 46 34 63 37
libcompagnie@wanadoo.fr
Remerciements : ce dossier a été élaboré par Jean-Paul Archie.
Réalisation technique et graphique :
Philippe Menestret |