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JOHN Maxwell COETZEE
Disgrâce (Disgrace,
2000), roman traduit de l'anglais par Catherine Lauga du Plessis, Le Seuil,
2001, 252 p., 125 F.

« Pour
un homme de son âge, cinquante-deux ans, divorcé, il a, lui semble-t-il,
résolu la question de sa vie sexuelle de façon plutôt satisfaisante. Le
jeudi après-midi il prend sa voiture pour se rendre à Green Point. À deux
heures pile il appuie sur le bouton de la porte d'entrée de Windsor
Mansions, il donne son nom et il entre. Il trouve Soraya qui l’attend sur
le pas de la porte de l'appartement n° 113. Il va tout droit jusqu'à la
chambre, plongée dans une lumière douce où flotte une odeur agréable, et il
se déshabille. Soraya sort de la salle de bains, laisse tomber son peignoir
glisse contre lui sous les draps. “ Je t'ai manqué ? ” demande-t-elle. “ Tu
me manques tout le temps ”, répond-il, caresse son corps ambré couleur de
miel, qu'elle n’a pas exposé au soleil ; il lui écarte bras et jambes, lui
embrasse les seins ; ils font l'amour.
Soraya est grande et mince, elle a les cheveux longs, noirs, et des yeux
sombres et limpides. Chronologiquement parlant, il a l'âge d'être son
père ; mais si l'on va par là, on peut être père à l'âge de douze ans. Cela
fait maintenant un an qu'il est un de ses clients réguliers ; elle lui
donne toute satisfaction. Dans le désert aride qu'est la semaine, le jeudi
une oasis de luxe et volupté. »
(Traduit de l’anglais par Catherine Lauga du Plessis. © Le Seuil.)

Âgé
de cinquante-deux ans et deux fois divorcé, David Lurie enseigne la poésie
romantique et la communication à l'université du Cap. Encore jeune de corps
et de cœur, ce Don Juan du campus se laisse aller à un dernier élan de
désir, d'amour peut-être. Mais la petite étudiante se moque bien de
Wordsworth et de Byron et l'aventure tourne mal. Convaincu de harcèlement
sexuel, David Lurie démissionne. Réfugié auprès de sa fille Lucy, dans une
ferme isolée, il tente de retrouver un sens au seul lien qui compte encore
à ses yeux. Mais les temps ont changé. La fracture sociale est arrivée
jusqu'au cœur de ce pays et la violence n'épargne pas les campagnes.
L’idylle pastorale tourne au cauchemar.
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