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ANDRÉ BRINK
Une
saison blanche et sèche (‘n Droë wit Seisoen / A Dry White Season, 1979),
roman traduit de l'anglais par Robert Fouques-Duparc, Stock, « Nouveau
cabinet cosmopolite », 1980 — nouvelle édition : 1989, 372 p., 120 F —
nouvelle édition : L. G. F., « Le Livre de poche » n°5638, 1982 / nouvelle
édition : 1992 : préface, documentation, notes, commentaires et glossaire
par Ann Wakefield et Gilbert Pestureau, 429 p., 36 F.

« L'idée que je me faisais de
lui était celle d'un homme ordinaire, au caractère facile, dépourvu de
méchanceté, celle d'un homme sans qualités particulières. Le genre de
personne que des amis d’université, qui se rencontreraient au bout de
plusieurs années, tenteraient de se rappeler en disant “ Ben Du Toit ? ”
Interrogation suivie d'un silence cocasse et d’une réponse tiède : “ Ah !
oui, bien sûr. Un type sympa. Que lui est-il arrivé ? ” Sans jamais penser
que cela pourrait lui arriver.
Voilà pourquoi je dois peut-être
parler de lui. J'avais confiance en lui — pour l'avoir assez bien connu. Il
y a longtemps du moins. Il m'était brusquement désagréable de découvrir
qu'il était un étranger. Cela semble-t-il mélodramatique ? Il n'est pas
facile de se défaire de ses habitudes quand on écrit depuis tant d'années
des histoires romantiques. “ Délicates et charmantes histoires de viol et
de meurtre. ” Mais je suis sérieux. Sa mort lançait un défi à tout ce que
j'avais toujours pensé ou ressenti à son sujet.
Elle fut annoncée de manière
très banale — page quatre, troisième colonne du journal du soir. Un
professeur de Johannesburg a été tué dans un accident. Écrasé par une
voiture. Le chauffeur a pris la fuite. Mr. Ben Du Toit (cinquante-trois
ans), vers onze heures, hier soir. Il allait poster une lettre, etc. Il
laisse sa femme Susan, deux filles et un jeune fils. »
(Traduction de
Robert Fouques-Duparc. © Éditions Stock.)

Ben Du
Toit est un Afrikaner bien tranquille — un père de famille sans histoire
que rien ne distinguerait de ses quatre millions de frères et sœurs bien
tranquilles, sûrs d'eux-mêmes et de leur supériorité. Jusqu'au jour où Ben
veut savoir. Savoir pourquoi le jeune fils de Gordon, le jardinier noir de
l’école où il enseigne, a disparu sans laisser de trace dans les locaux de
la police sud-africaine. Savoir pourquoi Gordon va disparaître à son tour,
qui cherchait à connaître la vérité sur la mort de son fils. Savoir ce qui
se cache sous les versions officielles. Savoir, par exemple, ce qui s'est
vraiment passé à Soweto. Savoir au fond ce qu'est la vie de ces seize
millions de Noirs qu’il a côtoyés toute sa vie sans les voir. Mais au pays
de l'apartheid, il ne fait pas bon vouloir trop en savoir. Le long de son
douloureux chemin de Damas, Ben va peu à peu le découvrir. Et l'amour de Melanie, engagée dans le même combat que lui, ne le protégera pas de la
machine infernale qui s'est mise en marche implacablement.
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